Je me connecte

E-mail*
Mot de passe*

> Mot de passe oublié?

Je m'inscris

*Champs obligatoires

Conformément à la loi « informatique et libertés » du 6 janvier 1978 modifiée en 2004, vous bénéficiez d’un droit d’accès et de rectification aux informations qui vous concernent.
1. Mon Compte
2. Mes activités
3. Mes Newsletters

Vous devez lire et accepter nos conditions générales de vente et d’utilisation *

* Mentions obligatoires

Je souhaite recevoir la newsletter :

Je m'enregistre

Mot de passe oublié ?

Ewa

Keolis a plongé dans le rouge en 2019

BHNS tram'bus Bayonne

Malgré un chiffre d’affaires en forte croissance l’an dernier à plus de 6,5 milliards d’euros (+ 10,9 % par rapport à l’exercice précédent) dû à l’effet « année pleine » de plusieurs contrats importants (notamment celui attribué par l’autorité Transport for Wales), Keolis a clôturé son exercice 2019 sur une perte nette de 72 millions d’euros (contre un résultat net de 31 millions en 2018).

Une année marquée par la cession de l’opérateur LeCab…

Ce résultat négatif s’explique par des éléments exceptionnels comme la décision de se défaire de certaines activités, notamment dans le secteur BtoC avec la cession en juillet denier du très déficitaire opérateur de VTC LeCab. S’ajoutent des charges de restructurations pour ses bus aux Etats-Unis et pour prendre en compte des pertes sur des contrats ferroviaires en Allemagne.

Hors exceptionnels, la direction met en avant un « résultat net récurrent » positif, en hausse de 7,3 % à 84 millions d’euros.

…par l’acquisition de CarPostal et le gain du T9

En France, l’année a été marquée par l’acquisition, auprès de La Poste Suisse, des activités françaises de CarPostal, bien implantées dans l’est de la France, note la filiale de transport public de la SNCF, en estimant que cette acquisition, la plus grosse qu’elle ait jamais réalisée en France, lui permet d’augmenter son chiffre d’affaires annuel de plus de 100 millions d’euros.

En Ile-de-France, où les perspectives de développement sont majeures pour l’avenir, Keolis se félicite du « gain emblématique du tram T9, première ligne de tramway mise en appel d’offres par Île-de-France Mobilités ».

Mais des perspectives sombres avec la crise du coronavirus

A l’international, le groupe a notamment remporté trois contrats importants, tous liés à l’exploitation de bus fonctionnant aux énergies alternatives, aux Pays-Bas (346 bus électriques), en Norvège (une centaine de bus électriques, une quarantaine fonctionnant avec des biocarburants) et en Suède (bus biodiesel).

Enfin côté Effia, le groupe a consolidé ses positions avec l’acquisition de Mypark, acteur belge du stationnement et connu, hors acquisitions, une forte hausse de son chiffre d’affaires (+ 13,6 %).

Ce tableau globalement positif est en train de s’assombrir puisque le groupe s’attend cette année à perdre « plusieurs centaines de millions d’euros » à cause du coronavirus, selon Patrick Jeantet, son PDG.

M.-H. P. 

Ewa

Patrizia Gatti Gregori nommée directrice du développement durable de Keolis

patrizia gatti sncf

Patrick Jeantet continue à faire venir auprès de lui d’anciens collaborateurs de SNCF Réseau, dont il était auparavant le patron. Le nouveau PDG de Keolis vient ainsi de nommer Patrizia Gatti Gregori au poste de directrice du développement durable et de l’engagement sociétal.

Cette diplômée d’un master en Géologie appliquée avec spécialisation en géotechnique à l’Université de Padoue, en Italie, avait rejoint fin 2004 SNCF Réseau après un court passage chez Egis. Elle a notamment mis en œuvre la stratégie RSE et développement durable intégrée aux contraintes industrielles du gestionnaire des infrastructures ferroviaires.

