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Ewa

Thalys arrête ses trains à bas coûts Izy

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Le 10 juillet prochain signera la fin d’Izy, le service des trains à bas coûts de Thalys, qui utilise la ligne classique pour relier en 2 heures 08 au mieux Paris à Bruxelles (au lieu d’1h20 en TGV), ce qui permet d’amoindrir les frais et de proposer de petits prix. Une disparition dévoilée dans la presse belge et confirmée à VRT par la maison-mère de la filiale low cost.

La raison officielle avancée est la décision « d’intégrer » le service Izy au sein de Thalys « pour donner plus de clarté à notre clientèle » avec une marque unique explique à VRT une porte-parole, pointant au passage les points négatifs d’Izy, qui représentaient pourtant la spécificité de ce service à bas coûts lancé il y a six ans : un temps de parcours plus long qu’en TGV, pas de services ni d’échanges ou de remboursements possibles…

Il n’y avait pas de problème de modèle économique ni de rentabilité, « le concept a fait ses preuves« , affirme-t-elle également. Pourtant, les circulations des trains Izy ont déjà été progressivement réduites au cours des derniers mois, et la crise sanitaire est passée par là impactant durement Thalys.

Des prix attractifs seront proposés sur Thalys, indique encore la compagnie qui relie Paris à Bruxelles et, au-delà à l’Allemagne et aux Pays-Bas. Le prix d’appel est à 29 euros, rappelle Thalys qui vient de lancer sa promotion d’été dédiée aux jeunes, qui représentaient l’une des cibles de son produit Izy.

Il n’y aura aucune conséquence sociale puisque le personnel n’était pas dédié à Izy mais relevait de Thalys, indique-t-on encore. Mais le moment est sans doute venu de repartir sur de bonnes bases alors que compagnie exploitée par THI Factory (dont le capital est détenu par Eurostar Group) doit se concentrer sur son mariage avec Eurostar.

Marie Hélène Poingt

 

 

 

 

 

Ewa

Les syndicats de cheminots pointent les effets négatifs à long terme de la réforme ferroviaire menée par Elisabeth Borne

manifestation, grève, syndicats, Grève SNCF

La CGT Cheminots déjà « à l’offensive »

Pour la CGT Cheminots, « l’anti services publics entre en gare de Matignon!» Le ton est donné dans ce communiqué publié le 17 mai par la fédération qui dresse une liste d’actions menées à l’encontre des agents SNCF par Elisabeth Borne quand elle était à la SNCF puis au gouvernement : « En 2002, Elisabeth Borne est directrice de la Stratégie à la SNCF sous l’ère Pepy. Elle sera celle qui participera au découpage de l’entreprise publique, de sa mise en silos, au pilotage par activités, au dépeçage et au rabougrissent du transport de marchandises par le fer ».

Plus tard, au cabinet de Ségolène Royal, elle accordera aux gestionnaires d’autoroutes « un allongement allant jusqu’à six ans de leurs concessions ». Devenue ministre des Transports, elle met en oeuvre le Pacte ferroviaire, avec « transformation du statut juridique et découpe de la SNCF en 5 sociétés anonymes, fin du recrutement au statut, ouverture à la concurrence du transport de voyageurs… ».  Le syndicat cheminot pointe aussi son action en tant que ministre du Travail :   » Elle sera l’instigatrice de la réforme de l’assurance chômage qui abaisse les droits de nos concitoyens les plus touchés et les plus fragilisés par une situation sociale déjà fortement dégradée ».

La Fédération CGT des Cheminots assure qu’elle « sera très attentive et déjà à l’offensive quant aux politiques qui seront menées, tant sur les sujets interprofessionnels que sur ceux touchant au domaine ferroviaire ».

Pour Sud Rail, la SNCF paie aujourd’hui la fin du statut

« Pour être franc, je ne l’ai pas connue lorsqu’elle était directrice de la Stratégie », indique Fabien Villedieu que nous avons contacté. Le délégué SUD Rail rappelle qu’à ce poste « entre 2002 et 2007, elle a porté le choix du « tout TGV ». Pourtant, dix ans plus tard, changement de direction, lorsqu’elle devient ministre des Transports. Elle prône alors la priorité aux trains du quotidien, sous la pression des élus locaux qui veulent tous que leur ville soit desservie par le TGV. Probablement, une sorte de realpolitik du chemin de fer ! ».

