
Des difficultés pour alimenter la ligne
Le LZB a été conçu dans les années 60 par Siemens avec les chemins de fer allemands, puis déployé très progressivement à partir de la fin des années 70 sur les grands axes ferroviaires allemands, où il est toujours utilisé avec de nouvelles versions. En Espagne, il équipe l’axe Madrid-Séville, première ligne à grande vitesse inaugurée dans le pays en avril 1992, à l’occasion de l’Exposition universelle de la capitale andalouse. Mais, depuis, l’Espagne s’est engagée dans le déploiement du système européen ERTMS plus universel. La signalisation sur la ligne Madrid-Andalousie devait d’ailleurs prochainement être remplacée par l’ERTMS niveau 2. Il y a donc actuellement, sur cette ligne, une coexistence de systèmes anciens et récents en cours d’installation. Un aspect à prendre en compte dans l’enquête, selon la presse espagnole.
LZB et BSL en Espagne
Le LZB permet de surveiller les trains en enregistrant leur positionnement et leur vitesse, l’objectif étant de garantir un espacement suffisant entre les trains pour éviter tout risque de collision. Il repose sur un câble entre les fils de rails de chaque voie et la surveillance de cantons (section de voie ferrée qui ne peut être occupée par plus d’un train à la fois afin d’éviter tout risque de collision ou de rattrapage). Il donne aussi des informations en cabine au conducteur.
Les espacements entre les trains sont calculés en continu par le système embarqué et le centre de régulation. En cas de panne du système de signalisation, les trains s’arrêtent. Un freinage d’urgence peut être déclenché par le système. Si les trains repartent malgré la panne, ils devront rouler « à vue », en ne dépassant pas 40 km/h. Le système automatisé est centralisé au centre de contrôle d’Atocha à Madrid.
Par ailleurs, le BSL (système de bloc par signalisation latérale), qui équipe également la ligne Madrid-Séville, permet aussi d’assurer la sécurité des circulations. Il est constitué de signaux lumineux le long des voies, donnant des consignes aux conducteurs des trains.
Système embarqué TVM en France
Une telle signalisation « traditionnelle » n’existe pas sur les lignes à grande vitesse françaises. Si les principes de sécurité sont globalement semblables en France, les différences tiennent au système retenu sur les LGV : la SNCF a déployé la TVM (transmission-voie-machine) et ses différentes versions en fonction de l’année de l’équipement. « Dans un TGV roulant à plus de 300 km/h ou 320 km/h, les feux de signalisation présents aux abords des voies ne sont pas visibles. Pour permettre au conducteur de savoir à quelle vitesse il doit rouler, la signalisation s’affiche directement sur son tableau de bord, en cabine de conduite. C’est ce qu’on appelle la signalisation embarquée. Elle lui indique s’il peut rouler à pleine vitesse ou, au contraire, à vitesse réduite », explique sur son site le groupe SNCF.
La TVM est donc un système embarqué qui peut indiquer au conducteur de ralentir ou de s’arrêter pour éviter un risque de collision avec un train se trouvant devant lui. Le canton mesure généralement entre 1,5 km et 2 km, une distance calculée pour permettre à un train de s’arrêter en toute sécurité. Le système de signalisation mis en place permet d’assurer l’espacement des trains circulant dans le même sens. L’information est fournie aux trains via des signaux électriques transmis par les rails. Une antenne placée sous le train capte ces signaux et fournit au conducteur des informations sur la vitesse. En cas de panne du système de signalisation, les trains s’arrêtent. S’ils sont autorisés à repartir malgré la panne, ils ne peuvent pas rouler à plus de 30 km, respectant donc alors « une marche à vue ».








