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Ewa

Regroupement européen pour booster la filière hydrogène

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Lors du salon mondial de la mobilité électrique, EVS32, du 19 au 22 mai à Lyon, l’Union européenne a lancé la plateforme « Hydrogen Valleys » réunissant les quatre régions européennes Auvergne-Rhône-Alpes (Aura), Normandie, Aragón et Pays-Bas du Nord. Ce groupement doit contribuer à la modernisation industrielle de ces régions dans le domaine de l’hydrogène et à l’accélération de la transition des technologies dans le secteur des mobilités. Des objectifs qui, selon la Commission européenne, devraient permettre « de soutenir l’innovation et développer au niveau (trans)régional des écosystèmes entre industries (PME, start-up), centres de recherche et universités ».

Des partenaires et des fonds européens

Copilote de l’opération, la région Auvergne-Rhône-Alpes a lancé le système Zero Emission Valley (ZEV) et illustré cette démarche en officialisant la création d’Hympulsion, société dans laquelle elle a investi huit millions d’euros (33 % du capital), aux côtés de Michelin, Engie, la Banque des Territoires et le Crédit Agricole.

Outre dix millions d’euros de l’Europe, Aura dispose également d’un budget de 40 millions d’euros pour inciter à l’achat de 1 000 véhicules à hydrogène avec un dispositif de subventions (de 2 700 à 8 600 euros/véhicule selon la consommation km/an et H2/an) abondées par des subventions européennes pour le projet ZEV (3 400 euros/vehicule), en plus du bonus écologique (6 000 euros). Objectif : ramener le coût d’un véhicule hydrogène à celui d’un diesel. Auvergne-Rhône-Alpes a aussi lancé un appel d’offres portant sur 200 vélos à hydrogène et dix bornes de distribution pour un montant de six millions d’euros.

Claude Ferrero

Ewa

La régularité du RER D se redresse

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Encourageant. Mais pas suffisant. C’est ce qui ressort du bilan établi par Transilien un peu plus de 5 mois après la refonte du service du RER D, lancé le 9 décembre : cette ligne, qui dessert l’Ile-de-France selon un axe nord-sud passant par le cœur de Paris, affiche une hausse de quatre points de sa ponctualité qui atteint désormais 87,7 % dans son ensemble. L’étoile de Corbeil au sud de la ligne, qui fonctionne aujourd’hui de manière autonome, affiche de son côté 92,6 % de taux de régularité.

615 000 voyageurs par jour

Le RER D part de loin. Il est soumis depuis des années à une forte pression : il accueille un trafic en plein boom (615 000 voyageurs par jour), en hausse de 30 % sur 15 ans, alors que le réseau est vieillissant. Le nouveau service avait donc pour objectif de renverser la tendance en revoyant la grille horaire (pour voir les horaires : https://www.transilien.com/lignes/rer-trains/rer-d) et en simplifiant l’organisation de la ligne, initialement composée de cinq branches avec un nœud ferroviaire à Corbeil.

La nouvelle desserte mise en place a permis de réduire de cinq à trois le nombre de bifurcations et de créer deux systèmes étanches sur une même ligne. Même si les quatre premiers mois de l’année ont encore été difficiles (la SNCF rappelle avoir subi des « événements extérieurs », comme des colis suspects, des suicides… et reconnaît des « tensions » sur le matériel), les mesures prises ont non seulement permis d’améliorer la ponctualité mais aussi d’abaisser de 20 % le nombre de suppressions de trains sur la ligne.

Aller plus loin

« Ce nouveau SA était une première étape. Il faut maintenant aller plus loin », a commenté François Durovray, vice-président au bureau d’Ile-de-France Mobilités. « Nous allons continuer à travailler sur l’information voyageurs, la fiabilisation des correspondances et l’exploitation », répond Alain Krakovitch, le directeur de Transilien, qui compte aussi sur l’arrivée de trains neufs, dès cette année, sur les branches de la Vallée, de Malesherbes et du Littoral, pour améliorer les conditions de fonctionnement. Plus tard, les RER nouvelle génération attendus sur le reste de la ligne à partir de 2021 contribueront aussi à réduire le nombre d’incidents liés au matériel roulant. Un travail de longue haleine…

M.-H. P.

