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Ce que doit changer le nouveau schéma directeur de la ligne C




A chacun son traducteur! Alors que la RATP a déjà développé depuis plusieurs mois Tradivia, un outil basé sur l’intelligence artificielle qui traduit instantanément textes et voix en 16 langues différentes, la SNCF a présenté le 18 avril son propre outil capable de traduire 130 langues!
Baptisé TradSNCF, il a déjà été testé pendant la Coupe du monde de rugby. Il sera utilisé d’ici les JO par 50 000 cheminots, contrôleurs, personnel en gare et agents de la sûreté. En résumé, tous les métiers au contact des visiteurs étrangers pourront le télécharger.
15 millions de visiteurs sont attendus pendant les JO et « 200 nationalités seront représentées« , a expliqué Christophe Fanichet. L’objectif, a ajouté le PDG de SNCF Voyageurs, c’est de montrer « notre hospitalité« , permettre « une bonne gestion des flux » (mieux informés, les voyageurs circuleront de façon plus fluide) et « l’innovation« .
« Nous aurions pu prendre un traducteur du marché. Nous avons fait des tests pendant la Coupe du monde de rugby mais dans un à deux cas sur dix, le traducteur répondait mal à la question. Nous avons estimé que nous n’avions pas droit à l’erreur et avons estimé indispensable d’avoir notre propre système de traduction, adapté au monde de la SNCF et à l’ensemble de ces trains« , précise Christophe Fanichet.
Le traducteur de la SNCF comme celui de la RATP seront un des héritages des JO puisqu’ils continueront évidemment à être utilisés par la suite. L’investissement représente 500 000 euros, selon SNCF. La RATP indique de son côté qu’IDFM a financé à hauteur de deux millions d’euros ses coûts de développement. Et rappelle que chaque année, la région Ile-de-France accueille près de 50 millions de touristes.
MH P

Le chantier en chiffres43 appareils de voies remplacés44 semaines de travaux entre février et juillet12 opérations coups de poing pendant les vacances scolaires et les longs week-ends.300 agents mobilisés sur l’ensemble du chantier1 700 m de voies renouvelées4 000 traverses remplacées10 000 tonnes de ballast


Les résultats d’une nouvelle étude, menée par le cabinet spécialisé « Objectif Carbone », donnent le sourire aux partisans du train de nuit. Selon ses auteurs, au-delà d’une certaine distance, entre 750 à 1500 km, le train de nuit affiche un meilleur bilan carbone que la grande vitesse. En effet, explique l’association Oui au train de nuit, le train de nuit bénéficie « d’une électricité bas carbone en heure creuse la nuit ». De plus, sa vitesse – 100 km/h au lieu de 300 km/h environ – « réduit fortement la consommation énergétique et l’usure des voies« . Bien que le TGV transporte plus de voyageurs sur une plus grande distance et parcourt plus de kilomètres dans un journée, « cela ne permet pas de compenser les trois effets précédents., note l’association dans un communiqué.
D’où sa demande réitérée de déployer les trains de nuit « sans attendre et en complément de la grande vitesse ». Et de conclure : « Cette nouvelle étude vient rebattre les cartes puisque, sur ces dernières décennies, la grande vitesse a été financée à hauteur de 100 milliards d’euros en France, alors que l’offre en trains de nuit a été réduite jusqu’à leur quasi-disparition ».