Ewa

Plus de 20 millions de masques commandés pour le transport public

Tram masques Covid-19

Les stocks de masques des opérateurs de transport public ayant été réquisitionnés par l’Etat pour les mettre à la disposition des personnels soignants, il faut d’urgence les reconstituer. Pour bénéficier de coûts plus avantageux et de délais réduits, plusieurs commandes groupées ont été passées pour le compte des Transdev, SNCF, Keolis, RATP, Agir et d’autres opérateurs. A la manoeuvre notamment la CATP (Centrale d’Achat du Transport Public). Plus de 20 millions de masques ont été commandés selon le président de la CATP, Marc Delayer. Provenant de Chine, les masques devraient arriver à partir de la fin avril.

Ewa

La SNCF poursuit son projet de TGV low cost en Espagne

ouigo quai marseille dr e1587471898584

Malgré le contexte compliqué, la SNCF a signé mi-avril (à distance) un accord avec le gestionnaire public des voies ferrées espagnoles Adif lui permettant d’exploiter des TGV low cost de type Ouigo en Espagne. A travers sa filiale espagnole, la SNCF sera le premier exploitant ferroviaire alternatif autorisé à exploiter des lignes à grande vitesse sur le réseau espagnol face à l’opérateur historique Renfe, « à compter de décembre 2020 et pour une durée de dix ans, soit jusqu’en décembre 2030 », a précisé le groupe français.

« Le calendrier avait été fixé à l’avance et je ne voyais pas de raison de le modifier » à cause de l’épidémie de Covid-19 qui touche tant la France que l’Espagne, « dans la mesure où la validation de l’autorité de la concurrence espagnole est arrivée la semaine dernière (la semaine du 6 avril, ndlr) », a indiquée à l’AFP Alain Krakovitch, le directeur général de Voyages SNCF, la branche qui regroupe les TGV. Toutefois, a-t-il reconnu, il pourrait « y avoir d’autres aléas dans le cadre de la crise actuelle qui feraient qu’on ne tiendrait pas décembre ».

Rappelons que la SNCF s’est vu attribuer en novembre un lot comprenant cinq allers-retours par jour entre Madrid et la Catalogne (nord-est), cinq entre Madrid et la région de Valence (est) et cinq autres entre Madrid et l’Andalousie (sud).

Pour Jean-Pierre Farandou, qui s’exprimait devant le Sénat le 15 avril, « la SNCF se met en position en Espagne car elle va elle-même être attaquée sur le marché français par plusieurs opérateurs européens, dont la Renfe entre Barcelone, Montpellier et Lyon ». Le PDG de la SNCF estime aussi que « le réseau ferroviaire espagnol à grande vitesse est très important (il est plus long que le réseau français) et il y a de la place. Nous allons y tester le concept Ouigo ». Enfin, ajoute-t-il, « c’est la maison France qui se déplace puisque nous irons en Espagne avec des rames Alstom que nous adapterons ».

M.-H. P.

Ewa

Comment les transports se préparent à la reprise

Bus RATP

Le compte à rebours a commencé. La date de la reprise ayant été annoncée au 11 mai, un travail intense s’est mis en place pour tenir les délais. L’Union des transports publics (UTP) est étroitement associée à la réflexion ainsi que la SNCF et la RATP, au cours de réunions régulières, organisées trois fois par semaine au ministère des Transports.

Cette semaine, les pouvoirs publics devraient décider des mesures d’hygiène à mettre en place après discussions avec les membres de l’UTP. Puis les trois semaines suivantes seront consacrées à la préparation de la mise en œuvre et aux achats à réaliser.

Eventuellement des masques « maison » en attendant des masques grand public

Avec en moyenne 20 à 30 % de service durant cette période de confinement, les transports publics ont garanti la continuité du service public, estiment les opérateurs. « Les transports publics ont complètement joué leur rôle de service essentiel. Mais il faut bien comprendre que la reprise ne se fera pas en un claquement de doigts », rappelle Frédéric Baverez, le directeur exécutif France de Keolis.

La question du port de masque est centrale. « Dans les transports publics, il est impossible de respecter la distance d’1 mètre à 1,5 mètre. Il faudra nécessairement recourir à des masques, éventuellement à des masques faits maison en attendant des masques grand public », explique à VRT Thierry Mallet, le président de l’UTP, également PDG de Transdev.