Le syndicaliste revient aussi sur la fin du statut pour les nouveaux embauchés. « Ce statut était attractif. Aujourd’hui, la SNCF paie cet abandon et a du mal à recruter. De plus, il n’y a jamais eu autant de démissions : 1186 en 2021, soit une augmentation de 2,3 % par rapport à 2020. C’est vraiment une conséquence de la politique d’Élisabeth Borne, qui aura des effets à long terme« .

L’UNSA-Ferroviaire se souvient de discussions « difficiles » avec la ministre 

Didier Mathis, le secrétaire général de l’UNSA-Ferroviaire raconte :« Lorsqu’Elisabeth Borne était présidente de la RATP, elle était plutôt appréciée par les organisations syndicales de la Régie d’après les échos que nous en avions. Du point de vue des cheminots, c’est très différent. Lorsqu’elle était ministre des Transports, elle a notamment mis en place en 2018 la réforme ferroviaire qui a entériné entre autres la fin de l’embauche au statut cheminot ‑ cela entraîne des difficultés pour recruter de nouveaux personnels – et la transformation de la SNCF en cinq sociétés anonymes. Cette période, qui a été marquée par trois mois de grève des cheminots au printemps, nous l’avons vécue très difficilement. Lorsque nous nous rendions au ministère des Transports pour mener des négociations, la ministre parlait, elle, de « réunions de concertation ». Au-delà de la sémantique, il y avait un réel décalage. Difficile de négocier et d’obtenir des avancées dans un tel contexte… Aujourd’hui, on ignore qui sera le futur ministre des Transports du gouvernement que doit former la Première ministre (l’interview a été réalisée le 17 mai, ndlr), mais ce qui est certain, c’est qu’il lui faudra décider d’investir massivement dans le réseau ferré et aussi trouver le moyen de compenser les pertes financières dues à la baisse de fréquentation des trains – et donc des péages collectés – qu’a entraîné la pandémie de Covid. Reste que cette future nomination est suspendue aux résultats des élections législatives en juin prochain… »

Pour la CFDT Cheminots, priorité maintenant aux questions sociales 

Pour Thomas Cavel, le précédent quinquennat a été avant tout marqué par la réforme ferroviaire de 2018, « Une mauvaise réforme engagée par le gouvernement sans consultation préalable des corps intermédiaires et parmi eux, les syndicats« . Et le secrétaire général de la CFDT Cheminots de poursuivre : « C’était vraiment une période “zéro dialogue”. Elisabeth Borne, alors ministre des Transports, annonçait des concertations avec les organisations syndicales, mais au final, la mise en œuvre de la réforme s’est faite à coup d’ordonnances… Aucune disposition sociale ne figurant dans les textes en question, cela a donné lieu à un mouvement social totalement inédit à la SNCF, aussi bien dans sa forme que dans sa durée. Outre l’ouverture à la concurrence, les cheminots se sont mobilisés contre la suppression de l’embauche au statut, qui, on l’a rapidement constaté, a entraîné de grandes difficultés de recrutements alors que les besoins sont réels… Plutôt que le projet de réforme des retraites, qui a été repoussé en raison de la pandémie, nous estimons qu’aujourd’hui, la priorité doit être accordée sans délai à d’autres questions sociales : le pouvoir d’achat, les modalités de transfert des cheminots vers un autre opérateur, la fidélisation des salariés actuels – le nombre de démissions est particulièrement élevé –, les salaires, l’emploi. Nous attendons du futur gouvernement qu’il ait pleinement conscience de l’absolue nécessité de développer le service public ferroviaire, a fortiori à l’heure de la transition écologique. Dès le début de la crise sanitaire, les cheminots se sont mobilisés de manière exemplaire pour que les trains continuent de circuler et de transporter les Français. Nous attendons une reconnaissance de l’engagement constant des salariés de la SNCF depuis que la pandémie a commencé. »

Yann Goubin et Anne Jeantet

 

Ewa

Les quatre demandes de Valérie Pécresse à Elisabeth Borne (et ses craintes)

Valerie Pecresse, en juillet 2017, au siège de la région Ile de France à Paris.
© Lewis JOLY 
Cette image est la propriété de Lewis Joly, aucune utilisation autorisée sans accord préalable.

