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Les syndicats maintiennent leur appel à la grève du 11 décembre



Il y a encore du travail à mener pour lutter contre les violences à l’égard des femmes dans les transports publics. L’année dernière, le nombre de faits recensés et relevant de violences sexistes ou sexuelles a augmenté de 15 % par rapport à 2022. 4091 faits ont ainsi été enregistrés sur les réseaux de transport en France selon le rapport annuel sur les violences sexistes et sexuelles publié par le ministère des Transports le 25 novembre, à l’occasion de la journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes. Une très large part de ces atteintes concerne en effet les femmes et sont commises en majorité en soirée et l’après-midi.
Le rapport révèle également que ces violences sont surtout commises dans le train, le RER et le métro. « L’aire urbaine de Paris concentre 55% de ces atteintes« , précise le ministère des Transports. « Le bilan conforte le développement des actions de lutte contre les atteintes sexuelles et sexistes menées par les opérateurs (+7%) qui se traduisent notamment par les actions de formation à destination des personnels des exploitants et des campagnes de communication à destination des voyageurs », ajoute-t-il.
François Durovray, le ministre, qui était en gare du Nord le 25 novembre, appelle les usagers qui peuvent être témoins à signaler les faits au 3117 pour permettre des interventions rapides. Et espère que la proposition de loi sur la sûreté du sénateur des Alpes-Maritimes (LR) Philippe Tabarot, devant être prochainement examinée par le Parlement, permettra de rétablir le port de caméras piétons pour les agents dans leurs missions auprès des voyageurs.

La SNCF et le CNES ont renouvelé, le 14 novembre, leur partenariat. Cette nouvelle convention qui poursuit et renforce la coopération entre les deux entités, démarrée en 2016, vise à développer et promouvoir l’utilisation des données et des technologies spatiales dans la gestion des infrastructures et des services ferroviaires.
L’utilisation des données satellitaires renforcera les solutions développées par la SNCF pour localiser les trains sur le réseau de façon précise, en continu et en temps réel, en utilisant différentes technologies (géolocalisation, centrale inertielle s’affranchissant du GPS, cartographie, etc.).
Ces solutions apporteront une continuité de service, même dans les zones « blanches » telles que les tunnels, où les signaux ne passent pas.
L’emploi des données satellitaires appuiera la surveillance des infrastructures, telles que les ouvrages d’art, et permettra de prévenir certains risques climatiques (glissement de talus, feux de forêt aux abords des voies, etc.). En matière de télécoms, les solutions satellitaires pourront compléter les moyens terrestres, notamment pour assurer une meilleure couverture en zones blanches.
Pour Carole Desnost, vice-présidente Technologies, innovation, projets du groupe SNCF, « grâce à ce nouvel accord entre le groupe SNCF et le CNES, nous allons renforcer les liens entre le ferroviaire et les services satellitaires, tels que l’imagerie spatiale, qui permettra d’observer les sols aux abords des voies ferrées pour prévenir les risques de glissement de terrain».

