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Ewa

27 trains à hydrogène commandés à Alstom pour la région de Francfort

iLint d'Alstom en Basse-Saxe

C’est la plus grosse commande de Coradia iLint décrochée par Alstom. Le contrat passé par le gestionnaire de matériel roulant Fahma se monte à environ 500 millions d’euros (part d’Alstom : 360 millions). Sans surprise, Alstom a remporté l’appel d’offres pour 27 trains alimentés par une pile à combustible. Le constructeur ayant pris une longueur d’avance dans le développement de cette technologie, on ne voit pas quel autre industriel aurait pu l’emporter. De plus, le produit a pu être mis au point grâce au soutien de trois Länder (Basse-Saxe, Rhénanie du Nord-Wesphalie, Bade-Wurtemberg), ainsi que de RMV (Rhein-Main-Verkehrsverbund), l’autorité des transports publics du très important réseau de la région de Francfort. Et Fahma (Fahrzeugmanagement Region Frankfurt RheinMain) est une filiale de RMV.

Alstom livrera ses trains en 2022. Ils remplaceront des autorails diesel sur quatre lignes desservant la périphérie de Francfort, dans la région du Taunus : RB11 (Francfort-Höchst – Bad Soden), RB12 (Francfort – Königstein), RB15 (Francfort – Bad Homburg – Brandoberndorf) et RB16 (Friedrichsdorf – Friedberg). Avec 160 places par train, ils vont offrir une augmentation de capacité de 40 % par rapport aux véhicules diesel.

Au delà du matériel, la commande comprend la fourniture d’hydrogène, la maintenance et la mise à disposition de capacités de réserve pour les 25 prochaines années. Alstom fournira l’hydrogène en coopération avec Infraserv Höchst, exploitant du parc industriel de Höchst. C’est dans ce parc, proche de Francfort, que seront ravitaillés en hydrogène, les iLint, tout commer les camions et les bus.

Le développement de la technologie intéresse au-delà des quatre régions pionnières. Comme l’a déclaré Enak Ferlemann, secrétaire d’État parlementaire du ministère allemand des Transports et de l’Infrastructure, « le gouvernement fédéral soutient cet investissement en assumant le surcoût de 40 % par rapport aux véhicules diesel et en soutenant la station de ravitaillement en hydrogène dans la même proportion. Ce projet peut servir de modèle pour le ministère allemand des Transports. Nous espérons que de nombreux autres projets en Allemagne suivront cet exemple. »

Les deux premiers trains à hydrogène au monde sont déjà en service commercial régulier sur le réseau Elbe-Weser en Basse-Saxe depuis septembre 2018. L’autorité locale des transports de Basse-Saxe (Landesnahverkehrsgesellschaft Niedersachsen, LNVG) exploitera 14 trains Coradia iLint sur cette ligne dès 2021. Le réseau RMV est donc le deuxième à se convertir à cette technologie. Avec quasiment deux fois plus d’unités commandées.

F. D.

Ewa

MTR Express reste le meilleur opérateur ferroviaire en Suède

Train MTR Express au départ de Göteborg

Quatre ans après le démarrage de ses trains grandes lignes en open access entre Stockholm et Göteborg, les deux principales villes suédoises, MTR Express a été classé, pour la quatrième fois de suite, meilleur opérateur ferroviaire dans l’enquête de satisfaction sur les transports de Svensk Kvalitetsindex (SKI). Dans l’édition 2019 de cette enquête, quinzième du genre, la qualité globale des transports est jugée à la baisse par les usagers, surtout pour les bus longue distance (70,2 % de satisfaits, contre 75,5 % en 2018), mais aussi pour les avions (66,8 %, contre 69,3 %) et les trains grandes lignes (61,2 %, contre 62,4 %).

Tous transporteurs et tous modes confondus, MTR s’en tire avec une honorable quatrième place (70 % de satisfaits) derrière deux compagnies de bus longue distance (appartenant à l’Etat norvégien) et une petite compagnie aérienne. Juste derrière MTR, la compagnie aérienne scandinave « historique » SAS s’en tire avec 69,7 %, devant le low cost Norwegian (65,7 %) et le « nouvel entrant » ferroviaire Snälltåget, filiale de Transdev et spécialiste des trains de nuit (65,6 %). L’opérateur ferroviaire « historique » SJ contribue quant à lui à faire baisser la moyenne des trains, avec 55,9 % de satisfaits.