Ewa

Le train des primeurs approvisionnant Rungis provisoirement sauvé

(c) SP
11 mai 2010
Rungis Inauguration du nouveau terminal ferroviaire

Le dernier train qui approvisionne en fruits et légumes le marché de Rungis est sauvé sans doute au moins jusqu’à la fin de l’année ! Et plus longtemps si une solution pérenne est trouvée comme le demandent les pouvoirs publics. C’est ce qui a été décidé le 17 mai à l’issue d’une réunion organisée au ministère des Transports et réunissant tous les acteurs concernés par l’avenir de cette ligne de fret reliant Perpignan à Rungis : Fret SNCF, les principaux clients de la ligne (Rey, Rocca), les plateformes de Rungis et de Perpignan, les conseils régionaux d’Ile-de-France et d’Occitanie, les conseils départementaux des Pyrénées-Orientales et du Val-de-Marne et l’Ademe .

Des wagons vétustes

Ce train quotidien achemine annuellement quelque 140 000 tonnes de fruits et légumes du sud de la France vers Rungis. Le contrat liant Fret SNCF à Rey et Rocca arrivant à échéance le 30 juin, la question de son maintien a été posée en raison de la vétusté du matériel utilisé : des wagons réfrigérés en fin de vie après 40 ans de service. « Nous avons proposé à nos clients d’utiliser de nouveaux matériels, mais leur utilisation aurait été plus chère. Les clients nous ont alors indiqué qu’ils préfèrent passer par la route », explique-t-on du côté de Fret SNCF. Le renouvellement des wagons imposerait en effet un délai de deux ans avant leur mise en service et l’investissement a été chiffré à 20 millions d’euros. Un amortissement incertain, en raison du manque de visibilité à long terme pour les entreprises.

Tollé chez les syndicalistes et les politiques

Mais l’annonce du remplacement de ce train quotidien par une vingtaine de camions a provoqué un tollé, syndicats et responsables politiques s’indignant de cette décision. En Occitanie, la présidente de région Carole Delga a dénoncé un « non-sens économique et écologique » et annonce un comité de pilotage le 17 juin pour trouver une solution viable. En Ile-de-France, son homologue Valérie Pécresse a aussi indiqué que la région était « prête à se mobiliser financièrement pour réaliser les investissements qui seraient nécessaires pour contribuer à une solution pérenne et viable ».

Une autoroute ferroviaire à l’horizon 2022 ?

Pour trouver une solution ferroviaire pérenne, le ministère des Transports a déjà mis sur pied un groupe de travail qui va se réunir chaque mois jusqu’à la fin de l’année. Parmi les solutions envisagées, on évoque la mise en place d’une liaison en transport combiné, permettant de faire voyager les conteneurs sur des trains est envisagée. Puis, la mise en service « à l’horizon 2022 » d’une autoroute ferroviaire qui consisterait à placer les camions entiers sur des trains, entre Barcelone, Perpignan et Rungis.

En attendant, la SNCF a proposé « de prolonger la liaison jusqu’à la fin de l’année aux conditions actuelles du contrat, échéance au-delà de laquelle les wagons seraient hors d’usage ». Reste à savoir si ses clients confirment leur intérêt. De son côté, le marché de Rungis s’est dit prêt il y a quelques jours à débourser 300 000 euros pour aider Roca et Rey à « louer temporairement » des wagons plus modernes. Le plus grand marché alimentaire frais du monde y a intérêt : sa gare a été modernisée il y a une dizaine d’années, grâce à un investissement de 20 millions d’euros réalisé avec la région, le conseil général et la SNCF.