« Elisabeth Borne est une personne de grande qualité, intelligente avec une grande capacité de travail », a souligné le 17 mai Valérie Pécresse, en marge d’une conférence de presse sur l’ouverture à la concurrence dans les bus. Mais, a-t-elle ajouté, « je pense qu’elle aura une difficulté : c’est qu’elle n’est pas élue… »

Interrogée sur ses principales demandes dans le domaine des transports, la présidente d’Ile-de-France, candidate LR malheureuse à la présidentielle, a indiqué porter principalement quatre revendications : la première, est également régulièrement réclamée par la profession : c’est la TVA à 5,5 % pour les transports du quotidien. « Une mesure importante pour la transition énergétique et dans un contexte inflationniste. Cela permettrait de ne pas augmenter les tarifs et de financer les transports publics » , commente Valérie Pécresse.

Deuxième demande, celle qui est aussi présidente d’IDFM attend « une priorité claire » en faveur des transports du quotidien. « Je crois que c’était la conviction d’Elisabeth Borne. Il faut qu’elle la garde. Je pense avant tout aux RER B et D. C’est une priorité absolue en Ile-de-France ».

Troisièmement, édicte Valérie Pécresse, « il faut que l’Etat actionnaire joue son rôle auprès de SNCF Réseau. Il n’est pas normal que tous les trois mois, SNCF Réseau augmente ses tarifs et fasse un chantage au calendrier. Ce n’est plus possible ! »

Enfin, l’élue demande à l’Etat de faire voter une loi « pour qu’enfin des recettes financent le fonctionnement du Grand Paris Express, sans avoir besoin d’augmenter les tarifs ». Il y a urgence, rappelle Valérie Pécresse, la première ligne du Grand Paris Express devant être mise en service dans deux ans. « Il y a trois ans, Edouard Philippe, alors Premier ministre, m’avait dit qu’on allait voter une loi ». Depuis, elle attend toujours…

Une dernière question sur la proximité d’Elisabeth Borne et de Catherine Guillouard qui lui a succédé à la tête de la RATP et qui s’est réjouie hier soir de sa nomination à Matignon?  « J’espère que cela ne donnera pas lieu à un ralentissement de l’ouverture à la concurrence concernant la RATP… », tacle la présidente de région.

Marie Hélène Poingt

Ewa

La reconversion très commentée de l’ancien ministre des Transports

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Avant même Elisabeth Borne nommée à Matignon, l’arrivée de Jean-Baptiste Djebbari en tant qu’administrateur était annoncé chez le constructeur de voitures à hydrogène Hopium. La nomination à ce poste de l’ancien ministre des Transports sera soumise au prochain conseil d’administration le 20 juin, a indiqué la start-up. Olivier Lombard, ancien pilote automobile français et fondateur de l’entreprise s’est dit « fier d’accueillir Jean-Baptiste Djebbari dans cette formidable aventure industrielle française et de compter sur son dynamisme et son expertise largement reconnus dans les domaines de l’énergie et des transports« .

Mais l’annonce a aussi suscité son flot de critiques sur un possible conflit d’intérêt lié au soutien du ministre à la voiture à hydrogène. Interrogé sur RMC, l’ancien pilote de ligne a indiqué « n’avoir aucun aucun état d’âme » sur son arrivée chez Hopium. Et d’ajouter : « Ca ne me met pas du tout mal à l’aise, c’est normal de retrouver une activité normale après la politique. Il y a des règles, il faut les respecter« .

