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Ewa

Canicule : la SNCF cherche à ménager ses trains pour assurer les grands départs d’été

TGV Ouigo

Le système ferroviaire n’avait sans doute jamais été soumis à une canicule aussi intense depuis 1947, peut-être même depuis sa création, a souligné le 25 juin Matthieu Chabanel, le PDG de SNCF Réseau. Les incidents se sont multipliés liés aux caténaires et à la signalisation mais pas aux rails, a précisé Matthieu Chabanel.

Conséquence, la régularité est tombée à 80 % en moyenne contre 90 % habituellement. Par ailleurs, 10 % des circulations n’ont pas pu être assurées. SNCF Voyageurs a par exemple écarté les trains non climatisés. « Notre objectif est de tenir dans la durée, de protéger les voyageurs et les agents, de réagir vite en cas d’aléas et de permettre à tous ceux qui le souhaitaient de voyager. Cela sans les exposer à des situations intenables »,  a résumé Christophe Fanichet. Le PDG de SNCF Voyageurs a décidé de rendre gratuits, pendant ces jours les plus chauds, les annulations ou reports de voyages même quand les conditions commerciales ne le permettent pas.

Avec cette stratégie, Christophe Fanichet cherche aussi à ménager le matériel pour pouvoir assurer les grands départs d’été qui approchent. Les TGV seront plus remplis que jamais, le groupe ne peut pas rater ce rendez-vous.

3500 agents inspectent les voies

En attendant, au quotidien, plus de 3500 agents de SNCF Réseau inspectent jour et nuit les infrastructures, tandis que plus de 2000 agents côté SNCF Voyageurs sont d’astreinte 24h sur 24 pour réagir au cas. Le nombre d’agents en gare a été renforcé avec notamment l’aide de salariés volontaires. Des bouteilles, stockées en gare, peuvent être distribuées aux publics les plus vulnérables.

De nouvelles procédures ont aussi été mises en place. Il a ainsi été décidé que si un train connaissait un incident technique ne permettant plus à la climatisation de fonctionner, les voyageurs seraient évacués au bout de 30 minutes pour être mis à l’ombre ou hébergés. 500 bouteilles d’eau par rame sont systématiquement embarquées dans les TGV et sont alors distribuées gratuitement.

 

 

Ewa

L’Etat confirme le lancement de la LGV Bordeaux-Toulouse avec des fonds publics

Carole Delga GPSO

La décision a été rapide. Un mois et demi après avoir réaffirmé l’engagement de l’État en faveur du Grand Projet du Sud Ouest (GPSO), Sébastien Lecornu a précisé les modalités de financement de la LGV Bordeaux-Toulouse qu’il avait alors qualifiée « d’irréversible ». Dans une lettre que nous nous sommes procuré, envoyée le 22 juin à Carole Delga, présidente de l’Occitanie, et d’Alain Rousset, président de la Nouvelle-Aquitaine, le Premier ministre indique sa réalisation passera par un marché de conception-réalisation. Autrement dit, l’État participera au financement via un emprunt comme le réclamaient les élus locaux. « Ce schéma s’avère le plus rapide concernant le lancement des marchés« , justifie le Premier ministre.

Il confie à SNCF Réseau « la maîtrise des coûts et des délais de réalisation du projet afin que la mise en service de cette ligne soit aussi rapide que possible« , écrit-il. Il donne ainsi raison aux élus locaux qui se montraient opposés à un recours à un PPP (partenariat public privé). Et contredit du même coup le Conseil d’orientation des infrastructures qui préconisait, dans son rapport remis en avril dernier, de « réexaminer attentivement les alternatives à un marché de conception-réalisation ». Il observait en outre que la participation de l’État serait « difficilement mobilisable à la hauteur et dans le cadre auxquels il s’était pourtant engagé ». Il recommandait par ailleurs de commencer avant tout par désaturer la gare de Bordeaux.

Le projet est évalué à 15,5 milliards d’euros, dont 6 milliards proviendraient de l’État, 40 % des 24 collectivités locales réunies au sein de la GPSO et 20 % de l’Europe. Il prévoit de relier à grande vitesse, dans une première phase, Bordeaux à Toulouse, ainsi que Bordeaux à Dax, et dans une deuxième phase, Dax à l’Espagne.

