Le président du conseil général du Tarn-et-Garonne, Jean-Michel Baylet (PRG), s’est réjoui qu’un tracé ait été défini pour la LGV Bordeaux – Toulouse, entre Agen et Saint-Jory du moins. La Dépêche a souligné qu’il s’agissait d’inclure dans le parcours d’importantes notions techniques environnementales. L’occasion pour l’élu de faire entendre sa voix : « Il n’est pas question de laisser faire le remblai prévu à Bressols. » Avant d’ajouter sur le sujet : « Il faut le remplacer par un viaduc transparent. Pour Auvillar, la solution d’un second tunnel a reçu l’appui du préfet de région, qui a demandé à RFF de faire des efforts significatifs. Je suis très heureux qu’un tracé ait enfin été arrêté. D’autant que les populations concernées étaient très inquiètes et voulaient savoir ce qui les attendait. Toutefois, je m’inquiète de l’augmentation des coûts. Et je vais demander si tout cela n’est pas lié aux difficultés de la traversée du Pays basque… »
« C’est une manière de redistribuer du pouvoir d’achat aux habitants de cette région. » Voilà comment Christian Bourquin résume sa vision du bilan de l’opération train à un euro. Un deuxième tronçon de TER à ce prix a été mis en place, et les fréquentations sont largement en hausse sur ces parties du réseau. Le président du conseil général des Pyrénées-Orientales (DVG) poursuit : « En période de crise, ce sont toujours les espaces où les hommes et les marchandises peuvent très facilement se déplacer qui s’en tirent le mieux. » Devant le succès de l’opération, puisque le trafic a été quadruplé, le président du conseil général menace ceux qui voudraient lui mettre des bâtons dans les roues. « Nous ne sommes pas seulement là pour faire travailler la SNCF. Nous sommes là pour transporter les citoyens au meilleur coût et dans les meilleures conditions. Si nous ne pouvons sceller un accord satisfaisant avec la compagnie nationale, alors nous créerons notre propre régie régionale ferroviaire. »
Malgré la contre-performance du fret, Deutsche Bahn affiche de grosses ambitions pour 2012. Objectif, atteindre 2,75 milliards d’euros de bénéfices, soit un cinquième de plus qu’en 2011. Pour la première fois, le chiffre d’affaires pourrait même atteindre la barre des 40 milliards d’euros. Et cela n’est rien en comparaison des prévisions pour 2016 : la DB espère 3,8 milliards d’euros de bénéfices et 50 milliards d’euros de CA. Pour y parvenir, la DB mise d’abord sur le trafic grandes lignes, dont les bénéfices doivent grimper de 60 % au cours des quatre prochains exercices. Mais les deux vaches à lait restent le trafic régional, largement subventionné, et la très lucrative exploitation du réseau ferré. La compagnie entend aussi porter sa rentabilité à 10 % d’ici 2014 pour attirer les investisseurs dans l’optique d’un placement en Bourse.
Les chiffres ne sont pas encore officiels, mais les activités de fret ferroviaire de la DB ont plongé dans le rouge en 2011 : 14,1 millions d’euros de pertes. Une situation paradoxale car les carnets de commandes sont bien remplis. L’opérateur serait pénalisé par des coûts de personnel, d’énergie et de maintenance trop élevés. En coulisses, certains affirment que DB Schenker Rail est surtout victime de ses propres négligences : la compagnie aurait pendant trop longtemps cherché à réaliser des économies sur son matériel roulant. Résultat, son parc est aujourd’hui à bout de souffle, avec des conséquences sur la ponctualité. Pour redresser la barre, DB Schenker Rail va relever ses prix de 4 % au moins. Certains observateurs estiment cependant que la compagnie pourrait aussi choisir de transférer une partie de ses transports vers la route, plus rentable.
