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Ewa

Ferrmed voit un haut potentiel pour la grande vitesse entre Paris et Barcelone

TGV à Barcelone

Actuellement reliées par TGV en 6 heures 27, les villes de Paris et Barcelone pourraient n’être plus qu’à quatre heures l’une de l’autre en 2025 si la ligne nouvelle est construite entre Montpellier et Perpignan, selon l’association Ferrmed. Cette dernière, qui compte « 130 membres dans 13 pays différents dans l’Union européenne, la Russie et la Chine », a pour objectif principal « l’amélioration du système de transport multimodal en Europe, particulièrement le transport fret ferroviaire », en mettant l’accent sur « le grand axe ferroviaire transeuropéen Scandinavie – Méditerranée occidentale ».

Embranchée sur cet axe, la relation Paris – Barcelone était le sujet de la conférence organisée au siège de l’UIC à Paris le 28 février par Ferrmed et Energie TGV, association française pour la promotion du transport ferroviaire transpyrénéen. Et l’association Ferrmed en est convaincue : « avec les actions [que nous avons] proposées, pleinement développées, avec la possibilité d’avoir des trains grande vitesse directs entre Paris et Barcelone avec une durée de voyage de quatre heures, 30 % des passagers voyageant entre ces deux grandes villes en avion et en voiture pourraient être transférés au rail, ce qui signifierait 3 800 passagers supplémentaires par jour en train, soit 8 TGV Duplex à ajouter à ceux actuellement en service ». De plus, certains membres de ces associations verraient d’un bon œil le retour des trains de nuit entre Paris et Barcelone.

Pour justifier cette estimation qui changerait complètement la donne – la fréquentation des trains serait multipliée par 3,5 -, Ferrmed part de la moyenne journalière du trafic de voyageurs entre Paris et Barcelone en 2018, soit 19 500 personnes. Ces dernières se répartissent entre 8 200 passagers aériens – « aucune autre liaison entre Paris et une ville européenne n’est plus fréquentée que la liaison avec Barcelone », souligne Ferrmed -, 5 300 qui choisissent le car, 4 500 qui prennent leur automobile et (seulement) 1 500 voyageurs qui préfèrent le train… « Ces trafics montrent une tendance à la hausse, année après année », ajoute Ferrmed, qui reste finalement assez prudente en considérant qu’un train à grande vitesse capterait 30 % du marché. En reliant Madrid et Barcelone en quelque trois heures, les AVE ont pris une part équivalente, alors que la liaison aérienne en concurrence avec le TGV Paris – Toulouse (un peu plus de quatre heures de temps de parcours) reste la plus fréquentée de France…

Mais il n’y a pas que la grande vitesse : en ce qui concerne le fret, selon les enquêtes et études réalisées par Ferrmed et Energie TGV, « sur les 12 000 camions qui traversent quotidiennement la frontière franco-espagnole via La Junquera et ceux qui le font entre la France et l’Italie, 30 % pourraient être transférés au rail ». A condition toutefois que les camions ou remorques « soient systématiquement transportés par chemin de fer sur des distances supérieures à 1 000 km », comme le propose Ferrmed, qui estime que « l’ensemble de ces actions se traduit par une réduction des coûts de transport de plus de 25 % et, en ce qui concerne les aspects environnementaux, par une économie de 2 millions de tonnes d’émissions de gaz à effet de serre ». C’est pourquoi les deux associations « invitent les gouvernements français et espagnol à prendre immédiatement des mesures urgentes à court et moyen terme afin de se conformer aux objectifs environnementaux du Livre blanc de la CE et d’éviter de graves problèmes de saturation du transport terrestre, tant routier que ferroviaire ». Mais vu le peu d’échos que cet appel a eu dans les médias au nord des Pyrénées, on risque d’attendre encore longtemps le TGV Paris – Barcelone en quatre heures…

Ewa

Trump s’en prend à la Californie à propos de la grande vitesse

Vue d'artiste d'un train à grande vitesse californien

« La Californie veut à présent revoir à la baisse son projet déjà raté de « train rapide » en réduisant substantiellement la distance de sorte qu’il ne va plus de LA à San Francisco. Un projet différent et des dépassements de coûts records. Rendez au gouvernement fédéral les milliards de dollars GASPILLÉS ! »

Ce tweet de Donald Trump a été publié le 20 février, huit jours après l’annonce par Gavin Newsom, le gouverneur démocrate de l’Etat, d’une révision à la baisse du projet de ligne à grande vitesse entre San Francisco et Los Angeles. Le gouverneur estime que le projet de ligne nouvelle envisagé « coûterait trop cher et prendrait trop de temps ».  La Californie veut donc oublier les  tronçons nord et sud de la ligne,  pour s’en tenir au  tronçon central de 190 km entre Madera (à 280 km au sud-est de San Francisco) et Bakersfield (à 200 km au nord de Los Angeles). Tracé dans l’axe de la vallée centrale californienne, ce tronçon, en cours de construction, doit être terminé d’ici décembre 2022, selon le délai fixé par le gouvernement fédéral qui a participé au financement du projet à hauteur de 3,5  milliards de dollars (trois milliards d’euros). Pour Gavin Newsom, cette réduction de voilure ne signifie ni l’abandon du projet, ni la mise en service d’un « train pour nulle part », comme le prétendent ses opposants. 

