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Ewa

Ponctualité des TER : les Hauts-de-France s’expliquent sur leurs futures exigences

Franck Dhersin

A l’occasion du vote en séance plénière des Hauts-de-France le 30 mars, du contrat de concession de service public attribué à la SNCF pour l’exploitation des TER de l’Etoile d’Amiens, Franck Dhersin, le vice-président régional chargé des Transports, a donné quelques précisions sur les futures obligations de la compagnie ferroviaire. Interrogé notamment sur le niveau de ponctualité demandé dans le contrat (98,5 %, un taux qui n’est tenu par quasiment aucun réseau dans le monde), Franck Dhersin a expliqué que ce taux ne prend pas en compte les causes externes (accidents aux passages à niveau, suicides, heurts d’animaux…). « Seules les causes internes, par exemple liées au matériel ou au personnel, seront comptées. En revanche, je ne peux pas punir une entreprise pour un fait dont elle n’est pas responsable« , a-t-il commenté.

Actuellement, la ponctualité des TER tourne autour de 87 %, toutes causes confondues. Selon la région, les retards seront comptabilisés à partir de 5 minutes piles et non à 5,59 minutes comme c’est le cas actuellement. « Si la SNCF s’est engagée, c’est qu’elle peut le faire, grâce à une meilleure organisation et à la mise en place d’une société ad hoc. Si elle n’y parvient pas, elle risque des pénalités très fortes, multipliées par quatre. Et en cas de non respect pendant deux années consécutives, le contrat peut être perdu sans aucune indemnité« , a-t-il poursuivi, en rappelant que « l’autre opérateur a aussi accepté ce même taux de ponctualité ». 

« La réponse de SNCF Voyageurs se traduira notamment par un site de maintenance repensé et modernisé et un centre opérationnel de supervision (24h sur 24- 7 jours sur 7), concentrés à Amiens, au coeur de l’Etoile », a indiqué de son côté la compagnie retenue par les Hauts-de-France.

Pour améliorer les causes liées au réseau, la région compte sur le contrat de performance déjà conclu il y a un peu plus d’un an avec le gestionnaire des infrastructures ferroviaires. Elle souhaite aussi signer son contrat de plan Etat-Région (CPER), qui se fait attendre et espère des investissements « massifs » sur le réseau de la part de l’Etat. « Sinon, tout tombera par terre!« , s’exclame Franck Dhersin, regrettant que tous les arbitrages passent par Bercy et que « le ministre des Transports ne contrôle pas grand-chose« .

MH P

 

Ewa

Lilian Leroux cède la présidence de Wabtec Transit

Lilian Leroux
Changement de présidence chez Wabtec Transit à partir de lundi 3 avril : Lilian Leroux cède sa place à Pascal Schweitzer. Egalement de nationalité française, ce dernier dirigeait jusqu’alors l’activité Global Freight Services, «  l’une des entreprises de Wabtec à la croissance la plus rapide », indique Wabtec, la maison-mère américaine. Basé à Chicago depuis six ans, il a notamment fortement développé toute la partie service du fret. Il va désormais diriger une entreprise réalisant 2,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires annuel.

Lilian Leroux devient de son côté directeur de la Stratégie et du développement durable. Un poste nouveau, différent et très stratégique, assure-t-on dans son entourage.

Et c’est Alicia Hammersmith qui prend la présidence de Global Freight Services. Elle avait précédemment dirigé les opérations pour Wabtec Amérique du Nord et, plus récemment, pour l’activité mondiale Transit.

MH P

Ewa

Le Train lance une souscription auprès du grand public

(c) Alstom Transport
TGV et Corail en gare de Bordeaux

Après Railcoop qui fait appel à la société civile pour disposer de fonds, c’est au tour du Train de se tourner vers le grand public pour lui proposer de devenir actionnaire. La compagnie ferroviaire, qui souhaite lancer cinq lignes à grande vitesse dans grand ouest de la France (et desservir 11 destinations, dont Bordeaux-Nantes en moins de 3 heures), explique être en train de « finaliser » ses levées de fonds.