Lannion-Trégor Agglomération voudrait que les habitants de son territoire – ils sont 56 000 environ répartis dans 20 communes – prennent plus le bus. Lannion-Trégor Agglomération voudrait que les habitants de son territoire – ils sont 56 000 environ répartis dans 20 communes – prennent plus le bus. Les élus souhaitent atteindre une fréquentation de 260 000 voyageurs par an d’ici quelques années, entre trois et cinq ans, contre 160 000 en 2010 sur l’ensemble des lignes régulières. Pour cela, le réseau Tilt a été profondément remanié le 2 janvier. L’une des quatre lignes régulières du réseau a été supprimée, trop peu fréquentée, pour permettre de renforcer les trois autres lignes. Elle n’a néanmoins pas été totalement abandonnée, puisqu’elle a été intégrée dans le transport à la demande, Navette express, qui n’a pas été modifié par ailleurs. Cela a aussi permis également de simplifier l’exploitation et d’offrir une meilleure lisibilité pour l’usager. Les trajets, les terminus et les horaires changeaient selon la semaine ou le week-end, la pointe ou les heures creuses. Un casse-tête qui freinait l’usage des transports. La suppression d’une des lignes a aussi permis d’ajouter des véhicules supplémentaires, ce qui induit une augmentation de la fréquence. Mieux encore, la ligne principale, la A, qui dessert l’hôpital et l’aéroport en passant par la gare, a été cadencée à la demi-heure, avec un départ à l’heure pile et à 30, de 7h à 19h30, du lundi au vendredi. Pour cela, quelques arrêts ont dû être supprimés pour garantir le temps de parcours. Mais Adeline Bon, responsable du service transport de l’agglomération, n’est pas inquiète : « Ce n’est pas une ligne très longue, 7 km environ, et même si elle dessert des points stratégiques, comme la gare ou l’hôpital, elle évite le centre-ville. » Mais la principale nouveauté de l’année qui commence, c’est le lancement de Navéo. Il s’agit d’une navette de centre-ville, qui parcourt une boucle dans le centre historique en reliant également les parkings. C’est là que les usagers peuvent laisser leur voiture et emprunter Navéo qui passe tous les quarts d’heure, de 10h à 12h30 et de 14h30 à 18h30, du mardi au samedi, avec une légère modification du trajet, allongé le jeudi, jour de marché. La régie de Lannion-Trégor Agglomération (LTA) a choisi d’expérimenter cette navette pour une période de neuf mois. Un bilan de la fréquentation et de l’accueil se fait en septembre prochain, pour permettre à la LTA de décider si elle pérennise ou pas Navéo. Le choix de tester cette navette a toutefois contraint l’agglo à louer un véhicule plutôt qu’à l’acquérir. Or, elle n’a pas pu louer de véhicule électrique comme elle le souhaitait pour une exploitation en centre-ville. Elle a donc arrêté son choix sur un minibus thermique de vingt-deux places dont neuf assises, le Microbus de Gruau.
Après la cessation d’activité prononcée le 9 janvier par le tribunal de commerce de Paris à l’encontre de SeaFrance, un mandataire judiciaire est désormais aux commandes. A charge pour lui de sauvegarder les droits des salariés, vendre les actifs et payer les créanciers. Les salariés devaient recevoir dans les quinze jours une proposition individuelle de poste au sein du groupe SNCF, actionnaire à 100 % de SeaFrance. Celle-ci a indiqué le 11 janvier avoir transmis au mandataire 500 offres d’emplois dans le groupe. Le mandataire s’apprête aussi à vendre les trois bateaux de la compagnie. Un actif évalué à 150 millions d’euros au maximum. En face, le passif est estimé à 410 millions, dont 170 millions de créances exigibles par la SNCF. Le mandataire, qui affirme vouloir « ne pas faire supporter à la collectivité un seul euro », va donc chercher à établir d’éventuelles responsabilités dans la faillite de SeaFrance. En premier lieu, de la part de l’actionnaire. D’ores et déjà, il apparaît que la SNCF risque de ne pas toucher un centime sur les créances. Mais plutôt de continuer à mettre la main à la poche.
