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Ewa

La Cour des comptes recommande à l’Etat de se défaire des Intercités

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Encore un effort… Quatre ans après son rapport sur les Intercités qui taclait une « réforme en trompe-l’œil » réalisée en 2010 pour enrayer leur déclin, la Cour des comptes revient sur le sujet. Son nouveau verdict, livré le 6 février à l’occasion de la présentation de son rapport annuel, est plus que mitigé.

En effet, si la refonte du réseau et le renouvellement du matériel ont bien été engagés comme elle l’avait recommandé, les incertitudes restent encore nombreuses, estiment les magistrats. Ainsi, 18 lignes représentant plus de la moitié de l’activité des Intercités auront été transférées à six régions d’ici à 2020. Point positif, cela doit permettre aux régions de rationaliser les modes, entre fer et route, pour avoir une meilleure complémentarité.

Mais les huit autres lignes qui vont rester sous la responsabilité de l’Etat présentent plusieurs fragilités. Tout d’abord, elles constituent un réseau « hétérogène », avec d’une part des lignes structurantes (Paris – Clermont-Ferrand, Paris – Toulouse et Bordeaux – Marseille), d’autre part des lignes d’aménagement du territoire (Nantes – Lyon, Nantes – Bordeaux et Toulouse – Hendaye) et enfin, des lignes de nuit (Paris – Latour-de-Carol et Paris – Briançon).

De plus, leur gouvernance et leur financement sont toujours aussi peu efficaces, affirme la gardienne des finances publiques. « L’Etat, autorité organisatrice, ne dispose pas des moyens suffisants pour remplir sa mission », estime Catherine de Kersauson, présidente de la deuxième chambre à l’origine du rapport. « Le rôle de l’AOT nécessite de définir une véritable stratégie pour ces lignes, ainsi que de poursuivre l’effort de maîtrise des charges et la recherche des gains de productivité », précise le rapport. « L’objectif doit consister à limiter un déficit d’exploitation encore supérieur à 300 millions d’euros en 2018, ainsi qu’à anticiper l’ouverture à la concurrence », est-il encore indiqué.

D’où de nouvelles recommandations. Les lignes d’aménagement du territoire devraient être transférées aux régions ou à plusieurs régions qui sont les mieux placées pour les organiser, estime la Cour, dont le rapport a été rédigé avant que le gouvernement n’annonce qu’il allait ouvrir à la concurrence les lignes Nantes – Bordeaux et Nantes – Lyon…

Quant aux lignes structurantes, dont les comptes ne sont pas trop déficitaires, elles devraient être ouvertes à la concurrence, estime-t-on rue Cambon. « Nous disons que ces lignes n’ont pas besoin d’être conventionnées. On peut les considérer comme des lignes commerciales et les ouvrir à la concurrence comme cela se fait dans de nombreux autres pays européens. D’autant qu’elles sont proches de l’équilibre et que l’on peut encore améliorer la productivité et le service », précise un des conseillers.

S’agissant des trains de nuit, les « Sages » posent purement et simplement la question de leur pérennité. « L’Etat a décidé de prolonger de dix ans la durée de vie du matériel. En choisissant la rénovation plutôt qu’un achat de rames nouvelles, il a choisi de reporter la question de la survie de ces liaisons dans dix ans », poursuit le même conseiller.

Enfin, la Cour recommande de supprimer le compte d’affectation spéciale (« SNTCV ») qui permet aujourd’hui de financer le système mais revient toujours en réalité à prendre dans la poche de la SNCF ce qu’on lui a donné dans l’autre. Rappelons qu’en 2010 l’Etat, devenu l’autorité organisatrice des trains d’équilibre du territoire, avait passé une convention avec la SNCF pour qu’elle les exploite. Mais la réforme n’avait pas mis fin à un système consistant à financer ces trains déficitaires en ponctionnant une partie des recettes des lignes à grande vitesse. Un habillage comptable habile avait alors permis de continuer à faire payer la SNCF via des taxes ferroviaires servant elles-mêmes à alimenter un compte affecté au financement des TET. Depuis, la ponction a été un peu réduite, passant de 100 % à deux tiers… Encore un effort !