Ponctualité et information

Selon SKI, outre la ponctualité, c’est l’information en situation perturbée qui fait la différence. Le fait que cette information soit trop souvent jugée lacunaire par nombre de voyageurs des trains grandes lignes SJ a contribué à la note médiocre de l’opérateur ferroviaire historique. MTR, son rival venu de Hongkong   , mesure quant à lui « un taux de satisfaction moyen de la clientèle légèrement supérieur à 90 % », sans doute en se basant sur des critères différents de ceux de SKI. Ceci dit, les ordres de grandeurs sont très différents d’un opérateur à l’autre : MTR Express propose 16 départs par jour, contre 1 200 pour SJ, ce qui facilite sans doute la qualité de service pour le premier.

Reste qu’en Suède, MTR s’y connaît également en matière de dessertes à haute fréquence, transportant plus d’un million de voyageurs par jour dans le métro et le RER de Stockholm. Mais ceci est une autre activité, qui n’était pas couverte par l’enquête SKI.

Patrick Laval

Ewa

400 000 euros pour rénover l’embranchement ferroviaire Mecateamplatform

Inauguration de l'embranchement Mecateamplatform à Montceau-les-Mines

Le patron de SNCF Réseau, Patrick Jeantet, a inauguré le 25 avril l’embranchement rénové de Mecateamplatform à Montceau-les-Mines (Saône-et-Loire). Une plateforme de 12 hectares dédiée à la maintenance et à la formation, créée par le cluster ferroviaire bourguignon « Mecateamcluster ».

Cofinancée par le gestionnaire d’infrastructure ferroviaire, la communauté urbaine du Creusot-Montceau et la société d’économie mixte pour la Coopération industrielle en Bourgogne, le coût de rénovation de cet embranchement à la ligne de Paray-le-Monial à Montchanin a représenté 400 000 euros, pour un mois de travaux.

Ces travaux pérennisent les investissements réalisés sur l’ancienne friche industrielle dominée par la silhouette du lavoir de Chavannes, aux portes de Montceau-les-Mines. En moins de deux ans, trois nouveaux bâtiments sont littéralement sortis de terre sur Mecateamplatform : la halle de maintenance mutualisée d’engins de travaux ferroviaires, inaugurée le 17 mai 2018, le pôle formation, dont le bâtiment et les voies-école accueilleront les séances de formation aux travaux ferroviaires, et la halle Erion France pour la maintenance des locomotives fret. Les aménagements de cette halle, dont l’inauguration devrait avoir lieu avant l’été, sont quasi achevés, comme a pu le constater Patrick Jeantet, peu avant l’inauguration de l’embranchement rénové.

1 200 engins par an à terme

Avec cette implantation dans le sud de la Bourgogne, la branche française d’Erion, filiale de Stadler et des chemins de fer espagnols Renfe, envisage de commencer par traiter quelque 150 locomotives par an, contribuant à la forte hausse que devraient connaître les échanges entre Mecateamplatform et le réseau ferré national. Dès 2020, il est en effet prévu que plus de 1 200 engins transitent chaque année par cette installation terminale embranchée pour bénéficier d’opérations de maintenance.

En attendant, une fois la halle Erion France et le bâtiment Travaux pratiques du pôle formation inaugurés, Mecateamcluster et la centaine d’entreprises qui en sont membres organiseront à Montceau-les-Mines l’événement biennal Mecateameetings. Cette manifestation, dont la quatrième édition se tiendra les 26 et 27 septembre prochains, combinera convention d’affaires et espaces d’expositions. « Des industriels belges, suisses, allemands ont manifesté leur intérêt », indique Mecateamcluster. L’édition 2019 bénéficiera d’un avantage unique en France pour une exposition ferroviaire professionnelle : les voies ferrées de Mecateamplatform permettront de présenter du matériel en extérieur.