Les relations entre la Californie et la présidence des Etats-Unis sont exécrables.  16 Etats – dont la Californie, chef de file du mouvement – ont annoncé le 18 février leur intention de poursuivre Donald Trump pour « abus de pouvoir», à la suite de sa proclamation de l’urgence nationale. Cible des Etats frondeurs, tous démocrates sauf un : le projet de mur à la frontière mexicaine. La réponse présidentielle ne s’est pas fait attendre, via le tweet fustigeant le projet « raté » de Californie. Donald Trump cherche à annuler le versement de 929 millions de dollars (820  millions d’euros) au projet californien et envisage de récupérer les quelque deux milliards et demi de dollars déjà « WASTED ! »

Patrick LAVAL

Ewa

Une plateforme de formation aux métiers du ferroviaire sort de terre en Ile-de-France

Plan de la future plateforme de formation EA-IDETEC

L’Ile-de-France n’est peut-être pas la première région à laquelle penseraient les candidats à une formation aux métiers du ferroviaire. Et pourtant, la région parisienne est la plus dense en activité ferroviaire, avec 10 % du réseau ferré national, 3 700 km de voies à entretenir, 70 % des voyageurs plus de 6 000 trains par jour (40 % du total national), sans oublier les grands projets que sont le prolongement d’Eole, le Grand Paris Express… et CDG Express. C’est pourquoi le nombre d’emplois de la filière devrait progresser « de 4 % entre 2020 et 2025, pour un besoin net de 13 750 recrutements dans les secteurs de la voie ferrée, caténaire et signalisation », selon les promoteurs de la plate-forme ferroviaire de L’ÉA-Itedec.

Les poses de la première pierre et du premier rail de cet établissement de formation ont été célébrées à Aubergenville (Yvelines), le 15 février, en présence de Didier Kling, président de la CCI Paris Ile-de-France, Pierre Bédier, président du conseil départemental des Yvelines et du groupement d’intérêt public ActivitY’, Xavier Gruz, directeur du projet Eole-Nexteo SNCF Réseau et Jacques Empinet, président du conseil d’établissement de L’ÉA, les écoles des éco-activités. Chiffré à 2,8 millions d’euros (dont 35 % financés par le Conseil départemental des Yvelines et 29 % par le projet EOLE), ce projet de plate-forme ferroviaire est présenté comme unique en France (en fait, des centres de formation similaires existent ou sont en construction, tel le Campus Mecateam en Bourgogne). Il doit permettre la formation de près de 300 apprentis et stagiaires aux métiers du ferroviaire entre 2019 et 2021. « Nous avons souhaité mettre en place ce projet unique en France sur le campus de notre école L’ÉA-Itedec, avec le soutien de nos partenaires, parmi lesquels le conseil départemental des Yvelines, l’Agence d’insertion ActivitY’, l’Etat et la Direccte Ile-de-France, Bouygues Énergies & Services, le Groupe Eltia et Eole/SNCFL’objectif est d’aider les entreprises qui aménagent les transports ferroviaires pour les villes de demain à garantir la montée en compétences de leurs salariés et à recruter des jeunes formés à ces métiers d’avenir », a expliqué Didier Kling. Pierre Bédier a ajouté que le projet de plate-forme était ouvert « à tout type de public : jeunes, bénéficiaires du RSA ou demandeurs d’emploi de longue durée ». Les candidats en formation pourront bénéficier par la suite des emplois générés par les clauses d’insertion dans les marchés publics.

Doté de 600 m de voies formant un « Y », avec appareils de voie et d’un passage à niveau, le site d’Aubergenville comprendra trois zones distinctes de formation aux métiers : signalisation (génie civil signalisation, câbleurs des installations de signalisation, vérificateurs techniques des installations, essayeurs/intégrateurs des installations, mainteneur), caténaire (conducteurs de nacelle élévatrice rail-route, poseurs caténaires, superviseurs des travaux sur les caténaires, mainteneurs des caténaires) et voie ferrée (conducteurs de pelle rail-route, poseurs de voie et d’appareil de voie, superviseurs des travaux sur les voies, mainteneurs de la voie).