« Alors qu’une dernière levée de fonds sera exclusivement réservée à des investisseurs de grande envergure, Le Train souhaite offrir à tous les acteurs économiques, aux habitants du Grand-Ouest, et à ses futurs voyageurs l’opportunité de devenir actionnaires« , précise la société dans un communiqué. Elle a choisi Tudigo, une plateforme française, pour l’accompagner dans cette démarche. La souscription sera possible à partir du 3 avril jusqu’à la fin du mois  (après une période de pré-inscription lancée hier sur le site https://invest.tudigo.co/Le-Train). Alain Getraud, le directeur général du Train,  indique vouloir ouvrir le capital à hauteur de un à trois millions d’euros.

Rappelons que Le Train, qui a obtenu en décembre sa licence d’entreprise ferroviaire puis annoncé la commande d’une dizaine de rames auprès de Talgo, avait accueilli au printemps dernier le Crédit Agricole et le groupe Crédit Mutuel Arkea dans son tour de table. La compagnie vise 3 millions de passagers par an avec 50 trains quotidiens.

Ewa

Le TGV Ouigo dessert désormais Perpignan

Ouigo TGV low cost SNCF

Depuis le 27 mars, Ouigo prolonge son voyage de Montpellier à Perpignan, nouvelle étape de la politique d’extension du TGV à bas coûts de la SNCF. Cet aller-retour quotidien permettra de relier en 5h01 la gare de Lyon à Paris à Perpignan, viaValence TGV, Nîmes-pont du Gard, Montpellier Sud de France, Sète, Agde, Béziers et Narbonne ( et 5h18 au retour). « Régulièrement, nous ajoutons des destinations (…). Notre objectif est que, en 2025, 25 % de notre trafic grande vitesse en France soit réalisé par les Ouigo, contre 20 % actuellement », a expliqué aux Echos du 24 mars Christophe Fanichet. Selon le PDG de SNCF Voyageurs, Ouigo est « un succès » avec plus de 110 millions de voyageurs en dix ans.

Ewa

Plan sobriété : les opérateurs s’engagent à éteindre leurs panneaux lumineux à la fermeture des gares

Gare de Nantes

Réunis autour d’Agnès Pannier-Runacher, ministre de la Transition énergétique, et de Clément Beaune, ministre délégué chargé des Transports, les principaux acteurs, gestionnaires et opérateurs du secteur des transports, ont fait un point d’étape le 27 mars sur les mesures mises en œuvre depuis cet automne pour faire des économies d’énergie.

« Ces plans reposent notamment sur le pilotage de la consommation énergétique, la sensibilisation et l’adoption de gestes simples au quotidien (baisse du chauffage, économies d’éclairage, mise en veille des écrans, covoiturage, autopartage, etc.) », ont notamment rappelé les ministres. Il s’agit, en particulier dans le ferroviaire, de renforcer l’éco-conduite, l’éco-stationnement ou de mieux adapter la ventilation et la température des bâtiments.

De nouvelles mesures ont été identifiées, telles que la meilleure régulation de la publicité lumineuse dans les gares, stations et aéroports. Les opérateurs s’engagent à éteindre 100 % de leurs panneaux lumineux dès la fermeture des gares, des aéroports et des métros à partir du 1er janvier 2024. « Ils établiront également une stratégie de sobriété de la gestion de leurs parcs de panneaux lumineux« , ajoutent les ministères. La SNCF prévoit une baisse de 45 % de ses émissions carbone d’ici à 2031, la RATP une réduction de sa consommation électrique de 35 % d’ici à 2026.

Ewa

Transports en Ile-de-France : des progrès malgré les grèves

Valérie Pécresse CDG Express

« Ça va beaucoup mieux, même si le compte n’y est pas encore » Satisfaction mesurée de Valérie Pécresse, la présidente d’Ile-de-France Mobilités (IDFM), qui faisait le 24 mars un point d’étape sur la remise en marche des transports publics franciliens, affectés depuis l’été dernier par un manque de conducteurs, des difficultés de recrutements, une progression de l’absentéisme et des grèves plus ou moins larvées.  Auxquels s’ajoutent les grèves actuelles qui « n’aident pas… »

Le retour à 100% de l’offre nominale en avril demandée par IDFM ne sera pas possible partout dans le métro, selon le PDG de la RATP Jean Castex. Il faudra attendre le 9 mai sur les lignes 2 et 12, et plus tard sur les 4, 6 et 11 pour cause de travaux. 