P. L.

Ewa

A Ottawa, le premier Flirt canadien de Stadler

Rame Stadler Flirt pour Ottawa

La capitale du Canada et l’ingénieriste SNC-Lavalin ont à leur tour succombé au charme des rames Flirt de Stadler. Les deux partenaires ont passé la première commande du Flirt au Canada, dans le cadre du partenariat public-privé mis sur pied pour « l’Etape 2 » de la ligne Trillium : 16 kilomètres  ponctués de huit gares dans l’agglomération d’Ottawa, y compris la desserte de l’aéroport international Macdonald-Cartier. Le Canada sera le dix-huitième pays à voir circuler le train conçu par le constructeur suisse (notons que ce dernier a déjà reçu une commande de voitures panoramiques pour le Rocky Mountaineer, qui parcourt les Rocheuses au nord-est de Vancouver).

Chiffré à 106 millions de dollars canadiens (70 millions d’euros), le marché d’Ottawa porte sur sept rames de quatre caisses, en version diesel-électrique. Aux normes d’émissions Tier 4 final, les quatre moteurs diesel de 480 kW sont regroupés avec une partie de la transmission en power-packs. Conforme aux normes Class 4 (80 mph pour les trains de voyageurs, soit 128 km/h) des voies ferrées nord-américaines, le Flirt canadien satisfait également aux normes d’accessibilité nord-américaines et à la loi de 2005 sur l’accessibilité pour les personnes handicapées de l’Ontario. Produites à Bussnang, en Suisse, les rames Flirt sont également aux normes anti-incendie nord-américaines NFPA 130. Le constructeur souligne que ces trains seront « spécialement adaptés pour le dur climat du Canada », rappelant son expérience dans le domaine en citant comme exemples les Flirt déjà en service en Estonie, Norvège, Finlande et Suède.

Selon le contrat, Stadler s’engage à livrer les rames à Ottawa, où elles seront testées, à partir de mi-2021.

P. L.

Ewa

La « honte de l’avion » redonne sa chance aux trains de nuit

Train de nuit Snälltåget à Flemingsberg (banlieue de Stockholm)

Depuis quelque temps, prendre le train – de jour comme de nuit – plutôt que l’avion est devenu tendance en Suède, au point que certains ont médiatisé ce phénomène sous l’appellation flygskam, littéralement « honte de voler ». Dans le sillage de cette tendance, le gouvernement suédois a publié un communiqué selon lequel il allait « agir pour simplifier le voyage en train vers l’étranger ».

Car il faut actuellement bien du mérite pour prendre le train entre la Suède et le continent européen, à l’image de la jeune activiste Greta Thunberg. Il est en revanche plus simple de relier en train de nuit la Norvège voisine, qui n’est pas membre de l’Union européenne mais partage nombre de normes techniques avec le réseau ferré suédois. Paradoxalement, l’ouverture du lien fixe, le pont de l’Öresund, qui connecte depuis 2000 le réseau suédois au réseau européen, a entraîné la fin des trains de nuit vers le Danemark (seuls franchissent l’ouvrage des trains régionaux, voire grandes lignes, et le fret). Et depuis, les opérateurs « historiques » SJ et DB se sont retirés de l’exploitation de trains reliant la Suède et l’Allemagne en ferry. Ce train traversant la Baltique en bateau a toutefois survécu, mais à titre saisonner, exploité depuis 2012 par le « nouvel entrant » Snälltåget, filiale de Transdev : la saison 2018 a battu les records de fréquentation avec 12 000 voyageurs vers ou de Berlin… contre 200 000 voyageurs quand même sur les lignes aériennes entre la Suède et Berlin.

En service intérieur, la Suède connaît un réel retour en grâce du train de nuit ces dernières années. Les trains de nuit de service public dont Trafiverket, l’administration des transports, est autorité organisatrice et l’opérateur ferroviaire historique SJ, est l’exploitant après appel d’offres, sont de plus en plus souvent complets. Ceux qui n’ont pas trouvé de place dans les trains de service public peuvent se rabattre sur les trains « privés » Snälltåget, dont les tarifs sont généralement attractifs. Ces trains « privés » sont apparus avec l’ouverture du marché aux opérateurs en open access, intervenue en Suède en 2010 pour les services intérieurs.