La plateforme intérieure sera constituée de plusieurs ateliers offrant différentes composantes techniques nécessaires à la pratique des métiers du ferroviaire : atelier soudure (proposant 12 cabines cloisonnées pour des mises en situation à l’échelle 1 de travaux de soudures et de forges), atelier de maçonnerie (permettant la mise en œuvre d’éléments bétons constituant des gares et quais ou encore de passages à niveau et de voies urbaines), laboratoire (autorisant des tests de matériaux dédiés au ferroviaire), salles équipées (de logiciels dédiés, d’équipements communiquant permettant le pilotage des éléments de signalisation et autres éléments actifs des voies), espace dédié à la sécurité et aux métiers agissants sur les réseaux d’alimentation en électricité et/ou de communication (équipés de poteaux aériens et de caniveaux communicants avec ceux du plateau technique ferroviaire) et enfin zone de déploiement de la fibre optique dans le cadre des réseaux ferrés.

Ewa

Et voici le MP14, premier métro parisien de 120 mètres

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Ce sera le plus long des métros parisiens, avec ses huit voitures qui en font une rame de 120 mètres. Cette version longue et à conduite automatique du métro sur pneus MP14 d’Alstom, que la RATP compte mettre en service à fin 2019 ou début 2020, est destinée à la ligne 14, mais c’est sur la ligne 1 qu’elle effectue, de nuit, des essais de type depuis janvier. Un choix qui se justifie à deux titres au moins.

D’une part, la plus ancienne ligne parisienne est équipée pour la circulation des métros sur pneus et présente les caractéristiques géométriques les plus exigeantes du réseau (courbes très serrées à la Bastille, rampes prononcées au Pont de Neuilly), qui permettront de vérifier la conformité du nouveau matériel pour ce qui est de ses performances. C’est ainsi qu’après des essais statiques, visant à valider les fonctionnalités de base du matériel, les essais dynamiques sont menés en ligne jusqu’à l’été prochain, avec pour but de vérifier plus précisément le freinage, la traction, la compatibilité électromagnétique ou le confort acoustique, mais aussi climatique.

D’autre part, les ateliers de la ligne 1 situés à Fontenay-sous-Bois (Val-de-Marne) sont actuellement les seuls adaptés à l’accueil et à la maintenance d’une rame de 120 mètres pendant les essais, en attendant l’achèvement du nouveau site de maintenance et de remisage de la ligne 14, à Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis). Un site que le MP14 rejoindra d’ici la fin de l’année, lorsque débuteront les essais portant cette fois sur le système de conduite automatique et les moyens audiovisuels embarqués, cette fois-ci sur la ligne 14. Ce n’est qu’une fois ces essais réalisés et l’autorisation de mise en service obtenue que la première rame, entièrement équipée et aménagée par son constructeur Alstom, pourra accueillir ses premiers voyageurs.

imgp9368Car dans son état actuel, cette première rame est pour l’essentiel dépourvue de son aménagement intérieur qui, lorsqu’il sera en place, offrira de nouveaux sièges à l’ergonomie revue et davantage de places aux personnes à mobilité réduite que l’exige la réglementation en vigueur. Indispensable pendant la phase d’essais sur la ligne 1, en conduite manuelle, le pupitre de conduite du premier MP14 (qui sera escamoté quand il sera en service) est actuellement l’équipement qui se fait le plus remarquer à l’intérieur ! L’éclairage de la rame est également en place ; à base de LED, il a été entièrement repensé et contribue à réduire de 20 % la consommation énergétique du MP14 par rapport au MP05, modèle sur pneus le plus récent actuellement. Une autre réduction promise par le nouveau matériel est celle du bruit intérieur, à hauteur de 40 %.

Le MP14 n’est pas uniquement destiné à la ligne 14, il doit équiper à partir de 2021 la ligne 4 en version à six voitures, après son passage en mode automatique, ainsi que la ligne 11 à partir de 2022, en version à 5 voitures avec conduite manuelle (qui pourra par la suite être convertie pour la conduite automatique). Au total, 72 nouvelles rames doivent être livrées ces cinq prochaines années par Alstom, pour un coût de 1 096,22 millions d’euros, entièrement financé par Ile-de-France Mobilités. « Plus de 2 000 emplois seront pérennisés en France chez Alstom et ses fournisseurs » rappelle le constructeur, dont huit sites participeront à ce projet : Valenciennes (conception et fabrication), le Creusot (bogies), Ornans (moteurs), Villeurbanne (électronique embarquée), Tarbes (traction), Aix-en-Provence (informatique de sécurité), Reichshoffen (études de collision) et Saint-Ouen (design).

