Alain Getraud, PDG de la compagnie Le Train: « Dans les appels d’offres, je ne veux pas être le lièvre de service »
Alain Getraud explique à VRT pourquoi sa compagnie vient de signer deux accords-cadres avec SNCF Réseau. Le PDG du Train revient aussi sur son offre pour le premier lot de TER de Nouvelle-Aquitaine, sur l’homologation de ses trains Talgo et enfin sur la construction d’un atelier de maintenance. La compagnie avance vers une ouverture commerciale, programmée à horizon 2028.
Dans votre projet présenté en 2020, Le Train visait des liaisons entre grandes villes de la façade Ouest. Pourquoi vous positionnez-vous maintenant sur les Paris-Bordeaux et Rennes-Bordeaux ?
Nous avons signé début mars deux accords-cadres avec SNCF Réseau, après un an et demi de discussions. Cette démarche correspond à notre stratégie de créer plus d’offres dans la grande vitesse, ce que nous avions en tête, même si nous ne communiquions pas sur le sujet. Il y a une très forte demande entre Rennes, Bordeaux et Paris et on manque de trains sur des axes qui ne sont pas desservis en grande vitesse alors que le réseau le permet. Si l’on ne s’y prend pas à l’avance, obtenir des sillons peut être très compliqué, d’où les accords-cadres que nous venons de passer, en apportant bien sûr à SNCF Réseau toutes les garanties demandées.
Vous ne serez donc pas l’opérateur « régional » que vous aviez imaginé ?
Nous sommes nés dans le Grand Ouest, en Nouvelle-Aquitaine. Nous sommes implantés à Bordeaux et le Girondin que je suis ne va pas renier ses origines. Mais nous devons avoir une dimension nationale, vu les dépenses d’investissement nécessaires pour lancer notre activité. Nous voulons être présents majoritairement dans la grande vitesse, mais nous avons structuré notre offre pour être un opérateur à vocation globale.
Nous devons être organisés ainsi : la grande vitesse là où il y a de la demande et les trains du quotidien restent dans notre ADN commercial. C’est pourquoi nous avons répondu à un appel d’offres d’Intercités et dans le TER. Nous estimons pouvoir apporter des réponses pertinentes aux autorités organisatrices de la mobilité.
Depuis votre démarrage en 2020, les choses vont-elles au rythme que vous aviez imaginé ?
Oui, ça prend du temps et oui, j’aimerais que ça aille plus vite. Mais si la concurrence s’est ouverte un peu tard, nous avons maintenant des acteurs qui connaissent le métier, font avancer les choses, agrègent de la compétence, lèvent du financement et réussissent leur développement. Le Train a été finaliste sur deux appels d’offres. Si nous nous alignons à nouveau dans le conventionné, c’est que nous sommes capables de mobiliser la compétence nécessaire. Sur Bordeaux-Nantes-Lyon, dont l’attribution a eu lieu début 2025, nous n’avons pas été retenus mais j’estime que notre offre était potentiellement meilleure. Nous avions choisi un processus qui servait les deux intérêts : une baisse de la contribution publique pour l’autorité o
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Publié le 11/03/2026 - Marie-Hélène Poingt