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Ewa

En pleine grève, une pluie d’inaugurations

Leman Express

Date fixée dans toute l’Europe pour le changement annuel des horaires pour les chemins de fer, le deuxième week-end de décembre donne également l’occasion de célébrer les dernières grandes inaugurations avant les fêtes de fin d’année. Programmées de longue date avant les grèves pour certaines, les mises en service ont été nombreuses en cette mi-décembre 2019.

Le Léman Express relie Genève et Annemasse

Comme prévu, le RER transfrontalier Léman Express, a ouvert la vague d’inaugurations, dès le 12 décembre. C’est à 14 h 45 exactement que dans la nouvelle gare souterraine de-Eaux-Vives, sur la nouvelle ligne souterraine CEVA, la rame Stadler Flirt suisse en provenance de Coppet et la rame Alstom Régiolis française venue de La Roche-sur-Foron se sont symboliquement retrouvées nez à nez. Auparavant, la rame française avait été reçue à Annemasse par une cinquantaine de manifestants (selon l’intersyndicale)… et les forces de l’ordre.

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Affichage des arrêts du premier train régulier Léman express, le 15 décembre.

Pour le service régulier sur les six nouvelles lignes reliant Genève et ses environs, en Suisse comme en France, le premier train est bien parti d’Annemasse le 15 à 5 h 05. Pour autant, passé ce premier train symbolique, toutes les relations prévues n’ont pas été assurées, loi de là. Si sur le territoire suisse, tous les trains Léman Express circulent selon l’horaire entre Coppet et Chêne-Bourg, dernière gare avant la frontière entre Genève et Annemasse, seul un train sur deux poursuit vers cette dernière gare, entre 6 h et 22 h. Plus tôt ou plus tard, des bus de substitution relient Chêne-Bourg et Annemasse. Au-delà, « des trains » circulent entre Annemasse et Evian, alors qu’une offre routière complémentaire a été mise en place entre Annemasse, Evian, Annecy et Saint-Gervais les Bains-Le Fayet.

Une nouvelle gare TGV : Nîmes Pont-du-Gard

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Nîmes Pont-du-Gard, à la croisée du Contournement Nîmes – Montpellier et de la ligne classique

Au moment du changement d’horaire sur le réseau ferré, une deuxième gare TGV sur le Contournement Nîmes – Montpellier (CNM) : Nîmes Pont-du-Gard a été mise en service à 13 km du centre de Nîmes et 18 km du Pont du Gard. Par rapport à Montpellier Sud-de-France, la première gare du CNM ouverte il y a un an et demi, Nîmes Pont-du-Gard présente l’avantage d’être desservie par le réseau ferré classique et d’offrir ainsi une correspondance en TER… vers Nîmes, par exemple. Alors que relier Montpellier Sud-de-France à Montpellier par les transports publics exige pour l’instant de prendre une navette routière vers un arrêt de tram.

Le bout du tunnel pour le tram de Nice

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Terminus de la ligne 2 du tram de Nice à Port Lympia.

Les inaugurations se succèdent sur la ligne 2 du tram de Nice. Un an et demi après avoir relié l’aéroport aux limites du centre-ville et presque six mois après avoir commencé à traverser ce dernier en souterrain, cette ligne équipée de nouveaux trams Alstom Citadis X05 est arrivée au terminus de Port-Lympia. A l’air libre, ce terminus est dépourvu de lignes aériennes de contact pour l’alimentation électrique, tout comme la partie ouest de la ligne, vers l’aéroport, où les trams tirent leur énergie des leurs supercondensateurs embarqués, chargés par le système SRS d’Alstom. Le groupement Essia (Egis mandataire, atelier Villes & Paysages, Ingérop, et les architectes STOA, Pierre Schall, Jean-Paul Gomis, In Situ Benaïm Nivaggioni) a assuré la maîtrise d’œuvre de ce projet.

Une quatrième ligne à Bordeaux

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Dans le centre de Bordeaux, la ligne D est alimentée par le sol.

