Lille muscle ses réseaux
« Mon métier a changé. » Chargé des transports publics de Lille Métropole Communauté urbaine (LMCU) depuis 2001, Eric Quiquet (Verts) prend un peu de recul. « J’ai passé mon premier mandat à trouver des usagers, à convaincre les gens de prendre les transports en commun. Je vais passer le second, maintenant, à redimensionner le réseau, pour gérer la croissance ! » Effectivement, les chiffres de fréquentation augmentent, augmentent, augmentent… Et de plus en plus vite. « On est au seuil de l’emballement ! »
« Tous les ans nous avons maintenant 10 millions de voyages en plus, se réjouit l’élu. Fin août, sur douze mois courants, nous en étions à 142 millions. ça nous fait un rythme de croissance, très, très soutenu, de 7,2 %. Nous atteindrons les 150 millions vers mars ou avril. Quand j’ai pris la responsabilité du réseau en 2001, nous en étions à 106 millions de voyages, et c’était une année de baisse du trafic. » Il s’agit d’un effet boule de neige vertueux, observe-t-il : « Les habitants de la Métropole prennent de plus en plus les transports en commun, et les habitants de la région Nord-Pas-de-Calais prennent de plus en plus le TER et viennent de plus en plus à Lille en TER, et sont en correspondance, généralement à la gare de Lille Flandres, avec notre réseau. » L’agglomération de Lille-Roubaix-Tourcoing connaît « un changement structurel dans la mobilité », poursuit Eric Quiquet, qui cumule les fonctions d’adjoint au maire de Lille, de vice-président de LMCU et de président du Syndicat mixte des transports de Lille Métropole. Une enquête ménages réalisée en 2006 avait déjà montré une baisse de la mobilité en voiture (-12 % par rapport à la précédente enquête de 1998), tandis que l’usage des transports collectifs urbains progressait fortement (+40 %). La tendance est confirmée : on se bouscule dans les métros, trams et bus de l’agglomération, tandis que la consommation de carburant recule aux pompes de la région, et que les parkings payants sont moins remplis en ville. Du coup, la Communauté urbaine s’attend maintenant à ce que le cap des 200 millions de voyageurs dans les transports en commun soit franchi en 2013 ou 2014, « alors que le PDU, voté en 2000, l’envisageait entre 2015 et 2020 ! » « Cela nous impose, sur le tard, de redimensionner notre réseau pour imaginer les transports en 2020, souligne Eric Quiquet. Ce qui commence par muscler l’existant. » Et cet existant à muscler commence par le Val, le métro automatique dont la première ligne est de plus en plus bondée aux heures de pointe. S’il ne compte pas intervenir pour l’instant sur le tramway, le Mongy reliant Lille à Roubaix et Tourcoing qui a été entièrement rénové en 1994, l’élu veut lancer un tram-train qui serait très urbain dans la traversée de Lille. Il compte aussi poursuivre l’effort sur les bus, avec la création de nouvelles lignes à haut niveau de service et l’acquisition de véhicules supplémentaires. Sans oublier le vélo, les voitures en libre service (autopartage), etc. Et aussi l’aménagement de pôles d’échanges, à l’image de ceux qui viennent d’ouvrir ces derniers mois à la gare de Lille Flandres ou à Armentières. « Le maître mot, c’est complémentarité entre tous les modes, insiste Eric Quiquet. Pour rester une Métropole qui garantirait la liberté de mouvement de ses habitants. » On devrait retrouver son programme dans la prochaine version du PDU de la Métropole, actuellement en révision. Ledit programme est assez ambitieux ; Eric Quiquet entend l’étaler au-delà de la mandature qui commence : « Dans les dix ans qui viennent, on est sur un milliard d’euros d’investissements. On ne règlera pas tout dans ce mandat, mais, au moins, il faut lancer les chantiers ! » Ici comme ailleurs, « des arbitrages seront à opérer », note-t-il attendant plus d’argent de la Région – « qui a beaucoup aidé les tramways de Valenciennes et Douai, et peut donc aider Lille » – que de l’Etat. Ces investissements seront à décider lors d’un conseil communautaire en mars ou avril 2009. C’est-à-dire un peu plus tard que ce qui était annoncé jusqu’à présent.
Lancer un nouveau « plan bus ».
« Le bus a trop longtemps été le parent pauvre des transports en commun dans la Métropole. On l’a délaiss&ea
Le dossier complet est réservé aux abonnés ou aux détenteurs d’un porte-monnaie électronique, connectez-vous pour y accéder.
*Formule numérique sans engagement à partir d’un 1€ par mois !
Publié le 17/09/2025 - JUNJIE LING
Publié le 14/05/2025 - Sylvie Andreau
Publié le 31/05/2023