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Ewa

Alstom remporte deux contrats pour fournir des tramways Citadis au Havre et à Strasbourg

Tram Citadis pour Le Havre © ALSTOM SA 2023. Advanced Creative Design

Alstom a annoncé le 19 mars avoir signé avec Le Havre Seine Métropole un accord cadre de quatre ans pour la fourniture de rames Citadis nouvelle génération, destinées à l’extension du réseau de tramway de l’agglomération. Le contrat comprend une commande minimale de huit tramways. Les premières livraisons auront lieu en 2027, en vue de la mise en service de la nouvelle ligne C.

D’une longueur de 33 mètres sur 2,40 m de large, les rames offriront une capacité de 206 passagers. Elles sont équipées de portes entièrement vitrées accessibles de plain-pied, et dotés de zones réservées aux usagers en fauteuil roulant et aux poussettes.

« Les nouveaux tramways Citadis ont été en outre conçus pour réduire de 16 % les opérations de maintenance préventive sur leurs 30 années de service commercial », assure le constructeur dans un communiqué. De plus, « ils permettent de réduire la consommation d’énergie de 25 % par rapport au matériel actuel, grâce à une nouvelle motorisation, une gestion efficace du confort climatique et des éclairages 100 % LED ». Enfin, ils sont « éco-conçus, recyclables à 95 % et revalorisables à 98 %. »

27 rames Citadis pour Strasbourg

Par ailleurs, le constructeur ferroviaire français va livrer, à partir de 2026, 27 rames Citadis de nouvelle génération à la Compagnie des Transports Strasbourgeois (CTS). Cette commande supplémentaire s’inscrit dans l’accord-cadre de huit ans, signé en avril 2023 entre l’Eurométropole et Alstom, pour un montant maximum de 250 millions d’euros. Un premier lot de 12 rames avait été commandé en 2023 et sera progressivement livré à partir du printemps 2025.

Les nouvelles rames vont progressivement remplacer la flotte des Eurotrams arrivant en fin de vie. Du fait de leur vocation transfrontalière, elles seront homologuées pour circuler en Allemagne.

 

Ewa

17 M€ pour solariser la grande halle voyageurs de la gare d’Angoulême

gare d'Angoulême

Profitant de la rénovation de la grande halle voyageurs de la gare d’Angoulême (Charente), Gares & Connexions a souhaité expérimenter la solarisation de la verrière, « une première nationale » selon Éliane Barbosa, directrice exécutive des gares régionales et parisiennes SNCF.

Au total, 840 modules photovoltaïques seront déployés sur des lanterneaux de la verrière pour une puissance totale de 327,6 kWc. La production permettra de couvrir environ 40 % des besoins en électricité de la gare. La livraison de ce chantier d’un montant global 17,4 millions d’euros est prévue pour la fin mars 2026.

Ewa

Le réseau de transports toulousains expérimente le paiement en cryptomonnaie

transports toulousains

Le réseau de transports toulousains expérimente depuis le 17 mars le paiement en cryptomonnaie pour les utilisateurs de l’application Tisséo sur Android. « Après la validation avec la carte bancaire et bientôt le ticket rechargeable, nous expérimentons une nouvelle solution innovante s’adressant aux détenteurs de cryptomonnaies désireux d’utiliser les dernières technologies sans compromis sur la qualité de service », a expliqué Sacha Briand, en charge des finances à Tisséo.

Selon l’élu toulousain, la ville rose est la première d’Europe à franchir ce pas pour ses transports en commun. Les transactions (pour les tickets 1 ou 10 déplacements, Planète et Evénement) s’effectueront via un module de paiement intégré qui convertira instantanément les cryptomonnaies en euros. La plateforme proposée pour l’instant est Bifinance (plus de 70 cryptomonnaies référencées), mise à disposition par l’opérateur de paiement en cryptomonnaie Lyzi.

Alors que la validation par carte bancaire lancée il y a un an a permis plus de 4 millions de validations, recueillant 7% des recettes, Sacha Briand croit à l’avenir de ce nouveau mode de paiement : « avec 250 000 usagers quotidiens du réseau, et si on estime que 10 % des Français possèdent un portefeuille crypto, cela pourrait représenter potentiellement 20 000 à 25 000 usagers intéressés par ce mode de paiement », calcule-t-il, et peut-être même plus étant donné que la population de Toulouse compte beaucoup d’étudiants et de jeunes actifs très technophiles.

Dépassé, le ticket papier jetable ne sera plus vendu à partir du 26 mars et plus utilisable après le 31 mai. Il sera remplacé par un ticket rechargeable sans contact réutilisable jusqu’à 30 fois.