Quatrième ligne du réseau bordelais, qui atteint désormais les 77 km, la ligne D entre en service après trois ans de travaux sur un premier nouveau tronçon de 3,5 km entre la place des Quinconces et la mairie du Bouscat, dans le nord-ouest de l’agglomération. Un deuxième tronçon est attendu dans deux mois, jusqu’à Eysines-Cantinolle. Comme sur les autres lignes dans le centre de Bordeaux, l’alimentation électrique par le sol type APS d’Alstom est mise en œuvre sur la ligne D entre les quatre premiers arrêts.

Le tram-train T4 francilien atteint Montfermeil en mode tram

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Un prolongement en mode tram du premier tram-train francilien.

Treize ans après la conversion en tram-train de l’ancienne voie ferrée d’Aulnay à Bondy, en Seine-Saint-Denis, une nouvelle branche quitte cette ligne T4 au niveau de Gargan, au centre du premier tronçon, pour atteindre Montfermeil, 5 km plus à l’est, via Clichy-sous-Bois. Avec cette branche comportant 8 arrêts (avant son prochain prolongement vers l’hôpital de Montfermeil), tout un pan de la banlieue est de Paris bénéficie d’une nouvelle desserte de grande capacité. Une particularité de ce tronçon est d’être un tram de type « urbain », alimenté sous 750 V continus, alors que le tronçon d’origine est alimenté sous 25 kV 50 Hz, comme les voies ferrées à l’est de Paris. Entre ces deux modes en vigueur sur le T4, la transition se fait automatiquement pour les 15 trams-trains Alstom Citadis Dualis commandés à cet effet par Ile-de-France Mobilités et SNCF Transilien.

P. L.

Ewa

La Renfe dévoile Avlo, son train à grande vitesse low cost

Rame Talgo S-112 en livrée Avlo, la future offre low cost de la Renfe.

La Renfe a présenté, le 11 décembre, son AVE low cost. Appelé Avlo, il sera lancé le 6 avril 2020 sur l’axe Madrid – Saragosse – Barcelone, celui qui intéresse le plus les opérateurs, avec 8 mois d’avance sur le concurrent français low cost Ouigo. La filiale de la SNCF s’est vu accorder en novembre l’autorisation d’exploiter ses trains sur cette ligne, comme le groupement entre Air Nostrum et Trenitalia. Ces nouveaux entrants pourront exploiter leurs services à l’ouverture à la concurrence prévue en Espagne fin 2020.

Comme Ouigo, Avlo vise une clientèle jeune et familiale, qui prend peu le train, ou pas du tout.

Pour exploiter ce nouveau service, la Renfe utilisera deux séries de rames Talgo AVE modifiées : des S-106 (10) et des S-112 (5). Elles ne comporteront qu’une seule classe, la Business étant supprimée ainsi que la voiture bar (cafétéria), remplacée par des distributeurs de boissons et de plats. La place ainsi gagnée permettra d’augmenter la capacité des rames de 20 %. Les S-106 passeront à 581 places, et les S-112 à 438 places.

À l’extérieur aussi, les rames vont changer. Elles arboreront une livrée pourpre, avec un filet orange, un autre turquoise et une virgule blanche entre les deux. Quant aux portes, elles seront peintes en orange. Les modifications de ces 15 rames seront effectuées les ateliers de la Renfe à Madrid, La Sagra, Malaga et Valladolid.

Ewa

La longue grève sur le rôle du deuxième agent dans des trains londoniens

Desserte SWR pendant la grève de décembre 2019

La question du rôle du Guard, le deuxième agent présent à bord des trains de banlieue en Grande-Bretagne, refait surface chez l’opérateur South Western Railway (SWR), dont la franchise s’étend au sud-ouest de Londres, de la gare de Waterloo aux rives de la Manche. Détenu à 70 % par FirstGroup et à 30 % par MTR, l’exploitant SWR est accusé par le Syndicat des chemins de fer, de la navigation maritime et des transports (RMT) de « ne pas être intéressé par un accord » sur le rôle de ce deuxième agent, responsable de la sécurité à bord des trains. Un rôle qui, jusqu’à présent, comprend la fermeture des portes. Or SWT considère que la modernisation de l’exploitation implique de transférer la fermeture des portes au conducteur. Un transfert qui pour RMT entraînera à terme la suppression du Guard et, par conséquent, une moindre sécurité à bord des trains.