Saisie dès le 31 janvier sur le projet du ministre, qui préparait alors sa reconversion, la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) a donné un avis de « compatibilité », indiquant que « la société Hopium n’a bénéficié d’aucune subvention publique. Dans ces conditions et en l’état des informations dont dispose la Haute Autorité, aucun élément n’est de nature à faire douter de la manière dont Monsieur Djebbari a exercé ses fonctions à l’égard de cette société« . Toutefois, ajoute l’institution, « il convient d’encadrer les futures relations professionnelles de l’intéressé afin d’éviter tout risque de mise en cause du fonctionnement indépendant et impartial de l’administration« . D’où la demande formulée à Jean-Baptiste d’éviter toute démarche auprès des membres du gouvernement, des cabinets ministériels et des services Transports qu’il a côtoyés au cours de ces presque trois années à l’Hôtel de Roquelaure.

Ewa

Ligne 12 du métro parisien : derniers préparatifs avant prolongement

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Bonne nouvelle pour les usagers du métro parisien! Le 31 mai prochain, la ligne 12, qui relie la mairie d’Issy (Hauts-de-Seine) à Aubervilliers « Front Populaire » (Seine-Saint-Denis) va être prolongée jusqu’à la mairie d’Aubervilliers, avec un arrêt intermédiaire à la station Aimé Césaire.
Ce prolongement aura pris quatre ans et demi de plus que prévu. En cause, plusieurs facteurs. D’abord, des retards dans les travaux préparatoires. « On est à plus de 80 % sous la voirie », explique Tony Mailly, chef du projet de prolongement de la ligne 12. Autrement dit, là où passent les réseaux d’assainissement, de gaz et de télécoms. Les déplacements de ces équipements auraient dû être assurés par leur opérateurs, mais face à leurs difficultés à s’accorder, la RATP a dû creuser elle-même la chaussée. Conséquence, l’ouverture a été repoussée à la fin 2019, au lieu de 2017 prévu initialement.
Puis, c’est la construction des stations qui a posé des problèmes. Le tunnel de 3,8 km avait déjà été percé en 2012, lors du premier prolongement de la ligne au-delà de Porte de la Chapelle jusqu’à Front Populaire. « Il est quasi intégralement à 20 mètres sous terre, et au deux-tiers dans l’eau d’une nappe phréatique », souligne Tony Mailly. « Les gares sont situées à 5 mètres au-dessus de cette nappe ». Si bien qu’en creusant les “boîtes gares“, l’eau s’est infiltrée. « L’étanchéité n’était pas sécurisée notamment à la jonction entre le tunnel et ces boîtes », poursuit le chef de projet. Pour remédier à ce problème, il a été procédé à la réfrigération des sols. Selon Tony Mailly, il s’agit « de geler le sol et d’en faire un glaçon à la saumure, mélange d’eau et de sel, à -20 °C ».
Le procédé a fonctionné pour deux des trois zones à traiter, mais pas pour la troisième. « Nous avons donc cherché une autre solution et utilisé de l’azote liquide pour réfrigérer le sol ». D’où un nouvel allongement du calendrier qui sera ensuite de nouveau remis en cause par la pandémie sanitaire.
Tout dernièrement, pour effectuer les derniers travaux de jonctions entre les voies notamment, le trafic a dû être interrompu du 23 au 27 avril entre les stations Jules-Joffrin et Front Populaire. Et depuis le 29 avril, les marches d’essais ont commencé sur tout le prolongement. Une fois les voyageurs débarqués à Front-Populaire, les conducteurs poursuivent le trajet en marche à blanc. Une manière d’éprouver l’infrastructure et de former les agents toute en continuant l’exploitation.
Yann Goubin

