
Ewa
Plus de 100 millions d’euros pour les Chemins de fer de Provence



Le calendrier prend forme : le 12 avril, Chartres (Eure-et-Loir) organise une première réunion publique d’information à l’hôtel d’Agglomération pour informer sur son projet de lancer deux lignes de bus à haut niveau de service (BHNS) pour mieux irriguer la ville. La première ligne, d’une longueur de 8 km, doit la traverser d’est en ouest, de Lucé à la Madeleine, desservant de fortes densités de population. La seconde, en cours d’étude, devrait relier Mainvilliers à l’hôpital Louis Pasteur, au Coudray. Toutes deux complèteront le réseau actuel urbain Filibus.
L’objectif, selon ses promoteurs, est d’encourager l’utilisation des transports publics, en proposant des circulations fréquentes et cadencées (toutes les 8 à 12 minutes selon les périodes de circulation) et en renforçant l’intermodalité.
« Au-delà du bus, le BHNS intègre l’ensemble des modes de déplacements doux, puisque sa création s’accompagne, le long de son tracé, d’aménagements spécifiques et sécurisés pour les piétons et les cyclistes : trottoirs élargis permettant une cohabitation sécurisée entre piétons et cyclistes, traversées piétonnes plus nombreuses… Un traitement paysager est également prévu le long du parcours, en particulier dans les secteurs qui feront l’objet d’importants aménagements : îlots de verdure, plantations d’arbres et d’arbustes… », indique Guillaume Bonnet, vice-président de Chartres métropole en charge des grandes infrastructures de déplacements cité dans un communiqué.
12 millions d’euros d’investissements sont prévus. Le début des aménagements liés à la 1ère ligne de BHNS est prévu à la fin de l’année. Les premiers bus devraient rouler dans tout juste deux ans.

Les trains classiques Ouigo, qui soufflent leur première bougie après tout juste un an d’exploitation, ont trouvé leur place sur le marché, affirme la SNCF. Avec plus de 1,3 million de passagers transportés en un an, ces trains Corail pelliculés en rose qui s’élancent depuis le 11 avril 2022 en direction de Nantes et Lyon à partir de Paris, prouvent, selon la SNCF, « toute leur pertinence « . 14 destinations sont desservies sur seulement ces deux axes. Fin mars, pour tenir compte de la fréquentation, le plan de transport a été remanié. Du lundi au jeudi, il n’y a plus que deux allers-retours Paris Austerlitz-Nantes et un aller-retour Paris Bercy-Lyon proposés chaque jour. Du vendredi au dimanche, et pendant la période estivale (du 30/06 au 31/08), les rotations passent à trois allers-retours Paris-Nantes et deux allers-retours Paris-Lyon.
Pour lancer le service, 9 locomotives et 36 voitures Corail avaient été rénovées. Et une filiale avait été mise sur pied. Baptisée Oslo, elle applique à la vitesse classique le modèle d’exploitation du TGV Ouigo, reposant sur des rotations optimisées, une maintenance simplifiée, un emport accru (640 places assises) et un personnel polyvalent. Avec l’objectif d’attirer une nouvelle clientèle, motivée par de petits prix et pas rebutée par le temps du voyage.
Aujourd’hui, les résultats sont conformes aux objectifs, et même un peu supérieurs (les prévisions tablaient sur 1,2 million de voyageurs en un an). « Ce succès s’explique par des prix mini dès 10 euros, moins chers que les autres modes de transport, à anticipation équivalente« , souligne la SNCF. 60% des clients voyagent à moins de 20 euros, affirme-t-elle. Les conditions de commercialisation sont souples : les trains sont ouverts à la vente 45 jours avant leur date de circulation et jusqu’à 30 minutes avant leur départ. « L’application du yield management permet une offre de prix la plus proche possible de la demande, maintenant des billets à prix attractif, en moyenne anticipation« , poursuit la compagnie. Le bagage est payant : 5 euros. Et un service « snacking » en vente ambulante est proposé du fait des temps de parcours longs, équivalents à ceux de la route.
Le concept est encore en phase d’expérimentation. Au moment du lancement, ses promoteurs avaient indiqué se donner deux ans avant de proposer de nouvelles destinations en cas de succès. Selon un article en fin d’année dernière du Parisien, le groupe ferroviaire réfléchirait déjà à de nouvelles destinations, notamment vers Rennes, Bordeaux, Marseille, Lille ou Bruxelles (en Belgique). La SNCF ne confirme pas. Son but est de faire croître la part du ferroviaire dans les déplacements des Français, en espérant convaincre des automobilistes de laisser leur voiture au garage, surtout dans un contexte de hausse des prix du carburant. Aujourd’hui, la part du train atteint 10 %.
Côté usagers, Bruno Gazeau se réjouit qu’un tel produit permette de reconquérir le « marché Blablacar » du nom de la société spécialiste du covoiturage. Mais le président de la Fnaut estime que les trains classiques Ouigo « ne doivent pas fonctionner en silo, sinon on n’y comprend rien« . Et de conclure : « Les voyageurs veulent des petits prix. On comprend que chaque produit ait son propre marché mais il est nécessaire qu’il s’intègre à l’offre SNCF« .
MH P


