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Ewa

La maintenance des trains à l’épreuve de la grève

atelier de maintenance de Noisy-le-Sec

Durant le conflit social, à la SNCF, les établissements de maintenance ont dû s’adapter quotidiennement pour mettre à disposition le matériel, en faisant face à de multiples difficultés. A l’exemple de l’Établissement de maintenance de Noisy-le-Sec, dans l’est de Paris.

 

« Tous les dysfonctionnements liés à la grève sont maintenant résorbés », affirme Benoît Casagrande le directeur de l’Établissement de maintenance de Noisy-le-Sec qui assure l’entretien des automotrices, et du matériel remorqué, qui circulent sur les lignes E (Paris – Tournan) et P ­(Paris – Meaux puis Château-Thierry ou La Ferté-Milon) de l’Est parisien.

Une organisation chamboulée

« Hormis quelques petits soucis sur certaines MI2N, tout est rentré dans l’ordre ». Ce matériel semble en effet plus sensible à l’immobilisation prolongée que les autres rames dont s’occupe l’EMM de Noisy. « C’est comme pour les voitures un peu âgées », sourit le directeur, « parfois, elles s’abîment plus à ne pas servir qu’à rouler ! Mais c’est vraiment mineur ».

Des visites ont été organisées, au moins une fois par semaine, pour chaque rame garée en différents points des lignes. « Nous devions nous assurer de leur bon état de fonctionnement », poursuit Benoît Casagrande. Il fallait notamment être sûr que les batteries étaient chargées sur les trains de banlieue type RIB.

« Elles tiennent de quelques heures à deux jours selon les rames ou les modèles. Et sans ses accumulateurs, pas de démarrage possible », détaille Jean-Marc Bot, chef d’atelier à Noisy-le- Sec. Garer du matériel en ligne est une pratique habituelle en service normal, entre les pointes. Celui-ci doit être prépositionné pour assurer les missions de la pointe suivante. Il est en effet inutile de prévoir un retour à l’atelier, si aucune maintenance importante n’est programmée, car cela pèserait sur le plan de transport. De plus, les 19 voies du faisceau de l’atelier ne suffirait pas à stocker les 147 rames circulant sur les lignes E et P.

Mais au moment de la grève toute l’organisation a été chamboulée. « On a commencé par faire le tri entre les rames qui devaient absolument entrer en maintenance et celles qui ne nécessitaient pas de maintenance immédiate, et offraient encore du potentiel avant une prochaine maintenance programmée », poursuit le responsable. C’est en effet la majeure partie de la charge de travail de Noisy-le-Sec : 60 % de maintenance préventive et 40 % de maintenance corrective. Mais en décembre, il a fallu s’adapter. « Chaque jour, on travaillait en collaboration avec le Centre des opérations Transilien à Paris-Est pour connaître les ressources disponibles, en agents de conduite, en agents circulation, et bien sûr en maintenance, données que nous fournissions, et on bâtissait un plan de transports en fonction de ces éléments, et des souhaits de l’autorité organisatrice. » En résumé, il s’agissait, chaque jour, de mettre en adéquation le nombre de rames avec le nombre d’agents de conduite disponibles.

Une coordination avec les différents services

Ainsi, il est arrivé pendant la grève que des rames circulent avec des défauts, mais aucun de nature à remettre en cause la sécurité. « Nous avons laissé circuler des rames avec des tags. Mais avec des limites : pas d’énormes tags qui auraient couvert les fenêtres des voyageurs ou ne serait-ce qu’une partie de la cabine de conduite », explique Jean-Marc Bot. Pour les éléments dits de sécurité, comme les portes – l’élément des rames qui souffre le plus pendant les grèves –, il a fallu arbitrer. S’il est possible d’en condamner en cas de dysfonctionnement, « pendant la grève, on a évité d’utiliser des rames avec une porte condamnée, et a fortiori plusieurs sur une même rame étant donné les difficultés qu’avaient déjà les voyageurs à monter à bord».

Outre ces difficultés, l’Établissement a dû composer avec la filière Transport/Mouvement. À Noisy, le poste F commande l’accès à l’atelier et au faisceau. « Nous avons essayé de savoir, au jour le jour, à quel moment de la journée, les agents du poste n’étaient pas en grève. Et profiter ainsi de quelques heures pour faire entrer et sortir les rames en maintenance ». L’activité de tout l’Établissement en dépendait.