Marie-Hélène Poingt

Ewa

La Cour des comptes épingle les choix « risqués » des transports toulousains

3e ligne métro Toulouse, desserte aéroport

La Chambre régionale des comptes d’Occitanie doit rendre public demain et après-demain des rapports sur Tisséo Collectivités, Tisséo Voyageurs et sur Tisséo Ingénierie, les transports toulousains, pour la période 2012-2016. Dans l’un de ces documents que nous nous sommes procurés (et qui seront aussi évoqués demain lors de la présentation annuelle du rapport de la Cour des Comptes), la Chambre se montre particulièrement sévère sur le choix de construction d’une troisième ligne de métro à Toulouse (image de synthèse ci-dessus), qualifiée de « pari sur l’avenir ».

Les auteurs du rapport jugent incertaine « la capacité de ce projet à orienter une part suffisante des 500 000 nouveaux déplacements quotidiens vers les transports en commun », ainsi que « l’aptitude des collectivités à en assurer le financement à hauteur de 3,864 milliards d’euros ». Ils engagent Tisséo Collectivités (l’autorité organisatrice des transports) à « mener à bien l’ensemble des études techniques préalables en vue de stabiliser le plan de financement du projet Mobilités ».

Contribution financière des collectivités

La Chambre régionale estime que « la forte hausse de la contribution de ses collectivités membres » (100 millions d’euros par an en 2017, 180 millions à partir de 2026) imposera à Toulouse Métropole « des choix difficiles portant sur les autres politiques dont il a la charge, au moment où il vient de signer un contrat avec l’Etat prévoyant une évolution maximale de ses dépenses de fonctionnement de 1,35 % par an pour 2018-2020 ». Elle s’inquiète également des niveaux d’endettement « particulièrement élevés » (avec un pic en 2026 de 2,92 milliards d’euros sur 19 ans). « Tel qu’il se présente, ce plan de financement prévisionnel n’est pas dénué de risques. Il doit être stabilisé », conseille-t-elle.


Procédures de marchés

Tisséo Ingénierie est critiqué par la Chambre régionale pour ses « procédures de marchés ne satisfaisant pas à l’obligation d’allotir » qui ont favorisé le regroupement de grandes entreprises dans un secteur déjà oligopolistique. A cause de cela, le marché de maîtrise d’œuvre « génie civil » de la troisième ligne de métro a fait l’objet d’une déclaration sans suites fin 2017, retardant d’un an la livraison, annoncée maintenant à 2025. Le rapport suggère même que ce projet « ne se ferait au mieux qu’en 2027 » en raison des retards accumulés en amont.

Recettes commerciales

Côté Tisséo Voyageurs, la Chambre juge sévèrement « des charges d’exploitation du réseau insuffisamment maîtrisées jusqu’en 2016 et des recettes commerciales faibles ». Les recettes ne couvraient que 30 % des charges d’exploitation, contre 35 % en moyenne dans les sept principaux réseaux de transport urbain de province, avec une recette moyenne de 0,60 euro du kilomètre. L’instance se félicite du nouveau système de tarification mis en œuvre en 2017 (intégrant une approche par niveau de ressources) et enjoint Tisséo à réduire la fraude (7 % des voyageurs en 2016, une perte de cinq à sept millions d’euros) tout en améliorant le taux de recouvrement des amendes (50%). Concernant les salariés de l’Epic, elle recommande notamment de poursuivre la maîtrise de la masse salariale et de mettre en place des dispositifs pour réduire l’absentéisme.

C. S

Ewa

Succession d’incidents à la gare de Paris-Montparnasse

Gare Montparnasse, Paris, France.
avril 2014
(c)CC  Chris Sampson

La gare Montparnasse a été une nouvelle fois le théâtre d’importantes perturbations ce jeudi 31 janvier, avec des retards de TGV pouvant aller jusqu’à 4 heures. Tout a commencé vers 8h45 quand un incident électrique a obligé à interrompre les circulations sur les voies 1 et 2. La réparation a été réalisée en un quart d’heure et les trains ont pu repartir progressivement.

Mais vers 9h30, « un autre incident s’est produit dans l’avant-gare », raconte la SNCF. Les voyageurs d’un train Transilien Dreux – Paris (ligne N) ont alors commencé à descendre sur les voies, ce qui a déclenché l’arrêt des circulations pour des raisons de sécurité, avec à la clé de nouvelles perturbations. « Les circulations ont pu reprendre progressivement à partir de 11h », poursuit la SNCF. Patatras, à 12h30, nouvel incident!  Et nouvelle limitation du nombre de voies disponibles à Paris Montparnasse…

Dans ces conditions, n’envisageant plus un retour à la normale avant la soirée, la SNCF a invité les voyageurs à annuler ou à reporter leurs voyages au lendemain. Et elle a décidé de transférer une partie du trafic TGV vers Paris Austerlitz « conformément au scénario de replis mis en place après les incidents de 2017 », indique-t-elle.