Côté RER et Transilien, il ne devrait plus y avoir de suppressions de trains faute de personnel à partir d’avril, a promis le PDG de la SNCF Jean-Pierre Farandou. En revanche, il y aura toujours des travaux… 

Dans les bus RATP, où il manquait un quart des passages à l’automne, Jean Castex se félicite d’« une avancée significative » avec 88,2% du service assuré mi-mars. Mais le seul objectif affiché est pour l’instant de passer le cap des 90% en mai. Valérie Pécresse note d’ailleurs qu’« au moins 6% » de l’offre est irréalisable dans Paris à cause des chantiers, embouteillages et manifestations.  

La patronne d’IDFM a salué la bonne performance du réseau de bus de grande banlieue, où 30 lots sur 36 ont été ouverts à la concurrence (et 21 ont changé de mains). Quant à une éventuelle prolongation du monopole de la RATP sur les autobus de la zone centrale au-delà de l’échéance des Jeux olympiques, Valérie Pécresse a indiqué qu’elle présentera sa « proposition », sur la base d’un rapport commandé à Jean-Paul Bailly, « dans les semaines qui viennent » 

F.E.

Ewa

SNCF Connect étend son champ d’action

SNCF Connect
Acheter un ticket de bus directement sur le site SNCF Connect en même temps que son billet de train, c’est désormais possible, depuis février, pour les réseaux de transports urbains de 22 agglomérations*. L’objectif de la filiale de SNCF Voyageurs est d’élargir son offre en faveur des mobilités urbaines et des déplacements du quotidien. « Cela facilite les déplacements des Français et favorise l’accès à des transports plus verts de bout à bout », commente Arnaud Coiffard, directeur de la stratégie innovation & nouveaux marchés de SNCF Connect & Tech.
En partenariat avec la start up Airweb (grâce à l’intégration de sa plateforme de distribution de titres dématérialisés), le site diffuse aussi une bonne partie de la billetterie d’Île-de-France Mobilités, d’une part le Ticket T+ mais aussi des billets Orlybus et Roissybus (donc plutôt utilisés par les usagers occasionnels), d’autre part les recharges hebdomadaires et mensuelles des Navigo (sauf celles des abonnements annuels ou les Imagine’R).
En revanche, les titres des réseaux des grandes agglomérations françaises sont absents du site. « Nous ne désespérons pas de les convaincre. Nous discutons d’ailleurs avec certaines », affirme Arnaud Coiffard. «  Il y a des questions techniques qu’il ne faut pas nier, même si elles ne sont pas insurmontables », ajoute-t-il.
Rappelons que le lancement il y a un an de SNCF Connect avait été émaillé de difficultés, qui ont égratigné son image « Je pense qu’il faut relativiser la situation. C’était un sujet d’adaptation au changement, une question de prise en main des utilisateurs. Depuis un an, nous avons eu un milliard de visites sur SNCF Connect, et vendu plus de 190 millions de billets, courtes et longue distances. Ce qui représente en moyenne 520 000 billets chaque jour. J’ai du mal à croire qu’on aurait atteint ces résultats si SNCF Connect fonctionnait mal ».
Yann Goubin
* Angoulême, Annecy, Arras, Beaune, Belfort, Bourgoin-Jallieu, Caen, Cholet, Cognac, Draguignan, Évreux, Guérande, Les Sables d’Olonne, Maubeuge, Menton, Montbéliard, Nevers, Saint-Brieuc, Saint-Lô, Saint-Nazaire, Saintes.

Ewa

Une nouvelle convention pour dix ans entre l’Occitanie et la SNCF

LR-Montpellier (34)-Gare Saint Roch-TER Occitanie CPER

Des trains plus nombreux, plus modernes, plus ponctuels, avec une capacité augmentée et à des tarifs accessibles à tous : ce sont les grandes lignes de la nouvelle convention d’exploitation 2023-2032 signée par l’Occitanie, présidée par Carole Delga, et la SNCF. Un nouveau bail de dix ans qui réaffirme la volonté de la région de ne pas ouvrir ses lignes à la concurrence, du moins durant toute cette période.