 

Ewa

Canicule : pourquoi autant de retards, de ralentissements et de suppressions de trains

intercitésclermont ferrand paris e1706035627767

Trains supprimés, retards, climatisation défaillante dans des rames… La canicule fait vivre un cauchemar aux voyageurs et aux gestionnaires du transport ferroviaire. Avec une intensité et une durée inédites.

« Le réseau ferroviaire français est fortement affecté. Beaucoup de ses éléments supportent très mal ces températures », a reconnu le 20 juin en gare de Paris-Montparnasse le PDG du groupe SNCF, Jean Castex. Côté infrastructures, les rails en acier peuvent se déformer sous l’effet des fortes chaleurs, les caténaires se distendre et risquer l’arrachement. Les gares peuvent aussi être en surchauffe comme c’est le cas de la gare de Nantes, dont la nouvelle mezzanine se transforme en fournaise avec l’élévation des température alors qu’elle a été inaugurée il y a peu, en 2020, mais mal pensée.

Il y a deux ans, un rapport de la Cour des Comptes s’alarmait d’ailleurs d’un manque d’anticipation et d’adaptation du réseau ferroviaire aux aléas climatiques appelés à se multiplier. Les Sages de la rue Cambon pointaient en particulier la vétusté du réseau comme facteur de risque aggravant.

Carte des vulnérabilités

« Les canicules peuvent en plus s’accompagner de phénomènes orageux comme cela a été récemment le cas à Lille, où des arbres ont chuté sur les voies. Et le risque d’incendies, qui peuvent perturber le trafic, augmente. Bref beaucoup d’éléments peuvent  impacter les système ferroviaire« , rappelle encore Jean Castex.

SNCF Réseau mise sur des investissements plus importants, à l’avenir, pour régénérer les infrastructures afin qu’elles résistent mieux au dérèglement climatique, qu’il s’agisse de fortes chaleurs ou de tempêtes et d’inondations. Mais le flou persiste sur les moyens de le financer.

Le gestionnaire des voies cherche aussi à mieux connaître la carte des vulnérabilités pour agir en conséquence. Il est également en train de digitaliser la signalisation pour la concentrer sur des sites climatisés et sécurisés.

En attendant, l’essentiel du dispositif pour gérer les pics de chaleur se prépare six mois à l’avance selon un porte-parole,. « Nous commençons à inspecter le réseau dès décembre jusqu’à mai pour passer en revue les équipements qui pourraient encaisser durement la chaleur Nous répertorions les rails, les caténaires… de façon très localisée, puis organisons les tournées. Le gros du travail est donc réalisé en amont« , affirme-t-il.

Quand les températures montent, des tournées « chaleur » sont  organisées et des relevés de température effectués sur les rails. « Un coupon de rail long de 40 cm est posé près des voies dans ce but. En fonction des températures, des limitations de vitesse peuvent être édictées sur des tronçons très courts et de façon exceptionnelle. Un rail qui se tord, c’est rarissime« , poursuit-il. Plus de 3500 agents surveillent ainsi le réseau, y compris la nuit, selon Jean Castex.

Trains nouvelle génération : la climatisation jusqu’à 50°

Côté circulation, le plan de transport a été maintenu « dans l’ensemble », assure encore le PDG du groupe SNCF. « Nous le réduisons un peu, en lien avec les autorités organisatrices et l’Etat , lorsque le matériel est très ancien et non climatisé », ajoute-t-il, en rappelant que le groupe a passé d’importants contrats avec Météo France pour identifier les lieux où les impacts peuvent être les plus forts. Les suppressions ont surtout concerné les Intercités Paris-Clermont-Ferrand, Paris-Limoges-Toulouse, Bordeaux-Marseille via Toulouse et Montpellier ou encore des trains en Île-de-France.

Les systèmes de climatisation des matériels conçus avant les années 2000 étaient dimensionnés pour des pics de chaleur autour de 38° à 40°. Puis, et jusqu’en 2015, ils ont été dimensionnés avec des pics de chaleur de 5 à 7° supérieurs, écrit sur Linkedln David Goeres, directeur des projets TGV M à la SNCF. « Les trains de dernière génération ont donc un dimensionnement revu une nouvelle fois à la hausse pour être capables de fonctionner jusqu’à 50° extérieur, voire 55° pour les régions du Sud Europe » , ajoute-t-il.

