Alstom a fait rouler, le 7 mai, la première rame Mi20 sur une voie du site de production de Crespin, à côté de Valenciennes. Ce matériel, fabriqué en consortium par le constructeur français et son homologue espagnol CAF, a été commandé en 2018 par IDFM pour renouveler les rames du RER B, âgées d’une cinquantaine d’années.
Ce projet industriel a souffert depuis son lancement d’une succession d’aléas, provoquant une dérive du calendrier alors qu’un million de voyageurs empruntent chaque jour le RER B, deuxième ligne la plus fréquentée de France, souvent sujette à des dysfonctionnements.
Le nouveau matériel, qui était initialement attendu fin 2024 ou 2025, sera mis en service « dans moins de trois ans » a assuré Valérie Pécresse, la présidente d’Île-de-France Mobilités. Il doit permettre d’atteindre une régularité de 95 % contre 89 % aujourd’hui. Les montées et descentes dans la rame doivent être facilitées grâce aux 14 portes d’1,65 m chacune.
Les Mi20 pourront transporter 1063 voyageurs. Leur capacité est de 22 % supérieures au matériel circulant actuellement sur la ligne. Les rames seront composées de sept voitures pour partie à un niveau fabriquées par CAF, aux extrémités et au centre (voiture 4), et à deux niveaux construites par Alstom (voitures 2, 3, 5, et 6).
Les essais vont désormais pouvoir commencer. Ils nécessiteront une double homologation, les rames relevant à la fois du métro et du train.. En effet, les dix premiers trains d’essai devront circuler sur le réseau RATP – la ligne B emprunte l’ancienne ligne de Sceaux, au sud – et sur le réseau ferré national dont dépend le nord de la ligne B.
Pour accélérer le tempo, Valérie Pécresse demande à l’État de « raccourcir les délais d’homologation. » « Mon objectif à moi, ce serait décembre 2028« , a déclaré la présidente de l’Île-de-France impatiente de voir arriver les nouvelles rames.