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Ewa

Dessertes d’aménagement du territoire : Dominique Bussereau a remis son rapport, « un outil d’aide à la décision »

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Une « mission impossible ». C’est ainsi que Dominique Bussereau a plusieurs fois qualifié la mission sur le financement des lignes d’aménagement du territoire que lui ont confiée les ministres des Transports, Philippe Tabarot, de l’Économie, Roland Lescure, et de l’Action et aux comptes publics, David Amiel. Le président d’Ambition France Transports a tout de même bien remis, le 8 juillet, son volumineux rapport aux trois ministres, comme il nous l’a indiqué.

Le document comprend 460 pages, dont 400 pages d’annexes reprenant en détails chaque point examiné. Les propositions doivent donner lieu à un communiqué de presse d’ici la fin de la semaine et devraient être publiées dans la foulée.

De nombreux acteurs du secteur ferroviaire ont été auditionnés, opérateurs, élus, associations…  Il s’agit de répondre à la demande du groupe SNCF qui finance les liaisons d’aménagement du territoire grâce à ses lignes rentables. Mais craint de ne plus pouvoir le faire lorsque la concurrence s’installera sur les axes les plus rémunérateurs, ce qui fera fondre ses bénéfices.

« Nous nous ferons engueuler »

L’équation n’est toutefois pas évaluée de la même manière, que l’on soit côté SNCF ou Autorité de régulation des Transports, comme l’avait révélé une table ronde organisée en juin dans le cadre du salon Mobco. La première évalue à quelque 170 millions le déficit subi par SNCF Voyageurs dans sa mission de desserte du territoire, tandis que l’ART l’estime à 130 millions.

« Quelles que soient nos propositions, nous nous ferons engueuler », avait alors prévenu Dominique Bussereau. L’ancien ministre des Transports avait évoqué les pistes de réflexion de la mission. « On peut jouer un peu sur les péages, un peu seulement, et après sur le prix des billets de train », avait-il indiqué, en pointant toutefois la sensibilité du politique dès qu’on touche au sujet prix : « Gilles Savary avait fait le buzz quand il avait rappelé que l’usager du TER paie seulement 20 % du coût de son voyage… »

La mission s’est aussi penchée sur le modèle de conventionnement breton, « très intéressant » selon Dominique Bussereau. La Bretagne paye SNCF Voyageurs une petite quinzaine de millions d’euros pour que le TGV Paris-Rennes poursuive sa route vers Brest, Lorient, et que les abonnés TER puissent l’utiliser comme un train du quotidien.

« Pas un problème à court terme »

Parmi les autres idées sur la table, un fonds de péréquation auquel tous les opérateurs pourraient contribuer ou le péage allégé pour inciter à desservir des lignes peu fréquentées ou  encore les obligations de desserte.

Les élus régionaux et les nouveaux entrants ferroviaires ne seront pas d’accord si on leur demande de participer aux frais, avait reconnu l’ancien ministre.  « Nous aurons un panier de solutions dans la temporalité. Ainsi, les règles du jeu ne devraient pas changer pour les nouveaux opérateurs tant qu’ils n’auront pas trouvé leur modèle économique« ,avait aussi indiqué l’ancien président du département de la Charente Maritime et président de l’Assemblée des départements de France jusqu’en 2021.

« C’est un outil de décision », résume Dominique Bussereau, tout en reconnaissant que le gouvernement a le temps de trancher car « ce ne sont pas des problèmes à court terme« .

Ewa

Keolis : Frédéric Van Heems prépare un plan stratégique pour la période 2027-2030

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Très vite après son arrivée à la tête de Keolis, Frédéric Van Heems a annoncé la couleur : il veut conforter la croissance rentable de son entreprise en faisant passer la marge de 0,5 % actuellement à 1,5 % en 2030. D’où le plan stratégique qu’il prépare pour l’automne et qui couvrira la période 2027-2030.

Le président du directoire veut « simplifier pour essayer d’être plus rentable et plus compétitif en travaillant notamment sur les contrats déficitaires en France et à l’étranger », nous a-t-il expliqué lors du Salon Mobco. Ce qui nécessitera, a-t-il détaillé, des discussions avec les autorités organisatrices de la mobilité, notamment « sur les risques du low cost ».