Après une table ronde organisée le 10 avril par la direction de la SNCF sur la CPA (cessation progressive d’activité), Ville, Rail & Transports a demandé aux quatre organisations syndicales représentatives de réagir aux propositions de la direction. Après les interviews de Didier Mathis (Unsa-Ferroviaire), Thomas Cavel (CFDT Cheminots) et Erik Meyer (Sud Rail), nous publions aujourd’hui notre entretien avec Thierry Nier, le secrétaire général de la CGT Cheminots.
Ville, Rail & Transports. Pourquoi avoir annoncé si vite que vous alliez signer l’accord sur les fins de carrière?
Thierry Nier. Nous réclamions depuis longtemps un tel accord. Lors de la lutte contre la réforme des retraites, nous avions indiqué que si la loi passait, nous pourrions continuer la bataille sous différentes formes, notamment sur la question des fins de carrière. En septembre 2023, nous proposions d’anticiper la retraite en accordant 48 mois à tous (24 mois travaillés, 24 mois non travaillés) et 76 mois pour les ASCT.
Ce n’est pas de la guéguerre syndicale, mais personne n’en parlait à ce moment-là. C’est pourquoi nous avons pu prendre rapidement une décision en interne car nous avions déjà dit que si les dispositifs précédents étaient améliorés, nous pourrions apposer notre signature. Dès le lendemain de la table ronde, il était prévu que notre commission exécutive fédérale se réunisse. Après discussion, elle s’est prononcée à l’unanimité en faveur de l’accord. Et comme c’est elle qui doit approuver les accords, nous avons pu indiquer sans attendre que nous signerions.
VRT. Comment jugez-vous le climat social à la SNCF?
T. N. Le climat social est assez dégradé, pour ne pas dire très dégradé du fait du contexte global lié à la réforme de 2018, les multiples appels d’offres sur les TER, la situation du fret, les exigences pour toujours plus de productivité… Tout cela fait monter la pression.
Nous essayons de nous mobiliser, souvent de façon unitaire, sur les questions liées à l’emploi et au rythme de travail. Les pressions exercées peuvent parfois amener des dérives et des cheminots peuvent être conduits à se mettre en danger. Nous devons nous mobiliser pour que les métiers soient exercés dans le strict respect des réglementations.
Il y a aussi toute une frange de cheminots qui devaient arriver à la retraite et qui voient ce moment reculer. Face à cette situation, la direction ne pouvait plus fermer les yeux. Elle a souhaité -et c’est une bonne chose-, mieux écouter les revendications syndicales. Cela ne veut pas dire répondre à tout. Mais ce nouvel accord représente un premier pas.
VRT. Quelles seront vos prochaines revendications?
T. N. Les fins de carrières constituaient un de nos trois thèmes de mobilisation principaux avec l’emploi et les rémunérations. Nous portons l’exigence de rouvrir les négociations salariales. Même si l’inflation a ralenti, il y a encore des effets qui impactent les plus bas salaires. Nous sommes favorables à une hausse générale des salaires. Quand on additionne les primes de toutes natures, l’intéressement (auquel nous sommes opposés), on voit qu’il y a une enveloppe budgétaire conséquente possible.
VRT. Cinq mois après votre arrivée à la tête de la CGT Cheminots en remplacement de Laurent Brun, peut-on parler d’une méthode Nier pour porter les revendications?
T. N. Ce sont les cheminots et les agents syndiqués à la CGT qui pourront le dire! Ma méthode repose sur la transparence, même si c’était déjà le cas avec Laurent Brun. Nous devons être clairs dans nos objectifs et savoir ce que nous cherchons dans les négociations. Notre matrice à la CGT, c’est le rapport de force porté par des cheminots mobilisés et ayant en mains tous les éléments de la réflexion. C’est pourquoi il n’y aura pas de grands chamboulements mais une grande capacité d’écoute de ma part. Je souhaite que les cheminots voient que la fédération est à leurs côtés, au quotidien.
Propos recueillis par Marie-Hélène Poingt

Après une table ronde organisée le 10 avril par la direction de la SNCF sur la CPA (cessation progressive d’activité), un accord est proposé jusqu’au 22 avril à la signature des organisations syndicales représentatives de l’entreprise. La CGT Cheminots a déjà indiqué qu’elle allait signer.
Ville, Rail & Transports. Comment réagit l’Unsa-Ferroviaire aux propositions de la SNCF sur les fins de carrière?
Didier Mathis. Nous observons un plébiscite sur cet accord avec un vote favorable de 100 % de nos adhérents qui ont répondu. C’est assez rare pour le souligner. Cet accord fait faire un bond en avant sur les fins de carrière. On peut déjà parler d’accord car l’entreprise a répondu aux revendications quasi unanimes des organisations syndicales représentatives qui tenaient à ce que l’impact de l’allongement des carrières soit contenu. Il y a fort à parier qu’il sera signé.
VRT. Est-ce un contournement de la réforme sur les retraites?
D. M. Hormis le changement d’appellation (le CPA devient CAA, congé d’activité anticipée), l’accord inclut des personnes qui étaient en exclues auparavant. Il permet surtout de mieux encadrer la réforme Touraine qui a péjoré la situation des agents. Dans les faits, elle les avait déjà incités à travailler plus longtemps, au-delà des deux ans posés par la réforme Macron sur les retraites.
L’accord permet d’augmenter soit le nombre de trimestres cotisés, soit de partir plus tôt en touchant une retraite améliorée. Les mesures prennent en compte les allongements de carrière pour les postes pénibles. Elles traitent aussi des métiers qui ne sont pas considérés comme pénibles mais sont soumis à des examens médicaux réguliers avec le risque d’être déclaré inapte. Dans ce cas, l’accord permet d’éviter de chercher un nouveau poste qui pourrait avoir une incidence sur la rémunération.
Enfin, l’accord crée, à partir de janvier 2025, un échelon d’ancienneté supplémentaire pour les statuaires et les contractuels : un douzième échelon pour les sédentaires, un dixième pour les roulants. Avec la création de positions supplémentaires pour les rémunérations, ce qui permet de ne pas bloquer les cheminots en étant au taquet alors que leur carrière est allongée.
VRT. Qu’est-ce qu’il reste à faire?
D. M. De nombreux accords arrivent à terme, notamment sur la gestion prévisionnelle de l’emploi. Citons aussi les accords sur les salariés transférés, pour leur garantir le maintien de leur statut. N’oublions pas que chaque réponse à un appel d’offre dans le transport conventionné donnera lieu à la création d’une filiale. Cela va concerner 25 000 agents pour TER, 17 000 pour Transilien, 3 000 pour Intercités. Sans oublier les agents du fret suite à l’enquête de Bruxelles qui a débouché sur un scénario de discontinuité économique et auquel nous sommes farouchement opposés.
Propos recueillis par Marie-Hélène Poingt