Par ailleurs, parmi d’autres innovations, le TGV M attendu en septembre par SNCF Voyageurs sera équipé d’une batterie incorporée qui lui permettra de continuer à rouler un certain temps jusqu’à la prochaine gare tout en maintenant la climatisation. Sa couleur plus claire devrait aussi contribuer à baisser la chaleur à bord.

 

 

Ewa

La SNCF se donne du temps pour négocier sur l’organisation du travail dans les sociétés dédiées

Siège de la SNCF, Saint-Denis

Après la forte mobilisation lors de la grève du 10 juin, la SNCF avait indiqué qu’elle apporterait des réponses aux revendications des syndicats au cours de la table ronde fixée le 23 juin en présence de Jean Castex. Le PDG du groupe a accepté de faire un geste suite aux demandes de hausses de salaires du fait de la reprise de l’inflation. Une prime de 100 euros sera versée en juillet à tous les salariés du groupe, a annoncé la direction. Autre décision, 350 recrutements de plus seront réalisés au cours du second semestre, surtout dans les métiers de la maintenance, de la conduite, de la sûreté ou encore en contact avec la clientèle, Ce qui portera à 6300 le nombre de personnes qui seront embauchées en 2026. Enfin, l’entreprise annonce qu’elle va consacrer un budget complémentaire de 10 millions d’euros et déployer localement 100 emplois RH pour travailler sur les conditions de travail et la prévention des risques psycho-sociaux pour faciliter la mise en oeuvre de l’accord sur le dialogue social de proximité signé en mai dernier.

Socle commun

En revanche, la direction veut se redonner du temps pour arriver à négocier une nouvelle organisation du travail dans les sociétés dédiées qui sont créées à chaque fois que SNCF Voyageurs gagne un contrat pour exploiter des TER. Un sujet fondamental, selon elle, pour pouvoir répondre aux régions qui demandent des gains de productivité. Mais une orientation vue d’un mauvais oeil par les syndicats qui défendent l’harmonisation des droits dans le groupe.

C’est pourquoi la direction propose un socle de droits commun pour garantir « l’unité du groupe« , assorti de négociations dans chaque société dédiée sur l’organisation du travail. Des discussions devront se tenir au second semestre pour aboutir à un accord incluant les sociétés dédiées sur un socle commun de droits (parcours professionnels, égalité…)

Pour les sociétés dédiées, la loi prévoit déjà un prolongement de 15 mois des droits des cheminots qui y sont transférés, C’est le cas pour les trois sociétés dédiées SNCF Voyageurs Sud Azur, Etoile d’Amiens et Loire Océan. pour lesquelles les conditions de travail resteront inchangées jusqu’à la fin 2027. La direction propose d’étendre cette période un an de plus à la fin 2028, afin de laisser du temps aux discussions pour aboutir à des accords d’entreprise. En contrepartie, elle demande que « tout le monde se mette autour de la table » pour avoir  « un dialogue social fourni et mettre au point une organisation du travail adaptée aux TER localement« . La direction espère des résultats »fructueux« . Faute de quoi, elle « en tirera les conséquences ».  Un point d’étape sera programmé à la sortie de l’été 2027.

Dans les sociétés dédiées qui seront crées à l’avenir, les conditions de travail resteront inchangées pendant 24 mois avant d’appliquer les accords d’entreprise propres à chacune.

Élections professionnelles à la fin de l’année

Reste maintenant à savoir ce qu’en pensent les syndicats et si le discours unitaire tenu jusque-là se poursuivra alors que se profilent les élections professionnelles à la fin de l’année. Les deux syndicats réformistes, CFDT Cheminots et Unsa Ferroviaire, notent des points positifs notamment sur l’emploi et se disent prêts à jouer le jeu de la négociation. La CGT Cheminots et Sud Rail ont tous deux déposé une alarme sociale, en estimant que les annonces ne sont pas à la hauteur.