La simplification et « l’accélération de la croissance rentable » passe aussi par une réorganisation managériale.« Il s’agit d’avoir une organisation commerciale encore plus proche des clients en France et à l’international », souligne-t-il. Et d’avoir un comité exécutif « plus opérationnel et plus proche du terrain ».

Quatre patrons de zone

Il y a aura ainsi quatre grands patrons de zones : une zone France chapeautée par Annelise Avril, une zone Europe du Nord qui existe déjà et sera dirigée par Jan Killström, une zone UK-Irlande-Amérique du Nord sous la direction d’Abdellah Chajai et une zone Moyen-Orient, Asie, Pacifique sous celle d’Alister Gordon.

Conséquence, Laurence Broseta qui était directrice générale International va quitter l’entreprise : son poste étant supprimé, elle n’a pas accepté d’être dirigeante d’une zone comme cela lui a été proposé, explique l’entreprise.

Il y aura également trois grands pôles : Finance, juridique, stratégie sous la houlette de Christelle Villary, Technique opérationnel, industrie, innovations pour Pierre Gosset et un pôle croissance, marketing- relations extérieures, sous la direction de Clément Michel qui pilotera aussi Effia, Kisio ou encore Keolis Santé. Clément Michel chapeautera aussi une petite équipe chargée de l’Afrique et de l’Amérique du Sud.

Frédéric Van Heems va aussi créer un poste de dirigeant chargé de l’IA, de la data, du digital et de l’IT, « une fonction tellement transversale qu’elle doit être au Comex », indique-t-il à VRT.

« Nous serons dans une logique de plateforme en cherchant non pas des contrats isolées mais une logique de multimodalité », résume le dirigeant. Le projet va se mettre en place au cours des prochaines semaines. A l’automne, tout devra être bouclé.

Ewa

La communauté ferroviaire veut bénéficier des revenus du marché carbone

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La communauté du rail se mobilise alors que la Commission européenne s’apprête à présenter le 17 juillet la réforme du marché carbone européen (ETS), qui doit permettre un alignement sur le nouvel objectif de réduction des gaz à effet de serre dans l’Union européenne.

Huit associations représentant le secteur (CER, Allrail, AERRL, Erfa, Unife, EIM, UIP et UIRR) ont publié le 14 juillet une déclaration conjointe.demandant qu’une « partie des sommes » payéespar le rail pour sa consommation d’électricité soit réinvestie à son bénéfice. Les fonds doivent « soutenir le changement modal, qui permet une réduction immédiate des émissions« , estiment-elles.

 

Ewa

Le réseau ferroviaire allemand victime d’actes de sabotage

Future rame Adessia Stream d'Alstom pour le S-Bahn de Cologne.

Un incendie s’est produit le 10 juillet dans un conduit de câbles près d’une gare de Leverkusen, sur la ligne entre Cologne et Düsseldorf dans l’ouest de l’Allemagne, perturbant le trafic.

« Les enquêteurs partent actuellement du principe que l’incendie a été provoqué volontairement« , a indiqué la police qui enquête sur ce nouvel acte de sabotage présumé touchant le réseau ferroviaire allemand. Un groupe baptisé « Kommando Angry Birds » dit être « responsable du sabotage de la ligne ferroviaire au nord de Leverkusen », et détaille son mode opératoire dans une lettre  publiée le 11 juillet sur la plateforme en ligne d’extrême gauche. Il explique vouloir lutter contre « la technologie industrielle » qui menace l’humanité.

Ewa

Le rail à l’épreuve du feu

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Les incendies qui se sont multipliés en juillet sur le territoire menacent aussi les infrastructures ferroviaires. Pas moins de dix incendies se sont ainsi déclarés le 13 juillet à proximité des voies ferrées.