Pour les services internationaux entre la Suède et le continent, en open access, l’offre se limite aux trains saisonniers Snälltåget vers Berlin. Afin d’augmenter l’offre, le gouvernement suédois a donné comme mission à Trafikverket d’organiser un appel d’offres « pour des trains de nuit avec des départs quotidiens vers plusieurs villes européennes », avec un budget de 50 millions de couronnes (environ 5 millions d’euros) à la clé. Déjà, l’opérateur historique SJ a fait part de son désintérêt à court terme – c’est à dire avant l’ouverture du lien fixe de Fehmarn (Danemark-Allemagne), qui devrait considérablement réduire les temps de parcours vers le continent européen… en 2026 ! D’ici-là les éventuels trains de nuit seraient obligés de faire un grand détour par le lien fixe du Grand Belt (ouvert en 1997). De son côté, Snälltåget, exploitant du train de nuit vers Berlin, sait bien quelles sont les difficultés techniques. Ses trains au gabarit suédois, plus généreux que le gabarit continental, ne circulent que par dérogation en Allemagne (sur le réseau de l’ex-RDA, apte à recevoir des trains de grand gabarit). Pour circuler au Danemark et en Allemagne (anciennement de l’Ouest), il faudrait acquérir des trains au gabarit continental. Côté locomotives, en revanche, les questions d’interopérabilité (alimentation électrique, sécurité…) ne posent plus de problèmes, grâce aux machines désormais proposées par les constructeurs.

Ceci dit, les opérateurs suédois ne sont pas les seuls en Europe à vivre le retour en grâce du train de nuit. Serco, avec son Caledonian Sleeper entre Londres et l’Écosse, ou l’opérateur autrichien  ÖBB avec son Nightjet sillonnant l’Europe centrale, pourraient également se mettre sur les rangs pour reconnecter la Suède au continent européen par le train !

P.L

Ewa

Stadler entre en bourse pour accompagner sa croissance

Trains Stadler (Greater Anglia au premier plan) à Innotrans 2018

Avec des commandes de plus en plus nombreuses et de plus en plus diversifiées dans un nombre croissant de pays, Stadler est indéniablement le constructeur de matériel roulant ferroviaire qui monte. De 2018 à 2019, son chiffre d’affaires devrait passer de l’ordre de deux à quatre milliards de francs suisses (presque autant en euros) pour un carnet de commandes de plus de 13 milliards de francs.

Suisse d’origine, mais de plus en plus implanté dans les pays où se situent ses marchés clés, Stadler aura besoin de capitaux pour accompagner cette croissance, tant interne (nouvelles usines, développement de nouveaux produits), qu’externe (récentes acquisitions des locomotives espagnoles de Vossloh et des tramways Solaris). Jusqu’à présent, l’effort financier était assuré par la société de participation PSC Holding, détenue par Peter Spuhler, président du conseil d’administration de Stadler et également actionnaire à 80 % de l’entreprise, après en avoir été directeur général pendant près de 30 ans de croissance.

L’annonce de l’introduction en bourse a officiellement eu lieu le 29 mars, avec bookbuilding (constitution d’un livre d’ordres) dès le 1er avril et cotation le 12. Les actions ont été mises en vente entre 33 et 41 francs par Peter Spuhler, soit directement, soit par sa société PSC Holding. Au terme de cette vente qui devrait rapporter entre 1,15 et 1,43 milliard de francs suisses, le dirigeant restera le principal actionnaire de l’entreprise.

Patrick Laval

Ewa

La frontière luxembourgeoise se dresse devant les TER français

TER lorrain et luxembourgeois à Luxembourg

Entre Brexit et poissons d’avril, voici une histoire (vraie) de frontière que l’on croyait effacée mais qui refait parler d’elle. Depuis le 1er avril, les voyageurs du TER partant de Nancy à 7h50 en direction du nord doivent effectuer une correspondance dans les cinq minutes en gare de Thionville s’ils souhaitent continuer vers Luxembourg. En effet, l’accès au réseau ferré du Grand-Duché n’est pas autorisé au train utilisé à titre temporaire pour remplacer une des 25 rames TER 2N NG de la SNCF assurant les dessertes transfrontalières entre la Lorraine et le Luxembourg. Pour l’instant, le problème reste limité : les rames TER 2N NG luxembourgeoises continueront d’assurer leurs dessertes au sud de la frontière, alors que les rames (ex-)lorraines du même type bénéficient d’une dérogation systématique pour circuler entre la frontière et Luxembourg. Mais jusqu’au 31 décembre prochain seulement pour ces dernières. A partir du 1er janvier 2020, les correspondances risquent donc de se multiplier…