Ewa

Le Haut-commissariat au Plan appelle à baisser le critère gain de temps dans les évaluations des projets de transport

LGV Est Phase 2 Lot 44
Lixheim (Moselle)
Crédits :
RFF / Frantisek Zvardon

Les vieilles pratiques d’évaluation des projets d’infrastructures de transport ont la vie dure même si elles ont  peu à peu évolué avec le temps. Mais ces évolutions restent nettement insuffisantes selon un nouveau rapport du Haut-Commissariat au Plan qui a dévoilé le 19 juin ses constats et conclusions. Constat majeur,  les gains de temps pour évaluer un projet représentent un critère trop important. « Dans un certain nombre de cas, la valeur que représente le temps apparaît considérable« , écrit ainsi le groupe de travail réuni par le professeur Luc Baumstark, vice-président du conseil scientifique. Parmi les exemples cités, le projet GPSO (LGV Bordeaux-Toulouse/Dax) représente un investissement de 9,4 milliards d’euros. « La valeur actualisée nette (VAN) du projet est de 2,6 milliards d’euros, avec une valeur accordée aux gains de temps qui excède le montant de l’investissement« , estiment les auteurs de l’étude.

Tout récemment dans son dernier rapport, le Conseil d’orientation des infrastructures avait déjà fait le même constat, regrettant l’excès d’importance donnée au critère temps au détriment d’autres critères plus pertinents. Ainsi, une autoroute permettra d’aller toujours plus vite qu’une infrastructure ferroviaire desservant plusieurs villes.

Le rapport du Haut-commissariat au Plan pointe également l’insuffisance de l’étude d’impact sur les territoires desservis et du volet environnemental  Enfin, les simulations de trafic à partir de modèles sont difficilement auditables, estiment les auteurs du rapport.

Dans leurs recommandations, ils reprennent un avis de l’inspection générale de l’environnement et du développement durable (IGEDD) demandant l’évolution des référentiels pour accroître la valeur moyenne du temps pour les transports de courte distance et réduire la valeur du temps ferroviaire longue distance. Il faut aussi, poursuivent-ils, prendre en compte des critères de qualité comme la fréquence ou le confort. Ce qui passe par une amélioration des outils de modélisation et plus de transparence.

Enfin, le rapport insiste sur la prise en compte des effets environnementaux dans toutes ses dimensions, dont quelques-unes sont particulièrement mal évaluées : biodiversité, artificialisation des sols, services écosystémiques, eau, ressources matérielles, déchets, qualité de l’air intérieur ou impacts de la phase chantier, cite-t-il. Et d’expliciter : « Il convient d’élargir les méthodes d’évaluation pour éviter
que les effets non monétarisables ne soient implicitement considérés comme nuls« . L’adaptation au changement climatique devient plus incontournable que jamais.

Ewa

Keolis conforté en Suède

Bus Keolis en Suède

Keolis s’est vu de nouveau attribuer un contrat de dix ans par l’autorité organisatrice des transports de la région de Dalarna pour exploiter des bus à Falun et Borlänge. L’opérateur français, qui gère ces bus depuis 2015, verra son nouveau contrat entrer en vigueur le 12 juin 2028.

Au cours de ce contrat, les bus urbains devront avoir basculé à 100 % dans l’électrique tandis que les lignes régionales devront atteindre 50 % d’électrification.

Ewa

Camille Defard nommée directrice des études de la Fabrique de la Cité

Camille Defard

La Fabrique de la Cité a annoncé le 16 juin la nomination de Camille Defard au poste de directrice des études. Cette diplômée de l’Université Paris-Dauphine, de Sciences Po, et de l’Université Paris-Saclay en économie de l’énergie est une spécialiste des politiques publiques de l’énergie et du climat. Elle a précédemment exercé pendant quatre ans à l’Institut Jacques Delors, un think tank européen, où elle a été cheffe du Centre énergie et chercheuse en politique de l’énergie, indique La Fabrique de la Cité, créée en 2010 par Vinci pour « analyser les grands enjeux environnementaux, sociaux et économiques des villes, puis d’identifier et de présenter des solutions aux acteurs publics et aux professionnels des territoires« .