Le trafic à destination et en provenance du Sud-Ouest a été transféré de gare Montparnasse vers la gare d’Austerlitz. Plus précisément, les TGV entre la capitale et Tours, La Rochelle, Poitiers, Bordeaux, et les gares au-delà de Bordeaux « seront départ et arrivée Austerlitz à partir de 15H27 », a indiqué la SNCF à l’AFP.

Tous les trains Ouigo ou tous les autres TGV à destination de la Bretagne et des Pays-de-la-Loire « demeurent départ et arrivée Paris-Montparnasse », a précisé un porte-parole.

Rappelons que la gare Montparnasse a vécu plusieurs séries noires ces deux dernières années. En plein chassé-croisé des juillettistes et des aoûtiens en 2017, la panne d’un poste de signalisation avait paralysé la gare pendant plusieurs jours , puis en décembre un bug informatique suivi quelques jours plus tard d’une panne électrique avaient de nouveau fortement perturbé les circulations. En juillet dernier, l’incendie d’un transformateur électrique dans les Hauts-de-Seine avait bloqué la gare, puis en août, un incident électrique avait conduit à la paralysie. SNCF Réseau n’avait pas encore d’explications à fournir sur ces incidents électriques à répétition à l’heure où nous écrivions ces lignes.

Ewa

L’heure de vérité pour l’Agence de financement des infrastructures

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Ne jamais savoir comment on passera l’année… C’est le lot de l’Agence de financement des infrastructures de transport de France (Afitf), qui avait pourtant été créée fin 2004 pour financer, grâce à des ressources pérennes, les infrastructures nécessaires à notre pays. Depuis, la privatisation des autoroutes, l’enterrement de l’écotaxe et maintenant la crise des « gilets jaunes » rendent chaque fois plus acrobatique de tenir les engagements publics.

C’est ce qu’a expliqué Christophe Béchu, le président de l’Afitf, qui était auditionné le 29 janvier par la Commission de l’aménagement du territoire et du développement durable du Sénat.

Arrivé en avril 2018, pour remplacer Philippe Duron à la tête de cet établissement public, Christophe Béchu rappelle que le budget prévisionnel de l’année dernière tablait sur 2,4 milliards d’euros de recettes, venant de la taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques (TICPE, pour un milliard d’euros), de redevances des sociétés d’autoroutes (pour un autre milliard) et d’amendes des radars (pour près de 450 millions d’euros). Tout a bien été versé sauf les recettes liées aux radars qui n’ont finalement rapporté que 248 millions, du fait des détériorations de matériels liés au refus des 80 km/h. « Malgré cela, nous avons tenu nos engagements », indique Christophe Béchu, qui est par ailleurs maire d’Angers.

L’Agence a notamment réussi à solder les comptes de l’écotaxe, pour lequel elle a payé pour la dernière fois quelque 350 millions d’euros dans le cadre de l’indemnisation réclamée à l’Etat pour rupture du contrat avec Ecomouv’.

Le prochain budget s’annonce une nouvelle fois compliqué. « Sans recettes nouvelles, nous parviendrons à honorer nos engagements antérieurs. Mais nous serons véritablement dans l’impossibilité de financer des projets nouveaux », affirme Christophe Béchu, en listant ce qui, pour le moment, paraît compromis : accroissement des moyens pour régénérer les réseaux existants, nouveaux crédits pour Voies navigables de France (VNF), plan vélo et financement de nouveaux projets de nature ferroviaire. C’est donc tout le volet « nouvelles infrastructures » du projet de loi d’orientation des mobilités (le scénario « 2 moins » prévu par le comité d’orientation des infrastructures) qui serait remis en cause. Un scénario pourtant critiqué par les élus pour son manque d’ambition…