Ewa

Avec la guerre en Ukraine, le transport ferroviaire redevient un enjeu stratégique

Transport d'obusiers blindés, gare de Morges (Suisse)

Depuis la fin de la guerre froide, les opérations militaires se projetaient surtout dans le ciel et la mer. Avec la guerre en Europe, les militaires regardent le ferroviaire avec un intérêt renouvelé même si le lien n’a jamais été rompu. Reste à savoir si Bercy est prêt à sortir le carnet de chèques pour mettre le réseau ferré à niveau.

Le lien entre les militaires et le chemin de fer existe en effet de longue date. Dans les années 1870 après la défaite de l’armée française à Sedan, le service militaire des chemins de fer est créé. Sa mission : maintenir en état le réseau stratégique pour assurer les acheminements vitaux pour la nation et le transport de la population. Il s’agit non seulement du réseau principal mais aussi des lignes « capillaires » qui desservent les bases militaires, des camps d’entraînement et des dépôts de munitions. Ce sont de petites lignes (appelées lignes 10), parfois partagées avec des industriels pour l’acheminement de leur fret, parfois seulement utilisées pour les besoins de l’armée. On compte aujourd’hui 86 km de lignes empruntées uniquement par les militaires.

Une centaine de millions d’euros nécessaires entre 2025 et 2029

Elles bénéficient régulièrement de travaux suite aux échanges entre les armées et SNCF Réseau, notamment en décembre lors d’un « colloque ferroviaire » annuel. Sur la période 2025-2029, il faudrait investir une petite centaine de millions d’euros sur ces lignes, indique une source proche de ce dossier. Or, pour l’heure, le budget pour ces travaux est fixé à un million d’euros annuels. Il a été calculé il y a une quinzaine d’années sur la base d’une vingtaine de km de lignes dédiées aux acheminements militaires. Il mérite d’être ré-évalué puisque le nombre de km de lignes concernées a augmenté dans un contexte géo-politique en plein bouleversement. Tout dépendra des discussions en cours avec les armées et la DGITM au ministère des Transports.

Au niveau européen, le MIE (mécanisme pour l’interconnexion en Europe) prévoit 1,7 milliard d’euros pour la mobilité ferroviaire militaire. La France a obtenu 60 millions d’euros pour des travaux sur le port de La Rochelle, sur la mise au gabarit d’ un tunnel entre Toulon et Marseille (qui ne permettait pas jusqu’alors le passage de convois exceptionnels comme l’acheminement des chars Leclerc)  ou encore pour des gares de triage.

Une commande de 250 wagons pour l’armée

L’année dernière, 306 circulations militaires (wagons isolés ou trains complets) ont été recensées sur le réseau en France. Dont 190 sur le territoire national et 115 à l’international. Des circulations en forte hausse comparé à il y a seulement trois ans : en 2021, on recensait 197 circulations de convois militaires, dont six à l’international.

Aujourd’hui, l’armée dispose de 500 wagons, dont 400 sont encore en état de fonctionnement mais vieillissants. D’où sa commande récente de 250 wagons modernes plus adaptés au transport de matériels qui se sont alourdis au fil du temps. Il faudra attendre quelques années avant de les voir arriver.

Ewa

Colas Rail met la main sur le spécialiste de la signalisation SafeRail

SafeRail Colas Rail
La filiale de Colas (groupe Bouygues), Colas Rail, a racheté le 28 février l’entreprise SafeRail. Avec cette acquisition, Colas Rail veut consolider sa présence sur le marché de la signalisation ferroviaire.

SafeRail fournit en effet des services d’ingénierie, de conception, de vérification, d’essais, de mise en service de systèmes de contrôle commande et de signalisation ferroviaire.

Fondée en 2003, SafeRail a participé à de nombreux chantiers comme la LGV Bretagne-Pays de la Loire, la LGV Sud Europe Atlantique, le tram-train Nantes – Châteaubriant ou encore le projet LGV+ de modernisation de la LGV Paris – Lyon.

L’entreprise, qui a réalisé un chiffre d’affaires de 14,9 millions en 2023. compte 119 collaborateurs répartis dans six sites en France : Nantes, Les Ulis, Saint-Denis, Toulouse, Lille et Lyon.

Ewa

Caf retenu pour fournir 19 rames destinées au tramway de Tours

Tram CAF Urbos tramway de Tours
Surprise à Tours : le Syndicat des Mobilités de Touraine (SMT) a signé le 28 février un contrat avec le constructeur espagnol CAF pour la livraison de 19 rames de tramway pour la future ligne 2 du tramway de Tours, alors que c’est Alstom qui avait fourni le matériel de la ligne 1. Le montant du contrat n’a pas été dévoilé.