Ewa

Antoine Guillou prend la présidence de Saemes

Antoine Guillou

Le conseil d’administration a élu, le 15 juin, Antoine Guillou à la présidence de la Saemes, opérateur de stationnement en Île-de-France avec 33500 places à Paris et sa région. Cet adjoint au maire de Paris, âgé de 37 ans, a été chargé, au cours de ses délégations antérieures, de l’espace public, de la voirie et des mobilités dans le 13e arrondissement, ainsi qu’à la propreté et à la réduction des déchets à l’échelle de la capitale.

La Ville de Paris rappelle que, dans le cadre de la sortie de la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) d’Île-de-France, elle a procédé au rachat des parts historiques de cette dernière. La participation directe de la Ville de Paris au capital de Saemes passe ainsi de 50,06 % à 50,67 %.

 

Ewa

Rail Europe élargit son réseau

Premier train CRRC pour l'Europe, le Sirius pour LEO Express

Rail Europe, la plateforme de réservation de trains en Europe, poursuit le développement de son réseau de partenaires ferroviaires avec l’intégration de Leo Express, une compagnie privée tchèque qui propose ses services en République tchèque, en Pologne, en Slovaquie et en Allemagne.

Les clients de Rail Europe peuvent désormais réserver directement sur la plateforme des trajets reliant notamment Prague, Cracovie, Varsovie, Ostrava et Olomouc.

« Ce partenariat constitue la troisième expansion majeure du réseau de Rail Europe depuis le début de l’année, après l’intégration de BritRail et d’European Sleeper », souligne dans un communiqué la plateforme de distribution.

Ewa

Après une grève réussie, l’unité syndicale maintenue jusqu’au 23 juin

grèves
21/01/2004

Paris - Ile de France - France 

Paris Gare de l'est, jour de greve et de pluie

La grève lancée le 10 juin par les quatre organisations syndicales représentatives de la SNCF a été fortement suivie. Les syndicats attendent maintenant les réponses de la direction lors de la table ronde prévue le 23 juin. VRT a interrogé les responsables syndicaux sur leurs demandes. La CGT Cheminots n’avait pas encore donné suite à notre demande au moment de la publication de ces interviews. 

Thomas Cavel, secrétaire général de la CFDT Cheminots: « La SNCF est en train de devenir une entreprise de l’incertitude »

Ville, Rail & Transports. Quel bilan dressez-vous de la grève du 10 juin? 

On ne peut que saluer la forte mobilisation des cheminotes et des cheminots. C’était une mobilisation unitaire et remarquable. Les trois revendications portées par les organisations syndicales ont vraiment porté la voix des cheminots. Les taux de mobilisation ont été très importants chez les roulants, les aiguilleurs… et même chez les cadres.

Mais elle a été moins forte dans les sociétés dédiées? 

La mobilisation a été également importante mais il faut la re-situer dans son contexte : les mobilisations sont toujours un peu moins fortes dans les petites structures.

Quels sont les premiers signes donnés par la direction suite à cette mobilisation? 

La direction a confirmé la table ronde du 23 juin et renvoie ses réponses à cette date. Nous verrons à ce moment-là si elle a pris la mesure de nos trois revendications. Nous avons un devoir d’alerte. Aujourd’hui, la politique d’ouverture à la concurrence est réinterrogée. Ceux qui l’ont portée en 2018 sont les mêmes qui la remettent en question aujourd’hui. Ils croyaient en la magie de la concurrence mais elle n’a rien réglé. Au contraire. Il y a un prix social de la concurrence. D’ailleurs Jean Castex a déjà évoqué l’idée d’un observatoire de la concurrence. Il faut l’évaluer : combien a coûté la concurrence et pour quels résultats?

Quelles réponses attendez-vous?

Le 23 juin, il faudra que nous ayons des réponses sur les réorganisations en cours dans le groupe, sur la préservation des droits de cheminots et sur la préservation du pouvoir d’achat suite à l’inflation. Nous demandons la réouverture de la clause de revoyure prévue dans les NAO. Nous voulons aussi des mesures immédiates car le service public a un coût : quand un agent ouvre ou ferme une gare par exemple, il prend sa voiture et cela a un coût.