Double ironie de l’histoire : non seulement ces obstacles apparaissent non loin de Schengen, lieu symbolique s’il en est de la libre circulation en Europe, mais ils sont liés au déploiement du système européen de gestion du trafic ferroviaire ERTMS, censé effacer les frontières techniques entre réseaux européens ! Plus exactement, ce problème annoncé est dû à l’absence d’équipement des trains français, alors que le réseau ferré luxembourgeois a été un des tout premiers à bénéficier d’un déploiement total d’ERTMS. Normal, se diront certains, vu l’extension limitée du réseau du Grand-Duché. Mais c’est ce type de raisonnement, répandu chez le grand voisin au sud de la frontière franco-luxembourgeoise, qui est en partie responsable du problème. Désormais, pour les Chemins de fer luxembourgeois (CFL), finies les dérogations successives accordées aux trains français… et tant pis si ces derniers ne sont pas prêts.

Relayée par la presse lorraine et par Bernard Aubin, fin observateur du rail dans le Grand Est, cette affaire aurait en effet pu être évitée si ERTMS avait été installé dans les rames TER 2N NG (ex-)lorraines, alors que l’équipement de leurs sœurs des CFL est terminé depuis 2010. Certes, une rame SNCF est actuellement équipée, mais pas encore homologuée, alors que deux sont en cours d’équipement au technicentre de Saint-Pierre-des-Corps. Reste à reproduire ensuite cette opération (qui prend deux mois par unité) dans quelque 22 TER 2N NG… La SNCF ayant par le passé obtenu des CFL plusieurs reconductions de sa dérogation, le retard a longtemps été jugé gérable côté français. Pourquoi un tel retard, d’ailleurs ? Parce que l’ancienne région Lorraine avait reculé devant le coût (28 millions d’euros selon Bernard Aubin), en absence de financement de l’État. Mais la collision de Dudelange, le 14 février 2017, a sans doute contribué à mettre fin aux reconductions de cette dérogation. Survenue 10 ans et demi après la catastrophe de Zoufftgen, sur le même tronçon et presque au même endroit, tout près de la frontière, la collision de 2017 aurait sans doute été évitée si ERTMS avait été activé. Or ce n’était pas le cas sur la rame luxembourgeoise accidentée, équipée ERTMS mais devant également circuler en France.

Le 1er janvier prochain, ERTMS sera de rigueur au nord de la frontière et il va falloir faire vite pour équiper un maximum de trains au sud. Mais pour ce qui est de la totalité du parc transfrontalier ex-lorrain, le délai ne pourra pas être respecté et une part non négligeable des 10 000 à 12 000 usagers quotidiens des trains France – Luxembourg aura sans doute droit à un peu d’exercice physique en chemin…

Patrick LAVAL

Ewa

Bombardier va rénover les navettes passagers d’Eurotunnel

eurotunnel contract signature laurent boyer franois gauthey

Presque 25 ans que le tunnel sous la Manche est en service… et ses navettes aussi. Alors que les générations de navettes poids lourds se sont succédé, les neuf navettes passagers (PAX), qui transportent voitures de tourisme, cars et motos entre la France et l’Angleterre, sont les mêmes que dans les années 1990. Et c’est leur constructeur de l’époque, Bombardier Transport, qui a été choisi par Eurotunnel pour la rénovation mi-vie de ces trains hors normes par leurs dimensions (800 m de long, 2 400 tonnes, très grand gabarit) et leur utilisation intensive (jusqu’à 12 autocars et 120 voitures par traversée). En effet, chaque mois, ces navettes assurent en moyenne 300 allers et retours d’une centaine de kilomètres chacun.

A matériel hors normes, contrat hors normes. Chiffré à 150 millions d’euros, ce marché représente l’investissement stratégique « le plus important signé depuis 25 ans » par Eurotunnel, a indiqué François Gauthey, Directeur général délégué du Groupe, lors de la signature du contrat à Paris, le 20 mars. « Nous nous sommes tournés vers ceux qui les ont construites », souligne le dirigeant. Le Groupe qui n’est pas soumis aux règles de passation des marchés publics a en effet eu toute latitude pour effectuer son choix (rappelons qu’à l’époque, la fourniture des navettes avait été attribuée à Bombardier en tant que membre du consortium Euroshuttle Wagon Group).