« Le rail est la colonne vertébrale de notre politique des transports. Il est le meilleur argument en termes de lutte contre le réchauffement climatique, de sécurité. De plus, le train s’affranchit des mauvaises conditions météorologiques, contrairement à la route qui devient alors impraticable », a commenté Carole Delga lors de la présentation de la convention le 23 mars. « Que chacun ait la possibilité, quels que soient ses moyens, de se déplacer librement sur le territoire est une question essentielle pour nous », a ajouté la présidente, rappelant que « en trois ans, ce sont près de 20 000 personnes supplémentaires qui prennent le train chaque jour. Et on observe que les jeunes ont moins recours au voiturage et prennent davantage le train. Nous allons donc poursuivre nos efforts pour changer les habitudes de mobilité…»

Objectif : 100 000 voyageurs par jour…

Les chiffres clés de la nouvelle convention reflètent les ambitions de la Région : un budget de 4 Mds€, un objectif de 100 000 voyageurs quotidiens le plus tôt possible contre 80 000 aujourd’hui, 110 trains supplémentaires par jour (soit une offre augmentée de 24 %), 51 000 places supplémentaires par jour (+ 27 %). Concernant la qualité de service, qui doit être renforcée, la proportion de trains en retard doit baisser d’un quart, « ce qui équivaut à 33 000 trains par an remis à l’heure. Et le nombre de trains supprimés doit réduire de 9 %, ce qui représente 1 500 trains maintenus en plus par an », indique Philippe Bru. Le directeur régional SNCF Voyageurs Occitanie précise qu’un dispositif spécifique « va être mis en place pour suivre 120 trains dits « sensibles », les plus impactés par des retards. En cas d’objectifs non atteints, ces trains défaillants subiront des pénalités plus importantes. De quoi inciter le groupe SNCF à faire un effort supplémentaire pour améliorer la qualité de service.

La convention prévoit 540 M€ d’investissement dans le matériel roulant, qui va être sérieusement étoffé « avec la livraison en 2026 de 18 Région2N (9 000 places), et la rénovation de 83 rames AGC », indique Jean-Luc Gibelin, vice-président chargé des Mobilités. S’y ajoutera en 2025 la livraison de trois rames Régiolis bimode électrique/hydrogène (mise en service en 2026). Pour optimiser la maintenance du parc, un nouveau technicentre va être construit à Narbonne.

… avec les tarifs les plus bas de France

Le maintien d’une politique tarifaire attractive est un autre engagement de la Région, qui affiche déjà les tarifs les plus bas de France. L’objectif est de proposer 14 millions de voyages à 1 € maximum en 2023. « Nous allons continuer de proposer des tarifs bas et attractifs, adaptés aux différents profils de voyageurs », a annoncé Carole Delga. Par exemple, à partir de septembre 2023, le dispositif de gratuité à l’usage “+=0” (1,5 million de trajets effectués depuis le lancement en 2021) va être étendu aux jeunes dès 16 ans sur le réseau de trains liO, mais aussi aux 18-26 ans et aux apprentis (16-18 ans) sur les lignes régulières du réseau liO autocars. Les plus de 60 ans continueront de bénéficier de tarifs dégressifs (40 % de réduction en moyenne).

A ce jour, plus de 500 agents dans les 281 gares et haltes du réseau régional assurent l’accueil, la vente et l’information voyageurs. La nouvelle convention prévoit le maintien de présence humaine à bord des trains et des gares, car « le renforcement de la sécurité et de la sérénité des voyageurs est également au cœur des objectifs de la Région », indique Carole Delga. Enfin, celle-ci milite pour un « Airbus du train », qui réunirait Alstom, Siemens et CAF, « car nous avons réellement besoin d’un champion industriel européen du ferroviaire. »

Anne Jeantet-Leclerc

 

 

Ewa

Les priorités de Matthieu Chabanel pour SNCF Réseau

Matthieu Chabanel - Directeur general adjoint operations

Auditionné par le Sénat le 22 mars, pour la première fois depuis le début de son mandat en septembre à la tête de SNCF Réseau, Matthieu Chabanel a fait part de ses priorités. La première vise à accroître la performance du gestionnaire des infrastructures ferroviaires. « Nous nous inscrivons dans le cadre du retour à l’équilibre économique en 2024. Il est permis par le désendettement à hauteur des 35 milliards d’euros repris par l’Etat, et par notre propre performance qui doit atteindre 1,5 milliard d’euros. Nous en sommes à 940 millions d’euros par an en 2022, donc sur la trajectoire« , souligne le PDG.

Des projets plus ambitieux pour l’ERTMS et la CCR

La performance passera aussi par le déploiement du système européen de signalisation ERTMS, qui équipe déjà les extensions de lignes à grande vitesse, qui est en cours pour la LGV Paris-Lyon et pour la liaison Marseille-Vintimille. Un programme plus ambitieux devrait être défini.

