L’AVERE, association qui milite pour le développement de la mobilité électrique a réactualisé son guide pour accompagner les collectivités et les opérateurs qui souhaitent électriser leur flotte. Clément Molizon, son délégué général, explique la démarche de l’association.
Ville, Rail & Transports. Quelle est aujourd’hui la part des immatriculations de bus électriques en France?
Clément Molizon. La part des immatriculations de bus électriques était de 35 % en 2024. Elle est passée à 50 % en 2025. Nous arrivons donc à un moment de bascule où les bus électriques vont être plus nombreux que les bus thermiques.
L’objectif est d’atteindre 90 % de bus électriques en 2030, puis 100 % en 2035.
Il y a des velléités de reculer cette échéance…
J’évoque la réglementation actuelle. Il y a eu des discussions pour revoir les normes pour les véhicules légers et pour les camions. La même démarche pourrait avoir être menée pour les bus. Mais à ce stade, on ne sait pas ce qu’il adviendra.
Certains souhaitent, pour différentes raisons, plus de diversification au détriment de l’électricité. C’est particulièrement dommage en France où l’électricité est abondante et décarbonée.
De plus, sur la durée, un bus électrique permet de réaliser des économies. Nous études montrent que les économies permises par un bus électrique s’élèvent à 13 % sur 15 ans d’utilisation et à 19 % sur 20 ans (comprenant un changement de batterie) comparé au fonctionnement d’un bus thermique.
Ne pas reculer l’échéance, n’est-ce pas prendre le risque de favoriser les constructeurs de bus asiatiques ?
C’est un leurre de croire que les Asiatiques ne savent pas faire de véhicules thermiques. On le voit pour les véhicules légers : il y a plus de voitures thermiques asiatiques qu’électriques.
Pour protéger le marché européen, un dispositif comme l’éco-score, mis en place en France, est efficace : il donne un bonus aux constructeurs européens et a permis de faire passer de 44 % à 10 ou 15 % la part des véhicules légers électriques immatriculés en France et assemblés en Chine.
Il faut donc développer des outils qui ont fait leurs preuves pour protéger l’écosystème européen.
Quelles sont vos autres demandes?
Les dépôts de bus qui accueillent des bus électriques sont soumis à de très fortes contraintes liées à la sécurité et à l’intervention d’un grand nombre d’acteurs. Il faut mettre en place un accompagnement pour tous ceux qui en ont besoin afin de les aider à lever les difficultés. Nous y avons intérêt : électrifier au maximum les bus urbains permet d’améliorer la qualité de l’air.
Mais avant tout, nous demandons de la stabilité et de la visibilité. Sinon, il y a un risque de fragilisation les acteurs de la mobilité électrique.