Il ne reste plus que très peu de temps pour tenter de changer les choses. Le budget 2019 de l’Afitf devrait être voté le 27 février. « C’est-à-dire avant le 6 mars et l’examen du projet de LOM [loi d’orientation des mobilités, NDLR] par le Sénat », précise le président de l’Afitf. Le budget 2019 initialement imaginé était de 2,6 milliards d’euros. Mais c’était sans compter avec les incertitudes liées aux recettes issues des radars qui devraient encore dégringoler avec la mise hors d’état de nombreux équipements sur le territoire. C’était aussi avant que l’Etat décide, sous la pression des « gilets jaunes », de ne pas augmenter cette année la TICPE. Pour ne pas trop compromettre les équilibres, l’Etat a toutefois promis 1,2 milliard d’euros de recettes issues de la TICPE (donc 200 millions de plus que prévu), selon le président de l’agence, qui s’attend à un budget tournant finalement autour de 2,350 milliards, voire de 2,450 milliards d’euros.

Mais après ? C’est surtout sur le long terme que portent ses craintes. La LOM ne prévoyant pas de nouvelles recettes, c’est dans le futur projet de loi de finances qu’il faudra le décider. « La création d’une nouvelle vignette est une hypothèse sur laquelle travaille au ministère des Transports Elisabeth Borne », rappelle Christophe Béchu. Il y a un « impératif absolu », ajoute-t-il : le mécanisme qui sera mis en place doit permettre de faire payer les poids lourds étrangers qui contribuent à l’usure des routes, tout en en exemptant les camions français qui acquittent déjà leur part notamment via la TICPE.

Autre idée défendue par le président de l’Afitf : mettre fin au système actuel qui partage les recettes des amendes radars entre trois entités (ministère de l’Intérieur, collectivités locales et Afitf) mais de façon inégale. Si les sommes sont moins importantes que prévu, les deux premières récupèrent intégralement leur dû, tandis que l’agence doit se contenter de ce qui reste. D’où sa demande de retirer l’Afitf de ce mécanisme pour qu’elle ne dépende plus que des recettes issues de la TICPE dont une part plus importante lui serait octroyée. Cela apporterait de la visibilité rappelle Christophe Béchu pour qui « l’agence s’inscrit dans le temps long et a besoin de recettes affectées ». Ce qui était précisément à l’origine de sa création.

Marie-Hélène Poingt

Ewa

La métropole de Lille intègre le TER dans son réseau urbain rebaptisé « ilévia »

Carte Pas Pass, carte de transport 
Lille le 19 octobre 2017

Depuis le 28 janvier, on peut prendre avec le même ticket non seulement les transports urbains (tramway, métro ou bus) mais aussi l’une des sept lignes de TER irrigant le territoire de la métropole de Lille. Cette intégration tarifaire est accessible à tout détenteur d’une carte Pass Pass anonyme ou personnelle et lui permet de voyager « entre toutes les gares TER de la métropole pour le prix d’un ticket unitaire valable sur tout le réseau », explique la Métropole européenne de Lille (MEL).

Un tel dispositif avait déjà été mis en place dès 1996 par le Grand Nancy, qui avait alors conclu une convention avec le conseil régional de Lorraine pour proposer une offre de transport intermodale. Il est également en œuvre depuis décembre 2016 dans le réseau de transports urbains de Strasbourg où les voyageurs peuvent accéder aux TER avec leur abonnement de la compagnie des transports CTS. Et d’autres dispositifs similaires existent ailleurs dans le Grand Est.

Autres nouveautés à la métropole, le réseau exploité par Keolis et qui s’articule autour de deux lignes de métro, deux de tramway et 91 lignes de bus, va être renforcé : le nombre de lignes Liane, dites structurantes, va passer à terme de 6 à 12, tandis que certaines lignes complémentaires ou de proximité vont aussi évoluer (en termes de fréquence ou de parcours). Côté métro, la ligne 1 circulera une heure de plus le samedi soir (1h30 au lieu de 0h30) et la fréquence en soirée passera à quatre minutes au lieu de six. Un système de transport sur réservation est aussi prévu (s’appuyant sur la plateforme logicielle de la société Padam), tandis que le covoiturage est encouragé via l’appli « ilévia covoiturage ».

Symbole de ces changements, le réseau de transport public lillois s’appelle désormais ilévia.

