Enfant ou businessman, la SNCF a choisi
La nouvelle classe de SNCF Voyageurs, baptisée Optimum, qui remplace la Business Première, est à peine lancée, qu’elle suscite une polémique inattendue. Depuis le 8 janvier, tous les TGV Inoui au départ ou à l’arrivée de Paris proposent des services premium associant « confort, flexibilité, dans un espace calme ». Sur la ligne Paris-Lyon, une classe Optimum Plus est même commercialisée, avec service à la place, personnel dédié et toujours la promesse d’une ambiance feutrée. Pour assurer ce calme, l’offre n’est pas accessible aux enfants de moins de 12 ans. Pour garantir à ses usagers « un espace entièrement dédié, pour travailler ou se reposer », la SNCF ne permet pas de réservation à cette classe via des billets enfants et autre forfait bambin.
Une association appelée Les adultes de demain, s’est emparée du sujet sur les réseaux sociaux. « Une ligne rouge a été franchie. Et personne n’en parle. La première entreprise publique de transport française cède à son tour au « no kid ». Au lieu de créer des wagons pour enfant, le groupe SNCF les exclut », s’indigne l’association, provocant un torrent de commentaires.
La compagnie souligne que la pratique s’appliquait déjà à la précédente classe affaires, qui correspond à un espace très restreint, d’une demi-voiture sur les TGV InOui du lundi au vendredi, « soit moins de 10 % des sièges d’un TGV ». Elle a rapidement retiré de son site de réservation la mention relative à l’âge des passagers. Elle assure n’avoir jamais cédé aux nombreuses demandes de clients qui « depuis longtemps réclament des voitures entières sans enfant ».
La politique commerciale du groupe ne choque pas la Fédération nationale des associations d’usagers des transports (Fnaut) qui, par la voix de son président François Delétraz, précise que la SNCF essaie de longue date de consacrer un espace privilégié à ses clients affaires.
Publié le 12/11/2025 - Sylvie Andreau