Il faut aussi décider des dispositifs à installer : faut-il des protections physiques pour les conducteurs ? Distribuer du gel hydroalcoolique aux agents mais aussi aux voyageurs ? Comment renforcer la désinfection des véhicules ?

Même avec le port du masque obligatoire, il faut se poser la question de la densité acceptable dans les transports collectifs : maximale ou intermédiaire ?

« La question de la densité d’usagers dans les transports est très importante. Pour faire respecter une certaine densité dans nos transports, il faut faire en sorte que les flux soient lissés et pour cela demander aux entreprises de décaler leurs heures de démarrage et de sortie », explique Thierry Mallet. Les pouvoirs publics devront également demander aux entreprises de continuer à recourir autant que possible au télétravail.

Un contrôle social collectif sans doute nécessaire

Dans les transports, les opérateurs pourraient installer des stickers au sol pour rappeler le nombre de personnes maximal autorisé à bord. Les opérateurs s’intéressent aussi à tout ce qui se fait dans les pays qui sont « en avance » sur la France. A Singapour, par exemple, on met un autocollant sur un siège sur deux pour en interdire l’usage.

Mais comment contrôler le respect de ces règles ? « Il y aura forcément besoin d’un peu de contrôle social collectif, de collaboratif », répond Thierry Mallet. « Nous ne voulons pas que le contrôle du port du masque repose sur les opérateurs », affirme de son côté Frédéric Baverez.

Au-delà de la reprise, d’autres enjeux entrent en ligne de compte. L’activité des opérateurs de transport public va être durablement affectée. Leurs recettes, qui sont quasiment passées à zéro durant la crise, devraient encore rester très faibles un bon moment en raison d’une reprise probablement très progressive. Thierry Mallet s’attend à une remontée du nombre de passagers de 30 % à 40 % dans un premier temps.

Ce nombre très réduit de passagers s’expliquera non seulement par la poursuite du télétravail mais aussi parce que les déplacements devraient principalement concerner les trajets domicile-travail et très peu les loisirs. Enfin, on s’attend à un report modal en faveur de la voiture et du vélo. « En Chine, les premiers jours de reprise, la part modale de la voiture a été multipliée par 2, celle du vélo par 3 et celle du transport public a été divisée par deux », rappelle le président de l’UTP.

Les opérateurs ne devraient pas non plus proposer tout de suite une offre revenue à 100 % car le taux d’absentéisme devrait continuer à être important, entre arrêts maladie, gardes d’enfants et droits de retrait.

Pour ne pas se retrouver avec des rames ou des véhicules bondés, l’UTP estime qu’il faudra adapter les offres de transport au cas par cas et en temps réel, et en les renforçant sur les trajets longs. Pour les déplacements courts, il faudra encourager la marche et le vélo.

« Il ne faut pas chercher à édicter des règles générales mais gérer les situations au niveau local », estime également Frédéric Baverez. Selon lui, « il faudra de deux à trois semaines pour reconstruire les plans de transports. Il y a aura beaucoup de contraintes à prendre en compte et de nombreux échanges à prévoir avec les autorités organisatrices des transports ».

En Ile-de-France où 5 millions de personnes utilisent quotidiennement les transports en commun (mais 500 000 pendant la période de confinement), la présidente de la région s’attend à une offre de transport limitée à 50 % du niveau habituel dans un premier temps. Valérie Pécresse, également présidente d’Ile-de-France Mobilités, a indiqué au Parisien du 17 avril avoir toutefois demandé « un service renforcé au-delà de 50 % pour les lignes les plus chargées ».