Depuis le 20 janvier, l’atelier a retrouvé son rythme et presque tous ses agents sont au travail. « Il ne reste que 4 grévistes », précise Benoît Casagrande. « Il y avait 50 % des salariés de l’Établissement aux premiers jours de la grève et 20 % les derniers jours ». 

Yann Goubin


Cinq matériels différents

La principale originalité – mais aussi complexité – de l’Établissement de Noisy, c’est le grand nombre de matériel qui y est entretenu. Pas moins de cinq types de matériel s’y côtoient : des MI2N (53 rames), des NAT (3 rames), des Z2N (19 rames) pour la ligne P, des RIB (6 rames) et des AGC (26 rames) bicourant.

À la maintenance de niveau 2 qui peut s’effectuer sur le faisceau de l’atelier, et même en ligne si elle ne nécessite pas d’intervention sur les coffres électriques, s’ajoute celle de niveau 3, plus lourde, qui demande l’immobilisation du matériel pendant plusieurs jours, ou nuits puisque l’atelier fonctionne en 2X8. Quant à la maintenance des organes de roulement par exemple, plus lourde encore (niveau 4), elle est confiée à des ateliers industriels de la SNCF, comme Saint-Pierre-des-Corps ou Nevers.

Ewa

A Lyon, le nouveau Vélo’V passe à l’électrique

e vélo v photo 4 jcdecaux

La Métropole de Lyon et JCDecaux ont présenté ce mercredi le nouveau e-Velo’V qui sera disponible à partir du 20 février prochain. Au total 2500 vélos, soit 50% de la flotte totale, vont être dotés d’une batterie amovible, « une première mondiale par son ampleur » selon Pascal Chopin, directeur régional de JCDecaux.

Ce système VLS hybride permet de disposer des vélos mécaniques classiques qui peuvent être transformés en vélos à assistance électrique moyennant un abonnement de 7 euros par mois. La batterie personnelle de 530 grammes rechargeable via un port USB permet une autonomie de 8 à 10 kilomètres.

C. F.

Ewa

Décès de René Petit, président d’honneur de la FNTR

René Petit, ancien président de la FNTR.

La Fédération nationale des transports routiers a annoncé le 21 janvier le décès de René Petit.

Né en 1948 et diplômé de l’ESCP, celui-ci a commencé sa carrière dans les transports routiers « un peu par hasard » et n’a jamais quitté le secteur, prenant rapidement des responsabilités syndicales. Il fut président de la FNTR de 1989 à 2003, négociant des évolutions importantes pour la profession comme le congé de fin d’activité.

En 2003, il prend la direction de Novatrans, l’opérateur de transport combiné rail-route. Plus récemment, il avait également pris la présidence du Conseil des métiers de l’OPCO. « René Petit, président d’honneur de la FNTR, aura marqué pendant plus de 30 ans l’histoire de la Fédération et celle du Transport routier », souligne la FNTR dans un communiqué.

Ewa

Réforme des retraites. Ce qu’ont obtenu les agents de la RATP

greve

Déjà en nette amélioration depuis quelques jours, la RATP prévoyait pour aujourd’hui un trafic « normal ou quasi normal sur l’ensemble de son réseau », à l’exception principalement des lignes de métro 5 et 13. Une inflexion permise par la décision de l’UNSA-RATP, le principal syndicat de l’entreprise, d’appeler à suspendre le mouvement de grève à partir du 20 janvier. Tout en réaffirmant « son opposition » à la mise en place d’un système universel de retraite par points, le syndicat affirmait vouloir « reprendre des forces » et s’orienter « vers d’autres formes d’actions ».

Le mouvement de grève a pourtant permis aux agents de la RATP, comme aux cheminots, d’obtenir des mesures particulières d’application de la réforme. Vers la mi-décembre, le gouvernement a demandé à la RATP de faire un travail de pédagogie auprès des organisations syndicales (chargés à leur tour de répercuter les informations sur le terrain) mais aussi d’informer directement ses salariés du nouveau dispositif prévu.

Des explications individualisées

Rappelons qu’aujourd’hui, les deux tiers des agents de la RATP sont au statut (un statut qui n’est pas appelé à disparaître comme c’est le cas à la SNCF). Les 42 000 agents de la RATP ont ainsi reçu un courrier individualisé indiquant à chacun s’ils seront concernés ou non par la réforme, et récapitulant leurs éléments de carrière, de pénibilité et la date d’ouverture de leurs droits (DOD) telle qu’elle peut être anticipée aujourd’hui. Des vidéos explicatives ont également été réalisées.

