
La longue histoire tourmentée de CDG Express, entre recours en justice et batailles politiques, est désormais presque oubliée, Le compte à rebours est bel et bien lancé pour cette liaison, dédiée et directe entre la gare de l’Est et l’aéroport CDG-Express, dont la mise en service est prévue le 27 mars 2027. Etape importante, ses voies ont été raccordées le week-end dernier au réseau ferré national. C’est désormais au tour de la société qui va l’exploiter, Hello Paris, de prendre symboliquement le relais, a expliqué le 27 mai Baptiste Maurand, président du gestionnaire d’infrastructure, GI CDG Express.
La société, qui rassemble Keolis et RATP Dev, a gagné un contrat pour gérer le service pendant 15 ans. Elle a reçu les rames qui ont commencé leur marche à blanc et circuleront tous les jours, à partir du printemps prochain, de 5 h à minuit, avec une fréquence au quart d’heure.
13 rames Coradia de six caisses et de quatre caisses, conçues à l’origine par Alstom, ont été achetées pour plus de 200 millions d’euros. Elles ont été assemblées sur le site de Reichshoffen. Elles offrent de l’espace pour les voyages et proposent jusqu’à 420 places (et 12 sièges en classe Premium) dans leur configuration maximale avec dix caisses. « Elles vont nous permettre de réaliser différentes combinaisons et de nous adapter au trafic voyageurs qui sera différent en fonction des périodes. 12 rames seront utilisées et la treizième servira de réserve, en attente gare de l’Est« , précise Marc Sorrentino, directeur général d’Hello Paris. Autre spécificité, un atelier de maintenance spécialement dédié à CDG Express a été construit à Bobigny et adossé au Technicentre Est Européen de SNCF Voyageurs pour des interventions plus lourdes.
25 euros pour aller directement de Paris à l’aéroport
Coût pour relier l’aéroport en vingt minutes : 25 euros l’aller et 15 % de moins si l’achat inclut le retour. La gratuité est prévue pour les enfants de moins de 16 ans. Des tarifs moins élevés seront proposés aux détenteurs de pass Navigo ainsi qu’aux familles. Ainsi, il en coûtera 33 euros si deux adultes voyagent avec deux enfants. Les 90 000 salariés de la plateforme aéroportuaire devraient aussi bénéficier d’abonnements négociés. Enfin, un travail est en cours pour faciliter les correspondances avec le métro et le RER.
« Nous avons construit notre grille tarifaire en fonction du profil des voyageurs« , commente Soledad Valencia-Rissetto, la présidente d’Hello Paris, qui se réfère aussi aux tarifs pratiqués ailleurs par des navettes aéroportuaires. Par exemple, pour emprunter Heathrow Express, qui permet de relier Londres, il faut débourser 30 euros, rappelle la dirigeante. « Les tarifs définitifs seront validés à la fin de l’année par la DGITM car nous agissons sous la tutelle de l’Etat« , ajoute-t-elle.
Les billets seront vendus sur le site en cours de développement d’Hello Paris, sur son appli ou encore grâce à des distributeurs dans les deux gares desservies ainsi que dans des kiosques ou auprès du personnel sur les quais. L’open payment sera aussi proposé. Les tickets (QR code papier ou dématérialisé) pourront aussi être achetés sur le site de la RATP, de la SNCF et d’ADP, actionnaires du GI CDG Express. Hello Paris discute aussi avec des compagnies aériennes pour qu’elles intègrent son offre sur leurs sites.
6 à 8 millions de passagers par an
Hello Paris va devoir séduire les voyageurs qui pourront préférer prendre le RER B moins cher ou peut-être à l’horizon 2030, la ligne 17 du Grand Paris Express si elle arrive jusqu’à l’aéroport de Roissy. La société estime qu’en attirant 10 à 15 % des voyageurs hors correspondance passant à CDG, elle atteindra son objectif économique : transporter 6 à 8 millions de voyageurs par an, en vitesse de croisière, qui devrait être atteinte d’ici trois ans. Le GI CDG Express, qui a dépensé 2,6 milliards d’euros dans l’infrastructure, ne donne pas de date d’amortissement de l’investissement. Il bénéficiera à la fois des péages versés par l’exploitant et de la taxe d’1,04 euro frappant les billets d’avion hors ceux des passagers en correspondance. Il bénéficie aussi de la garantie de l’Etat qui a prêté 2,2 milliards (400 millions ont été apportés par les actionnaires, ADP, SNCF Réseau et Banque des territoires).
Plus de 10 000 candidatures
La société, qui a reçu plus de 10 000 candidatures, comptera à terme 170 personnes. Dont 45 conducteurs, 35 chefs de bord et 20 mainteneurs. Chaque agent parle au moins deux langues et exercera deux métiers : les superviseurs conduiront un jour par semaine, les conducteurs deviendront chefs de bord une fois par semaine et les chefs de bord seront affectés une fois par semaine à l’accueil en gare. « Nous voulions éviter de créer les cloisonnements et corporations dans une aussi petite structure que la nôtre », explique en rappelant que le service CDG Express garantit « une présence humaine du matin au soir ». Il est aussi prévu que les voyageurs trouvent toujours un train à leur arrivée sur le quai, après avoir passé les portiques. Par ailleurs,