Remerciant François Gauthey, Laurent Bouyer, président de Bombardier Transport France, a rappelé que la signature de ce contrat marquait « quasiment le trentième anniversaire de l’arrivée de Bombardier en France », et que « le projet Eurotunnel a été un des tout premiers après notre arrivée en France ». Le projet de rénovation sera quant à lui « le plus important en Europe par son ampleur et son ambition » ; il « marque une étape importante du développement de notre activité de rénovation et fait de Bombardier le leader incontesté de ce marché en France », selon Laurent Bouyer.

Une telle opération nécessitera une coopération étroite entre Eurotunnel et Bombardier, mobilisant les connaissances des deux parties. Environ 150 salariés de Bombardier seront accueillis sur le site Eurotunnel de Coquelles, plus une trentaine d’ingénieurs qui resteront au site Bombardier de Crespin ou seront présents sur un plateau projet à Lille. « Une équipe projet est déjà en place », précise Pierre Michard, directeur services France Benelux de Bombardier Transport : « Après deux ans de développement, le démarrage de la première rame de présérie aura lieu en septembre 2021, pour une rénovation terminée en juin 2022 ».

« Le travail s’effectuera chez nous car nos navettes ne peuvent pas sortir question gabarit », explique François Gauthey. De plus, du fait de sa forte sollicitation, le parc (254 wagons) devra être aussi disponible que possible. En particulier, « les neuf navettes seront en exploitation en été ». Le travail sera donc concentré « sur dix mois, de septembre à juin ». Tout ceci explique pourquoi l’opération de rénovation devra s’étaler sur sept ans à compter de 2019, au rythme de « deux navettes rénovées par an, la première en 2022, les neuf en 2026 ».

Rappelons que chaque navette, encadrée par deux locomotives, se compose de deux rames en acier inoxydable, l’une à simple pont (pour les autocars, minibus, caravanes et véhicules d’une hauteur supérieure à 1,85 m), l’autre à double pont (pour les voitures de tourisme et les motos). Chacune de ces deux rames comprend 12 wagons porteurs encadrés par deux wagons chargeurs, à simple ou double pont selon les véhicules transportés. Lors de la conception de ces navettes, un soin particulier a été apporté au choix des matériaux pour résister au feu, les wagons étant équipés en détecteurs (de fumées, de chaleur et d’incendie), ainsi qu’en portes coupe-feu spécifiques.

Chacun des deux signataires du contrat aura son rôle à jouer durant l’opération de rénovation des neuf navettes, qui « permettra une augmentation de la fiabilité et un renouvellement de l’expérience client (connectivité, affichage, confort, design, climatisation, impact environnemental grâce à la réduction des gaz à effet de serre…) ».

Conseiller technique du projet de la rénovation, Bombardier pilotera l’intégration et les opérations de rénovation des rames, sauf pour les wagons chargeurs à simple pont, ainsi qu’une grande partie des études et achats liés notamment aux équipements destinés à être remplacés (aménagement intérieur, toilettes, tuyauterie, câblage…), sur un design intérieur signé par le cabinet Yellow Window.

De son côté, Eurotunnel se chargera de l’étude et l’achat des principaux équipements techniques (freins, portes, portes coupe-feu, détection incendie, chauffage, ventilation et climatisation), ainsi que des wagons chargeurs simple pont. Eurotunnel assurera l’homologation des navettes rénovées auprès des autorités avec le support technique de Bombardier pour la préparation des éléments du dossier.

En dépit d’un environnement contraignant (humidité, sel, utilisation intensive), la structure des navettes est « toujours en état impeccable, supérieur à ce à quoi nous nous attendions », indique Pierre Michard. Il faut dire que si le constructeur se félicite de la « conception très intelligente » du matériel, l’exploitant estime avoir assuré une « bonne maintenance » !

Patrick Laval

Ewa

La Fnaut a son mot à dire dans le Grand débat national

Correspondance TER à Neussargues (Cantal)

Alors que l’on s’achemine vers la clôture du Grand débat national, le 15 mars, la Fédération nationale des associations d’usagers des transports (Fnaut) y apporte sa contribution en rappelant d’emblée les engagements de réduction des émissions de CO2 dans les transports pris en 2017 par Emmanuel Macron. Deux ans plus tard, les mesures fiscales sur les carburants n’ont plus bonne presse et les automobilistes sont caressés dans le sens du poil, « au détriment des transports publics », pense la Fnaut, qui défend les utilisateurs des modes collectifs.