Un appel à l’aide de l’Etat ou de l’Europe

Enfin, puisque cette crise va durer longtemps, il faudra aussi et surtout redonner confiance. Tant du côté des usagers que du côté des opérateurs et des autorités organisatrices. L’UTP souhaite jouer la transparence sur les coûts des opérateurs qui ont tous enregistré des pertes en assurant un service de l’ordre de 20 à 30 % du service habituel. Leurs recettes passagers qui sont déjà faibles en temps habituels (elles représentent 30 % du total en moyenne) avec des taux de marge très faibles, souvent inférieurs à 1 %, se sont écroulées pendant la crise avec une chute de la fréquentation de l’ordre de 90 %. D’autant que ce sont souvent ajoutées des mesures de réductions tarifaires, voire de gratuité. Tout semble indiquer que les recettes devraient rester durablement orientées à la baisse. « Nous avons décidé que tous les réseaux devaient évaluer leurs coûts de façon transparente, en tenant compte des baisses des recettes et des surcoûts liés aux mesures de protection sanitaire, et en soustrayant les économies réalisées avec le recours au chômage partiel », précise Thierry Mallet. Or, les coûts fixes des transports restent élevés, même quand ils ne fonctionnent pas ou peu.

Les négociations qui vont s’ouvrir avec les collectivités locales sont donc cruciales. L’Etat devrait aussi entrer au centre du jeu car, avec la crise économique, les collectivités voient également leurs rentrées d’argent se tasser (versement-mobilité, TICPE…) L’UTP réclame donc une aide de l’Etat, voire une aide européenne, à l’image de ce qu’ont fait plusieurs pays, comme les Etats-Unis qui ont décidé d’un plan de soutien de 25 milliards de dollars en faveur des transports publics.

Marie-Hélène Poingt

Ewa

Laurent Germain prendra la direction générale d’Egis

laurent germain site

Nicolas Jachiet, le PDG d’Egis, ayant décidé de faire valoir ses droits à la retraite et de quitter le groupe d’ingénierie le 31 octobre 2020, un processus de sélection a été mené pour trouver des candidatures internes et externes. C’est finalement Laurent Germain, actuellement directeur général du groupe Segula Technologies, qui a été retenu par la Caisse des Dépôts. L’actionnaire majoritaire d’Egis proposera de le nommer au poste de directeur général du Groupe Egis lors d’un prochain conseil d’Administration. Laurent Germain, 48 ans et bardé de diplômes (Essec, Sciences Po Paris, Ena) rejoindra le Groupe le 2 juillet.
image011La Caisse des Dépôts proposera également la nomination de Paul-Marie Chavanne, 68 ans, déjà administrateur d’Egis, comme président non exécutif du Conseil d’administration d’Egis. Paul-Marie Chavanne, ingénieur (ECP) et énarque, dirige depuis 20 ans le groupe Geopost, dont il va prochainement quitter la présidence.

Ewa

Michael Hubert devient directeur financier de Zenpark

Michael Hubert

En pleine période confinement, Zenpark a annoncé mi-avril le recrutement de Michael Hubert au poste de directeur financier.

Formé à la Toulouse Business School, Michaël Hubert a commencé sa carrière dans l’audit chez EY pendant 8 ans, puis s’est lancé dans l’entrepreneuriat en fondant Huntertainment, un studio de création d’applications en réalité augmentée et virtuelle pour le secteur du retail. Il rejoint ensuite « le groupe d’ingénierie industrielle Fives où il est nommé CFO de l’activité Conveying (branche automobile) qui opère partout en Europe depuis la France et des filiales en Espagne et au Maroc », rappelle Zenpark.

La start up qui propose un service de parkings partagés, explique ce recrutement par la très forte croissance de son activité et par ses perspectives de développement qui passe par « une internationalisation de ses services en 2021 ».

Ewa

« Les transports risquent d’être un des secteurs les plus affectés sur le long terme »

Bruno de Moura Fernandes économiste Coface

Bruno de Moura Fernandes, économiste pour l’Europe de l’ouest chez Coface, livre son analyse sur la situation actuelle et à venir de différentes branches des transports, notamment l’automobile et l’aérien.

