"Connecter train à grand vitesse et avion est notre priorité"
Emile Crayssac responsable mobilité et intermodalités au sein du gestionnaire des aéroports parisiens, le groupe ADP, détaille les investissements prévus, notamment autour de la plateforme Paris-CDG.
Vous avez annoncé récemment un changement de nom de terminaux de Paris-CDG. Cela concerne-t-il les mobilités ?
Nous avons décidé de désigner les terminaux uniquement par un chiffre et les salles d’embarquement par une lettre. Nous avons programmé ce changement en mars 2027, quand l’aéroport va faire un grand saut avec l’ouverture du CDG Express. Cela va simplifier l’accès pour tous les passagers, qu’ils arrivent par la route ou par les transports en commun.
A quand remonte votre engagement pour faire évoluer les modes de transports vers vos plateformes ?
Décarboner la manière dont les gens viennent prendre leur vol et mettre en œuvre une vraie politique sur le sujet est une priorité pour le groupe, clairement affirmée dans sa feuille de route stratégique « 2025 Pioneers ». Elle s’est matérialisée par la création d’un pôle mobilité et intermodalité il y a deux ans. Le groupe a aujourd’hui une vraie volonté d’améliorer l’accessibilité de ses aéroports en transports en commun et d’accentuer la connexion train-avion.
Comment expliquez-vous la part toujours aussi considérable de la voiture dans vos aéroports ?
Ce sont des infrastructures, qui ont été créées dans les années 60 et 70 et ont toujours été orientées sur le tout voiture. Dans les grandes masses, à Paris-CDG, la part modale de la voiture est de 64% (incluant les taxis et VTC qui représentent environ 40% du trafic), le RER 20%, avec 1,5% seulement pour le Roissybus. Il faut aussi préciser que les 90 000 salariés qui travaillent sur la plateforme, pour environ 900 entreprises, utilisent à 90% leur voiture pour venir sur leur lieu de travail. Résultat : les congestions routières peuvent être importantes, provoquant à la fois de l’inconfort et des retards potentiels. Enfin, pour le groupe, l’accès aux plateformes des salariés et des passagers totalise un peu plus de 20% de ses émissions de CO2 au sol.
Réduire la voiture peut aussi revenir à renoncer à une importante source de revenus …
Notre objectif est d’améliorer l’accès aux plateformes tout en améliorant l’offre nécessaire de parkings. Cela revient à réduire ce qui génère le plus de flux comme le dépose minute ou les stationnements sauvages, qui génèrent de la congestion. Nous sommes par ailleurs très moteurs pour lutter, avec les autorités et la police, contre les parkings illégaux qui sont sources de nuisance pour les habitants, les municipalités riveraines et qui souvent sont synonyme d’arnaques pour les passagers.
L’intermodalité air-rail progresse-t-elle ?
Intégrer le train à grande vitesse au même titre que l’avion représente l’un de nos grands enjeux. La longue distance ferroviaire constitue un fort levier pour être un hub compétitif, surtout suite à la substitution de certains vols court-courrier par le train, poussée par la réglementation et par la prise en compte de l’urgence climatique. Nous avons envie que les passagers puissent arriver directement de Marseille ou de Lyon à
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Publié le 13/10/2025 - Marie-Hélène Poingt
Publié le 07/05/2025 - Marie-Hélène Poingt