Il a été décidé que la date d’ouverture des droits (la DOD) à la retraite serait calculée au 31 décembre 2024. Si la DOD est antérieure à 2037, les agents se verront toujours appliquer les règles du régime spécial. Si la DOD est postérieure à 2037, ils seront affiliés au nouveau régime de retraite tout en conservant une partie des droits comptabilisés dans l’ancien système.

58 % des agents conserveront leur régime spécial

Avec ce dispositif, 58 % des agents de la RATP au statut conserveront leur régime spécial. Mais ce sera le cas de 97 % des conducteurs RER notamment (soit seulement 19 conducteurs du RER qui basculeront dans le nouveau système sur un effectif total de 850), de 70 % des conducteurs de métro et de la moitié des conducteurs de bus.

Pour les 42 % des agents RATP qui vont basculer dans le futur système, le niveau de pension sera calculé sur la base du maximum de la grille de rémunération et de la fin de carrière théorique de l’agent s’il avait été jusqu’au bout de la grille. Un dispositif plus avantageux que si le calcul était basé sur les six derniers mois et surtout plus avantageux que ce que prévoyait initialement le projet Delevoye, affirme-t-on en interne.

Ce calcul basé sur les six derniers mois est perçu comme l’avantage principal du régime spécial. Un « totem » à la RATP qui explique, selon certains, que le sujet des retraites a toujours beaucoup mobilisé à la RATP.

Un plan épargne retraite est envisagé

D’autres mesures devraient être prises dans le futur, notamment pour prendre en compte la pénibilité. Il y a déjà des règles dans l’entreprise dans ce domaine, avec des bonifications accordées en fonction du travail sur le terrain, qui permet de gagner jusqu’à 5 années supplémentaires. Mais cet avantage a déjà été amoindri, affirme-t-on encore en interne.

La réforme amenant à travailler plus longtemps, il est aussi prévu de discuter de la fin d’activité et de la gestion des fins de carrière, un sujet de « l’après-conflit ». Enfin, la RATP devrait aussi discuter de la mise en place d’un plan d’épargne retraite (PERCO), permis par la loi Pacte mais dont on attend les décrets d’application.

Le conflit n’a pas empêché d’avancer sur d’autres points et quatre accords ont pu être signés récemment, dont un sur l’égalité hommes-femmes et un autre sur le handicap.

M.-H. P.

Ewa

Les pertes des entreprises de fret ferroviaire se chiffrent en dizaines de millions d’euros

Train de fret dans le port de Dunkerque.

Les entreprises de fret ferroviaire et de transport combiné tirent le signal d’alarme sur la situation du secteur. Le 19 janvier, elles ont publié, dans le Journal du Dimanche, une lettre ouverte au Président de la République, pour demander des mesures de soutien. Claude Steinmetz, président de l’AFRA (association française du rail), qui regroupe les opérateurs alternatifs à la SNCF et qui a co-signé la lettre, explique à VRT les raisons de cet appel à l’aide.

 

Ville, Rail & Transports : Quel est le bilan des grèves pour le fret ferroviaire ?

Claude Steinmetz : Le bilan est catastrophique. Les grèves ont plombé les comptes 2019 : les pertes se chiffrent en plusieurs dizaines de millions d’euros. Toutes les entreprises de fret ferroviaires sont extrêmement fragilisées.

La grève a été particulièrement dure au début du mouvement avec seulement 5 % en moyenne des trains de fret qui ont pu circuler. Puis ce taux est monté à 25 %.

Nous avons essayé de sensibiliser SNCF Réseau mais quand il n’y a pas d’aiguilleurs, les trains de fret ne peuvent pas circuler.

 

VRT : L’Afra a co-signé une lettre ouverte au Président de la République. Que demandez-vous ?

C. S. : Nous cherchons à sauver le fret ferroviaire. Jusqu’à maintenant nous n’avons pas eu de réponse à notre demande d’un système de compensation qui prendraient en compte les pertes subies. Le président de la République représente le dernier recours.

Nous réclamons aussi des demandes fortes en faveur du fret ferroviaire comme le font d’ailleurs les autres pays européens, l’Allemagne, les Pays-Bas, l’Autriche… L’Allemagne par exemple va dépenser plus de 62 milliards d’euros d’ici à 2030 pour rénover son réseau ferré.