Patrick LAVAL

 

 

Ewa

Douze blessés dans une collision sur le tram T2 francilien

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Le 11 février, vers 21h05, deux tramways circulant dans le même sens sont entrés en collision avec des voyageurs à leur bord sur la ligne T2 du tramway francilien entre les stations Issy-Val-de-Seine et Jacques-Henri-Lartigue. Selon la RATP, « la première rame, à l’arrêt, aurait été heurtée à l’arrière par la rame qui la suivait, ce qui l’a fait sortir de la voie ». Le bilan donné par les pompiers le soir de l’accident faisait état de « 11 blessés légers et un blessé grave ».

Catherine Guillouard, présidente-directrice générale de la RATP, s’est rapidement rendue sur le lieu du rattrapage, où la double voie du T2 longe celles du site de maintenance et de remisage (SMR) des Moulineaux (Hauts-de-Seine). La dirigeante a alors déclaré que « les circonstances ne sont encore ni connues ni établies », donnant toutefois une précision : « Un tramway cherchait à rentrer au SMR, il était en attente de manœuvrer, un deuxième attendait derrière et c’est un troisième qui est rentré dans le second ».

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Intérieur d’une des rames accidentées. © SUD RATP

Une enquête a immédiatement été déclenchée, indique la RATP, « afin de faire toute la lumière sur les circonstances de cet accident ». Sans en attendre les premières conclusions, toutes les équipes disponibles sont intervenues dès la nuit du 11 au 12 février pour procéder aux opérations de relevage des rames et vérifier les voies et caténaires. Après 36 heures de travaux, y compris de nuit, le trafic a été rétabli entre Parc-de-Saint-Cloud et Issy-Val-de-Seine le 13 février à 10 h 10.

Située sur le tracé de l’ancienne voie ferrée de Puteaux à Issy-Plaine, non loin de la rive gauche de la Seine, la section sur laquelle le rattrapage est survenu le 11 février est en site propre. Le T2 étant un tramway, donc en principe un véhicule routier, la conduite se fait à vue sur ses voies, avec ici des panneaux de limitation de vitesse et des signaux de protection d’itinéraire. Cette conduite « routière », qui distingue le tram du train, présente-t-elle un niveau de sécurité suffisant ? La question s’est posée à Strasbourg après un rattrapage ayant fait 17 blessés dans le tunnel donnant accès à la station souterraine de la gare, en octobre 1998. Depuis, le tunnel a été doté d’une signalisation de type ferroviaire, avec découpage en cantons et feux, afin d’espacer le passage des trams. La question s’est également posée en Grande-Bretagne suite au déraillement d’un tram en survitesse dans une courbe serrée du tram de Croydon (Londres) en novembre 2016. Dans les conclusions de son rapport sur ce déraillement qui a fait sept morts et 58 blessés, le RAIB (bureau enquête accidents ferroviaires) envisage d’introduire un contrôle de vitesse sur les tramways britanniques. De ces deux cas, il semble ressortir que pour plus de sécurité, le tram doive s’inspirer du train…

P. L.

Ewa

Les ingénieurs britanniques préfèrent la caténaire à l’hydrogène

HydroFlex (hybride électrique-hydrogène britannique)

Il faut poursuivre l’électrification sur la plupart des lignes du réseau ferré britannique plutôt que mettre en œuvre des trains à hydrogène, ces derniers devant être limités aux « petites lignes ». Telle est, résumée, la conclusion tirée par l’Institution of Mechanical Engineers (IMechE), association d’ingénieurs britanniques, dans son rapport intitulé The Future for Hydrogen Trains in the UK. Un rapport dont le point de départ est la constatation du retard pris par le réseau ferré britannique en matière d’électrification par rapport aux réseaux européens comparables. Ses auteurs qualifient de « sporadique » la nature de l’électrification britannique, sans vision à long terme et procédant par vagues séparées de périodes de calme plat, la dernière en date étant les quinze années après la privatisation.

Or depuis maintenant un an, le gouvernement du Royaume-Uni l’a dit et redit : en 2040, c’en sera fini des trains en traction diesel sur le réseau ferré britannique. Et ce, même si seulement 42 % de ce réseau est électrifié et que le gouvernement a annulé, il y a un an et demi, trois projets de mise sous caténaire dans le sud du pays de Galles, les Midlands et le nord de l’Angleterre. Une décision mal accueillie par la profession, mais justifiée par les politiques, prétextant une hausse des coûts de l’électrification et l’arrivée de solutions « innovantes », comme les rames bimodes Hitachi… ou l’hydrogène, qui a depuis donné lieu à trois projets (HydroFlex, Breeze et Vivarail).