Ewa

Léman Express : le compte à rebours a commencé

Liaison ferroviaire Cornavin - Eaux-Vives - Annemasse 
RER Annemasse
CEVA
(c) CEVA CFF

Date symbolique, ce 29 janvier, le compte à rebours a été symboliquement lancé pour le Léman Express, dont la mise en service est prévue dans 320 jours, le 15 décembre 2019 : une cérémonie réunissant les personnalités de la région Auvergne-Rhône-Alpes, du Conseil d’Etat vaudois, d’Annemasse Agglo et de Lemanis (filiale des CFF et de la SNCF) s’est déroulée ce matin à la gare de Genève puis à la gare d’Annemasse, les deux grands pôles du fameux Ceva (Cornavin – Eaux-Vives – Annemasse) rebaptisé Léman Express.

Ce RER de l’agglomération urbaine Genève-Annemasse, compte 16 kilomètres de voie ferroviaire qui sera achevée en juin 2019, en même temps que les gares seront créées côté suisse et modernisées côté français. Le coût du Léman Express est financé par les Français pour 335 millions d’euros et par ses partenaires helvètes pour 1,3 milliard d’euros.

C. F.

Ewa

Toulouse : du bus pour mieux connecter le futur téléphérique

telepheroque toulouse

Toulouse Métropole vient d’approuver une convention avec Tisséo Collectivités, lautorité organisatrice des transports de l’agglomération, gérés en régie, pour la réalisation d’aménagements de voirie entre la gare SNCF de Colomiers et le futur téléphérique, à l’Oncopole.

Une nouvelle ligne de bus de 15 km doit être mise en service en janvier 2021, quelques semaines après l’ouverture du téléphérique. Elle desservira 24 000 habitants et 50 000 emplois et pourra transporter environ 3 000 voyageurs par jour avec une fréquence en heure de pointe de 10 minutes. Elle permettra de connecter le téléphérique, le métro A et, à terme, la troisième ligne de métro, ainsi que le réseau ferré à Colomiers et les Linéo 2, 3, 4 et 5. Un investissement évalué à 3,15 M€ HT.

C. S.

Ewa

La commission Transport vote la libéralisation des services d’autocars dans l’UE

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La commission des Transports du Parlement européen a voté, le 22 janvier 2019, pour une libéralisation du marché des autocars interurbains dans l’Union européenne. Un texte qui divise puisqu’il a été adopté à 26 voix pour, 14 contre et une abstention (celle de la Française Christine Revault d’Allonnes-Bonnefoy). Il devra être confirmé à une prochaine session plénière, dont la date n’était confirmée au moment où nous écrivions ces lignes.

La Commission européenne s’était inspirée des « cars Macron » pour proposer de protéger les liaisons couvrant moins de 100 km, en permettant leur limitation ou leur interdiction sur base d’un test d’équilibre économique d’un service public existant. Un principe de base que l’on retrouve dans le texte adopté par les députés, qui ont par ailleurs élargi cette protection aux services établis « dans une agglomération ou un centre urbain » ou qui satisfont « les besoins de transport entre cette agglomération ou ce centre et les zones environnantes ».

Les députés établissent aussi clairement qu’une autorisation pourra être refusée si le service envisagé couvre une liaison soumise à un droit exclusif dans le cadre d’une obligation de service public. Les requêtes de limitation ou d’interdiction de liaison devront être instruites par un organisme de contrôle indépendant.

Isabelle Smets, correspondante à Bruxelles

Ewa

Lisea restructure sa dette

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Lisea a annoncé mi-janvier avoir réalisé le bouclage de l’opération de refinancement de sa dette commerciale à hauteur de 2,2 milliards d’euros, dont 905 millions d’obligations vertes. Le groupe exploite depuis juillet 2017 la LGV entre Tours et Bordeaux qu’il a lui-même construit pour 7,8 milliards d’euros.

Le projet qui prévoyait de restructurer une partie des 3,5 milliards d’euros de dettes d’ici à 2021, avait été lancé en 2011 dans un contexte défavorable en matière de crédit, immédiatement après la crise financière. Lisea a expliqué à l’AFP vouloir réorganiser sa dette dès ce début d’année pour profiter à la fois d’un marché beaucoup plus favorable et du bon démarrage de sa ligne avec 20 millions de passagers annuels.

De leur côté, les banques impliquées dans l’opération ont indiqué que celle-ci avait attiré beaucoup plus d’acteurs qu’en 2011. « Cette opération est révélatrice de positionnement nouveau de crédit, qui sont à la recherche de produits d’investissement très longs et sécurisés mais ayant aussi une composante verte », a également indiqué à l’AFP un spécialiste des restructurations de dette chez Rothschild & Co.