Nous demandons aussi d’examiner précisément dans quelle mesure des travaux pourraient être réalisés le jour sur les voies, sans que les trains de voyageurs en subissent des nuisances. Actuellement, les chantiers sont réalisés de nuit, générant de fortes perturbations pour les circulations de fret. Il faut changer de paradigme et mettre au point des solutions nouvelles, plus efficaces.

Je rappelle que les trains de fret représentent un mode propre : 9 fois plus propre que le transport routier.

VRT : Quel est le montant de la réparation demandé au gouvernement ?

C. S. : Nous allons faire les comptes activité par activité, entreprise par entreprise. Nous ferons les comptes et en présenterons très vite le montant, au plus tard mi-février.

VRT : Comment éviter à l’avenir de tels blocages des trains de fret ?

C. S. : Nous demandons que certains nœuds ferroviaires stratégiques et aiguillages ne soient pas bloqués. Ce qui reviendrait à assurer un service minimum dans certains aiguillages.

VRT : L’avenir de Fret SNCF paraît également menacé. Quelles pourraient être les conséquences pour le secteur ?

C. S. : Aujourd’hui Fret SNCF représente 60 % de l’activité de fret ferroviaire en France. Notre intérêt à tous, c’est que le secteur ferroviaire s’améliore, y compris pour Fret SNCF (qui n’est pas représenté par l’AFRA, je le rappelle). Faute de quoi il y aura encore plus de camions sur les routes…

Propos recueillis par Marie-Hélène Poingt

Ewa

L’Unsa et la CFDT signent l’accord sur les rémunérations et les classifications dans le ferroviaire

SUD Rail grève

On s’y attendait, c’est fait : la CFDT-Cheminots et l’Unsa-Ferroviaire ont annoncé mi-janvier qu’elles avaient signé l’accord sur les rémunérations et les classifications de la convention collective ferroviaire, envoyé le 7 janvier par l’UTP aux cinq organisations syndicales représentatives. L’accord est donc, pour le moment, ratifié puisqu’à elles deux, elles représentent plus de 30 % des salariés.

La validation définitive dépend maintenant de la position de la CGT-Cheminots et de Sud Rail : s’il est peu probable qu’elles paraphent le document, elles devront ensuite décider si elles le dénoncent ou pas, ayant ce pouvoir de le faire capoter puisqu’elles représentant à elle deux plus de 50 % des salariés. De son côté, FO Cheminots déjà fait savoir qu’elle s’opposerait à cet accord, mais ne totalisant qu’un peu plus de 9 % des voix, sa décision ne pèsera pas dans la balance.

La CFDT-Cheminots considère « qu’avec cet accord, on arrive à un résultat très satisfaisant » et estime qu’une dénonciation priverait des milliers de cheminots de hausses de salaires immédiates et de droits nouveaux. Pour Sébastien Mariani, l’accord prévoit en outre des négociations annuelles obligatoires, ce qui ne sera pas le cas si c’est le droit commun du travail qui s’applique. Même son de cloche du côté de l’UNSA-Ferroviaire qui voit cet accord comme « un filet de sécurité limitant le dumping social et de nature à garantir des parcours professionnels attractifs ».

La CFDT-Cheminots veut lancer une « mise en garde » sur les risques d’une dénonciation, en espérant être entendue.

Pour en savoir plus sur les dispositions de l’accord lire ici.

M.-H. P.

Ewa

Un accord pour préserver la ligne des Causses

LIGNE DES CAUSSES VERS MILLAU BB 8500 VERTE

ET TRAIN CORAIL

MIDI PYRENEES-FRANCE

Nécessitant des investissements urgents de rénovation des voies pour éviter la fermeture, la ligne des Causses (reliant depuis 1932 Béziers dans l’Hérault à Neussargues dans le Cantal, via Millau) a fait l’objet d’un accord entre l’Etat, les régions AURA (Auvergne-Rhône-Alpes) et Occitanie fin 2019. 11,46 M€ seront investis à égalité par les 3 pour assurer l’exploitation de 2022 à 2024. L’Occitanie avait déjà engagé en urgence 3,57 M€ pour des travaux entre Séverac-le-Château et Millau (Aveyron), garantissant la non-fermeture en 2021, et programmé en octobre dernier 19 M€ supplémentaire pour le maintien de l’exploitation entre Béziers et la limite de la Région AURA.