Marie-Hélène Poingt  

Ewa

Concurrence – Sept opérateurs intéressés par les TER des Pays de la Loire

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Satisfaction du côté de la région Pays de la Loire qui a clôturé le 10 mai l’appel à manifestation d’intérêt (AMI) lancé en avril sur l’ouverture à la concurrence de ses TER : sept opérateurs ont répondu à son appel, première étape avant lancement d’un appel d’offres. Il s’agit de la SNCF, Transdev, RATP Dev, Arriva, Alstom, du loueur de trains Alpha Trains et du fonds d’investissement Centrus Investment, a indiqué à VRT Roch Brancour, le vice-président des Pays de la Loire, chargé des Transports.

Un résultat numériquement comparable à celui obtenu par la région Provence-AlpeCôte-d’Azur quand elle avait lancé un AMI il y a un peu plus d’un an. Huit entreprises avaient alors répondu après le désistement de Keolis et de MTR.

Un nouveau venu sur les rangs

Quatre entreprises ont répondu aux deux AMI : Transdev, RATP Dev, Arriva et Alpha Trains. On retrouve en plus cette fois-ci Alstom (mais pas Bombardier alors que le constructeur avait manifesté son intérêt pour le dossier Paca). Et un nouveau venu fait son apparition : Centrus Investment. Enfin, la SNCF se met clairement sur les rangs, alors qu’il y a un an et demi, alors en conflit ouvert avec la région Paca à propos du contrat TER, elle s’était abstenue.

« Nous allons envoyer à ces entreprises un questionnaire détaillé de dix pages portant sur huit thématiques. Le fait qu’elles se soient portées candidates les oblige à nous répondre de manière très qualitative », explique Roch Brancour. La région, de son côté, leur enverra aussi de la documentation sur le réseau. « Nous avons réussi à obtenir un grand nombre de données, suffisantes pour lancer cet AMI. La SNCF a joué le jeu », précise l’élu, en indiquant que les enseignements seront tirés cet automne.

Une aide à la décision

La région compte en effet utiliser les informations et propositions qu’elle recevra pour décider des lots qu’elle ouvrira à la concurrence et pour élaborer son cahier des charges. La convention actuelle, en vigueur jusqu’en 2023, autorise déjà à ouvrir 13 % du réseau, mais les Pays de la Loire n’excluent aucune hypothèse pour l’avenir, y compris celle d’aller au-delà. 

L’objectif pour la région est avant tout d’augmenter significativement l’offre de transport à coûts constants, tout en ayant une meilleure qualité de service, rappelle Roch Brancour qui en attend une augmentation significative de la fréquentation des trains.

M.-H. P.

Lire aussi : Les Pays de la Loire n’excluent pas d’ouvrir totalement leur TER à la concurrence

Ewa

Collision de Millas : le BEA-TT exonère la SNCF

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Epilogue d’une affaire douloureuse, le 17 mai, le Bureau d’enquête sur les accidents de transports terrestres (BEAT-TT) a rendu ses conclusions sur les causes de l’accident, qui avait coûté la vie à six adolescents et blessé gravement 18 autres personnes en décembre 2017, lors de la collision d’un autocar scolaire et d’un TER sur le passage à niveau de Millas dans les Pyrénées-Orientales.

Alors que la conductrice avait mis en cause le fonctionnement des barrières, et avait été soutenue par son entreprise, puis par une pétition en ligne, les enquêteurs ont démontré « qu’il n’y a pas eu de dysfonctionnement de la circulation ferroviaire, ni dans le déclenchement des équipements du PN 25 ». Ils donnent ainsi raison à la SNCF, qui – fait rare – avait très vite réagi, laissant entendre que les équipements avaient correctement fonctionné.

La conductrice mise en cause

Les experts pointent la responsabilité de la conductrice. Ils estiment en effet que « la cause directe de cet accident est le non-arrêt de l’autocar au passage à niveau malgré les feux rouges clignotants et la barrière qui l’imposaient ». Le scénario « le plus probable », poursuivent-ils, « est la non-perception par la conductrice de l’état fermé du passage à niveau malgré la signalisation en place ».