Une trêve pour ne pas gêner les élections générales

D’où un préavis de grève émis fin novembre par RMT, pour les périodes du 2 au 11 décembre, du 13 au 24 décembre et du 27 décembre au 1er janvier. La première trêve a été décidée pour ne pas gêner les élections générales du 12 décembre, alors que la seconde correspond à Noël et au Boxing Day (Saint-Etienne), journées durant lesquelles les trains sont traditionnellement très rares outre-Manche. Très marqué à gauche, RMT est en faveur d’une renationalisation des chemins de fer, objectif qui figure également dans le manifeste travailliste pour les élections du 12 décembre (aux côtés de la nationalisation de la distribution de l’eau, de l’énergie et d’internet haut débit par fibre optique).

En réponse, SWR a qualifié cette grève d’« inutile », l’opérateur ayant garanti le maintien de la présence d’un deuxième agent dans chaque train, en dépit de son souhait de transférer la fermeture des portes au conducteur. Pour les 27 jours de grève annoncés par RMT, SWR a publié un plan de transport adapté au mouvement social et actualisable, promettant à ses 600 000 usagers quotidiens d’assurer plus de la moitié des trains du lundi au vendredi, avec des compositions renforcées. Cependant, « les clients doivent être conscients que les derniers départs se feront plus tôt que d’habitude », ajoute l’opérateur, dont nous publions ci-dessus la carte du réseau adaptée au mouvement social. Seule l’île de Wight a un service nominal (bleu), la plupart des lignes ayant une desserte « réduite » (orange). Sur quelques lignes, tous les trains sont supprimés : soit ils sont remplacés par des bus (tireté noir), soit tout trafic SWR est suspendu (rouge). Dans ce dernier cas, il n’est pas rare que la ligne en question reste desservie par des trains, mais ceux de la franchise voisine (gris).

P. L.

 

Ewa

Alstom et Thales reconduits pour le prolongement du métro automatique de Sydney

Metro North West Sydney

Déjà retenus il y a quatre ans pour le Metro North West de Sydney, mis en service en mai dernier, Alstom et Thales ont été confirmés pour équiper le prolongement de cette première ligne de métro automatique en Australie. Ces confirmations font suite à la prorogation du PPP entre le Northwest Rapid Transit Consortium (NRT), dont l’opérateur MTR est le principal membre, et les Transports de Nouvelle-Galles du Sud (TfNSW). Au terme de ce projet de prolongement, NRT exploitera une ligne de 66 km en forme de U reliant Rouse Hill (nord-ouest de Sydney) à Bankstown (sud-ouest) via la City, et desservant 31 stations au total.

Attendu pour 2024, le prolongement vers la City et le sud-ouest de Sydney comprend la construction, déjà entamée, d’un nouveau tronçon de 15 km desservant sept nouvelles stations, ainsi que la conversion en métro automatique d’une ligne de train de banlieue, longue de 13 km et comprenant 11 gares déjà en service. Intitulé Sydney Metro City & Southwest (SMCSW), ce projet comprend également l’agrandissement de la station de Rouse Hill et la construction d’une nouvelle station de métro à Sydenham.