Eole à l’Ouest, acte I, scène 2 : le 15 décembre, tous les trains du RER E seront prolongés jusqu’à La Défense et Nanterre-La Folie. Soit seize trains par heure aux heures de pointe, et dix aux heures creuses, en attendant le prolongement jusqu’à Mantes-la-Jolie fin 2026.
Depuis la scène 1 qui a vu sa mise en service le 6 mai, ce prolongement de 8 km entre Haussmann-Saint-Lazare et Nanterre ne voyait passer que quelques trains venant de Paris aux heures creuses et le week-end, rendant bien vides les nouvelles gares monumentales construites Porte Maillot et sous le Cnit à La Défense.
La situation va bien changer le 15 décembre. Avec huit trains par heure en pointe entre Nanterre et Chelles, quatre trains jusqu’à Villiers-sur-Marne et quatre jusqu’à Tournan, « c’est vraiment une vraie interconnexion entre de l’Est et de l’Ouest », s’enthousiasme-t-on chez Ile-de-France Mobilités (IDFM). « Tout l’Est parisien va être relié directement à La Défense ! C’est un nouvel axe fort de maillage qui va offrir une alternative au RER A », le grand axe est-ouest de la région parisienne, y ajoute-t-on.
IDFM espère notamment faire baisser de 15% la fréquentation de cette ligne A notoirement surchargée dans son tronçon central. La pression devrait également baisser sur les RER B et D, certaines correspondances étant désormais évitées.
Un bémol cependant : des derniers départs assez tôt, bien avant 23h y compris dans Paris, pour cause de travaux sur les lignes de la banlieue est. Il faudra regarder sa montre.
« Nous sommes très satisfaits de de cette nouvelle infra », dit-on chez SNCF Réseau, qui mène ce vaste chantier dont la facture totale pourrait atteindre les 6 milliards d’euros d’aujourd’hui. Les sept mois d’exploitation réduite depuis l’inauguration en mai ont pu permettre « de roder cette nouvelle ligne, d’évaluer son comportement et d’affiner les quelques réglages nécessaires avant sa mise en service complète».
Quant au centre de commandement de Pantin, il accueille désormais la supervision du trafic du RER E, ainsi que des réseaux Est et Saint-Lazare avec les lignes J, L et P, et jusqu’aux lignes normandes.
Eole (pour Est-Ouest Liaison Express, un acronyme des années 1980 toujours utilisé) ne faisait pas partie du plan de transport des Jeux olympiques, mais la nouvelle ligne a pu aider à desservir la piscine olympique installée à La Défense Arena, à deux pas du terminus de Nanterre. La période de transition a également permis à Alstom de livrer suffisamment de trains pour assurer un service normal.
« Ca tourne bien. Il n’y a pas d’inquiétude », se réjouit-on chez IDFM, où l’on remarque que lesdits nouveaux trains, les RER NG, vont également faire leur entrée sur le RER D le 15 décembre.
L’acte II d’Eole à l’Ouest est prévu pour dans deux ans, fin 2026. Le RER E sera alors prolongé de 47 km jusqu’à Mantes-la-Jolie, via Poissy, en récupérant une branche de la ligne J. Ce qui permettra au passage de désengorger la gare Saint-Lazare. Aux seize allers-retours par heure en pointe entre Nanterre et la banlieue est s’ajouteront alors six trains supplémentaires entre Mantes et Magenta ou Rosa Parks. Soit 22 trains par heure et par sens dans la zone centrale, où les deux services seront superposés.
Il faudra pour cela achever les travaux en cours dans la banlieue ouest et déployer NExTEO, un système d’automatisme mis au point par Siemens Mobility qui doit permettre faire circuler jusqu’à 28 trains par heure et par sens à 120 km/h. Alstom doit aussi livrer d’ici là la totalité des 130 RER NG nécessaires au renouvellement complet du parc de la ligne. La fréquentation doit quasiment doubler.
Cet acte II se fera avec un nouveau chef de projet chez SNCF Réseau, Xavier Gruz ayant quitté l’entreprise fin novembre pour rejoindre EDF, après douze ans aux manettes.

Des conteneurs, un chariot élévateur, un groupe électrogène, des chaises, du carrelage “métro »… C’est ce qu’on peut trouver sur la plateforme numérique de réemploi ouverte le 21 novembre par la RATP, à l’occasion de la Semaine européenne de la réduction des déchets (SERD).
Quai des Ressources -c’est son nom-, permet au groupe RATP de donner une nouvelle vie à des biens professionnels en fin de cycle, à des objets inutilisés ou à des produits, des équipements et des matériaux issus des chantiers menés par l’opérateur.
Ces produits jusque-là proposés en interne, pour d’autres chantiers ou pour l’usage interne, sont désormais proposés, avec quelques jours de décalage, à un public externe, notamment des professionnels de l’industrie ou du bâtiment. Les particuliers peuvent aussi y accéder mais les volumes en vente correspondent plus des usages professionnels.
Pour la RATP, l’objectif est double. D’une part, il est écologique puisqu’il permet de recycler des objets et du matériel qui pourraient être jetés. D’autre part il est économique, car la RATP veut limiter ses dépenses d’achat de matériels neufs. Elle espère doubler le chiffre d’affaires issu de ses ventes de matériaux et outils recyclés.
https://quaidesressources.ratp.fr/

