« Il faut passer d’une logique quantitative à une logique de performance du service rendu »
Agir Transports, l’association qui représente les collectivités et opérateurs indépendants, organise du 6 au 8 octobre, à Angers, son rendez-vous annuel. Christophe Cotta, son nouveau président, explique sa démarche pour améliorer les transports publics malgré des marges de manœuvre contraintes.
Le secteur appelle régulièrement à un « choc d’offre » dans les transports publics. AGIR partage-t-il cet objectif ?
Nous sommes favorables à un choc d’offres s’il permet de répondre efficacement aux attentes des usagers. Pour y parvenir, ce choc doit être territorialisé. C’est l’attente des adhérents d’AGIR Transport qui connaissent bien les réalités de terrain.
Il existe évidemment des territoires et des lignes où il faut davantage de fréquence, d’amplitude ou de capacité. Mais ailleurs, ajouter mécaniquement des kilomètres commerciaux n’est pas nécessairement la meilleure réponse.
Chaque kilomètre supplémentaire représente un coût durable pour la collectivité. Il faut donc partir des besoins, des usages et de la fréquentation. Donc pas plus d’offre pour le principe, mais une meilleure offre là où elle est nécessaire.
Vous vous démarquez donc de l’idée selon laquelle le choc d’offre serait indispensable au report modal ?
Nous partageons l’objectif de développer les transports publics et de proposer des alternatives crédibles à l’usage individuel de la voiture en tenant compte des réalités de terrain et des marges de manœuvre des AOM. Ce qui exclut une réponse unique ou uniforme. Un réseau métropolitain très fréquenté, une agglomération moyenne et un territoire rural n’ont ni les mêmes besoins, ni les mêmes ressources, ni les mêmes solutions. Dans certains cas, il faut renforcer une ligne régulière. Dans d’autres, il peut être plus pertinent de développer le transport à la demande, le covoiturage, le vélo ou le rabattement vers une gare.
La bonne politique publique n’est pas nécessairement celle qui produit le plus de kilomètres. C’est celle qui apporte la meilleure réponse aux besoins de mobilité du territoire avec les moyens disponibles.
Cela implique-t-il de revoir certaines offres existantes ?
Oui. Cela peut vouloir dire mieux positionner les fréquences, revoir les amplitudes horaires, améliorer les correspondances ou redéployer des moyens vers les endroits où les besoins sont plus importants.
Il faut être capable d’interroger régulièrement l’offre. Une ligne peu fréquentée doit-elle conserver exactement la même organisation ? Peut-on utiliser différemment ces moyens pour répondre à davantage de besoins ?
Il faut passer d’une logique quantitative de l’offre à une logique de performance du service rendu.
Comment y parvenir dans le contexte financier actuel très tendu?
Le contexte financier rend plus nécessaire cette démarche. Les collectivités doivent développer les mobilités, décarboner leurs flottes, améliorer l’accessibilité et continuer à investir alors que leurs équilibres financiers sont plus difficiles.
Il faut distinguer deux phénomènes. D’un côté, le contexte économique, notamment l’inflation, qui a fortement renchéri le coût des services publics locaux. De l’autre, des décisions nationales qui réduisent directement les marges de manœuvre des collectivités ou augmentent leurs charges. Le Dilico, certaines évolutions du FCTVA ou encore la hausse des cotisations à la CNRACL s’additionnent.
On ne peut pas demander aux collectivités d’investir toujours davantage dans les mobilités et la transition écologique tout en réduisant leurs marges de manœuvre financières. Et surtout, une AOM ne pilote pas un réseau à douze mois. Lorsqu’elle renouvelle une flotte, développe une nouvelle offre ou transforme un dépôt, elle raisonne sur dix ou qu
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