La dérive de huit mégaprojets épinglée par la Cour des comptes européenne
Dans un rapport spécial publié en 2020, la Cour des comptes européenne avait analysé huit grands corridors de transport destinés aux entreprises et aux citoyens européens, concernant directement 13 pays, dont la France. Elle vient de livrer une version actualisée de son audit de ces mégaprojets: quatre dans le ferroviaire (axe Rail Baltica, liaison Lyon-Turin, tunnel de base du Brenner et Y basque), un projet fluvial (canal Seine-Escaut), un projet autoroutier (A1 en Roumanie) et deux projets de connexion multimodale (liaison rail/route du Fehmarn Bel, entre Allemagne et Danemark et liaison ferroviaire E59 reliant des ports en Pologne).
Il y a cinq ans, les auditeurs de l’UE estimaient déjà « peu probable » que leur finalisation intervienne d’ici à 2030. Leur verdict est aujourd’hui sans appel : l’objectif ne sera pas atteint. Plusieurs projets s’enlisent et les coûts continuent de s’envoler. « Le constat en 2025 est plus sombre qu’en 2020 et s’éloigne un peu plus des ambitions », résume le document.
Annemie Turtelboom, membre de la Cour des comptes européenne et responsable du rapport, ne cache pas sa déception. « Trois décennies après la conception de ces infrastructures de transport phare, nous sommes encore loin de toute cérémonie d’inauguration, et tout aussi loin d’obtenir les améliorations promises pour les flux de passagers et de marchandises à travers le continent ».
17 ans de retard moyen
Les auditeurs pointaient en 2020 un retard moyen de 11 ans par rapport aux plans initiaux. L’actualisation de 2025 montre que la situation s’est encore aggravée : sur les cinq mégaprojets pour lesquels des données sont disponibles pour cette évaluation, le retard moyen s
L'article complet ( 867 mots) est réservé aux abonnés ou aux détenteurs d’un porte-monnaie électronique, connectez-vous pour y accéder.
*Formule numérique sans engagement à partir d’un 1€ par mois !