Réussir le lancement des Serm en région
Depuis l’annonce d’Emmanuel Macron en 2022 et la loi qui les a consacrés, près d’une trentaine de projets de RER métropolitains ont été labellisés sous l’appellation de Services express régionaux métropolitains. Quelles sont les prochaines étapes et quels défis faudra-t-il relever pour que leur mise en œuvre soit un succès ? Pour y répondre, Ville, Rail & Transports a réuni plusieurs experts le 14 avril.
Ils sont aujourd’hui près d’une trentaine à avoir obtenu leur labellisation par l’État. Les Services express régionaux métropolitains (Serm), aussi connus sous l’appellation de RER métropolitains, continuent leur chemin depuis leur lancement par Emmanuel Macron en 2022, et la loi du 27 décembre 2023 qui en a découlé. Ces projets, plus ou moins avancés selon les territoires, s’organisent autour d’un axe ferroviaire irriguant un centre urbain et s’articulent avec d’autres modes de transport (vélos, bus, métros, covoiturage, transport fluvial, etc.). Avec des objectifs ambitieux : améliorer les dessertes des zones périurbaines, désengorger les grandes métropoles, favoriser l’intermodalité et le développement des transports du quotidien. Ils doivent aussi participer au report modal de la voiture vers les transports en commun et ainsi favoriser la transition écologique, ont rappelé les participants à la conférence intitulée « RER Métropolitains – Comment réussir le lancement des Serm en région ? », organisée le 14 avril dernier par VRT.
Un enjeu de taille donc, dans un contexte international particulièrement tendu et à l’heure où la France se donne pour objectif de réduire sa dépendance aux énergies fossiles.
Débat d’initiés
Bien que les Serm soient beaucoup évoqués depuis 2022 par le monde des transports, force est de constater que ce thème était peu présent lors de la campagne municipale. « On peut regretter que le sujet des mobilités globalement, et pas uniquement les Serm, n’a pas été plus abordé lors des élections », regrette l’ancien parlementaire. Sans doute, ajoute-t-il, parce que la réflexion sur les projets a déjà été menée dans les territoires. « La dynamique était donc déjà lancée avant les municipales », conclut-il.
Jean-Pierre Serrus, vice-président chargé des transports et de la mobilité durable à la Région Sud, avance une autre raison. « L’autorité organisatrice en charge les transports, c’est en général l’intercommunalité. Cela n’est donc pas du ressort municipal. Et le poids de chaque maire dans l’intercommunalité reste modeste », estime-t-il.
De son côté, Guillaume De Tilière, directeur des études amont & mobilité au sein d’Egis, estime que « la terminologie Serm est certes connue des initiés, mais ne parle pas forcément à tout le monde ». Ce qui peut aussi jouer sur leur notoriété. Enfin, « les Serm eux, sont pensés pour répondre aux enjeux des métropoles avec une approche globale, multi-projets ». Il n’est donc pas impossible que certains projets aient été abordés au cours des débats sans forcément avoir l’appellation Serm.
Les clés de la réussite
De nombreux projets sont encore loin d’aboutir. D’où la question de savoir quelles sont les conditions permettant d’accélérer et de réussir leur lancement. La loi de 2023 a tenté d’apporter quelques réponses. En matière d’accompagnement, elle a, par exemple, élargi les missions de la Société du Grand Paris rebaptisée Société des grands projets. La SGP est ainsi chargée de participer à la conception et au financement des infrastructures des Serm au côté de SNCF Réseau, chargé du renforcement de l’offre ferroviaire.
Les projets les plus avancés permettent déjà de tirer quelques enseignements. Radia Ouarti, directrice de la performance des grands projets et du programme Serm chez SNCF Réseau, estime que trois conditions principales concourent à la réussite d’un Serm. « Un Serm doit d’abord être un projet de territoire venant répondre à des besoins croissants de mobilité entre les métropoles et leur périphérie. Il doit ensuite être un projet de services avant d’être un projet d’infrastructures ». Et enfin, « il doit se construire de manière partenariale », en réunissant, autour de la table, l’ensemble des acteurs concernés par le projet.
Eric Steil, directeur marketing et développement à la direction générale TER chez SNCF Voyageurs, ajoute une autre condition : « faire en sorte de rendre simple ce qui peut être compliqué pour l’utilisateur des transports publics ». Que ce soit au niveau des tarifs, de l’achat de titres de transports combinés à différents endroits, ou encore en termes d’information voyageurs. « Ce travail se construit avec les régions », ajoute-t-il.
Le financement toujours en suspens
Autre sujet qui alimente les discussions : la difficile question du financement, qui était l’un des volets manquants de la loi du 27 décembre 2023. De plus, le projet de loi-cadre relatif au développement des transports, qui était en discussion en avril au Sénat, ne prévoyait pas, à l’heure où nous écrivions
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Publié le 12/05/2025 - Valérie Chrzavzez