En 45 ans de circulation, le TGV a connu très peu d’accidents en France. Chaque jour avant l’ouverture des LGV, un « TGV balai », circulant à vide et à vitesse réduite (160 km/h), inspecte les voies, dans un sens puis dans l’autre, pour s’assurer qu’elles ne présentent pas d’anomalies survenues pendant la nuit.
Lorsque des déraillements se sont produits, les rames sont restées le plus souvent debout du fait de l’architecture articulée du TGV, les voitures étant physiquement liées à leurs voisines. Plusieurs causes peuvent alors expliquer ces accidents. Les deux déraillements les plus récents (sans victime heureusement) ont été provoqués par des affaissements de terrain, à chaque fois liés à de très fortes intempéries.
Sur les déraillements que nous recensons en France, un seul a été mortel et reste dans toutes les mémoires des cheminots comme un véritable traumatisme : il s’agit de l’accident le 14 novembre 2015 du TGV Est lors d’essais essais sur un tronçon de la ligne à grande vitesse Paris – Strasbourg.
Des causes externes
– L’affaissement de terrain
*Le 21 décembre 1993, un TGV Valenciennes – Paris déraille à 300 km/h à hauteur d’Ablaincourt-Pressoir dans la Somme. Le train ne se couche pas, la motrice de queue et les quatre dernières voitures déraillant mais restant dans l’axe de la voie. Sur les 200 passagers, un seul fut légèrement blessé.
Le déraillement a eu pour origine un affaissement de terrain (un trou de sept mètres de long) provoqué par la présence, sous la voie, d’une cavité artificielle datant sans doute de la Première Guerre mondiale, mais aussi par de très fortes pluies survenues ce mois-là. Un défaut dans le système de drainage des eaux a aussi été relevé à cet endroit.
* Le 5 mars 2020, un accident se produit dans le secteur d’Ingenhein (Bas-Rhin) lorsqu’un important affaissement de terrain provoque le déraillement dans d’un TGV parti de Colmar et qui devait relier Paris-Est via Sélestat et Strasbourg. Le conducteur a été gravement blessé et évacué par hélicoptère. Un contrôleur a également subi un traumatisme dorsal et un voyageur a été légèrement blessé au visage lors du choc et du freinage. L’affaissement de ce talus (24 000 m³ de terre ont glissé) a constitué un obstacle sur la route du TGV qui l’a heurté malgré un freinage d’urgence déclenché par le conducteur.
* Le 19 mai 2025, un TGV reliant Paris-Montparnasse à Toulouse déraille à Tonneins dans le Lot-de-Garonne : un ruisseau a débordé et les voies se sont affaissées sous la pression de l’eau du fait d’intenses intempéries dans le sud-est. Le conducteur, qui roulait à vitesse réduite par mesure de sécurité, a pu stopper le train à temps. La rame de tête est restée en suspens plusieurs heures et il n’y a pas eu de victimes parmi les 500 voyageurs alors à bord.
– La rupture de rail
* Le 31 octobre 2001, suite à la rupture d’un rail, le TGV Paris – Irun qui roulait à 130 km/h déraille à Saubusse-les-Bains dans les Landes, à une quinzaine de kilomètres de la gare de Dax. Dix voitures quittent la voie, la motrice arrière du TGV se couche. On recense neuf blessés légers et les dégâts matériels sont importants. L’enquête met en évidence le mauvais état de la voie.
* Un TGV Duplex venant de Paris a déraillé le 24 août 2018 à l’entrée de la gare de Marseille-Saint-Charles, au passage d’un appareil de voie, heureusement sans faire de blessés, alors que 350 passagers étaient à bord.
Un rail cassé dans un aiguillage est à l’origine de ce déraillement, a expliqué SNCF. Plus précisément, un défaut oxydé sous l’aile de patin de rail à l’intérieur de l’appareil de voie n’a pas pu être détecté. Ce défaut, avec l’oxydation, s’est transformé en fissure. Et cette fissure a évolué en rupture.
– L’obstacle sur la voie
* C’est un scénario redouté et de nature à faire dérailler un TGV : l’obstacle sur la voie (objet lourd tombé ou posé sur une voie, véhicule arrêté…). Ainsi le 17 juillet 2017, un TGV reliant Paris à La Rochelle percute un bloc de béton déposé sur une voie à hauteur de Surgères dans les Charentes-Maritimes. Mais heureusement sans dérailler et sans faire de victime. Un acte de malveillance dénoncé par la SNCF qui a porté plainte.
Des causes matérielles…
- Le 14 décembre 1992, le TGV n° 920 reliant Annecy à Paris déraille à 270 km/h, en franchissant les aiguillages à l’entrée de la gare de Mâcon-Loché TGV (Saône-et-Loire). En cause, un composant électronique défaillant a bloqué les roues d’un bogie qui a fait dérailler le train. Aucun voyageur n’a été blessé à bord, mais des personnes qui attendaient sur un quai un autre train ont été légèrement atteintes par des projections de ballast.
- C’est aussi une cause matérielle qui a fait dérailler le 5 juin 2000, à 250 km/h, près d’Arras dans le Pas-de-Calais, l’Eurostar 9047 reliant Paris et Londres. Une bielle de réaction, pièce importante du système de transmission du bogie arrière de la motrice de l’Eurostar, aurait perdu les vis qui la relient dans une configuration normale au pont-moteur. Désolidarisée de l’ensemble du système de roulement, cette pièce serait allée frapper la voie en un endroit surélevé, en provoquant le déraillement. Sur les quelque 500 passagers, une dizaine furent légèrement commotionnés.
… et humaines (la survitesse)
* Cet accident représente un véritable traumatisme pour la famille cheminote française : un TGV d’essai a déraillé le 14 novembre 2015 à Eckwersheim près de Strasbourg dans le Bas-Rhin, La rame circulait sur une partie de la ligne à grande vitesse Est-européenne non encore ouverte aux circulations commerciales … Il a percuté un pont, quitté la voie puis est tombé dans le canal en contrebas. Une cinquantaine de personnes se trouvait à bord, techniciens, cheminots et membres de leurs familles. L’accident fait 11 morts et 37 blessés.