Un contrat de 350 millions d’euros pour Alstom

Dans le cadre de son contrat, d’un montant d’environ 350 millions d’euros, Alstom assurera la gestion, la conception, la fourniture, la fabrication, les essais et la mise en service de 23 rames de six voitures du type Metropolis, à conduite automatique intégrale. Ces rames seront fabriquées sur le site Alstom de Sri City (Inde), qui a déjà livré les 22 rames Metropolis du Metro North West, et une option permet de commander des rames supplémentaires. Alstom sera également chargé du CBTC (le système assurant la conduite automatique) du type Urbalis 400. Le matériel roulant et le CBTC à mettre en œuvre sur le Sydney Metro City & Southwest devront être de même conception que sur le Metro North West.

et d’environ 153 millions d’euros pour Thales

De son côté, Thales a signé un contrat de 250 millions de dollars australiens (environ 153 millions d’euros) pour la conception, la fabrication, la livraison, l’installation, les essais et de la mise en service des systèmes de supervision, de commande centralisée et de communications (information des voyageurs et de vidéoprotection via un système centralisé) pour le prolongement. Ici aussi, les technologies à mettre en œuvre seront similaires à celles des systèmes Thales équipant le métro automatique de Sydney en service depuis mai dernier.

P. L.

Ewa

Alstom et Bombardier construiront le prochain métro parisien

Metro Paris rames MF19

Le consortium regroupant Alstom (mandataire vis-à-vis du client) et Bombardier vient d’être désigné attributaire du marché de conception et fabrication de la nouvelle génération de métro MF19 pour Île-de-France Mobilités et la RATP. La tranche ferme porte sur la livraison de 44 rames pour un montant de « plus de 530 millions d’euros », à parts égales entre les deux constructeurs, selon ces derniers. Côté RATP et Ile-de-France Mobilités, on parle plutôt de « 658 millions d’euros (dont frais d’études, provisions pour aléas…) ».

Après avoir été voté, le 29 novembre, par le conseil d’administration de la RATP, le financement de cette commande devra être validé lors du prochain conseil d’administration d’Ile-de-France Mobilités, le 12 décembre. Au total, jusqu’à 410 rames MF19 pourront être commandées, pour un montant de 2,9 milliards d’euros. Elles remplaceront les dernières rames MF67 (1967-1978) encore en service, ainsi que la totalité des MF77 (1978-1986, en cours de rénovation) et des MF88 (première génération de « Boa » à intercirculation, 1992-1994). Tout comme celui du MF01, la génération précédente de matériel à roulement « fer sur fer » de la RATP, le design du MF19 est signé Avant Première. Mais alors que le design du MF01, imposé avant l’appel d’offres, était propriété de la RATP, celui des images de synthèse de MF19, non contractuel, est une proposition du consortium.

Un matériel modulaire et évolutif

Destinée à être mise en service entre 2024 et 2026 sur les lignes 3bis, 7bis et 10, la première tranche du MF19 pourra être suivie de levées d’options en vue d’équiper ensuite les lignes 13, 12, 3, 8 et 7. « Le calendrier de renouvellement de la ligne 13 a été avancé par Ile-de-France Mobilités à 2026 au lieu de 2032 », précise l’autorité organisatrice.

« C’est un programme ambitieux, même si on commence par des « petites » lignes », souligne Thierry Bonnefous, directeur d’Offres Alstom et futur directeur de Projet MF19. « Il faudra livrer jusqu’à 2 000 voitures, dans un planning très contraint, pour remplacer trois types différents afin d’avoir un parc « fer » homogène, avec un coût de cycle de vie optimisé. Le MF19 représentera enfin un changement générationnel, puisque ce train, qui sera livré jusque vers 2035, sera là pour 40 ans. »