« Les conséquences sont absolument énormes, pour le secteur aérien, le tourisme… Au début de la crise, on s’est d’abord inquiété pour l’aérien, puis pour le tourisme. Il est vite apparu que c’est à la fois une crise de l’offre et de la demande car toutes les chaînes de production sont à l’arrêt, notamment dans le secteur automobile. Or, ce secteur était déjà en forte difficulté : il y a eu un pic de la demande en 2017, puis un ralentissement, alors que dans le même temps l’industrie investissait énormément dans le véhicule électrique et pour respecter les limites d’émission de CO2. Les constructeurs se sont endettés alors même que la conjoncture n’était pas favorable. Le secteur automobile était donc déjà fragilisé. La reprise s’annonce très incertaine : dans quelle mesure les consommateurs retrouveront-ils la confiance et achèteront ces produits ? Le déconfinement sera très progressif et ne sera sans doute pas propice à d’importantes dépenses. Dans le secteur automobile, il s’agit de dépenses de long terme… La période de juillet et août n’est pas non plus favorable, il faudra attendre octobre-novembre pour espérer voir une reprise. Les constructeurs essaieront sans doute de faire des ristournes.

Enfin, un certain nombre de sous-traitants pourraient définitivement fermer. Il faudra rebâtir toute la chaîne. Quand on tombe à un taux d’activité de 10 % ou 15 %, il faut du temps pour revenir à la normale.

Dans l’aérien, c’est aussi très compliqué. Air France a déjà dit que la situation ne redeviendrait pas à la normale avant 2022.

Dans quelle mesure, les pays vont-ils rouvrir leurs frontières ? Le secrétaire d’Etat chargé des Transports a dit qu’il faudrait privilégier le tourisme français cet été. Beaucoup de pays vont certainement adopter cette même attitude. Bien sûr, les pays qui dépendent énormément du tourisme vont se poser la question. Sont-ils prêts à faire une croix sur la situation sanitaire ? La France peut se le permettre car elle a les reins solides. Mais pour des pays comme la Grèce ou la Croatie, cela va être une vraie question.

Les compagnies nationales seront soutenues par les gouvernements qui vont tout faire pour les aider. Mais cela va être très compliqué pour les compagnies privées. En Europe, il y a une forte concurrence et les marges sont faibles. Après Aigle Azur, Flybe a cessé ses activités. Ce n’est qu’un début. On pourrait aussi assister à des phénomènes de fusion.

Des compagnies comme Easyjet ont commencé à renégocier avec Airbus pour baisser les coûts de leurs avions. On verra quelle est la stratégie d’Airbus.

Les transports ont été les premiers affectés par la crise et ils risquent aussi d’être un des secteurs affectés sur le plus long terme. De plus, c’est un secteur qui fonctionne avec des coûts fixes très lourds. On y fait de gros investissements. Même si les salariés peuvent être au chômage partiel, les entreprises doivent continuent à assurer des coûts de maintenance. Leur situation va être très compliquée car ils vont faire face à des coûts cumulés considérables ».

Propos recueillis par Marie-Hélène Poingt

Ewa

Une usine géante de piles à hydrogène inaugurée en Chine

weichai hydrogen 030420

Après moins de deux ans de chantier, le groupe chinois Weichai a inauguré fin mars « la plus grande usine de production de piles à combustible au monde » dans la province du Shandong. Avec une capacité de production de 20 000 piles à combustible, cette usine équipera notamment les bus à hydrogène, sur le marché chinois. Les constructeurs de bus Yutong et Zhongtong ont été associés aux projets de recherche et développement de Weichai.

Patrick Laval

Ewa

La SNCF réclame le port du masque obligatoire dans les transports publics

Portraits du Comité de Direction de Keolis.
Pour l'agence Meanings.

Auditionné ce matin par le Sénat sur l’après-confinement qui devrait se mettre en place progressivement à partir du 11 mai, Jean-Pierre Farandou a esquissé ce que pourrait être le « jour d’après », en indiquant se préparer à un service ferroviaire redevenu « normal » au début de l’été.

Le PDG de la SNCF a indiqué que, parmi les premières mesures à prendre pour relancer l’énorme machinerie ferroviaire, il faudrait se concentrer sur les opérations de maintenance des rames. « Nous avons énormément de rames garées « bon état » comme on dit dans le jargon ferroviaire. Ce sont des mesures de précaution qui ont été prises pour rendre leur réutilisation plus facile lorsqu’on les remettra en service », a expliqué Jean-Pierre Farandou. « Dans la perspective du 11 mai, nous allons augmenter les opérations de maintenance que nous avions jusque-là maintenues au strict nécessaire ».