Quelques jours avant la publication de ce rapport, la ministre des Transports avait annoncé le 3 mai, un plan d’action pour améliorer la sécurité aux passages à niveau. Se basant sur un rapport commandé peu après le drame à Laurence Gayte, députée LREM de la circonscription où avait eu lieu l’accident, Elisabeth Borne propose d’augmenter de 40 % les moyens consacrés à la sécurisation des passages à niveau en portant les crédits de 32 millions d’euros en 2018 à 45 millions d’euros en 2022. Ce qui permettra notamment d’augmenter de 30 % le nombre de passages à niveau « qui sont simplement signalés sur la route mais qui ne sont pas protégés et qu’on va équiper avec des barrières automatiques », avait alors expliqué Elisabeth Borne.

Avant tout des accidents de la route

Rappelons que 42 personnes ont perdu la vie dans des accidents à des passages à niveau en France en 2017, puis 16 en 2018. La quasi-totalité des accidents de passage à niveau est imputable au non-respect de la signalisation routière, rappelle le ministère des Transports.

M.-H. P.

Pour consulter le rapport du BEA-TT : c’est ici

Pour le rapport de Laurence Gayte sur l’amélioration de la sécurité des passages à niveau,  lire ici

Ewa

L’Occitanie en colère contre la SNCF

RFF - Ligne touristique entre Perpignan et Cerbere. Port-Vendres. Juin 2013.

Un an après la signature avec la SNCF de la convention 2018-2025 d’exploitation des TER, la présidente de la région Occitanie a fait part de son mécontentement. Selon Carole Delga qui s’exprimait le 15 mai, à l’occasion d’une conférence de presse : « Il n’y a plus de conducteur dans le train SNCF, il y a une désorganisation. Les cheminots font de leur mieux, mais on ne leur donne pas les moyens d’apporter un bon service ».

La présidence a égrené les chiffres : 14 % de trains en retard en 2018 (pour un objectif de 11 % maximum), soit 46 trains par jour et 15 000 trains par an ; 30 % sur la ligne Toulouse – Ariège en octobre et 31 % sur Narbonne – Nîmes en novembre, 4 000 trains supprimés, cinq TER par jour qui ne respectent pas la capacité d’emport prévue… Avec, de plus, un très mauvais taux de satisfaction sur l’information dans les gares de 34,5 %.

« Comment fidéliser la clientèle dans ces conditions ? », s’est-elle interrogée, soulignant que l’Occitanie est avant-dernière au niveau national pour la ponctualité, malgré des investissements conséquents. Maigre consolation : les pénalités prévues par la convention pour ce « service pas à la hauteur » a permis d’offrir l’abonnement du mois de mars aux 70 000 abonné·e·s annuels. Un sondage CSA commandé par la région a mesuré que les trois axes d’amélioration demandés par les usager·e·s du TER étaient la fréquence des trains (58 %), leur ponctualité (57 %) et les tarifs (50 %).

64 % des personnes interrogées dans ce sondage estiment que « La SNCF doit d’abord assurer une mission de service public et a un rôle important à jouer dans l’aménagement du territoire ». Pourtant, cette mission de service public n’est pas correctement réalisée, a estimé la présidente. « Les régions financent 92 % des travaux alors que le réseau est national et que nous n’avons aucun pouvoir de décision. Les factures enflent tous les 6 mois alors qu’on attend que les travaux soient réalisés », a-t-elle dénoncé. Pour les lignes Montréjeau – Luchon, Alès – Bessèges, Carcassonne – Limoux – Quillan, qui font partie des lignes prioritaires identifiées lors des États généraux du rail et de l’intermodalité, la région critique « des surcoûts exorbitants et des délais déraisonnables ».