Lire aussi : Alstom dévoile son train à hydrogène britannique

Face à cette nouvelle mode du train à hydrogène, IMechE a donc publié son rapport, le 7 février. Dans leurs évaluations, les auteurs de cette étude ont aussi bien pris en compte l’hydrogène « gris », synthétisé à partir d’hydrocarbures gazeux ou liquides, que le « vert », produit par électrolyse avec de l’électricité renouvelable. Résultat : « l’hydrogène ne convient pas à la traction ferroviaire, en tout cas si de grandes puissances sont mises en œuvre, et ne devrait donc pas être considéré comme une alternative à l’électrification ». En effet, « un train à hydrogène a besoin de deux fois et demie plus d’énergie qu’un train comparable en traction électrique » pour le même résultat, si l’on considère que le rendement de l’électrolyse est de 68 % et celui des piles à combustibles de 52 %, une perte supplémentaire de 6 % étant due à la compression de l’hydrogène à 350 bars. Avec ce rendement global de 33,2 %, une puissance de l’ordre de 3 kW est nécessaire pour obtenir 1 kW à la jante d’un train à hydrogène, tandis qu’un train alimenté par caténaire n’aura besoin que de 1,2 kW pour le même résultat. Pire : le rendement est encore plus bas si l’on utilise de l’énergie renouvelable pour produire l’hydrogène ! Pour IMechE, l’hydrogène, du fait de sa faible densité d’énergie (4,6 MJ par litre à 350 bars, contre 35,8 MJ par litre pour du gasoil), n’est pas adapté aux trains à grande vitesse et de fret, les réservoirs de combustible occupant alors un trop grand volume.

Lire aussi : Un troisième projet britannique de train à hydrogène

Le rapport considère que l’hydrogène ne devrait être une option que sur les lignes où l’électrification n’est pas défendable à long terme pour des raisons d’ordre technique, environnemental ou économique – soit essentiellement des « petites lignes » isolées, à caractère rural. Enfin, trois recommandations sont émises par IMechE :

  •  le gouvernement britannique devrait remettre en question son intention de revoir à la baisse les projets d’électrification et lancer « un programme d’électrification plus innovant et à long terme » ;
  • le secteur ferroviaire devrait inciter le développement et le déploiement de trains à hydrogène et des stations-service en vue de réduire les risques technologiques ;
  • la mise en œuvre de l’hydrogène devrait être développée en clusters autour des sites où il est déjà produit et où il serait possible d’associer les différents moyens de transport (train ou bus), afin de diminuer et de répartir les coûts.

Même si les lois de la physique sont les mêmes des deux côtés de la Manche et que les constats de cette étude peuvent être transposés, par exemple, au cas français, n’oublions pas que le rapport d’IMechE a été avant tout écrit pour le contexte britannique, où l’essentiel des grandes lignes qui restent à électrifier serait déjà sous caténaires depuis deux à cinq décennies en France, en Italie ou en Allemagne…

P. L.

Ewa

Un troisième projet britannique de train à hydrogène

Projet de train à hydrogène Vivarail

Fin janvier, moins d’un mois après l’annonce par Alstom et Eversholt Rail de leur projet Breeze de train à hydrogène et quatre mois après la signature d’un protocole d’accord pour la réalisation du prototype bimode HydroFlex (alimenté par pile à hydrogène, caténaire ou troisième rail) par le Centre de recherche ferroviaire de l’Université de Birmingham (BCRRE) et Porterbrook, l’entreprise Vivarail annonce à son tour qu’elle se lance dans la réalisation d’un matériel roulant pour le réseau ferré britannique tirant son énergie d’une pile à hydrogène.

Lire aussi : Alstom dévoile son train à hydrogène britannique

L’an passé, Vivarail s’était fait connaître par son projet, mené à bien, visant à transformer d’anciennes rames du métro de Londres (type D78) en trains pour les « petites lignes » d’outre-Manche, moyennant l’installation de sources d’énergie embarquées sous forme de modules, tels des batteries lithium-ion (pour charge en bout de ligne) ou un groupe électrogène de 300 kW (pour traction diesel-électrique). Cinq de ces rames, dans une version combinant batteries et groupes électrogènes, doivent être mises en service ce printemps au pays de Galles.

Cette fois donc, Vivarail annonce la réalisation d’une version à hydrogène de son train basé sur une rame de métro. Grâce à son concept modulaire, ce train devrait être équipé de réservoirs d’hydrogène tout en respectant l’étroit gabarit britannique, et ce, sans sacrifier l’espace offert aux voyageurs, « contrairement aux autres », souligne Vivarail. Rappelons en effet que dans le projet Breeze, un important volume situé derrière une des cabines de conduite sera consacré à recevoir l’équipement ad hoc. Vu par Vivarail, convertir son train à l’hydrogène se résumera à l’installation, sous le plancher des deux voitures centrales de chaque rame, de modules regroupant les bombonnes nécessaires pour fournir une autonomie de 1 000 km, en plus des modules de batteries sous les deux voitures d’extrémité, pour la récupération de l’énergie en phase de freinage.