Jusqu’à présent, la SNCF était une entreprise de la certitude, de la compétence, du droit social. Elle est en train de devenir une entreprise de l’incertitude. Si la réunion du 23 juin n’apporte pas de réponses à la hauteur, nous construirons un nouveau mouvement. Si la direction estime qu’elle a déjà tout donné, ce sera une erreur d’interprétation.

Fabrice Charrière, secrétaire général de l’Unsa Ferroviaire : « Nous sommes dans le vrai »

Quel bilan dressez-vous du mouvement du 10 juin? 

C’est une réussite même si nous avons beaucoup de mal à obtenir les chiffres officiels de la direction qui refuse depuis plusieurs années de nous les donner. De nombreux cheminotes et cheminots ont répondu à notre appel, nous sommes dans le vrai.

Quelle suite comptez-vous donner au mouvement? 

Le PDG de l’entreprise, Jean Castex, a prévu de nous recevoir le 23 juin. Nous attendons des réponses sur trois points : les réorganisations qui causent de la souffrance, les sociétés dédiées qui mettent à mal les droits des salariés et des hausses de salaires en raison de l’inflation plus forte que prévu. Nous avons signé un accord NAO avec une clause de revoyure, il faut renégocier.

La direction peut-elle vous donner satisfaction sur ces points qui pourraient remettre en cause son organisation? 

J’espère que le message est bien passé, je suis optimiste. Ce n’est pas la SNCF qui va changer la loi sur la concurrence mais il y a des sujets sur lesquels elle peut agir. Nous attendons notamment qu’elle arrête de répondre aux appels d’offre en créant des filiales. Ce n’est pas un impératif défini par la loi. Les régions demandent un cadre financier séparé, la SNCF peut le faire sans créer de sociétés dédiées. La loi demande aussi un cadre social de haut niveau.

Jean Castex ne semble pas très allant sur la concurrence…

Sur ce sujet, Jean Castex est un homme réaliste. On voit que les Britanniques renationalisent leurs chemins de fer après 30 ans de privatisation. Le ferroviaire n’est pas adapté à la concurrence. D’ailleurs, la SNCF a été créée pour que l’État reprenne la main car toutes les sociétés privées avaient fait faillite. L’État était alors redevenu stratège avec un monopole.

Julien Troccaz, secrétaire fédéral Sud-Rail : « Si nous n’obtenons pas satisfaction, nous ne nous interdisons rien »

Quel bilan dressez-vous de la grève? 

La mobilisation a été très réussie. Nous sommes très en colère : la stratégie de Jean Castex n’est pas à la hauteur de la situation. Il nous renvoie au 23 juin alors que de nombreux cheminots et cheminotes se sont mis en grève le 10 juin. Les trois revendications portées unitairement par les organisations syndicales parlent aux cheminots. Cela n’a pas toujours été le cas. Cette fois-ci, nous avons vu de nombreux rassemblements, d’AG… Le mouvement revendicatif est parti.

Quelle suite envisagez-vous? 

Nous ne nous arrêterons pas là. Nous avons lancé une grève un mercredi, en pleine semaine, avant le bac. C’est la dernière fois que nous faisons attention. Nous avons assez entendu parler d’unité du groupe, il faut passer aux actes.

Nos revendications sont claires. Elles parlent aux agents sur le terrain, que ce soit à propos des réorganisations et des souffrances qu’elles causent, de la concurrence ou des rémunérations.

Nous prendrons la température le 23 juin et nous discuterons avec les trois autres organisations syndicales et la base. Jean Castex n’a pas compris la situation. Il ne s’agit plus d’organiser une table ronde comme il l’a fait quand il est arrivé. Ce sera surveillé par des milliers de cheminots qui ont perdu de l’argent.

Nos revendications sont connues depuis des mois. Nous allons continuer à aller sur le terrain et à mobiliser. Si nous n’obtenons pas satisfaction, nous ne nous interdisons rien. Ce n’est pas la période estivale qui va nous arrêter.

Pensez-vous que l’unité syndicale pourra perdurer? 

Les fédérations devront prendre leurs responsabilités. Nous voulions poser, dès hier, une nouvelle alarme sociale mais cela n’a pas fait l’unanimité. Si on garde l’unité syndicale, il faudra hausser le ton si on n’obtient pas de vraies réponses.