La commande centralisée du réseau (CCR), qui permettra de moderniser le réseau en le rendant plus performant, devrait bénéficier de 500 millions d’euros en 2027. « Il nous appartient de programmer le rythme des travaux« , en les accélérant pour les achever avant 2070, date prévue si on suivait le rythme actuel, indique le dirigeant. Mais sans s’engager sur un nouvel horizon.

Deuxième priorité, la transition écologique. « Depuis le 1er janvier 2022, nous n’utilisons plus de glyphosate« , rappelle Matthieu Chabanel, en citant aussi tout le travail réalisé autour de la décarbonation des activités, en particulier sur l’économie circulaire pour utiliser le moins de matériel possible, comme c’est le cas par exemple avec le recyclage des rails. « Aujourd’hui, 50 % de tout ce qu’on enlève, quand on fait des travaux, est recyclé. Demain, ce sera 100 %« , précise-t-il. Le volet concernant la protection de la biodiversité représente 12 % du budget, annonce-t-il. Soit 250 millions annuels pour traiter la végétation, ce qui devient, selon lui, de plus en plus compliqué.

De nouveaux financements à trouver

Autre axe majeur selon lui, tout le travail à mener avec les collectivités. « J’ai déjà passé dix ans au sein de RFF, devenu ensuite SNCF Réseau. Je suis très conscient de tous les progrès à faire. Il y a une envie de trains, mais aussi de plus de transparence, de plus de capacités », souligne-t-il. Et d’affirmer : « J’ai d’abord renoué le fil, notamment pour différents dossiers en Ile-de-France. Aujourd’hui, les relations sont plus positives« .

Se référant au contrat de performance signé l’année dernière en toute discrétion avec l’Etat, le dirigeant sait qu’il doit aussi convaincre sur les besoins (énormes) en investissements du réseau. Le rapport du conseil d’orientation des infrastructures va aussi dans ce sens et estime que le ferroviaire devrait être prioritaire dans les choix d’investissements. Une orientation ensuite confirmée -du moins dans les intentions- par la Première ministre. « La fin de l’année dernière et le début de cette année a été l’occasion de le redire. Le contrat de performance avait le mérite d’exister. Mais il ne permettait pas le rajeunissement du réseau, voire même risquait d’aboutir à sa dégradation« , commente le dirigeant. Désormais, le nouvel effort annoncé permettrait d’affecter un milliard d’euros de plus au renouvellement du réseau à l’horizon 2027. « Nous travaillons à la montée en charge de ces investissements. C’est un défi important pour SNCF Réseau mais aussi pour toute la filière industrielle, et un défi organisationnel« , poursuit Matthieu Chabanel.  Selon lui, « il y aura des montées progressives d’investissements pour arriver à un milliard de plus en 2027. Puis il faudra tenir l’effort« . Ce qui permettra d’atteindre de l’ordre de 3,9 à 4 milliards d’euros annuels pour la régénération du réseau. Les péages versés à Réseau, d’un niveau élevé et encore appelés à croître (en hausse de 2,3 % cette année), y contribueront. Mais il faudra trouver d’autres sources de financements, le choix final revenant au gouvernement.

D’où la nécessité d’importants recrutements pour mener à bien tous ces chantiers. « Nous devons avoir une réflexion globale sur l’attractivité de toute la filière. Dans ces métiers, notamment pour les électriciens, il est très difficile de recruter aujourd’hui ».

L’arrivée de la SGP vue d’un bon oeil

Le dossier des RER métropolitains, sur lequel SNCF Réseau travaille depuis plusieurs années, est aussi étudié avec intérêt. Grande nouveauté récemment annoncée, il devrait également mobiliser à l’avenir la Société du Grand Paris (SGP). Matthieu Chabanel, qui a pris contact avec Jean-François Monteils, le patron de la SGP, affirme que des règles ont été fixées entre les deux entreprises. « 1000 ingénieurs compétents ont fait leurs preuves sur le territoire parisien. Nous les voyons arriver d’un bon oeil« , assure-t-il, avant de préciser : « La SGP ne réclame pas de faire des travaux sur le réseau exploité. C’est d’ailleurs mieux que ce soit la même entité (autrement dit SNCF Réseau, ndlr) qui fasse les travaux. Sinon, pour moi, cela aurait été une ligne rouge« , indique le patron du réseau ferré. « Nous avons l’habitude des réalisations avec des modalités diverses : la SGP peut tout à fait construire des lignes nouvelles puis les reverser au RFN (réseau ferré national, ndlr). Dans la phase des études en amont, nous pouvons chacun apporter des propositions intéressantes« , affirme Matthieu Chabanel, avant d’ajouter : « Nous avons une bonne entente avec Jean-François Monteils« .

