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01 Août 2017

Ferroviaire , SNCF

Montparnasse : la première panne du siècle

© SP

15000 minutes perdues, 360 trains impactés, selon un décompte effectué lundi 31 juillet. Loin donc d’être définitif. Et des dizaines de milliers de voyageurs entravés dans leurs déplacements. C’est un incident extrêmement grave que la SNCF vient de connaître. L’entreprise se disait fin prête pour l’exercice annuel du chassé-croisé des vacanciers. Elle a complètement loupé le rendez-vous à Montparnasse, gare qui voit depuis le 2 juillet partir et arriver les TGV les plus modernes sur les deux LGV les plus récentes. Et la SNCF en a été réduite à recommander à ses clients de différer leur voyage. Inédit, pour une des journées les plus denses de l’année. On n’ose dire : inoui.

C’est vendredi 28 juillet, en fin d’après-midi, qu’une première alerte est donnée. Vers 18h, un « détecteur défaut d’isolement »  se déclenche au PRCI de Vanves. PRCI qui commande à la fois les voies entre Montparnasse et Massy et les voies entre Montparnasse et Clamart : les deux voies de l’entrée et de la sortie de la LGV Atlantique et les quatre voies de l’axe Chartres. Pour détecter la raison de l’incident électrique, il faut attendre la fin des circulations. Et faire des recherches manuelles sur 17 armoires électriques et des milliers de câbles. Les recherches de la nuit du vendredi au samedi permettent de déceler et de remplacer une pièce défectueuse. Sans retrouver une situation satisfaisante. L’affaire ne semble pas alors particulièrement grave. D’ailleurs, rappelle Matthieu Chavanel, DGA Maintenance et travaux de SNCF Réseau, « samedi les circulations ont pu avoir lieu normalement. C’est dans la soirée de samedi qu’on a jugé que l’incident devenait sérieux ». Dans la nuit de samedi à dimanche, la mobilisation de 38 agents d’Ile-de-France et de la région Centre permet de réduire le champ de recherche à 3 rangées de châssis sur les 17. Non sans rencontrer de nouvelles difficultés, dues à l’ancienneté de connecteurs qui ne supportent pas les manipulations.

On a donc recours dimanche matin à des « mesures conservatoires ». Drastiques. Mise au sémaphore de 54 signaux, marche à vue, itinéraires condamnés, l’alimentation électrique de 36 moteurs d’aiguilles étant coupée. Question de sécurité. Tant que l’on n’a pas isole la cause de l’incident, on reste sur un mode d’exploitation dégradé. Le risque étant, soit le court-circuit, soit la ré-alimentation, ce qui s’est produit dans l’accident de Denguin, en juillet 2015, où un signal est malencontreusement passé au vert…

Dimanche matin, Montparnasse s’éveille et tout est bloqué. La SNCF programme de recommencer progressivement à partir de 12h. Mais des incidents s’accumulent et le redémarrage «  au goutte à goutte » ne peut commencer qu’à 14h20. Avec l’énorme cafouillage dont sont victime les voyageurs, pris entre les trains qui ne partent pas à Montparnasse et ceux qui ne sont pas prévus à Austerlitz, gare dont le graphique d’occupation des voies se trouvé totalement saturé. L’information aux voyageurs est prise dans la tourmente de la production.

La nuit de dimanche à lundi, a lieu une nouvelle opération de recherche, focalisée sur les 3 rangées restantes. Mais, du fait des retards des derniers TGV, la nuit est courte, et la recherche ne peut se faire qu’entre 1h à 5h30. Amplitude trop faible. L’une des 3 rangées est tout de même mise hors de cause. Lundi matin les mesures conservatoires de la veille s’imposent à nouveau. Avec trois trains sur quatre, on est toujours loin d’un retour à la normale. D’où une mesure radicale. Lundi soir, la gare Montparnasse est fermée vers 22 heures et rouvre mardi à 6h. On a plus de temps et, cette fois, ça marche. Un peu après 7h, la SNCF indique sur son compte Twitter que ses techniciens ont identifié l’origine des perturbations : ‘un « défaut d’isolement sur une installation électrique » sur un poste de signalisation. Défaut qui est alors en cours de réparation. Sans qu’on puisse revenir tout de suite à la normale. Il faut revérifier tous les itinéraires, mais maintenant on est reparti avec une signalisation qui fonctionne, même si l’on n’a pas encore retrouvé toute la souplesse d’exploitation.

