
Abandonnée au trafic voyageurs en 1973 et rouverte à l’été 2022, la ligne TER de la Rive droite du Rhône va bénéficier de travaux de régénération du 16 mars à l’été 2027 pour un montant de 230 millions d’euros. Pourtant, son utilité ne fait pas l’unanimité. l’Autorité environnementale (Ae) a ainsi estimé fin janvier que les « bilans [socio-économique et des émissions de gaz à effet de serre] ne sont pas satisfaisants pour une opération de développement de l’offre de transports en commun et témoignent d’une fréquentation attendue trop faible et d’incitations insuffisantes au report modal ».
La fréquentation est en hausse, rappelle de son côté Jean-Luc Gibelin. « Cette liaison a démontré son intérêt avec 200 à 250 passagers en semaine malgré des horaires non-adaptés au domicile-travail et 400 à 450 le week-end », indique le vice-président de la Région Occitanie, qui avait organisé en 2016 les États généraux du Rail et de l’Intermodalité concluant au caractère prioritaire de la réouverture de cette ligne.
« Nous trouvons cet avis hors sol », affirme également Pascal Rousson. Le président de l’association des usagers de la rive droite du Rhône en Occitanie y voit un « retour de flamme » parce qu’« on a un peu tordu le bras de l’Ae pour qu’elle accepte la réouverture provisoire ». Le responsable associatif se réjouit en revanche du bilan de l’enquête publique sur le dossier environnemental du projet qui a recueilli, du 24 novembre au 24 février, 350 contributions, favorables à 92 % au projet. Il rappelle que « la fréquentation augmente, passant de 75 000 voyageurs en 2023 à 83 000 en 2024 puis 90 à 100 000 en 2025, malgré un taux de suppression de trains de 17 % en 2025, dont les deux tiers par manque de conducteurs ».
D’ici à 2030, à l’issue de tous les travaux, les circulations devraient passer quotidiennement de 5 ou 7 à 10 ou 14 selon les jours, avec des horaires adaptés au domicile-travail. La région Occitanie aura investi au total 100 millions d’euros sur le projet, avec une desserte optimisée entre Pont-St-Esprit et Nîmes, des travaux d’aménagement de gares (Villeneuve-lès-Avignon en 2027, Roquemaure en 2028, suivi d’ici 2030 par Laudun l’Ardoise, Aramon, Remoulins et Marguerittes).
« Jusqu’à présent, seulement deux gares étaient ouvertes sur le trajet (Bagnols-sur-Cèze et Pont-St-Esprit). Les futures ouvertures concernent des gares de la périphérie d’Avignon et Nîmes qui auront automatiquement une fréquentation importante compte tenu des importants bouchons matin et soir», poursuit Pascal Rousson.
La région Auvergne-Rhône-Alpes doit investir quant à elle sur la gare du Teil, en Ardèche, où les trains se retournaient jusqu’à présent sans pouvoir prendre de voyageurs.