« Le train est conçu dès le début pour changer de configuration au cours de sa vie », ajoute Thierry Bonnefous. « Il sera en particulier possible de passer de la conduite manuelle, avec cabine, à la conduite automatique, en autorisant aux voyageurs l’accès à la totalité de la rame. » En effet, comme certaines des huit lignes à équiper à partir de 2026 sont susceptibles de passer à la conduite automatique intégrale, la présence ou l’absence de cabines de conduite sur les nouvelles rames dépendra de la ligne. Par exemple, les rames de la première tranche disposeront toutes d’une cabine de conduite. Ces rames présenteront toutefois deux longueurs différentes : les 30 destinées à la ligne 10 compteront 5 voitures (soit 76 m de long, ce qui couvre la longueur totale d’un quai standard), alors que les 14 rames pour les courtes lignes 7bis et 3bis n’auront que quatre voitures (60,86 m de long). Les rames de cinq voitures destinées à la ligne 13 auront une longueur un peu plus grande : 77,44 m pour respecter le diagramme des portes palières de la ligne 13, basé sur les portes des MF77. Pour obtenir cette dernière longueur de rame, les voitures seront légèrement plus longues que pour les rames de 76 m. « On pourra également transformer la composition, voire les voitures, pour modifier la longueur d’une rame, par exemple lors d’un passage d’une ligne à une autre, grâce à la modularité du MF19 », ajoute Thierry Bonnefous.

« Le client est parti de deux référentiels : le MF01 et le matériel à remplacer (MF67 et MF77), avec des exigences sur le coût de cycle de vie et sur un nombre de prestations plus important, tout en étant plus sobre énergétiquement », rappelle le futur directeur de Projet. Tout comme les autres modèles de métro commandés ces trente dernières années pour le réseau RATP, les rames MF19 seront dotées d’une intercirculation. Mais par rapport à la génération précédente, elles bénéficieront des avancées les plus récentes en matière de confort, de disponibilité, d’accessibilité et d’information voyageurs. Les nouvelles rames présenteront ainsi de larges baies vitrées et d’un éclairage « scénarisé » 100 % LED (y compris sous les sièges). Le système de chauffage et climatisation (ventilation réfrigérée) a été revu, alors que désormais, des prises USB pour la recharge des appareils mobiles seront présentes. Question sécurité, des caméras de vidéosurveillance « de dernière génération », selon Ile-de-France Mobilités, couvriront la totalité de la rame. Par ailleurs, ces rames seront équipées d’un système embarqué de comptage de voyageurs par flux pour mesurer plus finement la fréquentation des lignes.

Facture énergétique et coûts de maintenance réduits

« Comme ce train sera très informatisé, il pourra bénéficier d’une maintenance prédictive, qui contribuera à tenir des engagements forts – moins 15 % – en matière de réduction des coûts de maintenance par rapport au MF01 », ajoute Thierry Bonnefous. « Plus de fiabilité, c’est une moindre fréquence des opérations de maintenance. »

Un exemple intéressant d’optimisation, ayant des répercussions tant sur la maintenance que sur l’énergie, est la chaîne de traction : tout comme le matériel conçu il y a deux décennies, elle met ici en œuvre des convertisseurs à IGBT et des moteurs de traction asynchrones triphasés. « C’est une solution éprouvée, sur laquelle on bénéficie d’un retour d’expérience », rappelle Thierry Bonnefous. « Pour autant, on a diminué la consommation d’énergie par rapport au MF01 en mettant en œuvre le freinage électrique jusqu’à 0 km/h, avec récupération du courant. Un bénéfice supplémentaire de ce freinage électrique intégral est de réduire la production de particules issues de plaquettes de frein, ce qui contribue à améliorer la qualité de l’air en souterrain et à réduire les opérations de maintenance ».

« Autre innovation concernant la chaîne de traction : sa ventilation est passive », ajoute Thierry Bonnefous. « En effet, l’agencement des sous-châssis a été étudié pour que la circulation d’air refroidisse la chaîne de traction lorsque le train est en mouvement. On peut ainsi se passer de la ventilation active, ce qui se traduit par un moindre encombrement, de meilleures performances et une consommation d’énergie réduite. » Ces innovations sur la chaîne de traction, le freinage électrique et l’éclairage par LED devraient contribuer à réduire de 20 % la consommation d’énergie par rapport aux MF77 actuellement en service.

Et question environnement, les nouvelles rames seront éco-conçues (20 % de matériaux recyclés pour leur production), permettant leur revalorisation en fin de vie à hauteur de 98 %, selon les deux membres du consortium.