Quant à « la cause de la cause », comme dit Mathieu Chabanel, on a pensé tout de suite à deux pistes. L’incident a eu lieu se trouve, précise-t-il « dans une zone fortement en travaux, où tout a été remanié ». Il y a, d’une part, les travaux pour le Grand Paris, à Clamart, sur l’axe Paris – Chartres, qui impactent les circulations. D’autre part, en gare de Montparnasse, des travaux, surtout de signalisation, en vue de donner plus de souplesse à l’exploitation TGV. Pour passer par exemple plus facilement d’une voie à l’autre. Le suspense n’a pas duré longtemps. Dans une interview donnée mardi à Sud Ouest, Guillaume Pepy a révélé que c’étaient les travaux liés à l’exploitation des nouveaux TGV qui avaient causé l’incident.

Tout semblait mardi en passe de rentrer dans l’ordre. Mais la panne reste surprenante. Par sa durée. De vendredi 18h à mardi 7h, il a fallu quatre jours et demi pour en trouver la raison. De plus, lors de la première tentative de reprise, dimanche, de nombreux dérangements sont apparus.

L’affaire va laisser des traces. Sur les comptes, bien sûr. Pas de chiffres ce mardi, mais les remboursements de billets, de nuits d’hôtel, de taxis, etc, vont être très lourds. Surtout, le risque est grand d’un désamour entre l’entreprise publique et les voyageurs.

Comment la SNCF a-t-elle pu manquer un tel rendez-vous, dont les contraintes sont prévisibles, et qu’elle assure depuis des années ? Peut-être faut-il regarder du côté des ressources humaines. Tout le monde a été mobilisé pour la mise en service des TGV Bretagne et Occitane, les 2 juillet. Après le rush et les heures supplémentaires des mois précédents, les ingénieurs et techniciens les plus expérimentés, au moment des départs en vacances des Français… étaient eux-mêmes en vacances. N’oublions pas non plus les difficultés de mise en service d’une ligne nouvelle. Celle de la LGV Méditerranée, du temps de Louis Gallois, s’était traduite par trois mois de galère. Cette fois-ci, on ouvre deux LGV d’un coup. Elles convergent à Montparnasse, et la gare change de dimension… et ses installations doivent s’adapter.

On peut craindre aussi qu’on ait une nouvelle illustration de la perte de savoir-faire de la SNCF. Le rapport sur la robustesse remis en juillet à Guillaume Pepy et Patrick Jeantet l’a montré et sévèrement critiqué. Mais la robustesse concerne des mesures en amont. La préparation du quotidien. Ce qu’on vient de voir, avec la panne, témoigne de défauts d’organisation face à un événement exceptionnel. Autre volet d’une même crise technique ?

La ministre des Transports, Elisabeth Borne, a annoncé sur Europe 1 avoir « demandé un rapport aux deux présidents de la SNCF pour la fin de la semaine » pour faire la lumière sur cette crise. « On aura à faire un retour d’expérience sur pourquoi on a mis aussi longtemps à trouver la panne et à la réparer, et aussi pourquoi on a eu une situation aussi dégradée dimanche à Montparnasse », a précisé la ministre. Réaction classique. Le secrétaire d’Etat au ministère de l’Economie, Benjamin Griveaux, a adopté un ton plus dur. Ce proche d’Emmanuel Macron a déclaré sur BFMTV que ce qui s’était passé était « inconcevable » et « pas acceptable pendant  ces périodes de vacances ».

FD

La raison de la panne au bout d’un fil

Les investigations ont été complexes, toutes les armoires étant reliées les unes aux autres, et reliées à d’autres installations elles-mêmes dans le poste. Ce qui était sûr c’est qu’en vérifiant tous les fils, un par un, on finirait par trouver le défaut d’isolement. Ce qui finalement a conduit à un appareillage électrique, présent dans le poste relié aux 17 armoires. Relié lui même à une installation sur le terrain, ce qui a sans doute permis de trouver rapidement la cause de la cause.

Certes, le poste de Vanves ce n’est pas un poste de la dernière génération. Installé pour le TGV Atlantique, dans les années 80, il n’est pour autant pas obsolète. Et puis, les postes filaires ont à la fois l’avantage et l’inconvénient, d’être physiquement présents et tangibles. A la différence des postes informatiques, où l’on se bat avec des lignes de code. Mais qui ont tout de même moins de défaillances.

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