L’annonce a été faite le 14 mars après que le tribunal administratif d’Orléans n’a pas donné suite au référé précontractuel déposé contre le Syndicat par Alstom, selon La Nouvelle République.

Les nouvelles rames de la gamme Urbos sont destinées à l’exploitation de la ligne qui reliera en 2028, sur 12,5 km, les communes de La Riche et de Chambray-lès-Tours en passant par Tours et Joué-les Tours. Elles seront aptes à circuler sur les deux lignes.

Équipées de huit portes dont six portes doubles pour un accès plus rapide, ces rames auront une capacité de 280 voyageurs dont 76 places assises ainsi que des espaces pour les poussettes, les vélos et les fauteuils roulants.

Les tramways seront assemblés sur le site de CAF à Bagnères-de-Bigorre. Les premiers tramways seront livrés à partir de 2027.

Ewa

Dominique Bussereau, nommé président de la conférence sur le financement des mobilités, devra rendre ses conclusions si possible en juillet

Dominique Bussereau

Le Premier ministre François Bayrou a annoncé officiellement cet après-midi la nomination de Dominique Bussereau à la tête de la conférence du financement des mobilités. Son choix se porte donc sur un fin connaisseur des transports publics puisque Dominique Bussereau a été secrétaire d’Etat aux Transports (de 2002 à 2004 puis de 2007 à 2010), président de la Charente-Maritime de 2008 à 2021 et de l’Assemblée des départements de France. Fils de cheminot, il s’intéresse donc de longue date à ce secteur qu’il juge « passionnant ».

Il sera chargé de proposer des ressources pérennes attendues depuis des années par la profession.  « Il y aura des réunions plénières et des ateliers thématiques à Paris et en dehors de Paris. L’idée est d’associer le maximum d’élus nationaux et locaux, des organisations professionnelles, la Fnaut, des grands groupes, transporteurs, constructeurs, sociétés d’autoroutes… Un des gros débats portera sur la fin des concessions accordées aux sociétés d’autoroutes et sur leurs relations avec l’Etat » « , explique à VRT Dominique Bussereau. « Philippe Tabarot souhaiterait que la conférence soit lancée vers mai et se termine en juillet, sinon en septembre« , ajoute-t-il.

L’idée d’organiser une conférence sur le financement des transports avait été lancée par Clément Beaune, puis reprise par ses successeurs au ministère des Transports, François Durovray, et maintenant Philippe Tabarot chargé de la mettre en place. Cette conférence doit permettre d’avoir de la visibilité et des financements « sur « 10 à 15 ans » pour assurer la maintenance des infrastructures ferroviaires et routières mais aussi pour  avancer sur les « sujets de décarbonation et de digitalisation », estimait François Durovray quand il était ministre.

Ewa

Comment le plan de réarmement européen va impacter le transport ferroviaire

Réservistes SNCF armée

La guerre en Ukraine a montré à quel point les infrastructures ferroviaires sont essentielles pour le réarmement européen dans le transport des civils, des militaires, de leurs matériels et plus généralement du fret. D’où des réflexions lancées en France et en Europe dans le cadre du réarmement européen pour se préparer et rendre ce mode de transport plus résilient et efficace.

Ce sera d’ailleurs l’un des sujets qui sera abordé lors de la réunion informelle des ministres européens des Transports les 17 et 18 mars à Varsovie. « Face à la menace russe, la sécurité est au coeur des sujets prioritaires de la présidence polonaise », rappelle-t-on du côté du cabinet de Philippe Tabarot. « L’agenda de cette réunion sera très marquée par ces enjeux. Il s’agit de voir comment prendre en compte le transport militaire et le double usage civil et militaire du réseau », poursuit le ministère des Transports.

Un premier rapport sur l’avancement du plan d’action de l’Union européenne sur la mobilité militaire 2.0 a déjà été dévoilé en novembre 2023. Un peu plus d’un an plus tôt, la Commission avait aussi présenté une proposition de révision du règlement relatif aux réseaux transeuropéens de transport (RTE) pour tenir compte des besoins en matière de mobilité militaire lors de la construction ou de la modernisation d’infrastructures ferroviaires.