Deux partenaires, deux sites d’assemblage

Pour remporter le marché MF19, Alstom et Bombardier ont groupé leurs forces. « C’est notre choix d’être venus en consortium », rappelle Thierry Bonnefous… et non le résultat d’une attribution lot par lot, comme celle qui avait vu, en 2001, la production du MF01 répartie entre quatre entreprises (Areva TA, Alstom, Bombardier et Ansaldo STS). « Du fait de la taille historique de ce contrat, nous avons voulu offrir un set-up pérenne. D’où une grande originalité de ce projet : ces partenaires vont tous les deux fabriquer des trains dans leurs sites respectifs du Valenciennois afin d’être toujours en mesure de livrer les trains commandés ».

Chez les deux constructeurs, 2 300 personnes, dont 700 ingénieurs, travailleront sur le projet au sein du consortium. Les sites de Valenciennes (Alstom) et de Crespin (Bombardier) assembleront donc les rames, chacun étant en charge des études, de la conception, de l’assemblage des trains, des tests de validation et d’homologation. Les sites d’Alstom développeront et produiront les moteurs (Ornans), les chaînes de traction (Tarbes), l’électronique embarquée (Villeurbanne) et l’informatique de sécurité (Aix-en-Provence). Le site Bombardier de Crespin sera chargé de la conception des éléments mécaniques des rames, notamment les chaudrons et les bogies, ainsi que du système de climatisation et de l’ensemble des composants contribuant au design de l’aménagement intérieur (éclairage, sièges, agencement des espaces et équipements de garnissage).

Au total, le projet MF19 mobilisera 9 000 emplois dans l’ensemble de la filière ferroviaire française, précisent les deux membres du consortium.

Pour Alstom, l’annonce de cette commande est tombée trois jours à peine après l’attribution officielle du marché de la modernisation du métro de Marseille. Pour autant, il y a peu de similitudes entre ces deux projets de métros. « C’étaient deux produits différents, avec deux équipes différentes. A Marseille, il s’agissait de remettre une offre système ; ici, c’est un matériel roulant », insiste Thierry Bonnefous. « Ceci dit, c’était une très bonne semaine pour Alstom ! Et le futur métro pour le réseau parisien, qui ne correspond pas à une plateforme existante, représente une excellente vitrine pour le savoir-faire des sites français. »

Patrick Laval

Ewa

Alstom modernisera le métro de Marseille

Le public pourra choisir le design du métro parmi trois propositions signées Ora-ïto et Fabien Bourdier.

C’est Alstom qui a été choisi par la Métropole Aix-Marseille-Provence pour renouveler le matériel roulant et automatiser le métro de la cité phocéenne, face à la candidature commune de CAF et de Thales, qui avaient formé le groupement Maévi à cette fin. Dans le cadre de ce contrat, évalué à 430 millions d’euros, Alstom devra développer, fournir et installer le système d’exploitation et les équipements du pilotage automatique des deux lignes du réseau marseillais, qui totalisent 22 km. Le constructeur devra également mettre en service 38 nouvelles rames sur pneu et moderniser l’ensemble des moyens audiovisuels d’information voyageurs dans les 30 stations.

Longues de 65 mètres, les nouvelles rames de quatre voitures à intercirculation pourront transporter jusqu’à 500 voyageurs, à raison de quatre par mètre carré. Ce nouveau matériel disposera de larges baies vitrées, d’un système de climatisation « performant » et de systèmes d’information voyageurs « modernes », offrant une expérience à bord « agréable », selon les qualificatifs donnés par Alstom, qui a fait appel aux designers marseillais Ora-ïto et Fabien Bourdier pour imaginer le design et la mise en scène sonore des nouvelles rames… Ou plutôt trois designs, qui ont été proposés à la Métropole Aix-Marseille-Provence. Cette dernière a mis en place une consultation sur internet afin de permettre au public de choisir le design du futur métro parmi les trois propositions, intitulées « écouter la ville », « s’amuser des contrastes » et « sculpter la mer ».