Pour faire face à la dégradation d’un réseau, dont 40 % sont menacés à courte échéance, Carole Delga a annoncé de nouveaux crédits pour la décision modificative du budget en juin permettant une intervention exceptionnelle de 75 millions d’euros pour réaliser des travaux d’urgence. « Dans le cadre du contrat dit “de performance” 2017-2026 avec l’État, SNCF réseau ne réalise plus d’opérations d’investissement d’entretien des lignes de desserte fine du territoire (dont fait partie une ligne comme Toulouse – Auch qui compte 10 000 usagers par jour) et se retourne vers la région afin de pallier ce désengagement, s’est alarmée la présidente. À l’échéance 2028, près de 1,4 milliard d’euros sera nécessaire pour préserver le réseau : seule, la région ne pourra pas assurer cette pérennité », a-t-elle encore indiqué.

Catherine STERN

Ewa

LOM – Trainline s’inquiète d’un risque de distorsion de concurrence dans la distribution de billets

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Alors que la commission du développement du Développement durable et de l’Aménagement du territoire de l’Assemblée nationale commence, le 14 mai, à examiner le projet de loi d’orientation des mobilités (LOM) en auditionnant la ministre des Transports, Elisabeth Borne, le voyagiste en ligne Trainline monte au créneau.
Audrey Detrie, directrice France et Benelux de Trainline, s’en explique à Ville, Rail & Transports.

 

Ville, Rail & Transports. Pourquoi vous mobilisez-vous aujourd’hui ?

Audrey Detrie. Nous attendons beaucoup de la LOM, qui est à nos yeux un texte structurant. On voit bien que la mobilité a énormément évolué ces dernières années, avec notamment l’explosion des trottinettes, du free-floating… De plus les frontières ont tendance à s’estomper. Aujourd’hui, les mobilités ont besoin d’un cadre, de régulation.

Or, il reste encore beaucoup de choses à clarifier pour que la mobilité reste attractive pour les Français et les étrangers. Notre objectif est avant tout est que, demain, les gens prennent davantage le train. Il y a un vrai enjeu. L’examen de ce texte à l’Assemblée nationale représente donc un rendez vous à ne pas manquer.

 

VRT. Quelles dispositions souhaitez-vous voir évoluer ?

A. D. Deux articles nous intéressent plus particulièrement. D’abord l’article 11, qui va régir la distribution des billets. Il pose le principe d’un contrat entre le transporteur et le distributeur et indique que les conditions doivent être raisonnables, équitables, transparentes et proportionnées.

Je m’en félicite car ces principes posent les conditions de base nécessaires à l’ouverture du marché ferroviaire. Mettre en place une distribution efficace permettra d’accéder à de nouveaux clients. C’est une des clés de la réussite.

Mais il faut encore apporter une clarification sur le champ d’application du contrat. Aujourd’hui, le texte est écrit pour les Français. S’applique-t-il à la vente de titres à des voyageurs étrangers et des clients pourront-ils passer par des intégrateurs comme Trainline ?

Seconde question très importante : le texte se limite plus ou moins aux services ferroviaires conventionnés c’est-à-dire aux TER. Or, quand on parle de mobilité, on ne se limite pas aux frontières régionales. Il nous semble important que le texte s’applique aussi à la longue distance.

Si on ne prend pas en compte ces questions, il y aura plusieurs régimes qui pourraient s’appliquer en France pour la distribution de billets : un régime pour les TER, un régime propre à l’opérateur historique qui remonte à la décision de l’Autorité de la concurrence et qui l’oblige depuis 2009 à traiter de façon équitable les agences de voyages tierces, et enfin pas de régime du tout pour les nouveaux services. Ce n’est pas possible de ne pas inclure les services librement organisés. Nous demandons donc un élargissement du texte aux services ferroviaires librement organisés.

De plus, un nouvel entrant n’aurait aucune obligation de traiter de façon équitable les distributeurs. Il pourrait décider de ne pas distribuer ses billets sur d’autres canaux de vente que le sien ou alors qu’une partie (par exemple il pourra proposer ses offres promotionnelles que sur ses propres canaux de vente). Ou encore il pourrait demander des commissions importantes aux distributeurs.

Il faut que tout le monde joue sur le même terrain avec les mêmes règles.

 

VRT. La situation actuelle avec la SNCF vous convient -elle ?