P. L.

Ewa

Problème de qualité sur des Regio 2N en Ile-de-France

Regio 2N Ile de France dans le hall de maintenance dédié à Villeneuve Sait-Georges

Fin janvier, le quotidien Le Parisien se faisait l’écho des problèmes en cascade sur les lignes desservant le sud-est de l’Ile-de-France, dont l’origine était liée à la non-qualité constatée sur certaines des rames à deux niveaux  2N en cours de livraison par Bombardier pour la ligne R (Paris – Melun – Montereau ou Montargis) du Transilien. L’arrivée sur cette relation de nouvelles rames, dans leur version spécialement adaptée aux parcours jusqu’aux marges de l’Ile-de-France, devait permettre de récupérer des rames à deux niveaux Z2N, à leur tour très attendues pour renforcer le parc du RER D. Mais cette opération ne peut se faire pour l’instant, la SNCF ayant refusé de réceptionner deux Regio 2N pour cause de « situation de non-qualité […] inacceptable ».

Confirmant l’information du Parisien, Alain Krakovitch, DG de SNCF Transilien, décrit cette situation « insupportable ». «  On en a reçu 32 [sur une commande totale de 42 Regio 2N à terme], sauf que les dernières rames qu’on a reçues n’ont pas un niveau de qualité satisfaisant du tout. » Plus précisément, des incidents sont survenus sur huit rames : « des non-qualités industrielles, comme des vis mal serrées, des câblages déficients. » Résultat : « Dès la première utilisation, la rame a une panne. »

Le dirigeant de la SNCF n’est pas le seul à dénoncer la situation. « Je ne peux accepter un nouveau retard sur les Regio 2N d’autant plus dans le contexte très difficile de la ligne R qui a terriblement souffert de la grève perlée de 2018 », a renchéri Valérie Pécresse, présidente d’Ile-de-France Mobilités, dans un courrier à Guillaume Pepy, exigeant un « plan de rattrapage », qui permette la poursuite des mouvements de matériel.

Au passage, Le Parisien rappelle que l’actuelle présidente de la région, lorsqu’elle était dans l’opposition, avait déjà réagi face aux difficultés rencontrées lors de la mise en service des nouveaux trains Francilien, également produits par Bombardier. Sauf que la situation n’est pas la même. Comme un grand nombre de nouveaux matériels roulants mis en service depuis la généralisation de l’informatique embarquée, le Francilien a eu son lot de « maladies de jeunesse » il y a dix ans, avant de devenir le train fiable et apprécié qu’il est aujourd’hui. Alors que de son côté, le Regio 2N est en service depuis plus de quatre ans sur les dessertes TER et depuis un an en Ile-de-France, où les problèmes rencontrés sont plutôt basiques, ce qui n’exclut pas de susciter des interrogations.

Les excuses que Bombardier a présentées suite à l’article du Parisien font toutefois allusion à la « période d’ajustement » liée à la mise en service d’un nouveau train sur une ligne. De plus, pour le constructeur, « les difficultés ne peuvent se résumer au Regio 2N » sur la ligne R, qui « connaît une exploitation dense et des infrastructures vieillissantes ». Le concepteur du nouveau train ne nie pas « des difficultés au début du mois de janvier 2019, notamment au niveau des portes », ajoutant que « les équipes de Bombardier mobilisées dans les technicentres SNCF ont d’ores et déjà procédé à la remise en conformité de ces non-qualités ». « Toutes les rames ont été inspectées et celles incriminées sont désormais corrigées », assure Bombardier, qui s’exonère des pannes concernant « des équipements fournis par l’exploitant », citant comme exemple les pantographes (les archets ont été changés par la SNCF après réception des rames) et les écrans de conduite.

Pour le constructeur, « ces différents incidents ne reflètent pourtant pas les performances globales de fiabilité et de disponibilité des Regio 2N de la ligne R, qui s’avèrent en janvier 2019 meilleures que les objectifs contractuels fixés par SNCF ». Bombardier estime même être responsable de « moins de 1,25 % des rames indisponibles pour l’exploitation », sur les quatre dernières semaines (correspondant grosso modo au mois de janvier). Et l’industriel, qui assure désormais déployer des processus « zéro défaut », confirme que le calendrier des livraisons des Regio 2N sur la ligne R sera conforme à ses engagements vis-à-vis de SNCF et d’Ile-de-France Mobilités.