L’Union Internationale des Chemins de fer (UIC) a accueilli les 19 et 20 novembre à Paris une conférence sur le FRMCS (Future Railway Mobile Communication System, ou futur système de communication ferroviaire mobile). Conçu pour remplacer le Global System for Mobile Communications – Railway (GSM-R), ce système représente un bond technologique majeur en matière de communications ferroviaires, estime l’UIC dans un communiqué. « Ce projet de plus de 50M€, cofinancé par Europe’s Rail et le Smart Networks and Services Joint Undertaking (SNS JU), est conduit par l’UIC à hauteur de 13,5M€, rassemblant 13 compagnies ferroviaires, 13 fournisseurs, deux opérateurs de réseaux mobiles et l’UNIFE« .
L’écosystème du FRMCS fera l’objet de tests dans trois laboratoires et sur cinq sites pilotes en Europe, y compris sur une ligne à grande vitesse en Espagne, indique encore l’UIC, qui précise vouloir faire de ce thème une conférence annuelle. Le FRMCS, qui s’appuiera sur la 5G, pourrait remplacer le GSM-R (2G) d’ici 2035. Pour ses promoteurs, la radiocommunication du futur doit contribuer à rendre le réseau ferroviaire plus interropérable, plus performant, plus robuste.

Tisséo Voyageurs s’est engagé depuis 2017 dans la lutte contre les violences sexistes et sexuelles (VSS) dans les transports en commun. Avec des campagnes multi-supports, la mise en place d’un service de descente à la demande en soirée et des procédures de signalement et d’accompagnement des victimes.
Mais certains messages à destination des victimes et des témoins de son récent « Guide pour agir » ont choqué deux jeunes femmes qui ont créé le collectif « Cassons les Injonctions 31 ». «Nous avons été choquées par le fait que cet affichage dans les bus de Tisséo soit validé et qu’aucun·e utilisateur·rice n’ait pu manifester un désaccord alors que cela fait un an qu’il est affiché. Cela montre la méconnaissance du grand public des mécanismes psychologiques des victimes», expliquent-elles.
Plutôt que de passer par la voie officielle, les jeunes femmes ont préféré réaliser un documentaire de 23 minutes, invitant à réfléchir au côté problématique d’un message comme « Signifiez votre refus de manière claire et forte, éloignez-vous de l’agresseur » qu’elles jugent culpabilisant pour les victimes. Les jeunes femmes proposent des affiches alternatives pour « une bonne campagne ».
En amont de la projection du film organisée par NousToutes31, un échange a eu lieu entre le Collectif, des élus et Tisséo. « Les élus du Conseil de la Métropole ont proposé au Collectif de participer au groupe de travail créé en 2017 par Tisséo Voyageurs sur les actions à mener dans cette lutte », indique Tisséo dans une réponse écrite. Le réseau des transports en commun de l’agglomération toulousain regrette toutefois la méthode du Collectif : « partager ces arguments dans les espaces de discussions dédiés et compétents aurait été plus constructif pour œuvrer ensemble à un message clair et efficace destiné à la fois aux agresseurs et aux victimes potentielles ». En France, 87% des femmes déclarent avoir déjà été victimes de harcèlement ou de violences sexuelles ou sexistes dans les transports

Lancée le 23 septembre, la concertation préalable sur la réouverture de la ligne ferroviaire Pau – Canfranc a réuni quelque 350 personnes lors de la première réunion à Oloron-Sainte-Marie dans les Pyrénées-Atlantiques. Le projet prévoit la remise en état d’un tronçon de près de 23 km entre Bedous – Forges d’Abel à l’entrée du tunnel ferroviaire international du Somport (le tunnel étant lui-même exclu de la concertation). Cette partie de la ligne est fermée depuis le déraillement d’un train en 1970.
Sont également discutés la mise au gabarit des tunnels, la réhabilitation d’ouvrages d’art (viaduc, tunnels) et la reconstruction du viaduc de l’Estanguet ainsi que divers aménagements (création d’une halte ferroviaire notamment). S’y ajoutent la modernisation ou la suppression de passages à niveau sur l’ensemble de la ligne Pau – Saragosse, la modernisation des gares, l’électrification de la ligne, la modernisation de la signalisation pour permettre l’interopérabilité entre la France et l’Espagne et la création d’embranchements pour le ferroutage.
Il s’agit aussi de favoriser le report modal des poids lourds circulant dans la vallée d’Aspe par la création d’un service de ferroutage. Enfin, les responsables de la concertation proposent de mettre en place une offre de train touristique.