A. D. Il y a encore des choses à améliorer. Quand la SNCF fait de la publicité pour le TGV inOui sur Paris – Bordeaux par exemple, elle indique que les billets peuvent être achetés sur le site Ouisncf et auprès des « autres agences agréées ». Trainline fait partie de ces agences agréées. Mais, de mon point de vue, ne pas citer le nom de Trainline est de la discrimination. Nous sommes certes concurrents de Ouisncf mais partenaires de la SNCF.

De notre côté, quand Trainline lance une campagne de publicité, nous citons tous les opérateurs, SNCF, Thello, DB… Tout le monde ne sera pas forcément d’accord avec ce point de vue, mais on peut en débattre. Nous pourrions très bien saisir l’Arafer sur cette question puisque le projet de LOM donne compétence à l’Arafer sur les questions de distribution. L’Arafer permettra d’assurer une meilleure régulation.

 

VRT. Sur quels autres points souhaitez-vous des évolutions ?

A. D. Nous souhaiterions aussi être entendus sur l’article 9 relatif aux données.

Aujourd’hui, nous avons un accord de gré à gré avec la SNCF pour avoir des données en temps réel, mais pas des données consolidées. Nous voudrions avoir accès aux données d’infrastructures et de retard statique et en temps réel pour pouvoir proposer de nouveaux services à nos clients. Si on y avait accès et si on avait le droit de les utiliser, on pourrait par exemple prévenir nos clients quand certains trains ont souvent du retard pour qu’ils prévoient un temps de correspondance suffisant.

Ou encore, nous pourrions aussi, si nous disposions par exemple de données sur les gares, sur leurs aménagements… indiquer aux voyageurs combien de temps ils vont mettre pour aller d’un endroit à un autre, où se trouvent les toilettes…

Nous ne cherchons pas à disposer des données personnelles des clients ni des données commerciales. Notre objectif est avant tout de proposer de nouveaux services et d’inciter à utiliser le train. Quand on sait que le taux de remplissage moyen est de 25 % sur les TER et de 65 % dans les TGV, on se dit qu’il y a de quoi faire…

Propos recueillis par Marie-Hélène Poingt

Ewa

En Allemagne, le Bade-Wurtemberg veut réactiver 100 km de petites lignes ferroviaires

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Avec le succès de la réforme du rail et la libéralisation du trafic régional dans les années 90, des dizaines de lignes désaffectées ont déjà été réactivées en Allemagne. Le Bade-Wurtemberg, région frontalière avec la France et dirigée par les écologistes, a annoncé une nouvelle étude sur 41 lignes abandonnées entre 1960 et 1990. Environ 15 lignes devraient être retenues lors d’une première sélection en fonction de leur viabilité économique et des investissements nécessaires. L’étude de faisabilité sera rendue publique fin 2020. « Il ne s’agit pas de nostalgie ou de naïveté mais de projets concrets et durables », a insisté Winfried Hermann, le ministre écologiste des Transports de la région. « Certaines lignes disposent d’un grand potentiel de voyageurs », a-t-il ajouté.

Le gouvernement régional estime que près de 100 km de lignes pourraient être remis en service d’ici à 2030. La Bavière, où les écologistes ont également obtenu de très bons scores aux dernières élections, a commandé des études similaires.

Christophe Bourdoiseau

Ewa

Amiens lance le premier service de BHNS électrique

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Amiens se convertit à l’électromobilité. La capitale picarde a mis en circulation, le 11 mai, 43 bus à haut niveau de service (BHNS) fonctionnant à l’électricité. Elle se hisse ainsi au premier rang des villes françaises qui exploitent une flotte de bus 100 % électrique, si l’on met à part Paris et la RATP. C’est aussi, souligne Keolis, l’exploitant du réseau de transport public Ametis depuis 2012, la première fois qu’un service de BHNS électrique est lancé en France.
Ces 43 bus fabriqués par Irizar circulent sur trois des quatre nouvelles lignes de BHNS, appelées Nemo, et qui constituent l’ossature de ce réseau repensé, précise Keolis. Sur ces lignes, qui desservent les grands pôles de l’agglomération, dont le centre-ville d’Amiens, les bus roulent en partie sur des sites propres et bénéficient de priorité aux feux.