Constatant qu’il a fait preuve de « remarquables qualités de dirigeant » lorsqu’il était à la tête des chemins de fer ukrainiens (Ukrzaliznytsia, uz), le gouvernement a nommé fin mars Oleksandr Kamyshin ministre des Industries stratégiques. Un poste clé pour celui dont la renommée a dépassé les frontières de son pays, avec son look un peu guerrier (barbe noire et cheveux rasés sur les côtés, surmontés d’un chignon), symbolisant la résistance et la résilience du système ferroviaire pour acheminer aussi bien les réfugiés et l’aide aux habitants que le matériel de guerre. Le nouveau ministre est notamment chargé des questions de production d’armes pour l’armée.
Yevhen Liashchenko lui succède, devenant PDG d’Ukrzaliznytsia pour un mandat de deux ans. Ce diplômé en cybernétique économique de l’université de Kharkiv était auparavant conseiller en stratégie et transformation du groupe de radiodiffusion ukrainien Starlight Media (chaines de télévision, médias et publicité). Il a également été conseiller de Mykhailo Fedorov, vice-premier ministre, ministre de la transformation numérique, et d’Oleksandr Kubrakov, ministre de l’infrastructure.

Ermewa tourne une nouvelle page. Après sa cession en 2021 par la SNCF, au tandem formé par la Caisse de dépôt et de placement du Québec (CDPQ) et par DWS, la société de gestion d’actifs de Deutsche Bank, le groupe spécialisé dans la location de wagons de marchandises et de conteneurs-citernes se rebaptise en prenant le nom de Streem.

Pour David Zindo, son président, cette nouvelle marque reflète « une décision stratégique majeure » et doit représenter « l’unité du groupe » en clarifiant les différentes marques, dont celle d’Ermewas. Le groupe, qui emploie plus de 1300 employés et dispose de plus de 40 sites, s’articule en effet autour de cinq offres complémentaires : en plus d’Ermewa, qui détient plus de 45 000 wagons à travers l’Europe et représente le numéro deux de la location sur ce continent, les ateliers Inveho servent à la maintenance et à la construction de wagons en France et en Allemagne, tandis que Eurotainer, Raffles Lease, et DEMI se consacrent à l’activité conteneurs- citernes. « Eurotainer et Raffles Lease détiennent ensemble plus de 80 000 conteneurs-citernes ISO dans le monde, tandis que DEMI est une activité dédiée à la maintenance et au stockage« , rappelle l’entreprise dans un communiqué.
Les objectifs visent à doubler le chiffre d’affaires d’ici à 2030, dans un contexte porteur pour le ferroviaire. « Le transport ferroviaire a besoin d’infrastructures mais aussi de matériels pour tenir l’objectif de la Commission européenne du green deal prévoyant le doublement de la part du fret ferroviaire en Europe, en le faisant passer de 18 % à 30 % dans la prochaine décennie« , souligne David Zindo.
Un an après sa cession par la SNCF, Ermewa a accéléré ses investissements en les portant dès 2022 à 500 millions d’euros annuels (contre 150 à 200 millions annuels auparavant). Streem va maintenir cette cadence notamment pour rajeunir et moderniser sa flotte. Il compte aussi se renforcer via des acquisitions dans le secteur de la location de wagons en pleine consolidation, actuellement dominé -et de loin- par l’Allemand VTG.
MH P





