Nouvelle offensive sur le marché de la distribution des billets de train en France. L’Afra, qui regroupe les compagnies concurrentes du groupe SNCF, demande l’ouverture de la plateforme SNCF Connect à tous les opérateurs qui le souhaitent. « De manière équitable et non discriminatoire« , souligne dans un communiqué publié hier Marco Caposciutti, le président de l’association, également président de Trenitalia France.
L’association rappelle que la position dominante de SNCF Connect, avec 85 % de parts de marché des ventes de billets de trains en ligne en France, »nuit aux voyageurs et affaiblit le train« . Anne Pruvot, la directrice générale de SNCF Connect & Tech avait expliqué, lors d’un Club VRT le 12 février, la stratégie définie pour SNCF Connect : cette agence de voyages distribue les billets ferroviaires du groupe, ceux des transporteurs conventionnés (pour l’heure, Transdev sur la ligne Marseille-Toulon-Nice) mais aussi les titres de transport d’agglomérations, la réservation de taxis et VTC, la location de voitures et d’hébergements.
« Il est inacceptable, alors qu’il existe des places disponibles dans les trains des opérateurs alternatifs, que des voyageurs restent aujourd’hui à quai, ou prennent leur voiture ou l’avion, car ils n’ont pas connaissance des offres de ces nouveaux opérateurs, faute de présence sur SNCF Connect », souligne de son côté Solène Garcin-Berson, déléguée générale de l’Afra. Dans un tweet, le syndicaliste de Sud Rail, Fabien Villedieu, ironise sur la demande de l’association à la SNCF d’aider ses concurrents « à remplir leurs trains… vides. Ben voyons« .
Cette posture est toutefois nouvelle côté Marco Caposciutti : le président de la filiale de la compagnie italienne a jusqu’alors toujours affirmé vouloir vendre ses billets par ses propres moyens pour « ne pas confier une grande partie de sa distribution à son concurrent« . Le dirigeant l’avait notamment expliqué en juin 2025 lors d’un Club VRT. D’ailleurs, il n’est pas question que Trenitalia vende les billets de ses concurrents en Italie. Ni que Renfe le fasse en Espagne. De ce fait, des plateforme de vente indépendantes ont vu le jour comme Trainline, Kombo ou Omio, profitant de l’ouverture à la concurrence sur le marché de la distribution.
Autre revendication de l’association, une meilleure organisation des correspondances et des aléas au profit des voyageurs. « l’Afra appelle à harmoniser les droits des voyageurs quel que soit l’opérateur emprunté. La gestion des correspondances et garanties de report est cruciale : elle doit être incluse dans tous les appels d’offres régionaux, dans des conditions équitables pour tous les opérateurs. L’Afra appelle aussi à un mécanisme de prise en charge réciproque entre transports conventionnés et services librement organisés, encadré par le régulateur afin que le voyageur puisse se reporter sur le train de n’importe quel opérateur en cas de rupture de correspondance. » Cette position fait écho à l’article 8 du projet de loi-cadre pour les transports qui va être discuté à partir du 8 avril au Sénat. Cette disposition vise à améliorer le droit des voyageurs en cas de perturbations lors de leur trajet en leur permettant notamment d’être remboursé ou réacheminer. Cela implique la communication des informations nécessaires par l’entreprise ferroviaire aux opérateurs de vente de billets.