Diagnostic sur le réseau structurant

Un diagnostic doit être réalisé en France sur le réseau stratégique pour le transport militaire. « Il s’agit d’identifier de façon fine le réseau structurant nécessaire à un double usage civil et militaire et d’y concentrer de façon accrue les financements« , souligne le cabinet du ministre. Les travaux pourraient par exemple concerner des mises à gabarit d’ouvrages comme des tunnels pour permettre le passage de convois militaires ou l’aménagement de ports pour accueillir les matériels de l’armée.

Dans ce but, la France voudrait pouvoir profiter des financements du programme MIE (Mécanisme pour l’interconnexion en Europe) ainsi que du plan de réarmement pour l’Europe.

Vigilance sur la cybersécurité

Autre sujet qui devrait être évoqué lors de la réunion des ministres européens : la cybersécurité. « Il faut redoubler de vigilance alors que les systèmes de transport, très connectés, sont particulièrement exposés. Et alors que les systèmes intelligents se développent de plus en plus », explique le cabinet de Philippe Tabarot, en rappelant que la France a enregistré une hausse de 15 % des cyberattaques l’année dernière sur son territoire.

Dans ce domaine, le ministère des Transports compte aussi sur la loi sûreté qu’avait défendu Philippe Tabarot quand il était député et qui prévoit le recours à la surveillance par algorithme pour contrôler les grands événements.

Ewa

Les quatre freins au développement ferroviaire selon Alain Krakovitch

Alain Krakovitch

Invité ce matin à intervenir devant le Club VRT, Alain Krakovitch a fait part des quatre situations de « saturation » qui pourraient selon lui freiner la croissance du transport ferroviaire.

La première concerne la construction des rames de TGV. « Les industriels y travaillent, cela prend du temps, c’est assez fréquent. Mais je ne suis pas inquiet car les rames vont finir par arriver », a commenté le directeur TGV-Intercités de SNCF Voyageurs.

Deuxième cause : la saturation des lignes avec l’augmentation des circulations. « Ce n’est pas non plus celle qui m’inquiète le plus car la technologie, notamment l’ERTMS, va permettre d’augmenter les fréquences. On l’a vu avec le projet TGV + sur la ligne Paris-Lyon qui doit faire passer le nombre de trains par heure de 13 à 16 trains. Il y a donc une vraie marge de manoeuvre ».

7 milliards pour les technicentres

Troisième saturation : celle qui touche les centres de maintenance. « Aujourd’hui, les technicentres TGV sont saturés. C’est pourquoi nous avons décidé d’investir un milliard d’euros dans les sept prochaines années. C’est très important. Cela concerne les technicentres de Paris, de Lyon mais aussi ceux des bouts de ligne car nos concurrents vont nous demander un accès« , commente le dirigeant avant d’ajouter : « Cela prendra du temps mais nous arriverons à résoudre cette question ».

La quatrième cause de saturation est, aux yeux d’Alain Krakovitch, « la plus problématique ». Elle concerne les gares. « Et là, c’est beaucoup plus compliqué, on ne peut pas pousser les murs ». Et Alain Krakovitch de poursuivre : « Il y a bien sûr des solutions techniques et d’exploitation comme par exemple réduire les temps de retournement des trains en gare. Il y a aussi la possibilité de créer des gares bis mais cela demanderait énormément de temps… ». Et, peut-on ajouter, énormément d’argent.

Une gare bis à Orly

Les gares les plus saturées se trouvent à Paris, ce sont les gares du Nord, de Lyon, Montparnasse. La gare de Strasbourg, également saturée, est difficile à gérer avec la forte hausse du trafic TER. Enfin, c’est le cas de la gare de Marseille Saint-Charles pour laquelle le projet de la rendre traversante devrait toutefois tout changer.

En Ile-de-France, Alain Krakovitch pousse un projet, « son favori », qui s’inscrit dans le projet Massy-Valenton  Cette liaison présente « l’énorme avantage de quasi-finir le contournement de Paris à grande vitesse« . Il présente de surcroît l’atout « d’être le moins cher et le plus efficace de France avec son coût de 300 millions d’euros ». Le patron des TGV et des Intercités estime que ce chantier pourrait être l’occasion de construire une gare à proximité d’Orly. Avec plusieurs effets bénéfiques : desservir le sud de Paris densément peuplé et faciliter les échanges entre l’air et le fer pour jouer sur la complémentarité des transports. « Contrairement à ce que l’on pourrait croire (et c’est une vraie injustice), l’Ile-de-France est la région française qui a le moins de gares TGV par habitant », affirme-t-il.

Selon lui, « si le projet Massy-Valenton est plutôt bien avancé et SNCF Réseau plutôt confiant sur le fait d’avoir des financements, pour la création d’une gare à Orly, on a moins d’assurance ».