« La fermeture de cette ligne était inenvisageable pour préserver la mobilité des habitants (le train d’équilibre du territoire, l’Aubrac, circule chaque jour entre Béziers et Clermont-Ferrand, via celle ligne, ndlr), mais également l’environnement et l’économie de ce territoire : cette fermeture aurait entraîné de façon certaine la mise sur les routes de 140 camions supplémentaires par jour ou possiblement la délocalisation d’Arcelor-Mittal », rappelle Jean-Luc Gibelin, le vice-président chargé des Transports à la région Occitanie.

L’usine Arcelor-Mittal de Saint-Chély d’Apcher, spécialisée dans les batteries pour véhicules électriques, se fait en effet livrer de très grosses bobines de matière première par fret ferroviaire depuis Fos-sur-Mer et Dunkerque. Soucieuse d’améliorer son bilan carbone, elle développe depuis peu la livraison pour plusieurs clients en Allemagne par le rail. La suppression de la liaison ferroviaire aurait donc mis en danger ce site historique et ses 370 emplois.

Catherine Stern

Ewa

Valérie Pécresse veut inciter les Franciliens à se mettre en selle

Valérie Pécresse CDG Express

Alors que la moitié des déplacements en voiture est inférieure à 3 km, Valérie Pécresse veut pousser les Franciliens à utiliser davantage le vélo. La présidente de la région, également présidente d’Ile-de-France Mobilités, a ainsi présenté le 16 janvier une panoplie de mesures qui tournent essentiellement autour du renforcement de Véligo, le service de vélo en libre service de l’Ile-de-France.

500 Véligo supplémentaires vont ainsi être mis en service d’ici à la fin de l’année, portant à 15 000 le nombre de vélos proposés à la location. S’ajouteront 500 Véligo cargo à assistance électrique, « un gros plus pour les familles et les livreurs », a commenté Valérie Pécresse. Les parcs Véligo seront de surcroît gratuits pour les porteurs de pass Navigo.

Des incitations financières à l’achat de vélo électriques sont aussi prévus, pouvant aller jusqu’à 600 euros pour les vélos cargo à assistance électrique. Une étude va notamment être lancée pour permettre d’aider à l’achat de vélos adaptés aux personnes handicapées.

Un parc Véligo dans chaque gare d’ici 2030

Enfin, l’élue souhaite créer un parc Véligo dans chaque gare d’ici à 2030, ce qui correspond à la création de 100 000 places. 200 millions d’euros sont prévus, financés en partie par IDFM, le reste par les collectivités.

En revanche, il n’est pas prévu de lancer un grand réseau de pistes cyclables. 672 km de pistes et de voies à double sens ont déjà été financés en Ile-de-France et la région se voit plutôt comme une « entremetteuse », qui facilite les franchissements difficiles (passerelles, fleuves, routes…). « Toutes les pistes cyclables parisiennes sont financées à hauteur de 50 % par la région », rappelle encore Valérie Pécresse.

Il y a encore fort à faire, l’Ile-de-France accueille 28 millions de déplacements mécanisés, dont seulement 850 000 en vélo.

M.-H. P.

Ewa

Après la grève, un plan d’économies à la SNCF

Guichet SNCF

L’impact de la grève « va faire mal », a souligné Jean-Pierre Farandou en marge de la présentation de sa nouvelle équipe. Le patron de la SNCF évalue à pas loin d’un milliard d’euros le coût de la grève. Le 31 décembre, il était estimé à 600 millions d’euros, auxquels il faut désormais ajouter 250 millions à la mi-janvier (une somme proportionnellement moins forte qu’en décembre en raison de la décrue du mouvement).

Pour accélérer la reprise du trafic, la SNCF compte sur une politique classique de petits prix. La compagnie a ainsi mis en vente la semaine du 8 janvier 400 000 billets à moins de 40 euros pour voyager à bord des TGV inoui et Ouigo jusqu’au 12 février. En espérant reconquérir ses clients partis vers d’autres modes, les cars, le covoiturage ou la location de voitures.

Pas de suppressions de postes sur le terrain

« Il faudra aussi travailler sur un plan d’économies », a ajouté Jean-Pierre Farandou sans se risquer à le chiffrer. Seule précision donnée par le PDG de la SNCF : « Je ne toucherai pas à l’emploi sur le terrain, en particulier dans les établissements, dans la production et les services. Les diminutions d’effectifs seront moins importantes que celles qu’on a connues dans le futur ». La SNCF, qui compte 145 000 salariés, a déjà coupé dans ses effectifs. Rappelons que l’année dernière, il y a eu, de source syndicale, entre 2000 et 2800 suppressions d’emplois, alors que 2000 étaient prévues dans le budget.

