Très vite après son arrivée à la tête de Keolis, Frédéric Van Heems a annoncé la couleur : il veut conforter la croissance rentable de son entreprise en faisant passer la marge de 0,5 % actuellement à 1,5 % en 2030. D’où le plan stratégique qu’il prépare pour l’automne et qui couvrira la période 2027-2030.
Le président du directoire veut « simplifier pour essayer d’être plus rentable et plus compétitif en travaillant notamment sur les contrats déficitaires en France et à l’étranger », nous a-t-il expliqué lors du Salon Mobco. Ce qui nécessitera, a-t-il détaillé, des discussions avec les autorités organisatrices de la mobilité, notamment « sur les risques du low cost ».
La simplification et « l’accélération de la croissance rentable » passe aussi par une réorganisation managériale.« Il s’agit d’avoir une organisation commerciale encore plus proche des clients en France et à l’international », souligne-t-il. Et d’avoir un comité exécutif « plus opérationnel et plus proche du terrain ».
Quatre patrons de zone
Il y a aura ainsi quatre grands patrons de zones : une zone France chapeautée par Annelise Avril, une zone Europe du Nord qui existe déjà et sera dirigée par Jan Killström, une zone UK-Irlande-Amérique du Nord sous la direction d’Abdellah Chajai et une zone Moyen-Orient, Asie, Pacifique sous celle d’Alister Gordon.
Conséquence, Laurence Broseta qui était directrice générale International va quitter l’entreprise : son poste étant supprimé, elle n’a pas accepté d’être dirigeante d’une zone comme cela lui a été proposé, explique l’entreprise.
Il y aura également trois grands pôles : Finance, juridique, stratégie sous la houlette de Christelle Villary, Technique opérationnel, industrie, innovations pour Pierre Gosset et un pôle croissance, marketing- relations extérieures, sous la direction de Clément Michel qui pilotera aussi Effia, Kisio ou encore Keolis Santé. Clément Michel chapeautera aussi une petite équipe chargée de l’Afrique et de l’Amérique du Sud.
Frédéric Van Heems va aussi créer un poste de dirigeant chargé de l’IA, de la data, du digital et de l’IT, « une fonction tellement transversale qu’elle doit être au Comex », indique-t-il à VRT.
« Nous serons dans une logique de plateforme en cherchant non pas des contrats isolées mais une logique de multimodalité », résume le dirigeant. Le projet va se mettre en place au cours des prochaines semaines. A l’automne, tout devra être bouclé.