
En 37 ans de circulation, le TGV a connu très peu d’accidents. Lorsqu’il y a eu déraillement, les rames sont restées le plus souvent debout du fait de l’architecture articulée du TGV, les voitures étant physiquement liées à leurs voisines.
Sur les cinq déraillements précédant celui du 24 août que nous avons recensé, un seul a été mortel et s’était produit lors d’une campagne d’essais menée sur un tronçon de la ligne à grande vitesse Paris – Strasbourg. Passage en revue de causes qui peuvent provoquer des déraillements.
Les causes matérielle
- 1 – Le 14 décembre 1992, le TGV n° 920 reliant Annecy à Paris déraille à 270 km/h, en franchissant les aiguillages à l’entrée de la gare de Mâcon-Loché TGV (Saône-et-Loire). En cause, un composant électronique défaillant a bloqué les roues d’un bogie qui a fait dérailler le train. Aucun voyageur n’a été blessé à bord, mais des personnes qui attendaient sur un quai un autre train ont été légèrement atteintes par des projections de ballast.
- 2 – Cause matérielle aussi pour l’Eurostar 9047 reliant Paris et Londres le 5 juin 2000, qui a déraillé à 250 km/h près d’Arras dans le Pas-de-Calais. Une bielle de réaction, pièce importante du système de transmission du bogie arrière de la motrice de l’Eurostar, aurait perdu les vis qui la relient dans une configuration normale au pont-moteur. Désolidarisée de l’ensemble du système de roulement, cette pièce serait allée frapper la voie en un endroit surélevé, en provoquant le déraillement. Sur les quelque 500 passagers, une dizaine furent légèrement commotionnés.
L’affaissement de terrain
- 3 –Le 21 décembre 1993, le TGV 7150 Valenciennes – Paris déraille à 300 km/h à hauteur d’Ablaincourt-Pressoir dans la Somme. Le train ne se couche pas, la motrice de queue et les quatre dernières voitures déraillant mais restant dans l’axe de la voie. Sur les 200 passagers, un seul fut légèrement blessé.
Le déraillement a eu pour origine un affaissement de terrain (un trou de sept mètres de long) provoqué d’une part par la présence, sous la voie, d’une cavité artificielle datant sans doute de la Première Guerre mondiale, d’autre part par de très fortes pluies survenues ce mois-là. Un défaut dans le système de drainage des eaux a aussi été relevé à cet endroit.
La rupture d’un rail
- 4 – Le 31 octobre 2001, suite à la rupture d’un rail, le TGV 8515 Paris – Irun qui roulait à 130 km/h déraille à Saubusse-les-Bains dans les Landes, à une quinzaine de kilomètres de la gare de Dax. Dix voitures quittent la voie, la motrice arrière du TGV se couche. On recense neuf blessés légers et les dégâts matériels sont importants. L’enquête met en évidence le mauvais état de la voie.
La survitesse
- 5 – Le 14 novembre 2015, un TGV déraille à Eckwersheim lors d’essais à une vingtaine de kilomètres au nord de la capitale alsacienne, sur un tronçon de la ligne nouvelle à grande vitesse Est-européenne reliant Paris à Strasbourg. La survitesse est en cause, la rame d’essai a abordé, juste avant un pont, une courbe à 265 km/h au lieu de 176 km/h et un mauvais calcul de freinage a conduit au déraillement. La rame d’essai a chuté en contrebas, l’accident a fait 11 morts et 42 blessés.
L’obstacle sur la voie
- 6 – C’est un scénario redouté et de nature à faire dérailler un TGV : l’obstacle sur la voie (objet lourd tombé ou posé sur une voie, véhicule arrêté…). Pour ne citer qu’un exemple, le 17 juillet 2017, un TGV reliant Paris à La Rochelle avait ainsi percuté un bloc de béton déposé sur une voie à hauteur de Surgères dans les Charentes-Maritimes. Mais heureusement sans dérailler et sans faire de victime. Un acte de malveillance dénoncé par la SNCF qui avait porté plainte.
M.-H. P.