« Ce n’est que la continuité de ce qui existait déjà », réagit Sébastien Mariani, le secrétaire général adjoint de la CFDT-Cheminots. « Mais on comprend que cela va peser surtout sur les fonctions transverse-support où l’effort de productivité a déjà été intense ces dernières années, avec des efforts de productivité de 5 % par an ces 5 dernières années. Attention car ces efforts de productivité à tout crin conduisent à un grand malaise social, même si nous comprenons qu’il faut les bons emplois aux bons endroits», ajoute-t-il.

Un plan de productivité engagé depuis plusieurs années

Quant à la CGT-Cheminots, si elle reconnaît que l’impact de la grève est« important », elle explique dans un communiqué qu’il ne justifie pas les plans d’économies annoncés. « Beaucoup de ces éléments étaient déjà dans les cartons », écrit-elle.

Le groupe est en effet engagé depuis plusieurs années dans un programme de productivité qui doit notamment lui permettre d’affronter la concurrence en taillant dans ses coûts. Cela passe par la réduction des frais de structure, une amélioration de la performance opérationnelle et des évolutions du cadre social (la fin du statut et des règles qui sont liées doivent y contribuer).

Trois ou quatre mois avant de décider des cessions

Pour récupérer du cash et accompagner le développement de ses activités mais aussi tenir ses engagements sur une trajectoire financière assainie en contrepartie de la reprise d’une partie de la dette par l’État (25 milliards d’euros cette année, 10 milliards en 2022), Jean-Pierre Farandou a indiqué qu’il envisageait des cessions. Il se donne peu de temps, « trois ou quatre mois » avant de décider lesquelles. Pour ces cessions, qui pourraient s’échelonner dans le temps, il aura le choix, pouvant puiser parmi ses quelque 1000 filiales.

Par ailleurs, pour trancher, il faudra aussi savoir ce que l’État prévoit pour Réseau dans le cadre du contrat de performance. « 60 % des activités du transport alimentent Réseau », rappelle Jean-Pierre Farandou. Réponse vers mars ou avril, date à laquelle on attend désormais la signature du contrat de performance entre SNCF Réseau et l’État, alors qu’il devait initialement être validé à la fin de l’année dernière.

Marie Hélène Poingt

Ewa

Nouveau casting à la SNCF : plus un jeu de chaises musicales qu’un profond renouvellement

Jean-Pierre Farandou, Keolis

C’est un véritable jeu de chaises musicales qui est en train de se mettre en place à la SNCF, même si quatre personnalités venues de l’extérieur sont aussi attendues pour constituer l’équipe qui va gérer le groupe SNCF aux côtés de Jean-Pierre Farandou. Ces choix ont été guidés par la stratégie que souhaite mettre en place le nouveau PDG de la SNCF : « Il y a une nouvelle organisation à lancer et le casting en est la clé », a-t-il commenté après le conseil d’administration du 16 janvier où les nominations ont été présentées.

Pour diriger son cabinet, le patron de la SNCF a indiqué avoir choisi Muriel Signouret. Cette ancienne journaliste, qui était dernièrement secrétaire générale de Public Sénat et a travaillé dans des ministères, supervisera aussi le projet d’entreprise ainsi que les relations institutionnelles. Un poste élargi car il n’y aura plus désormais de secrétaire général à la SNCF.

Au niveau du comité de direction générale de la SNCF, Laurent Trevisani, proche de Jean-Pierre Farandou, qui était déjà directeur des Finances, va devenir directeur général délégué Stratégie et Finances.

Pour les ressources humaines, on savait que Benjamin Raigneau arrivait à la fin d’un cycle, se définissant lui-même comme le « DRH des grèves » ! « Il a 35 ans et il a tout son avenir à la SNCF », a indiqué Jean-Pierre Farandou, en expliquant que l’actuel DRH ferait un « break » avant de poursuivre sa carrière dans un poste opérationnel, « on ne sait pas encore lequel ».