Entre les projets pharaoniques du Snit et le coup d’arrêt brutal, la Fnaut (Fédération nationale des associations d’usagers des transports) pense qu’il y a un juste milieu. Jean Sivardière, son président, a présenté le 11 janvier à la presse ses propositions. Il faut selon l’association réaliser la branche Est de la LGV Rhin – Rhône, les projets Bordeaux – Toulouse, Marseille – Nice, Paris – Orléans – Clermont – Lyon, Lyon – Turin, Montpellier – Perpignan. Mais la Fnaut demande l’abandon du barreau Poitiers – Limoges, la limitation de Paris – Normandie à Paris – Mantes, et juge prématurés les projets Paris – Amiens – Calais, Toulouse – Narbonne, Bordeaux – Espagne. Pour le POCL, la Fnaut se prononce en faveur du projet médian, préféré par RFF et par la SNCF, et « seul finançable ». Elle propose de profiter de cette LGV pour assurer la desserte, via Bourges, de Limoges et Brive, et de construire une ligne de 50 km Orléans – Courtalain créant une LGV transversale Rennes/Nantes – Lyon.
Libor Lochman, jusqu’à présent directeur général adjoint de la Communauté européenne du rail (CER, organisme qui regroupe la plupart des entreprises ferroviaires européennes), a pris les fonctions de directeur général le 1er janvier. Libor Lochman, Tchèque, est né en 1963. Il succède à l’Allemand Johannes Ludewig, né en 1945, qui dirigeait la CER depuis 2002 et qui avait auparavant présidé la Deutsche Bahn (1997-1999).
« Il n’y aura pas de loi sur le ferroviaire avant les élections. » Guillaume Pepy, qui en a eu l’assurance de la part de Nathalie Kosciusko-Morizet, l’a précisé le 10 janvier lors d’un colloque organisé conjointement par le CCE de la SNCF et le CE de RFF sur le système ferroviaire face à la libéralisation. Cela allait un peu de soi, mais comme les rumeurs contraires vont bon train, la précision n’était pas inutile. Le colloque a permis aux dirigeants et aux leaders syndicaux des deux établissements publics de mettre sur la table toutes les questions qui restent à résoudre à la suite des Assises, de la gouvernance de l’infrastructure à l’avenir du statut. Chacun reste sur ses positions. Mais tout le monde discute. Et les décisions majeures seront prises au second semestre.
Pour Jérôme Gallot, la fusion de Veolia-Transdev s’achève et le départ de Veolia Environnement n’a aucun impact sur ce processus. « Je vous accorde que la notion “d’opérateur industriel” [rôle au départ assigné à Veolia dans l’attelage] a pu semer la confusion. Mais l’opérateur industriel, c’est Veolia-Transdev. Nous sommes une entreprise autoportée. Les questions d’actionnariat n’ont aucune incidence sur les engagements pris avec les collectivités, même si celles-ci, je le comprends, peuvent y être sensibles, et surtout sur la qualité de nos relations opérationnelles au quotidien », nous a indiqué le directeur général de Veolia-Transdev. La chaîne managériale de Veolia-Transdev est unique depuis septembre 2011. A une exception près, celle des Pays-Bas, puisque l’Etat néerlandais doit sortir en octobre 2012 du capital de Connexion. « Nos managers, nos collaborateurs savent quelle est leur place dans l’organigramme. Dans un premier temps, nous avons privilégié notre nouvelle organisation, mais depuis l’été nous sommes entièrement tournés vers nos clients. Je veux insuffler un souffle nouveau en proposant des postes à hautes responsabilités à des quadras », indique Jérôme Gallot. Dans chacun de ses pays, le groupe a lancé des plans d’efficacité, mais il compte aussi se consacrer au développement. « 800 millions d’euros d’investissement sont programmés dans le budget 2012, dont une partie sera consacrée à la croissance externe, notamment sur l’axe du transport à la demande », annonce Jérôme Gallot. G. L.
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