Ewa

Une experte des transports à Matignon

Elisabeth Borne
Après un Premier ministre féru de trains, une cheffe de gouvernement spécialiste des transports. La nomination, le 16 mai, d’Elisabeth Borne au poste de Première ministre, à la place de Jean Castex, devrait réjouir ceux qui plaident pour plus de continuité dans la conduite des grands projets de l’Etat et pour plus de connaissances techniques des dossiers. La  nouvelle patronne du gouvernement affiche un soutien sans faille au président de la République et de solides connaissances sur de nombreux dossiers dont elle aura la charge.  
Emmanuel Macron cherchait un Premier ministre, si possible une femme, « attaché à la question sociale, à la question environnementale et à la question productive« . X-Ponts, 61 ans, Elisabeth Borne coche toutes ces cases, après avoir été ministre des Transports, ministre de la Transition écologique, et dernièrement ministre du Travail.
Vraie spécialiste des transports, elle a consacré une grande partie de sa carrière à ce secteur, commençant au ministère de l’Equipement, puis, à partir de 1997, devenant conseillère technique chargée des Transports auprès de Lionel Jospin, Premier ministre. Elle a aussi occupé le poste de directrice de la Stratégie de la SNCF (2002-2007) et de directrice des Concessions chez Eiffages (2007). Nommée directrice générale de l’Urbanisme à la Mairie de Paris (2008-2013, période pendant laquelle elle se rapproche d’Anne Hidalgo), puis préfète de Poitou-Charentes (en 2013, où elle rencontre Ségolène Royal), elle a ensuite rejoint le cabinet de Ségolène Royal pour en prendre la direction. C’est là qu’elle s’est fait remarquer par Emmanuel Macron et son équipe.
Un dur combat pour imposer le Pacte ferroviaire
A partir de 2015, elle prend la tête de la RATP où elle poursuivra la politique de son prédécesseur, notamment la mise en place du plan Bus 2025 visant à convertir le parc de véhicules principalement à l’électrique. Elle restera deux ans à la Régie, avant d’être appelée au gouvernement. Le président de la République et son premier ministre Edouard Philippe font alors le choix d’une « techno », longtemps proche du PS, une décision semble-t-il appuyée par Nicolas Hulot, le ministre d’Etat de la Transition écologique et solidaire. Fidèle au gouvernement depuis l’accession au pouvoir d’Emmanuel Macron, elle a ensuite progressivement gravi les échelons, sachant se montrer toujours loyale. 
Dans son discours, lors de la passation de pouvoir, la nouvelle cheffe du gouvernement a indiqué qu’elle souhaitait « agir plus vite et plus fort face au défi écologiste » mais aussi « associer davantage les forces vives de nos territoires« . 
Dans sa feuille de route, elle devra a priori mener des réformes difficiles, en particulier sur les retraites, où elle est attendue au tournant. Reste aussi à savoir si elle aura vraiment les coudées franches sur les questions écologiques puisqu’elle devra porter « la planification écologique« . Au cours de son parcours ministériel, elle a montrée une sensibilité sur les questions liées au mix énergétiques et aux modes de déplacement doux (via son plan vélos). Elle a, entre autres, annoncé la fin du projet de méga complexe de loisirs et de commerces Europacity sur le Triangle de Gonesse.
Lorsqu’elle était au ministère des Transports, elle a affirmé vouloir mettre fin au malthusianisme ferroviaire mais n’a pas caché qu’elle avait eu souvent des désaccords avec Bercy sur le sujet.
Retenons, parmi les dossiers marquants qu’elle a gérés, la réforme ferroviaire, sur laquelle elle a affronté plusieurs mois les syndicats de cheminots. Le pacte ferroviaire, qui en est sorti, a mis fin aux embauches sous statut à la SNCF, changé le statut de l’entreprise en une société anonyme à capitaux publics et organisé l’ouverture à la concurrence des trains régionaux et des TGV. Et a donné lieu à la plus longue grève de l’histoire de la SNCF (41 jours). Si elle avait laissé un souvenir plutôt positif aux organisations syndicales lorsqu’elle était la patronne de la RATP, ce n’est donc pas le cas côté des syndicalistes cheminots qui en gardent une image douloureuse. La réforme sur l’assurance-chômage qu’elle a plus tard portée en tant que ministre du Travail est également mal passée.
Une boite à outils pour développer les nouvelles mobilités
Rappelons aussi qu’elle a été à la manoeuvre sur l’adoption de la loi d’orientation des mobilités (LOM), adoptée fin 2019, et qui a remplacé la loi d’orientation des transports intérieurs de 1982 (LOTI). La ministre avait alors été saluée par les professionnels pour tout le travail initié en amont et la concertation mise en place, notamment au cours des Assises sur la mobilité. La LOM, présentée comme une boite à outils un peu fourre-tout, a mis en place une nouvelle répartition des compétences entre les autorités organisatrices, le lancement de ZFE (zones à faibles émissions) le développement des nouvelles mobilités, des voitures électriques et du digital, ou encore l’ouverture des données.
Grande bosseuse, connaissant parfaitement les rouages de l’Etat, très exigeante envers elle-même et envers ses équipes, les méthodes de management d’Elisabeth Borne ont parfois été critiquées. Au point qu’on raconte qu’elle a été surnommée par certains services à la RATP  « Borne out ». Chez certains concurrents de la RATP, on avait aussi redouté, lorsqu’elle avait été nommée ministre des Transports, qu’elle n’ait une approche un peu trop marquée par sa fonction de présidente de la Régie qu’elle venait de quitter. Craintes qui n’étaient pas infondées puisque la RATP et ses salariés ont été ménagés dans le cadre de l’ouverture à la concurrence, avec notamment un calendrier d’ouverture très progressif pour le réseau ferré de la Régie et des conditions sociales très protégées en cas de transfert des salariés vers des opérateurs concurrents.