« C’est un recul de 15 ou 20 ans dans la gestion collective de la mobilité, construite pas à pas depuis la Loti de 1982 », proclame-la fédération rappelant que, contrairement aux idées reçues, ce sont les fluctuations du pétrole et non les taxes qui sont la cause majeure (à hauteur de 75 %) des hausses du prix du carburant. Mieux : le prix réel des carburants automobiles est aujourd’hui moins élevé qu’en 1970 et reste au niveau de 2012, tout en se situant dans la moyenne européenne (plus cher qu’en Espagne ou en Allemagne, mais moins qu’au Royaume-Uni et en Italie). Enfin, ajoute la Fnaut, si l’on tient compte de la diminution de la consommation des véhicules et des réévaluations du Smic, la même durée de travail permet aujourd’hui de faire un plein permettant de parcourir une distance de 57 % plus élevée qu’en 1970 en diesel et de 171 % supérieure avec de l’essence !

Dépendance automobile, TVA transport

L’enjeu fondamental n’est donc pas la hausse des taxes sur les carburants, mais la dépendance automobile. Si des aides financières peuvent se justifier pour des automobilistes « de condition modeste et habitant des zones encore dépourvues de tout transport collectif aux heures où ils se rendent à leur travail », ce transport peut – et doit – être développé dans les zones périurbaines et rurales, estime l’association de défenses des usagers du transport, citant des exemples européens et soulignant les économies qui peuvent être réalisées en se rabattant sur des parkings-relais. N’hésitant pas à défendre des mesures impopulaires comme la limite de vitesse à 80 km/h (pour « de bonnes conditions de sécurité ») ou les taxes sur le carburant « pour modérer l’usage de la voiture et la facture pétrolière, contribuer à la lutte contre la pollution de l’air et le réchauffement climatique », la Fnaut demande donc au gouvernement de maintenir la hausse prévue de ces taxes, de consacrer « une part accrue du produit de ces taxes à l’extension des aménagements cyclables et des transports publics ferroviaires et routiers, en priorité dans les territoires périurbains et ruraux où ils sont sous-développés et où de nombreuses “petites lignes” sont menacées de disparition », et de rétablir le taux de TVA à 5,5 % sur les transports publics (au lieu de 10 %). Ce dernier point « donnerait aussi aux autorités organisatrices des moyens supplémentaires pour généraliser la tarification solidaire », selon Bruno Gazeau, le président de la fédération, qui rappelle que le taux de TVA appliqué aux transports publics est de 0 % au Danemark, en Irlande et au Royaume-Uni.

Mais il faudrait aussi une réelle équité entre modes de déplacement et la Fnaut dénonce d’importantes aides fiscales accordées au covoiturage (200 millions d’euros par an), au transport aérien (500 millions d’euros par an, avec du carburant détaxé), voire aux cars « Macron » (25 millions d’euros par an) : « il n’est pas acceptable que la France figure au 24e rang des 28 pays européens pour les recettes fiscales provenant de la fiscalité écologique », souligne Bruno Gazeau.

De l’argent pour la défense des voyageurs

Rappelant l’utilité des « petites lignes » ferroviaires et le constat que leur remplacement par des cars sont rarement des réussites en matière de fréquentation globale des transports publics, la Fnaut considère que ces voies ferrées « peuvent être maintenues en activité à un coût acceptable par les régions ». S’opposant à la fermeture des gares ou guichets sans alternative, la Fnaut s’insurge contre les projets de la SNCF en matière de tarifs des billets vendus à bord des trains et demande, à l’entreprise comme aux régions, « de mettre en place des points d’accueil et de vente multimodaux avant toute fermeture de guichet SNCF ». Enfin, toutes les « petites lignes » ne sont pas si « petites » et certaines sont sous-utilisées là où elles pourraient desservir des agglomérations : la Fnaut réitère donc son souhait de voir se développer des « RER métropolitains » en France (à l’image des réseaux de S-Bahn en Allemagne).

