La loi relative à l’organisation des Jeux olympiques et paralympiques de 2030 en France a été votée le 13 janvier par les députés, avec 403 votes pour, 99 contre et 18 abstentions. Les écologistes se sont opposés à un texte, qui selon eux, « est un laboratoire à des dérogations de droit de l’urbanisme et de l’environnement ».
En région, la mobilisation autour de l’organisation continue à se manifester. La commission permanente de la Région Auvergne-Rhône-Alpes veut ramener son soutien financier au comité d’organisation, le COJOP, de 7,5 millions à 3 millions d’euros. En cause, « les dysfonctionnements dans la mise en œuvre du projet », relevés par les élus du groupe socialiste, écologiste et démocrate. Leurs interrogations sont renforcées par la succession de départs à des postes stratégiques du COJOP. Dernier en date, celui de Bertrand Méheut, président du comité de rémunération qui a évoqué publiquement « une dérive importante qui [le] conduit à douter du succès du projet que ce soit en matière de délais et de coûts ».
« Nous l’avons toujours dit : il ne s’agit pas d’être contre les Jeux Olympiques, mais de refuser un modèle dépassé. Les territoires de montagne ont besoin de Jeux repensés, plus sobres, plus vertueux, mieux intégrés aux réalités locales, et respectueux des équilibres environnementaux, économiques et sociaux« , estiment les élus de gauche.
Dans les grandes lignes, l’objectif de la loi votée en janvier est de simplifier les procédures pour favoriser la réalisation d’infrastructures dans des délais contraints. Le texte adapte notamment les dispositifs proposés par le gouvernement aux spécificités des territoires de montagne en matière de constructibilité, et à la nature des infrastructures requises pour les épreuves olympiques. En matière de transport, il complète les réglementations existantes pour la sécurisation des grands événements et, en particulier, des conditions de réalisation d’une enquête administrative de sécurité à l’égard de certains personnels intérimaires employés par les entreprises de transport. Il reconduit aussi l’expérimentation de la vidéoprotection algorithmique.
Des améliorations pour les dessertes de montagne
Les députés socialistes et apparentés avaient déposé un amendement visant « à renforcer la planification et la coordination des transports publics pour les Jeux olympiques et paralympiques d’hiver de 2030 dans les régions Auvergne-Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte d’Azur ». Les parlementaires demandaient que l’accessibilité universelle des modes de transport liés aux sites olympiques fasse l’objet d’un rapport. consignant toutes les actions envisagées pour améliorer les mobilités quotidiennes décarbonées. Le document doit aussi préciser les actions envisagées pour renforcer « de façon substantielle » les réseaux de transports publics appelés à desservir les sites olympiques et les projets de développement, de modernisation ou d’optimisation des infrastructures et services ferroviaires..
L’organisation des Jeux doit présenter l’occasion de renforcer « sur le temps longs » l’accès aux transports publics décarbonés à travers les petites lignes ferroviaires, les lignes de bus à haut niveau de service et l’ensemble des réseaux publics qui sont utilisés quotidiennement par les habitants des territoires concernés.
2030 doit aussi permettre de moderniser la ligne Briançon-Marseille. Selon la Région Sud, la ligne ferroviaire des Alpes bénéficie déjà de la mise en route de premières études et les marchés des travaux seront lancés en 2026.
L’Etat s’est aussi engagé à renouveler les rames de nuit du train de Paris-Briançon. La procédure de sélection du fournisseur de cette commande à 1 milliard d’euros, a été lancée, annonçait le 17 janvier la Région Sud. L’attributaire sera connu en septembre et l’engagement des fonds devrait intervenir en novembre 2026.
Le projet de pôle d’échanges multimodal de Briançon, doit aussi permettre la modernisation intégrale de la gare et la création d’une passerelle au-dessus des voies, vers le parc des sports.
« La loi permettra de structurer et de coordonner les initiatives en matière de transport, d’optimiser l’intermodalité et l’accessibilité universelle et d’améliorer durablement des réseaux régionaux », estiment les parlementaires qui ont apporté leur voix au texte. Les écologistes considèrent, eux, que les fonds consacrés à l’organisation des compétitions auraient pu bénéficier à des aménagements pour la population qui y vit. La participation financière de l’Etat devrait s’élever à 362 millions d’euros, celles des deux régions à 184 millions.