Marie-Hélène Poingt

Ewa

Le Forum Vies Mobiles pour des « rythmes de vie moins intenses »

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Le 4 avril, jour où sortait le dernier volet du 6ème rapport du GIEC, le Forum Vies Mobiles, fort de son initiative de Forum citoyen, mettait « sur la table 18 propositions à l’attention des élus et des décideurs ». Propositions marquées par un « appel à des rythmes de vie moins intenses », et offrant une « opportunité pour réussir la transition écologique et sociale ».

Constat du think tank soutenu par la SNCF : « Seuls les centres des plus grandes villes voient se multiplier les transports alternatifs (tram, VTC, vélo en libre-service, … demain taxi autonome voire volant ?) qui viennent s’ajouter sans ordre à l’offre historique (car, train, métro). » Cependant, « l’essentiel des déplacements ne passe plus par les centres-villes ». Dans cette «France éclatée», les habitants ne disposent pas tous des mêmes ressources pour se déplacer. Il apparaît nécessaire de réaménager le territoire en concevant de nouveaux bassins de vie, grâce à la relocalisation des emplois, des services (alimentation, santé, loisirs, …) et des équipements du quotidien autour des habitations.
Quant à la taxe carbone, souligne le Forum, elle pèse plus fortement sur le budget des ménages les plus pauvres mais a peu d’effets sur les modes de vie des plus riches. « Inéquitable, la taxe carbone est ainsi inefficace ! ».
Parmi ses 18 propositions, le think tank invite à « recréer des pôles de vie en dehors des métropoles (emplois, commerces, services publics). » ; « conditionner l’implantation des entreprises, des commerces et des grands équipements à l’existence de moyens d’accès alternatifs à la voiture individuelle » ; « supprimer les vols intérieurs quand une alternative bas carbone de moins de 4h existe » ; « imposer le renouvellement des flottes d’entreprise au profit des petites cylindrées et des modes actifs » ; « créer une Autorité de Mobilité disposant de l’ensemble des leviers d’action sur les transports et la route (infrastructures et régulation) » ; « mettre en place un compte carbone mobilité pour les individus et les entreprises permettant à chacun de connaître l’impact carbone de son activité. »

F.D.

https://forumviesmobiles.org/points-de-vue/15537/mobilite-reorganiser-le-territoire-national-pour-reussir-la-transition

 

 

Ewa

Le Shift Project parie sur le train

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Le neuvième volet du Plan de transformation de l’économie française proposé par le Shift Project concerne la mobilité de longue distance. Au total, selon le think tank, « nos longs voyages représentent 9% des émissions de gaz à effet de serre du pays ». Et, pour sa mobilité de longue distance, « un résident français parcourt en moyenne plus de 7600 km cumulés par an ». Aujourd’hui, les voyages de longue distance reposent à 90% sur des modes de transport carbonés (voiture, avion).
Le Shift Project propose, à l’intérieur de l’Hexagone, de privilégier le voyage en train (multiplication par 3 d’ici 2050), tout en réduisant celle de l’avion (-35%) et celle de la voiture (-20%). Ce qui n’est possible qu’à condition de faciliter les premiers et derniers kilomètres grâce à une offre intermodale.