Un feu s’est notamment produit vers 18h00 « du côté de Conneré (Sarthe) » près du Mans, « qui a occasionné l’interruption de la circulation sur la ligne à grande vitesse » sur 160 kilomètres entre Rennes et Le Mans, nécessitant de faire passer les trains « par la ligne classique via Chartres« .  Les retards ont été compris entre une heure et trois heures à l’arrivée gare Montparnasse, jusqu’à l’extinction du feu vers 21h15.

« Plusieurs de ces incendies, sur les dix (…) dont SNCF Réseau a dû gérer les conséquences, (…), se sont déclarés le long de routes qui longent les voies ferrées, ce qui peut laisser penser, soit à des jets de mégots depuis les portières (des voitures), soit à des gestes intentionnels« , selon un porte-parole de SNCF Réseau.

Dégâts et perturbations

Un incendie s’est aussi déclaré le 13 juillet près de Sens perturbant fortement les circulations sur la LGV Sud Est. La veille, un autre sinistre était déjà survenu à 15 h sur cette même ligne. L’incendie s’est produit dans un champ où travaillait un engin agricole sur la commune de Châtelet-en-Brie, au sud de Paris, dans le département de la Seine-et-Marne. « Cet incendie a d’abord atteint l’autoroute A5 puis a franchi le terre-plein séparant l’autoroute la ligne à grande vitesse’. Le sinistre a été éteint par les pompiers à 18h50« , raconte SNCF Réseau dans un communiqué.

Il a occasionné d’importants dégâts sur des câbles de signalisation le long des voies. Des TGV ont dû être annulés, retardés ou détournés sur ligne classique entre Paris et Florentin-Vergigny à 120 km au sud de la capitale. Environ 130 trains (SNCF Voyageurs et Trenitalia) ont été concernés. L’allongement du temps de parcours a atteint 1h30 en moyenne, mais certains trains arrivant ou partant de la gare de Paris-Lyon. ont enregistrant de grands retards, parfois plus de dix heures et des voyageurs ont dû passer la nuit à bord d’un TGV.

Le plan Pegase ((Plan contre l’engorgement des gares en situation exceptionnelle) a été déclenché pour permettre notamment l’acheminement en taxi des voyageurs jusqu’à chez eux, après la fermeture des métros.

SNCF Réseau a réparé les dégâts toute la nuit. Les opérations étaient terminées au petit matin du 13 juillet. « La circulation ferroviaire n’a jamais été interrompue et il n’y a pas eu de problème d’électricité à bord des trains, et donc aucun problème de climatisation», indiquait alors le gestionnaire des infrastructures avant d’être confronté aux nouveaux incendies qu’il a gérés en intégrant les enseignements de la veille.

 

Ewa

« Nous arrivons au moment de bascule où les bus électriques vont être plus nombreux que les véhicules thermiques » selon l’AVERE

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L’AVERE, association qui milite pour le développement de la mobilité électrique a réactualisé son guide pour accompagner les collectivités et les opérateurs qui souhaitent électriser leur flotte. Clément Molizon, son délégué général, explique la démarche de l’association.

Ville, Rail & Transports. Quelle est aujourd’hui la part des immatriculations de bus électriques en France?

Clément Molizon. La part des immatriculations de bus électriques était de 35 % en 2024. Elle est passée à 50 % en 2025. Nous arrivons donc à un moment de bascule où les bus électriques vont être plus nombreux que les bus thermiques.

L’objectif est d’atteindre 90 % de bus électriques en 2030, puis 100 % en 2035.

Il y a des velléités de reculer cette échéance…

J’évoque la réglementation actuelle. Il y a eu des discussions pour revoir les normes pour les véhicules légers et pour les camions. La même démarche pourrait avoir être menée pour les bus. Mais à ce stade, on ne sait pas ce qu’il adviendra.

Certains souhaitent, pour différentes raisons, plus de diversification au détriment de l’électricité. C’est particulièrement dommage en France où l’électricité est abondante et décarbonée.

De plus, sur la durée, un bus électrique permet de réaliser des économies. Nous études montrent que les économies permises par un bus électrique s’élèvent à 13 % sur 15 ans d’utilisation et à 19 % sur 20 ans (comprenant un changement de batterie) comparé au fonctionnement d’un bus thermique.