La mise en service des nouvelles rames est prévue en 2024, date à laquelle elles commenceront à remplacer les actuelles rames MPM 76, en service depuis 1977. Par rapport à ces dernières, le nouveau matériel devrait consommer 25 % d’énergie en moins « grâce notamment au freinage électrique (jusqu’à 0 km/h), à l’éclairage LED et d’autres optimisations ». Dans un premier temps, les nouvelles rames circuleront en mode semi-automatique avec conducteur (jusqu’à la mi-2025 sur la ligne M2 et jusqu’à 2026 pour la ligne M1), avant de passer à la conduite automatique intégrale. A cette fin, Alstom fournira sa solution Urbalis 400.

Alstom précise qu’au total, « plus de 400 personnes en France travailleront sur ce projet dont plus de 60 sur le territoire de la Métropole Aix-Marseille-Provence ». En effet, le site Alstom d’Aix-en-Provence assurera le pilotage du projet ; les cinq autres sites français mis à contribution seront Valenciennes pour la conception, l’aménagement intérieur, l’assemblage, les essais et la validation des rames, Ornans pour les moteurs, Le Creusot pour les bogies, Villeurbanne pour l’informatique embarquée, l’information voyageurs, la maintenance prédictive et les équipements du système de signalisation, et Saint-Ouen pour la coordination du design artistique, le développement et l’intégration du système de signalisation. Des emplois devraient également être générés chez les fournisseurs d’Alstom en France, « mais aussi au sein de la Métropole pour les activités d’installation et de déploiement du système de signalisation ».

Patrick Laval

Ewa

« Il faut construire HS2 »

Le tracé de HS2

Nos confrères du quotidien The Times ont pris connaissance d’une version préliminaire du rapport destiné au gouvernement britannique sur la ligne à grande vitesse HS2. Selon cette fuite qui tombe à point nommé, juste avant les prochaines élections générales, Doug Oakervee, l’auteur du rapport, recommande de construire dans son intégralité la ligne en Y destinée à relier Londres à Birmingham, Manchester et Leeds. Seuls quelques changements sont suggérés, comme une réduction de la capacité de la ligne à 14 trains par heure et par sens (contre 18 trains envisagés) ou le dimensionnement des futures gares. Selon la version préliminaire du rapport, annuler la HS2 causerait encore plus de retards en obligeant à étudier des solutions de rechange pour la poursuite du développement du réseau ferré britannique. Toutefois, le rapport conseillerait aussi de remettre en cause certains contrats de génie civil signés dans le cadre de la HS2.

En pleine période électorale, l’association britannique du fret et de la logistique Freight Transport Association (FTA) fait pression pour la réalisation de la nouvelle ligne à grande vitesse. « En transportant 300 000 personnes par jour », selon la FTA, la première phase de la HS2 délesterait suffisamment le réseau classique britannique pour que ce dernier ait la capacité d’accueillir un trafic fret équivalent à 1 500 camions par jour.

P. L.

Ewa

Coup double pour Stadler aux Etats-Unis

Flirt H2 à hydrogène pour la Californie

Entre une commande record et l’annonce du premier projet de train à hydrogène aux Etats-Unis, Stadler a fait très fort outre-Atlantique à la mi-novembre.

Le constructeur suisse a en effet signé avec MARTA, l’autorité des transports de la Métropole d’Atlanta, un contrat de « plus de 600 millions de dollars » pour la fourniture de 127 rames de métro à partir de 2023, assortie de deux options de 25 rames chacune. Pour Stadler, il s’agit non seulement de la première commande d’importance remportée dans le domaine du métro aux Etats-Unis, mais c’est surtout le plus important contrat jamais signé par le constructeur.

Juste auparavant, Stadler avait annoncé une autre commande aux Etats-Unis, bien plus symbolique cette fois, mais qui marque l’entrée du constructeur dans le club du train à hydrogène. La San Bernardino County Transportation Authority (SBCTA), dans le sud de la Californie, a en effet commandé à Stadler une rame Flirt à pile à hydrogène, plus quatre en option. Ce premier Flirt H2 doit être mis en service régulier sur la ligne de Redlands (14 km) en 2024. Il s’agira alors du premier train à hydrogène aux Etats-Unis.