Constatant des régressions – actuelles ou prévues – de l’offre ferroviaire SNCF, la Fnaut demande que l’Etat respecte ses engagements en matière de desserte des territoires par les TGV et insiste particulièrement sur la relation Strasbourg – Marseille par le Revermont, les dessertes entre la Lorraine et la Méditerranée et la publication deux ans à l’avance des modifications horaires envisagées.

Plus largement, les représentants d’usagers des transports devraient être associées aux décisions, particulièrement les fermetures de services, et puissent saisir le régulateur (Arafer), « en cas de manquements aux obligations d’ouverture et de publication des données publiques relatives au transport ». Enfin, défendre les usagers a un prix, y compris pour la Fnaut et ses représentants, qui demandent que « 0,01 % de la masse salariale affectée à la réalisation des services conventionnés soit attribuée aux Fédérations nationales d’usagers ».

Patrick Laval

Ewa

Canada – Jusqu’où pourrait aller l’affaire SNC Lavalin ?

REM de Montréal

Jusqu’à présent, cette affaire n’a pas fait beaucoup de bruit sur les rives européennes de l’Atlantique. Mais au Canada, c’est un scandale national, qui éclabousse jusqu’au sommet du gouvernement fédéral et met en péril SNC Lavalin, une des entreprises d’ingénierie les plus réputées du pays.

Les origines de cette « affaire SNC Lavalin » remontent au temps où la famille Khadhafi présidait encore aux destinées de la Libye : l’entreprise québécoise est accusée d’avoir « donné, offert ou convenu de donner ou d’offrir » à une société libyenne « un prêt, une récompense ou un avantage de quelque nature que ce soit d’une valeur de 47,7 millions de dollars [canadiens ] ou plus ».

L’actuel Premier ministre Justin Trudeau, qui n’était pas au pouvoir à l’époque (2001-2011), souhaiterait éviter un procès criminel à SNC Lavalin, qui risquerait une exclusion des contrats publics fédéraux pendant dix ans. Un tel jugement aurait des répercussions considérables, non seulement pour l’activité au Canada – sur 50 000 salariés dans le monde, SNC Lavalin en compte 3 000 au Québec, plus 5 600 dans les autres provinces – mais dans le reste du monde, où l’entreprise verrait sa réputation ternie. De plus, soulignent les observateurs de la politique canadienne, l’entreprise d’ingénierie se trouve être un des financeurs du Parti libéral au pouvoir à l’échelon fédéral.

Il semble que des pressions aient été exercées, au sein du gouvernement, sur Jody Wilson-Raybould, ministre de la Justice et procureure générale jusque début 2019, afin qu’elle tente de convaincre le Service des poursuites pénales du Canada de conclure un accord de réparation avec SNC Lavalin, ce qui éviterait un procès criminel. Toujours est-il que début 2019, Jody Wilson-Raybould a reçu le portefeuille des Anciens combattants, avant de démissionner.

Nouvelle démission dans le gourvernement Trudeau

Si les conséquences politiques de l’affaire sont considérables (une nouvelle démission au sein du gouvernement a été annoncée le 4 mars, alors que les élections approchent), que deviendront les projets pilotés par SNC Lavalin, en particulier dans le domaine Rail & Transit ? Déjà, des soupçons de favoritisme refont surface, par exemple pour l’attribution du projet REM à Montréal (photo) qui vise à établir un réseau de métro léger via le tunnel ferroviaire sous le Mont-Royal. Un projet qui attirent des critiques, car il imposera un changement pour rejoindre le cœur de Montreal aux usagers de certaines lignes de banlieue.

SNC Lavalin est également aux commandes de la ligne de métro Canada Line de Vancouver jusqu’en 2040 et membre du partenariat public-privé pour le tramway Confederation Line d’Ottawa. Outre ces grands projets canadiens, l’entreprise d’ingénierie a pris une dimension mondiale ces dernières décennies : en France, elle s’est fait connaître par le Panoramique des Dômes et en Grande-Bretagne, elle participe à plusieurs grands projets comme la ligne à grande vitesse HS2 ou les nouveaux trains de nuit écossais.

La récente croissance de SNC Lavalin à l’international ayant été rendue possible par l’acquisition de bureaux d’études, en particulier britanniques, des voix proposent déjà de rebaptiser la maison mère du nom d’un de ces bureaux, dont la réputation ne serait pas entachée…