Pour les emplois, la perte dans le secteur aérien (-38000 ETP) serait compensée par le gain dans le secteur ferroviaire (-37000 ETP). Sur les 30 ans allant de 2020 à, 2050, le Shift Project vise une division par 5 des émissions de gaz à effets de serre du transport aérien, au rythme de – 5% par an.

Ewa

Inauguration à Toulouse du plus long téléphérique urbain de France

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Avec ses 3 km de long, Téléo est, depuis son inauguration tout à l’heure à Toulouse, le plus long téléphérique urbain de France. Pouvant emporter 1 500 voyageurs par heure et par sens, avec une cabine toutes les 1 minute 30 secondes aux heures de pointe, il devrait transporter chaque jour 8 000 personnes.

Ce câble urbain est intégré au réseau Tisséo et donc accessible sur simple validation d’un titre de transport. Desservant 3 stations (Université Paul Sabatier, Hôpital Rangueil – Louis Lareng et Oncopole – Lise Enjalbert), il est connecté aux autres modes du réseau (bus, métro) et au réseau routier et cyclable (parcs-relais et liaison cyclable d’Oncopole à Saint-Cyprien, par exemple). C’est le dernier maillon de la ceinture sud, véritable trait-d’union entre l’est et l’ouest, indiquent ses promoteurs. « A terme, le téléphérique pourrait faire l’objet d’extensions pour assurer des correspondances avec la future 3ème ligne de métro à la station Montaudran et la ligne A à Basso Cambo, précisent-ils.

Reste à voir maintenant comment les Toulousains vont se l’approprier.

Ewa

Grands Prix des Régions 2022 : Les voyageurs placent le Centre-Val de Loire en haut du podium

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Retour vers plus de « normalité » cette année pour nos Grands Prix des Régions, dont les calendriers ont été bousculés ces derniers temps par la crise sanitaire. Sur la forme du moins, car sur le fond, nos prix récompensent des réalisations de l’année précédente (2021 le cas présent), et donc un exercice qui n’aura pas connu une seule journée « normale », avec un troisième confinement au printemps, des mesures restrictives concernant l’accès aux transports publics, une poursuite du télétravail au gré des vagues de contamination et des réductions de services…

Ces conditions n’ont sans doute pas aidé les régions à prendre des initiatives, visiblement moins nombreuses qu’au cours des années précédentes. Pourtant certains problèmes demeurent, appelant des solutions, comme par exemple l’intégration des différents moyens de transports passés sous l’autorité des Conseils régionaux ou le verdissement des véhicules. Citons aussi les travaux de modernisation des gares et de constitution de pôles d’échanges multimodaux qui se poursuivent, à un rythme parfois moins soutenu que prévu, les retards s’accumulant pour cause de crise sanitaire persistante.

Notre jury, appelé à décerner sept prix thématiques et un Grand prix européen, a donc cherché à mettre en avant les régions qui se sont le plus distinguées l’année dernière pour améliorer la vie des voyageurs ou promouvoir les déplacements en train. Mais, nouveauté cette année, il a laissé les usagers eux-mêmes choisir la région méritant le plus de se voir décerner notre Grand Prix, considérant qu’ils sont le mieux placés pour juger. En effet, nous avons demandé à chaque association régionale, via la Fnaut, de noter leurs TER à partir de plusieurs critères (confort, régularité, propreté, info-voyageurs…). Résultat de cette première édition avec le nouveau modus operandi, le Centre-Val de Loire remporte notre Grand Prix des régions ! Un résultat en adéquation avec la politique volontariste menée par cette collectivité comme vous pourrez le constater en découvrant ce nouveau palmarès.

Voir les résultats de nos Grands Prix des Régions :