Toujours est-il que deux jours après la publication de l’article dans Le Parisien, Valérie Pécresse et Alain Krakovitch se joignaient à François Bonneau, président de la région Centre-Val de Loire, et Guillaume Marbach, DG SNCF Réseau Ile-de-France, pour lancer des invitations à la tenue, le 7 février, d’une manifestation en l’honneur du « déploiement des nouveaux trains Regio 2N sur la branche Paris – Montargis de la ligne R », au cours de laquelle Centre-Val de Loire et Île-de-France Mobilités ont signé un engagement permettant aux voyageurs de bénéficier d’arrêts supplémentaires des TER Paris-Nevers à Nemours. A noter que selon le communiqué diffusé par Île-de-France Mobilités et la SNCF après la manifestation, « au total 32 rames [ont été] livrées à ce jour ».

P. L.

 

Ewa

Brexit. Pour Getlink, pas de panique… si les transporteurs jouent le jeu

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A priori, la résidence de l’ambassadeur d’Allemagne en France est un drôle d’endroit pour une rencontre dédiée aux transports transmanche après le Brexit, qui s’est déroulée trois jours après le rejet par le parlement britannique du plan négocié par Theresa May avec l’Union européenne. Mais le choix de cette adresse se comprend dès que l’on rappelle que l’Allemagne est le premier partenaire commercial du Royaume-Uni (139 milliards d’euros en 2016), devant la Chine et les Etats-Unis. Et en effet, l’Allemagne importe pour 46,7 milliards d’euros de produits britanniques, alors que dans l’autre sens, le Royaume-Uni est le troisième marché d’exportation pour l’Allemagne (92,8 milliards d’euros en 2016).

Ce rappel a été fait au matin du 18 janvier par François Gauthey, directeur général délégué de Getlink, en remplacement du PDG Jacques Gounon, ce dernier ne pouvant pas être présent à Paris, devant recevoir Edouard Philippe à Calais pour présenter les préparatifs du côté français du tunnel sous la Manche en vue d’un Brexit sans accord. Le lien fixe transmanche joue un rôle de premier plan dans les échanges commerciaux entre le Royaume-Uni et l’Allemagne, avec 22 % du flux total, soit 16,2 % dans le sens Allemagne – Royaume-Uni et 33,7 % dans le sens Royaume-Uni – Allemagne. Ce déséquilibre s’explique en partie par le fait que les exportations allemandes sont demandeuses de transports « juste à temps » (pièces automobiles pour l’industrie britannique, matériel informatique), transports que le tunnel sous la Manche a rendus possible depuis presque 25 ans. « A la fois tunnel ferroviaire et autoroute roulante, le tunnel sous la Manche a totalement changé l’ancrage de la Grande-Bretagne au continent, résume François Gauthey. Il fonctionne 24 heures sur 24, avec une disponibilité record, et fait passer jusqu’à un train toutes les trois minutes, tous trafics confondus, ce qui est un record mondial. Avec un départ toutes les dix minutes en pointe pour nos navettes de 800 m de long, qui peuvent transporter 36 camions, on met 1 heure 30 d’autoroute à autoroute. »

Grâce à cette fluidité, « plus de voitures sont produites au Royaume-Uni qu’en France, mais avec des pièces détachées qui viennent des autres pays. On n’est plus dans un monde où chaque nation exporte ses produits. Une voiture neuve qui traverse la Manche l’a déjà fait plusieurs fois ! » L’économie britannique a donc intérêt à maintenir cette fluidité des échanges après le Brexit. Getlink aussi, alors que le trafic empruntant le tunnel ne cesse de croître, avec « 1 690 000 camions en 2018, soit 40 % de part de marché sur le détroit, et près de 11 millions de voyageurs Eurostar, sur les près de 22 millions de personnes passées par le tunnel sous la Manche l’an passé, en comptant les voitures. »

C’est pourquoi, assure le dirigeant de Getlink, «nous nous préparons au Brexit depuis l’été, quand nous avons vu que la perspective d’une sortie sans accord était possible. En particulier, la situation ne sera pas du tout symétrique pour les règles aux frontières : le Royaume-Uni pourra faire ce qu’il voudra, la France, ce que l’Union européenne demande ».