Ewa

Paca prépare la concurrence effective de ses TER pour fin 2022

TER Paca La_Redonne © Didier Duforest

La sortie de crise est actée. En signant le 17 janvier le protocole d’accord sur la nouvelle convention TER de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, Renaud Muselier et Guillaume Pepy ont mis fin à un grand flou juridique puisque la SNCF continuait à exploiter les TER de la région alors que celle-ci avait unilatéralement mis fin à la convention pendant ces deux dernières années, fustigeant les coûts pratiqués.

La future convention, qui devrait être signée le 15 mars en assemblée plénière, permettra de repartir sur de nouvelles bases. D’une durée de cinq ans, elle représente 276,5 millions d’euros annuels les premiers temps, puis prévoit une trajectoire la ramenant à 255 millions d’euros en 2023. Selon le président de la région et le PDG de SNCF Mobilités, elle permettra de faire baisser de « 20 % la dépense de la région par voyageur transporté ».

Ces économies proviendront pour une large part d’une meilleure utilisation des agents qui devraient devenir plus polyvalents. « Il s’agit d’augmenter les heures productives quand chacun crée du service public. Tout cela sans fermeture de ligne », a résumé Guillaume Pepy (lire aussi l’article : « des agents de plus en plus polyvalents et mobiles pour les TER»). Le PDG de SNCF Mobilités rappelle que, pour la SNCF, la région Paca est « cruciale » tant du point de vue économique que touristique, avec 560 TER et 150 000 voyageurs quotidiens. Mais il lui faut aujourd’hui rattraper le retard provoqué par « des décennies de sous-investissement » sur le réseau ferré régional. L’année dernière, 227 millions d’euros de travaux ont ainsi pu être réalisés.

Parmi les nouveautés à venir, la SNCF s’engage à améliorer le taux de régularité des trains de 82 % à 90 % d’ici à 2020. Trois points de régularité ont déjà été gagnés en 2018, rappelle-t-elle. La compagnie ferroviaire s’engage aussi à réduire le nombre de trains supprimés à moins de 1 % pour causes internes.

La convention prévoit également des pénalités en cas de retard ou de non propreté des rames, le bonus-malus pouvant aller jusqu’à quatre millions d’euros. « La collectivité ne paiera que pour le service effectivement réalisé. La SNCF s’est engagée à l’améliorer significativement» , précise Renaud Muselier.

La SNCF va enfin accentuer ses efforts en matière de lutte contre la fraude. Celle-ci atteint 12,5 %. « C’est énorme mais on partait de 18,5 % ! » rappelle Guillaume Pepy. « En installant des portes antifraude, on va encore gagner des points », ajoute-t-il.

L’accord permet de lever d’autres points de blocage, en particulier le futur projet d’atelier à Nice et la commande de rames Régiolis voulue par la région mais qui avait été gelée par la SNCF : cinq rames seront livrées d’ici à 2021, ont convenu les deux partenaires. « Ces trains neufs permettront de faire disparaître les vieilles rames en inox qui circulent encore sur l’Ouest-Provence », commente Guillaume Pepy.

Pour Renaud Muselier, la nouvelle convention ne remet pas en cause la volonté régionale d’ouverture à la concurrence. « Nous lancerons un appel d’offres pour ouvrir nos TER à la concurrence fin 2022 », précise le patron de la région. Des propositions de lots à ouvrir à la concurrence lui seront présentées en février.

La SNCF sera sur les rangs, annonce Guillaume Pepy. « Nous nous présenterons aux appels d’offres en nous appuyant sur les forces de l’entreprise : la compétence technique des cheminots, leur engagement, leur capacité d’adaptation, l’amélioration de la qualité de service et l’innovation », souligne-t-il. Renaud Muselier de son côté ne « conçoit pas l’avenir du réseau ferré dans le Sud sans que la SNCF soit là ».

Malgré tous ces beaux engagements, le contentieux financier n’est toujours pas réglé. La SNCF réclame à la région 100 millions d’euros selon Guillaume Pepy, tandis que Renaud Muselier estime qu’elle ne lui doit rien ! Selon Guillaume Pepy, « il sera plus facile de régler ce conflit financier si on a un cadre ». A voir…

M.-H. P.