Bien, mais peut mieux faire. C’est en résumé le résultat de l’expérimentation à Sion du ticket électronique dans le bus menée d’avril à décembre 2016 dans le cadre du “Mobility Lab” avec notamment CarPostal, l’EPFL et le Valais suisse. Le même laboratoire qui a permis l’expérimentation de la navette autonome de Navya dans le centre historique de la petite ville.
Bien, parce que les cinquante testeurs ont unanimement apprécié la facilité d’utilisation du système, ainsi que le calcul en fin de mois du prix du transport le plus avantageux. La billetterie électronique baptisée Cibo (pour check-in be-out) a permis de traiter « un total de 2 700 voyages », précise CarPostal. Mais peut mieux faire parce que le choix technologique du Wi-Fi pour identifier les passagers dont le smartphone devait se connecter au routeur du bus n’est sans doute pas le meilleur.
« En raison d’un environnement urbain finalement couvert de réseaux Wlan, nous avons déploré des temps de connexion beaucoup trop lents, allant jusqu’à 20 secondes voire plus, donc un manque de fiabilité sur l’arrêt où le client est monté », explique Anne-Claire Pliska, directrice du Mobility Lab. Concrètement, le voyageur doit d’abord installer une appli sur son smartphone, s’inscrire et se connecter lors de son premier trajet dans les bus de Sion.
Ensuite, son smartphone détecte automatiquement les réseaux sans fil des véhicules et il n’a plus qu’à valider son entrée dans un bus via l’application. Sa sortie s’enregistre automatiquement par la déconnexion du téléphone du Wi-Fi. A la fin du mois, le client reçoit le relevé de ses voyages et la facture correspondante en bénéficiant du meilleur prix. Exemple : la réalisation de six allers-retours identiques lui permet de bénéficier de l’abonnement six voyages.
C’est désormais via le bluetooth que CarPostal espère développer son service Cibo. Il suffit au voyageur d’activer cette fonction de communication sans fil sur son téléphone pour qu’il soit automatiquement détecté par les « beacons », des balises qui font office d’émetteur qui commencent à faire parler d’elles et qui sont notamment utilisées dans le même but par le réseau Stas de Saint-Etienne. Avec un temps de réaction, « de l’ordre de deux secondes », bien plus rapide qu’en Wi-Fi. Autre avantage, le prix : « un routeur Wi-Fi coûte environ 1 000 euros, la technologie bluetooth revient à une centaine d’euros », poursuit-elle. Ce sont des salariés de CarPostal qui tiennent lieu de testeurs actuellement.
CarPostal s’est rapproché des CFF et de l’entreprise ferroviaire du canton de Berne, BLS pour créer le consortium Trio Plus. Son but : aboutir à une norme suisse qui facilitera l’accès aux transports en commun par la détection automatique du voyageur. Avantages ? Un gain de temps pour le client et le conducteur – qui ne manipule plus d’espèces – donc plus de fluidité dans les montées et une meilleure régularité.
C. N.