
Le projet de lancement de trains Virgin entre Paris et Londres avance et avec lui, la perspective de la fin du monopole d’Eurostar sur la liaison Transmanche. Le groupe britannique a en effet annoncé début octobre avoir commandé 12 rames Avelia Stream auprès d’Alstom pour exploiter cette ligne. Les trains à grande vitesse seront fabriqués en Italie. Ils arboreront une livrée rouge et noire et seront capables de rouler jusqu’à 300 km/h, C’est également Alstom qui assurera la maintenance durant 30 ans.
Un milliard d’euros va être investi dans le projet, dont 650 millions d’euros pour le matériel roulant. « Nous travaillons sur ce projet depuis trois ans« , indique à VRT Josh Bayliss, le directeur général de Virgin. Le montage du projet repose sur deux sociétés : Equitix, spécialisée dans le financement d’infrastructures, détiendra le matériel roulant, qui sera loué une société appartenant à Virgin Groupe et au fonds d’investissement Azzura Capital, à hauteur de 50 % chacun.
L’objectif est de démarrer le service en 2030, après avoir obtenu l’homologation des trains. 13 allers-retours sont envisagés à terme entre Londres et Paris ainsi que quatre allers-retours vers Bruxelles et trois vers Amsterdam. La compagnie compte ainsi ajouter 4,75 millions de sièges par an sur l’axe Paris-Londres et attirer davantage de voyageurs.
Désaccord avec Eurostar
Virgin affirme avoir signé un accord avec Eurostar pour assurer la maintenance de ses futurs trains au dépôt de Temple Mills situé à l’est de Londres et actuellement utilisé par la seule Eurostar. L’Office du rail et de la route (Office of Rail and Road ORR) avait en effet décidé il y a un ans de permettre au Britannique d’utiliser cet atelier, refusant cet accès aux trois autres compagnies qui en avaient aussi fait la demande (l’espagnol Evolyn, l’italien Trenitalia et le britannique Gemini Trains. ) L’agence britannique de régulation ferroviaire et routière, avait alors jugé que le projet du groupe du milliardaire Richard Branson, était «plus solide financièrement et opérationnellement que ceux des autres candidats», car ils démontrent clairement «le soutien des investisseurs et un accord de principe pour fournir le matériel roulant nécessaire et approprié».
À l’époque, la filiale de la SNCF, née de la fusion entre Eurostar et Thalys, avait estimé que le dépôt ne pourrait pas accueillir davantage de trains alors qu’elle-même compte agrandir sa flotte en achetant, à partir de 2031, jusqu’à 50 TGV. Elle avait alors déposé un recours auprès d’ORR qui devrait se prononcer d’ici le 4 décembre.
La France, principale cible
En attendant, Virgin poursuit ses discussions pour avoir accès au Tunnel, le dossier doit être soumis à Getlink ce mois-ci, selon Josh Bayliss. Il a engagé une démarche analogue pour l’accès au réseau et aux gares des deux côtés de la Manche. Des échanges sont aussi en cours avec les autorités belges et néerlandaises, note le DG.
Selon lui, la France représente aujourd’hui la principale cible de Virgin, qui ne voit plus d’opportunités outre-Manche avec le gouvernement travailliste en place et sa reprise en main des franchises ferroviaires. Le groupe n’exclut pas, dans un second temps, de se développer sur d’autres lignes à grande vitesse en France. À plus long terme, il pourrait aussi s’intéresser aux marchés allemand et suisse, en plus de la Belgique et des Pays-Bas.
Vingt ans d’expérience ferroviaire au Royaume-Uni
Le groupe compte s’appuyer sur les 20 ans d’expérience ferroviaire passés de Virgin Train au Royaume-Uni (avec les anciennes franchises de West Coast Main Line ou Intercity Cross Country) pour lancer ses nouveaux services et faire son grand retour dans le ferroviaire.
« Nous avons l’opportunité d’améliorer le service et la ponctualité sur l’axe Transmanche. Nous pourrons aussi offrir un meilleur wifi, de la restauration à bord, de la place pour les bagages…. « , souligne Josh Bayliss. La compagnie promet plus d’espace, de confort et de flexibilité dans les échanges de billets . »Nous voulons aussi travailler avec les gouvernements pour améliorer les contrôles, notamment aux frontières », ajoute le dirigeant.
Le groupe aux multiples entités (Virgin Radio, Virgin Active, Virgin Mobile, Virgin Hotels…), envisage de proposer des offres groupées, combinant par exemple voyages en train et nuit d’hôtel. « Notre programme de fidélité permet de gagner des points, permettant d’acheter des services« , rappelle Josh Bayliss. Virgin étudiera également les liens entre ses réseaux ferroviaire et aérien (Virgin Atlantic) pour faciliter les correspondances des voyageurs internationaux.