Après les concertations menées l’année dernière, c’est l’heure des propositions pour imaginer la région Ile-de-France à l’horizon 2040. En présentant cette semaine les orientations du futur Sdrif (Schéma directeur pour l’Ile-de-France), Valérie Pécresse a expliqué vouloir une région plus équilibrée, moins centralisée autour de Paris et sa proche couronne. La présidente de région a esquissé 27 centralités où pourraient être concentrés les efforts d’aménagements avec des commerces, des services publics, des logements et bien sûr des transports. Il faut bâtir, a-t-elle notamment souligné, « une ville multi-services, multi-usages pour mettre fin aux banlieues dortoirs« . « Une région des 20 minutes« , a-t-elle résumé.
Côté transports publics, cela se traduit par 656 kilomètres de lignes. Une liste à la Prévert mais dont bon nombre de lignes sont déjà dans les tuyaux. C’est le cas du métro du Grand Paris Express, de CDG Express ou encore des extensions des tramways T11 et T13.
« Certaines propositions vont dans le bon sens, comme par exemple le prolongement de la ligne 15 ou les prolongements des lignes du métro historique. Il y a aussi la reprise d’une demande d’associations du sud de la ligne du RER D qui souhaitent être de nouveau directement reliées à Paris« , commente Marc Pélissier, le président de la Fnaut-Ile-de-France.
La grande nouveauté -mais aussi la grande surprise selon lui-, c’est la ligne de métro 19, qui relierait Nanterre (Hauts-de-Seine)-Argenteuil (Val d’Oise) -Saint-Denis (Seine-Saint-Denis). Et dont le tracé, qui vise surtout à mieux desservir le Val d’Oise, reste très imprécis. « Nous avons du mal à comprendre en quoi elle répond à un besoin des usagers. La liaison Nanterre-Saint Denis va déjà être assurée par la ligne 15 Ouest. Et pour Argenteuil, la priorité, c’est de faire aboutir l’extension du T11. Ca laisse perplexe…« , s’étonne-t-il. « Cela donne l’impression d’un projet ajouté à la dernière minute« , poursuit-il.
Autre « perplexité » du représentant des usagers, la ligne de téléphérique envisagée par Valérie Pécresse entre Vélizy (Yvelines) et Boulogne (Hauts-de-Seine). « On a l’impression que ce document cherche à faire plaisir aux élus locaux« , conclut Marc Pélissier.
C’est aussi le sentiment d’Arnaud Bertrand, le président de Plus de trains. « C’est une liste du père Noël. Elle semble avoir été faite pour que chaque département ait son projet« , souligne-t-il, en pointant un document à la mise en forme « un peu bâclée« .
Les deux présidents d’association regrettent l’absence de toute allusion à l’avenir d’Orlyval qui pourrait pourtant, selon eux, jouer un rôle important dans la desserte locale lorsque la ligne 14 desservira Orly. Mais pour lequel IDFM estime qu’il faudrait investir 300 millions d’euros, soit bien plus que les 80 millions d’euros évoqués par la RATP pour redonner une seconde vie à Orlyval. D’où le souhait qu’il vaut mieux attendre…
Enfin, Marc Pélissier remarque que les propositions de la Fnaut militant pour la fusion des lignes 3 et 3 bis n’ont pas été reprises alors que cette opération pourrait attirer davantage de voyageurs et décharger en partie la ligne 11. Et surtout que la question du doublement du tunnel entre Châtelet et Gare du Nord, point noir dans la gestion des RER B et D, n’est pas abordée alors qu’elle l’était dans de précédents Sdrif. Mais le projet effraye tant il est gigantesque, complexe et onéreux.
Reste à savoir comment tous les projets évoqués par le Sdrif pourraient être financés alors qu’Ile-de-France Mobilités a déjà indiqué ne pas avoir les moyens de payer le fonctionnement des futures lignes (14, 11, Eole…) qui seront lancées l’année prochaine. « Les projets du SDRIF représentent 30 à 40 milliards d’euros de dépenses en plus d’ici une quinzaine d’années, alors qu’il manque 5 à 10 milliards pour tous les projets déjà engagés et que le gouvernement ne veut pas augmenter les recettes », souligne Jacques Baudrier, adjoint communiste à la maire de Paris et membre du CA d’IDFM.
Le ministre des Transports a promis de « partager » des solutions en avril. C’est aussi ce mois-ci que les préfets devraient recevoir mandat de l’Etat pour lancer les CPER qui détermineront les projets à lancer et à financer. Une échéance attendue par toutes les régions.
MH P