Changer le regard des jeunes sur les métiers du transport
Les transports publics urbains et ferroviaires n’ont pas la cote auprès des 12-18 ans. Ils arrivent bons derniers parmi les douze secteurs testés dans les envies de carrière des jeunes. Ils affichent pourtant de très bons scores d’image puisque 89 % les considèrent « utiles à la société », 82% « inclusifs » et 81 % « stables ».
Ce résultat contrasté est issu d’une étude sur la perception du secteur et des métiers du transports auprès des 12-18 ans, commanditée par l’Union des transports publics et ferroviaires, l’UTPF. La fédération doit faire évoluer cette perception si elle veut remplir l’objectif qu’elle s’est fixée : recruter 100 000 nouveaux professionnels d’ici 2030. « Nous sommes en pleine transition démographique, rappelle Géraldine Adam, directrice attractivité, emploi et formation de l’UTPF. Notre responsabilité collective est donc de donner à voir, de créer la rencontre et de permettre l’expérience concrète des métiers.”
Détailler les métiers pour permettre une projection
La méconnaissance des professions est la première raison du manque d’attractivité révélé par l’enquête. Car après une présentation approfondie des métiers et des parcours proposés, la vocation de futurs conducteurs ou techniciens de maintenance peut se révéler. Mieux connaître les métiers favorise en effet la projection : une fois les métiers des transports détaillés, la part de jeunes qui envisagent une carrière dans le secteur bondit de 16 % à 28 % (+12 points).
L’étude identifie plusieurs leviers pour mieux transformer ces atouts en envie de carrière : information, transparence sur les rémunérations, immersions, rencontres avec les professionnels et perspectives d’évolution.
L’exposition quotidienne et la projection professionnelle sont liées. Pour preuve : 22 % des jeunes qui utilisent les transports tous les jours ou presque envisagent une carrière dans le secteur, contre seulement 2 % de ceux qui ne les utilisent jamais.
Si des métiers « visibles » (conducteur, contrôleur, agent d’accueil) sont connus par 85 à 93 % des jeunes, seulement 47 à 62 % sont familiers avec les métiers techniques, d’ingénierie, de régulation et d’encadrement.
La famille, facteur X
Enfin, le rôle de la famille est déterminant. Elle est le prescripteur clé des jeunes sur leur orientation et la catégorie socioprofessionnelle des parents influence fortement l’image que les enfants se font du secteur.
L’enjeu de la mixité prend aussi toute sa dimension. Les femmes représentent aujourd’hui seulement 20 % des professionnels du secteur. Les filles font partie des publics qui connaissent le moins les métiers du transport et restent plus réservées sur plusieurs dimensions liées à l’intérêt du secteur et aux conditions de travail. Elles ne sont, par exemple, qu’un tiers à voir des sujets motivants dans les mobilités.
Autre enseignement : le salaire, critère le plus déterminant pour les jeunes dans le choix d’un métier, est perçu comme un point faible du secteur, tout comme l’intérêt du domaine, les conditions de travail et l’équilibre vie professionnelle/ vie personnelle. « Il est bon de rappeler que la majorité de nos encadrants a démarré comme conducteur ou technicien ”, rappelle Caroline Gonin, directrice des ressources humaines et RSE du groupe Transdev et co-pilote de l’étude.