Il y aura aussi de multiples vérifications à faire sur les installations de sécurité du réseau (qui a été très peu circulé ces dernières semaines, certaines lignes ayant même été stoppées), le fonctionnement des signaux, des passages à niveaux et de tous les équipements qui doivent être testés avant redémarrage.

100 % de TGV au début de l’été

En fonction des modalités de déconfinement, la SNCF adaptera ses plans de transport. Globalement, l’entreprise envisage un scénario différent en fonction des types de train. Pour les TGV, elle prévoit une remontée progressive de l’offre avec le doublement du nombre de rames en circulation la première semaine (ce qui la ferait passer de 6 à 7% actuellement à près de 15 %), puis un TGV sur deux pendant un mois, et enfin un service à 100 % au début de l’été. « Cette mise en service progressive permettra aussi de roder la relance de la machine », souligne le dirigeant du groupe.

S’agissant des trains de la vie quotidienne (actuellement 15 à 25 % des circulations « normales »), leur nombre sera très vite rehaussé à 50 % du taux habituel, que ce soit pour les TER ou les trains en Ile-de-France. Puis ils seront renforcés en fonction de la demande.

Mais le risque, c’est que les voyageurs hésitent à emprunter les transports publics considérés comme des lieux à risque pour la contamination avec le Covid-19. Pour les rassurer, la SNCF explique qu’elle va renforcer le nettoyage des trains et mettre à disposition du gel hydroalcoolique dans les sanitaires des TGV et dans les gares. La SNCF envisage notamment de nettoyer les trains à chaque terminus, quitte à les laisser plus longtemps en gare et à perdre du temps en détériorant ses plans de transport.

Impossible de tenir les règles de distanciation sociale dans les transports publics

Mais surtout elle réclame le port du masque obligatoire dans les transports publics. Impossible en effet selon elle de tenir la règle de respect de la distanciation sociale, dans les trains, tout particulièrement en Ile-de-France. « En Ile-de-France, les gens ont besoin du train pour aller travailler. Si on applique cette règle de distance sociale d’1 m à 1,5 m, même avec une offre ferroviaire revenue à 100 %, on ne pourrait transporter que 20 % des voyageurs. Cela montre l’étendue du problème », explique Jean-Pierre Farandou.

Par ailleurs dans les TGV, une telle règle serait très handicapante tant du point de vue du plan de transport que du point de vue économique. « Le point mort de rentabilité de nos TGV est un taux de remplissage de 60 %. En deçà, nous perdons de l’argent », affirme le PDG. « La dimension économique doit aussi entrer en ligne de compte ».

Et d’ajouter : « Je pense que le port du masque doit être obligatoire. C’est la seule solution pour les trains, et même pour l’ensemble des transports publics, pour la RATP ou pour Optile ». Une telle perspective a été tracée par Emmanuel Macron lors de son allocution le 13 avril. Pour l’appliquer, il faudra une ordonnance.

Dans ce cas, explique la SNCF, il faudra alors organiser un filtrage dans les grandes gares parisiennes pour s’assurer que le port du masque est bien respecté. Mais, ajoute le dirigeant de l’entreprise, « la SNCF ne peut pas prendre sur ses épaules la distribution de masques à toute la population française« . En clair, cela relève des pouvoirs publics.

Eviter un recours massif à la voiture individuelle

La SNCF espère aussi que les pouvoirs publics recommanderont le maintien le plus longtemps possible du télétravail pour ceux qui le peuvent. Et elle s’adresse aux entreprises en leur demandant d’essayer de lisser les heures de pointe, de 7 h à 10 h le matin, de 15 h 30 à 19 h le soir.

Pour Jean-Pierre Farandou, le risque, si on ne rassure pas les voyageurs, c’est que les trains soient désertés. « Si le grand gagnant de cette crise, c’est la voiture individuelle, ce serait une catastrophe », s’alarme-t-il en rappelant qu’en Chine, les gens se sont précipités dans leur voiture pour se déplacer, par crainte de la contagion. Un enjeu majeur selon lui alors que le virus est appelé à circuler encore de longs mois dans notre pays et ailleurs.

Marie-Hélène Poingt