Ne pas reculer l’échéance, n’est-ce pas prendre le risque de favoriser les constructeurs de bus asiatiques ?

C’est un leurre de croire que les Asiatiques ne savent pas faire de véhicules thermiques. On le voit pour les véhicules légers : il y a plus de voitures thermiques asiatiques qu’électriques.

Pour protéger le marché européen, un dispositif comme l’éco-score, mis en place en France, est efficace : il donne un bonus aux constructeurs européens et a permis de faire passer de 44 % à 10 ou 15 % la part des véhicules légers électriques immatriculés en France et assemblés en Chine.

Il faut donc développer des outils qui ont fait leurs preuves pour protéger l’écosystème européen.

Quelles sont vos autres demandes?
Les dépôts de bus qui accueillent des bus électriques sont soumis à de très fortes contraintes liées à la sécurité et à l’intervention d’un grand nombre d’acteurs. Il faut mettre en place un accompagnement pour tous ceux qui en ont besoin afin de les aider à lever les difficultés. Nous y avons intérêt : électrifier au maximum les bus urbains permet d’améliorer la qualité de l’air.

Mais avant tout, nous demandons de la stabilité et de la visibilité. Sinon, il y a un risque de fragilisation les acteurs de la mobilité électrique.

 

Ewa

Siemens Mobility noue un partenariat avec Technis

Locomotive Vectron

Siemens Mobility a annoncé le 10 juillet avoir signé un partenariat avec Technis (groupe RLE, SNCF) pour la maintenance de ses futures locomotives Vectron en France. « Grâce aux 11 sites de Technis, acteur de référence de la maintenance, Siemens Mobility proposera aux futurs opérateurs de la Vectron un service de maintenance de proximité sur l’ensemble du territoire français », explique dans un communiqué l’industriel.

En particulier l’intégration au réseau européen de Siemens Mobility des sites de Lens, Dijon et Thionville doit permettre de proposer une solution de maintenance complète et efficace. « Pour les futures opérations en France, la disponibilité des pièces sera notamment assurée via MoBase, la plateforme numérique de gestion des pièces détachées de Siemens Mobility« , précise encore le constructeur qui attend avec « impatience« ‘ de voir circuler en France les locomotives Vectron.

 

 

Ewa

Dan Lert remplace Sylvain Raiffaud à l’Agemob

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L’écologiste Dan Lert a été élu le 7 juillet, pour un mandat courant jusqu’en 2032, à la présidence de l’Agence métropolitaine des mobilités partagées . L’adjoint au maire de Paris chargé des Transports et élu du 19ème arrondissement remplace à ce poste Sylvain Raiffaud.

Le nouveau président veut notamment veut notamment améliorer la qualité des Vélib ‘ qui desservent les 71 communes parties prenantes de l’Agemob : seulement 30 % des vélos sont sans défaut selon le Parisien, alors que le contrat passé avec Smovengo prévoit un taux de 95 % de « vélos conformes« . Il devra aussi préparer la suite du service Vélib’ dont l’organisation actuelle prendra fin en 2032.

 

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L’Inde accélère dans la grande vitesse ferroviaire

Gare de Surat Inde Mumbai Ahmedarad

L’Inde devrait mettre en service l’année prochaine son premier tronçon de ligne à grande vitesse. Le projet consiste à relier sur 508 km les mégapoles de Bombay et d’Ahmedabad à l’ouest du pays. Lancé en 2017, il a été évalué à 17 milliards de dollars pour être financé à 81 % par un prêt de l’agence internationale de coopération nippone

Le projet devrait se concrétiser avec, l’année prochaine, un premier tronçon opérationnel entre les villes de Surat et Vapi, distantes d’une centaine de km. Les premiers trains sont désormais attendus en 2028 entre Bombay et Ahmedabad, les mettant à moins de deux heures l’une de l’autre contre 9 heures actuellement. Le gouvernement prévoit de construire 4000 km sur 7 lignes comme le prévoit le projet initial.