Les négociations salariales peu avant les vacances de Noël, c’est fini! La SNCF a décidé de tenir dorénavant vers mars ses négociations annuelles sur les salaires (NAO). Justification avancée par la direction du groupe : une meilleure vision du niveau de l’inflation et des résultats de l’entreprise dont les comptes sont bouclés vers la fin du premier trimestre. Tout cela doit permettre de mieux définir la politique salariale du groupe, alors que les NAO qui se tenaient jusqu’à présent en novembre (et préparées dès la sortie de l’été) obligeaient à anticiper trop en amont la situation de l’année suivante.
Cela permet aussi de déconnecter ces discussions, socialement toujours sensibles, des périodes de fêtes de fin d’année, qui ont plusieurs fois donné lieu ces dernières années à des menaces de grève. Et parfois obligé la SNCF, sous pression, à céder aux revendications salariales, voire à des surenchères.
Reculer la date des négociations sur les salaires l’éloigne aussi d’une autre période sensible de la fin de l’année : le changement de service (autrement dit, les changements horaires) qui donne traditionnellement lieu à de la grogne chez certains conducteurs et à des mouvements sociaux ici ou là.
2,2 % d’augmentation moyenne des salaires en 2025
Les NAO qui se sont tenues le 20 novembre ont d’ailleurs été marquées par un préavis de grève, même s’il ne visait pas -officiellement- directement ces négociations : une journée de grève le lendemain, 21 novembre, puis une grève illimitée et reconductible possiblement à partir du 11 décembre.
Les quatre organisations syndicales représentatives de l’entreprise doivent se retrouver dans la soirée du 21 novembre sur la suite à donner au mouvement. Elles devront aussi se tourner vers leurs adhérents pour décider si elles signent le nouvel accord salarial proposé par la SNCF : une augmentation moyenne de 2,2 % des salaires, se décomposant d’une hausse générale des salaires fixes de 0,5% au 1er avril 2025, d’une augmentation de la prime de travail de 13,5 euros par mois pour les statutaires, versés sur 12 mois et intégrant la prime de fin d’année, et d’une augmentation de 15 euros par mois sur le salaire de base des contractuels.
Accord sous conditions
« Pour 4ème année consécutive, la hausse proposée est supérieure à l’inflation, estimée à 1,5 % en 2025. Soit 0,7 point au-dessus de l’inflation« , souligne la direction de la SNCF. Le groupe va également maintenir la garantie d’un salaire minimum annuel équivalant à un SMIC annuel majoré de 10%, soit 1 580 euros net par mois. Il propose une clause de revoyure de la NAO si l’inflation évolue de manière significative courant 2025.
L’accord est mis à la signature des organisations syndicales jusqu’au 29 novembre. Il ne sera validé que si deux syndicats au moins le signent. Sinon, indique la direction, il ne sera pas appliqué, à l’exception « des mesures sur les bas salaires« .

La Province de Hollande-Méridionale a choisi de renouveler, pour 13 ans, la concession de transport confiée à Transdev pour desservir les communes de Hoeksche Waard et Goeree-Overflakkee (HWGO).
Le contrat, qui débutera le 14 décembre 2025, prévoit notamment une augmentation d’ici 2028 de 20 % de l’offre de transport, une plus grande amplitude horaire et des fréquences accrues. Les services seront réalisés avec une flotte composée à 100 % de bus à zéro émission, indique le groupe français dans un communiqué.
La concession actuelle, exploitée par sa filiale néerlandaise Connexxion, représente le transport de 4 millions de passagers par an, avec une flotte de 89 autobus. « Dès le premier jour de la nouvelle concession, l’année prochaine, la marque du réseau passera de Connexxion à Transdev« , précise encore le groupe.