Vous pourrez retrouver le compte-rendu complet dans le magazine Ville, Rail & Transports qui sera publié en avril.

Ewa

Pau – Canfranc : le chaînon manquant attendu par les associations en 2032

Canfranc Gare
C’est décidément un projet soumis à beaucoup d’étapes… Dans les Pyrénées, la liaison par rail entre Pau, en France, et Saragosse, en Espagne, via le tunnel du Somport, reste en pointillé. Si les trains transportent des passagers entre Pau et Bedous depuis 2016, pour l’instant, ils ne vont pas plus loin car dans la haute vallée d’Aspe, le tronçon de 33,2 km, entre Bedous et le tunnel, avec des rampes à 4 %, reste à reconstruire, ce qui n’est pas une mince affaire…

 

Mise en service en 1928, la ligne fut l’une des premières à être électrifiées. La rouvrir de bout en bout se traduirait par des travaux d’envergure mais pas irréalisables : mise au gabarit de plusieurs tunnels, reconstruction du viaduc de l’Estanguet, réhabilitation de plusieurs ouvrages d’art (tunnels, ponts), électrification complète de la ligne (93 km côté français), modernisation (ou suppression selon les cas) des passages à niveau, installation de la signalisation ad hoc (ERTMS) pour une circulation sans heurts entre la France et l’Espagne, création d’une halte ferroviaire. La réouverture pourrait être possible en 2032. « C’est un projet de longue haleine mais nous avons bon espoir qu’il aboutisse », expliquent d’une seule voix Alain Cazenave-Piarrot et Jean-Luc Palacio du Creloc, association qui milite depuis en 1986, année de sa création, pour la réouverture de la ligne, au côté de son homologue espagnol, le Crefco, un collectif d’associations.

 

« Nous avons été reçus à Matignon par le cabinet du Premier ministre pour la première fois le 6 mars. Nous avons pu présenter nos arguments et avons reçu l’assurance que nos demandes seront bel et bien enregistrées. », indiquent les deux représentants du Creloc.
Les deux élus présents à leurs côtés, Frédérique Espagnac, sénatrice des Pyrénées-Atlantiques et conseillère régionale, et Iñaki Echaniz, député des Pyrénées-Atlantiques ont présenté des arguments économiques, sociaux, de sécurité et environnementaux. Ils ont notamment insisté sur la forte demande des industriels béarnais pour du fret par rail plutôt que par la route. En effet, la RN 134 enregistre le passage de 3 millions de tonnes de marchandises par an… « La solution du fret ferroviaire intéresse notamment Lindt pour le transport du cacao destiné à son usine de Bedous, le constructeur aéronautique Safran pour le transport de trains d’atterrissage », soulignent Alain Cazenave-Piarrot et Jean-Luc Palacio, « Côté espagnol, les chargeurs de céréales (maïs) et l’usine du constructeur automobile Opel, située à Saragosse sont aussi concernés », ajoutent-ils. Sans oublier les matières dangereuses qui, pour l’heure, sont transportées par camion. Et bien sûr, le public pourra aussi voyager par le train pour des déplacements professionnels ou de loisirs entre la France et l’Espagne.

Objectif 2032

Selon SNCF Réseau, le dossier d’enquête publique pourrait être déposé l’été prochain, puis la déclaration d’utilité publique obtenue début 2026. Les travaux commenceraient l’année suivante et la ligne, coupée suite au déraillement d’un train 1970, pourrait alors être remise en service en 2032.

 

Le Creloc et le Crefco déplorent que« le gouvernement français ne s’engage pas davantage, persévérant à s’abriter derrière les conclusions du Comité d’orientation des infrastructures (COI) qui rabaisse le Canfranc à une liaison seulement locale, oubliant que l’Espagne et l’Union Européenne réalisent en ce moment les travaux entre Huesca et Canfranc (134,9 km) ». Les deux associations estiment aussi que « sans initiative forte de Paris, l’engagement de l’Europe, de l’Espagne, de l’Aragon et de la Nouvelle-Aquitaine ne saurait faire avancer le financement de la remise en service des 33 km encore fermés ni la modernisation, ni l’électrification de l’infrastructure qui sont pourtant nécessaires. »  Elles formulent trois demandes : « une déclaration forte du gouvernement français en faveur de la réouverture, un pourcentage de la participation de l’État français aux travaux de modernisation et de réouverture, et l’inscription de la réouverture au programme du prochain sommet franco-espagnol qui devrait, cette année, avoir lieu en France ».