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« Il n’est pas réaliste de dimensionner les infrastructures pour couvrir l’ensemble des températures extrêmes », selon l’UIC

Blanchiment des rails

Ville, Rail & Transports revient sur les difficultés subies par le transport ferroviaire lors des derniers épisodes caniculaires en France. Lucie Anderton, directrice du département Développement durable à l’UIC (Union internationale des chemins de fer), Francisco Cabrera Jeronimo, adjoint au responsable des opérations etde la sécurité, et Adriano Scapati, directeur du système ferroviaire à l’UIC ont répondu ensemble à nos questions. 

Pourquoi est-il si difficile en France de maintenir les trains en circulation lors des fortes chaleurs, alors que cela semble moins problématique dans des pays plus chauds ?

Les chaleurs extrêmes affectent l’ensemble du système ferroviaire : les infrastructures, l’alimentation électrique, la signalisation, les télécommunications, les gares ainsi que le matériel roulant. Les températures élevées peuvent provoquer la dilatation des rails, accroître le risque de déformation des voies, affecter les caténaires, exercer une pression supplémentaire sur les équipements électriques et de signalisation, et mettre à l’épreuve les systèmes embarqués tels que la climatisation.

Les infrastructures ferroviaires sont conçues en fonction des plages de températures historiquement observées dans chaque région. Des éléments tels que la voie et les lignes aériennes de contact sont dimensionnés pour fonctionner en toute sécurité dans une plage de températures minimale et maximale définie. Concevoir des infrastructures capables de résister à des températures beaucoup plus élevées nécessiterait souvent des paramètres techniques différents, susceptibles de nuire à leurs performances dans des conditions plus froides. Il n’est donc ni techniquement ni économiquement réaliste de dimensionner les infrastructures pour couvrir l’ensemble des températures extrêmes possibles.

Dans les pays plus chauds, les systèmes ferroviaires ont été conçus depuis longtemps pour résister à des températures ambiantes élevées et à des vagues de chaleur fréquentes. Des pays comme l’Italie et l’Espagne sont à l’avant-garde dans le développement et la mise en œuvre de mesures destinées à gérer les risques liés aux fortes températures, comme le souligne le rapport RERA Temp de l’UIC sur la résilience ferroviaire face aux températures élevées.

À l’inverse, de nombreux réseaux ferroviaires européens ont été conçus selon des hypothèses climatiques différentes. Le changement climatique augmente aujourd’hui la fréquence, la durée et l’intensité des vagues de chaleur sur l’ensemble du continent, créant des conditions qui peuvent dépasser les hypothèses de conception initiales de certains actifs. Cette problématique n’est pas propre à la France : les réseaux ferroviaires du monde entier doivent s’adapter à l’évolution des conditions climatiques.

Jusqu’à quelle température une voie ferrée peut-elle résister à la chaleur ?

Il n’existe pas de température limite universelle pour les voies ferrées. Leur résistance à la chaleur dépend de nombreux facteurs, notamment du type de rail, de la conception de la voie, des conditions climatiques locales, des pratiques de maintenance et des exigences d’exploitation.

Sous l’effet du rayonnement solaire direct, la température des rails peut devenir nettement supérieure à celle de l’air ambiant, atteignant parfois jusqu’à 1,6 fois la température de l’air. C’est pourquoi les infrastructures ferroviaires sont conçues en fonction de plages de températures spécifiques plutôt que d’un seuil maximal unique.

Les gestionnaires d’infrastructure surveillent en permanence la température des voies et mettent en œuvre, lorsque cela est nécessaire, des mesures préventives telles que des inspections renforcées, des limitations de vitesse ou des adaptations de l’exploitation. L’UIC a développé une référence internationale unique sur ce sujet, l’IRS 71720, qui fournit des méthodologies pour évaluer et gérer les risques liés aux températures élevées des rails et accompagne les gestionnaires d’infrastructure dans la définition de mesures d’adaptation appropriées.

Les acteurs du transport ferroviaire ont-ils sous-estimé ou insuffisamment anticipé les effets du changement climatique ?