Recharge électrique lente ou rapide

« Première en Europe, ces véhicules électriques se caractérisent par leur système de recharge, soit rapide si elle se déroule au terminus (4 à 5 minutes en moyenne pour une autonomie de 40 km), soit lente si elle s’effectue au dépôt le soir (entre trois et quatre heures pour recharger à 100%) », précise encore la filiale de la SNCF, qui a mis en place un dispositif de formation pour plus de 300 conducteurs ainsi que pour les personnels chargés de la maintenance et ceux responsables de la régulation du poste de commande centralisé. Un nouveau centre d’exploitation et de maintenance d’une capacité de 155 bus a également été construit à Rivery, en périphérie d’Amiens, et inauguré le 15 avril dernier.

Jusqu’au 16 juin, l’accès à l’ensemble du réseau est gratuit pour promouvoir cette nouvelle offre et inciter les habitants à troquer leur voiture contre les transports publics. Puis, à partir du 22 juin, la gratuité sera maintenue uniquement le samedi.

Entre-temps, le 17 juin, une tarification solidaire, basée sur les revenus des voyageurs, sera lancée et une nouvelle billettique, proposant notamment le post-paiement, sera mise en place.

Un vaste programme dont l’objectif est d’augmenter de 28 % la fréquentation en cinq ans. Ce qui fixe le rendez-vous à 2024, terme du contrat de Keolis.

M.-H. P.

Ewa

Les Pays de la Loire n’excluent pas d’ouvrir totalement leur réseau TER à la concurrence

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Plus discrète que la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, la région Pays de la Loire a lancé une vaste réflexion en vue d’ouvrir à la concurrence ses TER, sans exclure une ouverture totale de son réseau.

Dans ce travail, elle va s’appuyer sur les résultats de son appel à manifestation d’intérêt (AMI) publié au JO le 4 avril et qui doit être clôturé le 10 mai. Elle est ainsi la deuxième région après Paca à avoir lancé un AMI.

« Nous mettons à disposition des informations sur l’ensemble de notre réseau et demandons aux acteurs ce qui les intéresse. Nous leur transmettons un questionnaire sur les modalités d’exploitation possibles du réseau », explique à VRT Roch Brancour, vice-président régional chargé de la commission Transports, Mobilité, Infrastructures. « Le but est de repérer les acteurs et de connaître leur avis. Ces acteurs, qui peuvent être des opérateurs, exploitants, loueurs de matériels… doivent nous faire des propositions », ajoute l’élu.

La région en tirera les enseignements cet automne. « Les résultats nous aideront à finaliser l’allotissement de notre réseau. Nous commençons à avoir une idée mais elle n’est pas encore totalement arrêtée. Les réponses des différents acteurs nous permettront aussi d’élaborer le cahier des charges que nous lancerons », souligne Roch Brancour.

La convention actuelle, en vigueur jusqu’en 2023, autorise déjà à ouvrir 13 % du réseau. Plusieurs hypothèses sont sur la table. « Soit nous définirons un lot correspondant à cette part du réseau, ce qui nous permettra d’être dans les clous de la convention et d’activer ce ticket détachable tout de suite. Soit nous déciderons d’ouvrir complètement le réseau à l’échéance de la convention », confie l’élu. Qui ajoute : « De ce fait, nous sommes peut-être moins avancés que d’autres sur le sujet, mais lorsque nous lancerons la procédure, l’ouverture à la concurrence sera sans doute plus significative dans notre région que dans les autres. »

Selon lui, l’objectif pour la région est avant tout d’augmenter significativement l’offre de transport à coûts constants, tout en ayant une meilleure qualité de service. Ce qui devrait passer par des coûts unitaires abaissés de 20 à 30 %. Avec en ligne de mire l’augmentation de la fréquentation des trains et un report modal significatif.

Marie-Hélène Poingt