Pour le remplacer, Jean-Pierre Farandou a fait appel à François Nogué qui fait son grand retour à la SNCF. Un professionnel estimé dans le milieu des ressources humaines en France et qui connaît bien la SNCF, a expliqué Jean-Pierre Farandou. « Je voulais quelqu’un qui va vite et qui puisse retisser les fils du dialogue social . En toile de fond, il faut que la SNCF devienne une entreprise normale », a-t-il ajouté.
De son côté, Céline Sibert, actuellement directrice de la Sûreté et également proche du patron, devient directrice de la performance managériale et leadership. « Elle doit faire émerger les cadres de demain et introduire un style de management au service de la performance », décrypte le patron de la SNCF.

Pierre Messulam se voit attribuer une nouvelle direction (Risques Sécurité-Sûreté) qu’il devra préfigurer et qui sera notamment destinée à alerter le président sur les risques et à les gérer, tandis que la direction Technologies-Innovations-Projets Groupe reste entre les mains de Pierre Izard.

Enfin, une nouvelle directrice de la Communication va prochainement arriver : il s’agit de Stéphanie Rismont Wargnier qui a passé une quinzaine d’années chez Danone et a travaillé pour Muriel Pénicaud, alternant expériences privée et publique. Elle remplacera Agnès Ogier appelée à diriger l’axe Atlantique après la décision de Gwendoline Cazenave de quitter l’entreprise.

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Côté des nouvelles SA, le nouveau PDG de la SNCF avait annoncé il y a quelques semaines la nomination de Christophe Fanichet, encore un proche, aux commandes de SNCF Voyageurs. En plus de diriger cette SA, Christophe Fanichet, qui intègre le comité de direction générale du groupe, prend aussi la casquette de directeur général adjoint Numérique. Il sera notamment chargé de veiller à la diffusion du numérique dans les métiers et de revisiter l’ingénierie du système informatique d’ensemble.

Face à lui il aura, dans le giron de cette nouvelle SA SNCF Voyageurs, des personnalités fortes à la tête des  différentes branches : ainsi, si Alain Krakovitch cède sa place à Sylvie Charles à la tête de Transilien, il prend la direction de Voyages. Un poste clé puisque ce sont tout particulièrement les TGV qui rapportent du cash à l’entreprise, a rappelé Jean-Pierre Farandou. « Je ne souhaitais pas le départ de Rachel Picard », a-t-il également précisé en rendant un hommage « sincère » à la patronne de Voyages qui vient d’annoncer sa décision de quitter l’entreprise. Reste que cette dernière n’a pas décroché le poste de PDG de SNCF Voyageurs qu’elle souhaitait après avoir vu sa candidature éliminée au poste de PDG de la holding SNCF.

De son côté, Frank Lacroix est un des rares qui conserve son poste à la tête des TER et obtient de surcroît une promotion : il devient également DGA Territoires pour que la SNCF intègre mieux cette dimension dans sa stratégie. A ce titre, il intègre le comité de direction générale.

Quant à Xavier Ouin (directeur industriel) et Alexandre Viros (directeur e.voyageurs.SNCF) ils conservent aussi leurs fonctions. Avec une subtilité pour e.voyageurs qui ne dépend désormais plus directement de Voyages.

Frédéric Delorme, ingénieur qui a connu une large palette de postes à la SNCF et était depuis 2016 chargé de la sécurité pour l’ensemble du groupe, devient le PDG de la SAS SNCF Fret et du Transport ferroviaire multimodal de marchandises. De son côté, Marie-Christine Lombard conserve son poste de présidente du directoire de Geodis.

Côté Réseau, on le sait depuis quelques jours, Luc Lallemand doit remplacer Patrick Jeantet attendu chez Keolis. Le choix de l’actuel patron d’infrabel, « un professionnel qui a réussi dans son pays et un Européen qui va nous permettre d’élargir notre champs de vision», a été co-décidé, explique Jean-Pierre Farandou, par lui-même et par le gouvernement, même si ce dernier a fait appel à un cabinet de chasseurs de tête. On attend désormais l’avis de l’Autorité de régulation des Transports. On sait aussi depuis quelques semaines que la filiale de Réseau, la SA Gares & Connexions, attend sa nouvelle directrice générale Marlène Dolveck, dont le profil financier inquiète certains syndicalistes sur une ouverture possible du capital à plus ou moins long terme.sncf 1

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La SNCF est désormais prête à se mettre en ordre de marche mais on regrettera qu’il y ait toujours aussi peu de femmes aux postes clés du groupe. Et finalement, ce jeu de chaises musicales ne permet ni un grand renouvellement ni de pousser des jeunes talents.

Marie-Hélène Poingt