Les opérateurs ferroviaires et les gestionnaires d’infrastructure planifient, conçoivent et entretiennent leurs actifs en s’appuyant sur les projections et scénarios climatiques élaborés par la communauté scientifique internationale et évalués notamment par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC).

Ces scénarios couvrent un éventail de conditions climatiques futures possibles, allant des hypothèses les plus optimistes aux plus sévères. Les décisions d’ingénierie doivent donc trouver un équilibre entre résilience, sécurité, faisabilité technique et coût. Concevoir chaque actif pour résister au scénario climatique le plus pessimiste entraînerait des coûts extrêmement élevés et ne serait pas toujours proportionné au niveau de risque identifié.

Plutôt que de considérer que le secteur a sous-estimé le changement climatique, il est plus juste de dire que les systèmes ferroviaires doivent continuellement s’adapter à mesure que les connaissances scientifiques progressent et que les conditions climatiques évoluent. Personne ne peut prédire avec une certitude absolue les conditions climatiques futures ; c’est pourquoi la planification de la résilience repose sur des approches fondées sur des scénarios et sur une réévaluation régulière des risques.

Partout en Europe et dans de nombreuses autres régions du monde, le secteur ferroviaire renforce activement ses mesures d’adaptation en révisant les normes techniques, en modernisant les infrastructures et le matériel roulant, et en intégrant des projections climatiques actualisées dans les processus de planification, d’investissement et de gestion des actifs.

Pourquoi les systèmes de climatisation tombent-ils en panne ou deviennent-ils moins efficaces lors des vagues de chaleur ? Quelles sont leurs limites ?

Les systèmes de climatisation sont conçus pour fonctionner dans des plages de températures et selon des performances définies. Lors des épisodes de chaleur extrême, les trains peuvent être exposés à des températures nettement supérieures à celles envisagées lors de la conception de certaines flottes. Par ailleurs, une forte affluence de voyageurs accroît la demande de refroidissement, ce qui complique le maintien de conditions de confort à bord.

Comme tout système technique, les équipements de climatisation ont des limites physiques et opérationnelles. S’il est techniquement possible d’installer des systèmes plus puissants, cela implique des compromis en matière de consommation énergétique, de poids, d’espace disponible, de maintenance et de coût sur l’ensemble du cycle de vie du matériel. Les systèmes de refroidissement doivent également rester performants dans une grande variété de conditions climatiques tout au long de l’année, y compris durant les saisons plus fraîches.

Les constructeurs et les opérateurs ferroviaires améliorent donc en permanence les technologies de refroidissement, l’isolation thermique, les systèmes de ventilation et les solutions de gestion thermique afin de garantir le confort des voyageurs dans des conditions de plus en plus exigeantes. Toutefois, aucun système de climatisation ne peut être conçu sans tenir compte de limites techniques et économiques réalistes.

Quelles sont les innovations possibles pour rendre le matériel roulant plus résilient face à ces défis ?

L’amélioration de la résilience climatique nécessite une approche globale combinant innovation technologique, adaptation opérationnelle et investissements de long terme. Les opérateurs ferroviaires et les constructeurs développent des systèmes de climatisation et de ventilation plus robustes, améliorent l’isolation thermique, utilisent des matériaux plus résistants aux fortes températures et renforcent la protection des équipements sensibles embarqués.

Parallèlement, les technologies numériques jouent un rôle croissant. Les systèmes avancés de surveillance, les outils de maintenance prédictive et le suivi en temps réel de l’état des équipements permettent d’identifier les risques plus tôt et d’intervenir avant qu’une défaillance ne survienne. Les capacités de prévision météorologique et les systèmes d’alerte précoce aident également les opérateurs à anticiper les épisodes extrêmes et à adapter l’exploitation en conséquence.

Il est enfin utile de rappeler que le développement et la mise en service du matériel roulant s’inscrivent dans des cycles particulièrement longs. Entre la conception, la fabrication, les essais de validation, les procédures de certification et les tests de mise en service commerciale, le délai global peut facilement atteindre une dizaine d’années. Ce temps long est inhérent à la complexité technique, aux exigences de sécurité et aux processus de validation propres au secteur ferroviaire.