Concrètement, les changements ne devraient pas être trop importants côté voyageurs. « Pour les personnes physiques, le Royaume-Uni ne fait pas partie de l’espace Schengen. Il y a déjà des contrôles, mais la profondeur de ces contrôles pourrait changer – par exemple, les voyageurs des pays tiers vers l’Union européenne seront plus contrôlés : on pourra leur demander leur billet de retour, par exemple – ce qui implique davantage de fonctionnaires. »

En revanche, « les marchandises sont plus préoccupantes, reconnaît François Gauthey. Ça ne sera pas comme avant, avec la fiscalité, la TVA, les vérifications de règles, les paiements éventuels de droits de passage. » Solution préconisée : automatiser au maximum, en commençant par la lecture de la plaque d’immatriculation du camion. « Ce qui implique un travail documentaire. Ça ne fonctionnera que si une prédéclaration des marchandises est effectuée par les entreprises », en bonne et due forme. « Ce sera plus compliqué dans le sens vers l’Union européenne, en particulier pour l’aspect phytosanitaire des marchandises. »

Côté britannique, il faudra effectuer le contrôle à l’intérieur des terres, vu l’exiguïté de Folkestone. « Mais dans les premiers mois, priorité à la fluidité », espère le dirigeant de Getlink. « Serons-nous prêts pour un no deal le 29 mars ? Tout est en train d’être mis en place, mais tout ne fonctionnera que si les entreprises jouent le jeu. »

Cependant, tous ne voient pas d’un si mauvais œil l’éventualité d’une baisse de la fluidité du transport routier. Hans-Georg Werner, dirigeant de DB Cargo, y voit même une chance pour le fret transmanche ferroviaire (DB Cargo est le principal opérateur fret outre-Manche et 541 trains de fret ont transité l’an passé entre l’Allemagne et la Grande-Bretagne, soit un quart des trains de fret ayant emprunté le tunnel). « Le fret ferroviaire par le tunnel n’est pas au niveau des attentes, mais il progresse », commente François Gauthey, avant d’ajouter que Getlink « y croit vraiment et se donne les moyens pour qu’il fonctionne », citant comme exemple de réalisation, en vue du Brexit, « un scanner pour trains, qui doit ouvrir à Fréthun dans les prochaines semaines ».

P. L.

Ewa

Le Francilien et le Regio 2N de Bombardier, premiers trains labellisés origine France garantie

Yves Jégo remet la certification Origine France Garantie à Laurent Bouyer (Bombardier)

« Bombardier est une grande marque née en Amérique du Nord, mais aujourd’hui, la marque n’est plus l’origine », a proclamé Yves Jégo, président de l’association Pro France, avant de remettre à Laurent Bouyer, président de Bombardier Transport France, le label Origine France Garantie pour deux modèles de trains produits en 2018 : le Francilen et l’Omneo (comprenant le train régional Regio 2N). Trente ans après avoir acquis l’usine ANF de Crespin (Nord), Bombardier devient ainsi le plus français des industriels ferroviaires, du fait que les deux trains en question sont les premiers (et les seuls) à avoir reçu le label tant convoité.

« Quand la certification Origine France Garantie a été lancée, il y a neuf ans, je ne m’imaginais pas qu’elle serait un jour remise à un train », a ajouté Yves Jégo, le label ayant en revanche été décerné à des automobiles (Yaris de Toyota, dès 2012) ou des bus (Iveco). Accordée à un produit suite à un audit indépendant (du Bureau Veritas en ce qui concerne les deux trains Bombardier), la certification Origine France Garantie est considérée comme « la seule à garantir l’origine française des produits », se distinguant du critère douanier Made in France par un niveau d’exigence plus élevé. En effet, cette certification n’est accordée qu’à des produits réunissant deux conditions à la fois : « 50 % à 100 % du prix de revient unitaire du produit est acquis en France » et « le produit prend ses caractéristiques essentielles en France », c’est-à-dire que toutes les étapes de transformation sont effectuées dans le pays. « Nous avons repris les critères du Swiss-made », reconnaît Yves Jégo.

Pour Bombardier, une telle certification est « une reconnaissance du savoir-faire des salariés du site de Crespin et un gage de notre engagement envers nos clients, les voyageurs, et l’ensemble la filière ferroviaire française », explique Laurent Bouyer, qui souligne l’engagement de son entreprise à « pérenniser l’emploi en France », rappelant que le site de Crespin est en phase de recrutement (ingénieurs, soudeurs…), « ce qui n’est pas toujours facile ». Et pour le constructeur, trop souvent qualifié de « canadien » par les médias et les politiques français à son goût, la labellisation Origine France Garantie de ses deux produits phares en France sera un moyen de prouver son ancrage dans le pays, où « plus de 70 % de nos fournisseurs sont basés », représentant « entre 7 000 et 8 000 emplois induits par Bombardier ». Enfin, « nous sommes en train de rapatrier des activités en France et nous voulons que ça se sache ! », ajoute le président de Bombardier Transport France. Ceci en particulier du fait que Crespin est devenu pour Bombardier le site responsable de l’ensemble des matériels à deux niveaux dans le monde – y compris l’Amérique du Nord !

Patrick Laval