Ewa

Pour ses 25 ans, Eurostar joue la carte verte

train ecolo londres

Le 14 novembre, Eurostar a célébré ses 25 ans d’activité dans le transport à grande vitesse de voyageurs entre l’Europe continentale et Londres en faisant rouler son tout premier « train sans plastique » entre Londres et Paris. Parti à 10 h 24 de Saint-Pancras, l’Eurostar 9 018 a innové par l’absence d’objets ou d’emballages en plastique à usage unique à son bord. Fini les bouteilles, gobelets ou couverts en plastique et autres sachets jetables : place aux couverts en bois, à l’eau servie en boîtes métalliques, au vin servi au verre ou aux tasses en carton.

Avec 200 millions de voyageurs cumulés, un matériel roulant renouvelé ou rénové et une offre quasi stabilisée (reste encore à rendre possible la relation Grande-Bretagne – Belgique – Pays-Bas dans le sens retour, Amsterdam – Bruxelles – Londres), tout en attendant de voir ce que pourrait apporter la fusion avec Thalys, Eurostar n’a pas présenté de nouveauté majeure en matière de service pour son premier quart de siècle. Cette fois, le transporteur joue plutôt la carte de l’environnement, dans le prolongement de son programme environnemental Voyage Vert (Tread lightly, en anglais) mis en place en 2007, qui a déjà vu Eurostar réduire son empreinte carbone de plus de 40 %. Et, en phase avec la « honte de l’avion », Eurostar rappelle que chaque voyage transmanche émet jusqu’à 90 % de moins de gaz à effet de serre qu’un vol court courrier équivalent.

La mesure concernant l’élimination du plastique jetable à bord des trains peut sembler être un gadget, mais en matière de protection de l’environnement, ce sont souvent les petits ruisseaux qui font les grandes rivières. Cette nouvelle action rejoint par exemple l’engagement d’Eurostar à servir des aliments durables et responsables (ingrédients saisonniers, équitables ou biologiques, non-transportés par avion et provenant de producteurs ayant des normes environnementales et de bien-être significatives), mesure qui a permis au transporteur d’obtenir sa troisième étoile décernée par la Sustainable Restaurant Association (SRA), l’association britannique œuvrant pour une accélération du changement social et écologique au sein du secteur du tourisme et de l’hôtellerie.

Plus concrètement encore, même si cette dernière mesure nous éloigne des trains à grande vitesse sans en être totalement décorrélée, Eurostar s’est engagé, dès le 1er janvier prochain, à planter un arbre pour chaque départ de l’un de ses trains. En soutenant Woodland Trust, Reforest’Action et Trees for All, Eurostar devrait ainsi permettre la plantation de 20 000 arbres chaque année dans les forêts britanniques, françaises, belges ou néerlandaises.

Ewa

Disparition de Didier Durandal

didier durandal

Nous avons appris la soudaine disparition de Didier Durandal à l’âge de 77 ans, survenue le 9 novembre 2019 des suites d’une hémorragie cérébrale. Après un début de carrière dans l’enseignement, il avait intégré la SNCF. De 1979 à 1988, il fut rédacteur en chef de La Vie du Rail, dont il sera conseiller de la direction jusqu’en 1994. Après un retour à la SNCF (mission TGV Est), il prend sa retraite en Normandie, tout en assurant la rédaction en chef de la revue Chemins de Fer, de l’Association française des Amis des Chemins de Fer (AFAC), jusqu’à la fin 2017. Il laissera le souvenir d’un esprit rigoureux et ouvert aux cultures du monde, d’un immense spécialiste du domaine ferroviaire et d’un grand voyageur.

Toutes nos pensées vont à Eliane, son épouse, ainsi qu’à ses filles et à ses petits-enfants.