Marie-Hélène Poingt

 

 

 

Ewa

De nouveaux enjeux pour Fifteen

Sur le stand de Fifteen, au salon Autonomy Mobility World Expoo
Fifteen n’a pas chômé. Après l’important contrat remporté à la fin de l’année dernière à Marseille, la société de la location de vélos en libre-service né de la fusion en 2021 de Smoov et de Zoov affiche de nouveaux succès, annoncés notamment lors du Salon Autonomy Mobility World Expo qui s’est ouvert ce matin.
« A Marseille, nous enregistrons 8 trajets par vélo et par jour, après seulement un mois d’exploitation. Il y avait seulement entre 1 et 2 locations par vélo et par jour, en moyenne, au cours du précédent contrat. Nous devrions encore faire mieux au cours des mois à venir », commente Benoît Yameundjeu, le directeur général de Fifteen. Le choix d’opter pour des vélos électriques plutôt que classiques tout en doublant leur nombre, le faisant passer à 2000 unités, explique aussi le succès.

Courtes, moyennes et longues durées

Dans le cadre d’un autre  contrat gagné en mai dernier dans la Communauté d’agglomération de l’Auxerrois, Fifteen mettra en application son concept de Réseau vélo augmenté, qui consiste à proposer une flotte de vélos aussi bien destinée au libre-service qu’à la location moyenne ou longue durée. A l’usager de choisir, via une application. Le réseau d’Auxerre comptera 320 vélos répartis sur 42 stations. « La collectivité a surtout souhaité installer des bornes dans les 29 communes de l’agglomération. Et peu dans le centre ville, sauf  autour de la gare d’Auxerre afin de favoriser le report modal », explique encore Benoît Yameundjeu.
L’autre contrat, qui devrait être signé prochainement, constitue une originalité, « de nature à permettre le report modal vers les transports en commun et le vélo » souligne le dirigeant. Dévoilé dans les grandes lignes en septembre dernier par Renaud Lagrave, le vice-président de Nouvelle-Aquitaine (https://www.ville-rail-transports.com/ferroviaire/le-tarif-des-ter-va-augmenter-de-2-dici-la-fin-de-lannee-en-nouvelle-aquitaine/), Fifteen en précise les détails : le service, conçu avec Modalis, la plateforme qui coordonne les mobilités en Nouvelle-Aquitaine, proposera des locations de vélos pour de courtes et moyennes durées, jusqu’à 24h, à partir de bornes libre-service installées dans chacune des huit gares de la ligne Angoulême – Royan. Soit 160 bicyclettes au total.
«Avec le service le Train+vélo, vous permettez aux usagers de transporter leur vélo à bord, mais il faut réserver un espace. Conséquence, le nombre de places pour les voyageurs se restreint. L’autre possibilité consiste à installer des stations dans chaque gare, afin que les voyageurs empruntent un vélo à la sortie du train pour poursuivre leurs trajets. C’est le choix déjà éprouvé aux Pays-Bas et en Belgique, et qui favorise l’intermodalité train-vélo », explique Amira Haberah, cofondatrice et directrice marketing et commerciale de Fifteen. Ce service, qui sera expérimenté pendant 18 mois, bénéficie du soutien de l’Ademe et fera l’objet de publications afin d’éclairer les autres projets de vélos en gare à l’étude en France.
Fifteen a aussi travaillé sur un nouveau modèle de vélo. « Nous l’avons allégé d’un kilo pour obtenir un poids de 26,5 kg», explique Benoît Yameundjeu. D’où, selon lui, une maintenance plus efficace et plus rapide. Un nouveau système d’affichage, placé au centre du guidon, offre également plus de visibilité sur la disponibilité et l’autonomie du vélo. Le vélo a été doté d’une nouvelle zone de branchement à l’arrière du guidon pour faciliter les diagnostics de maintenance. Il est aussi équipé de nombreux capteurs qui collectent des données et facilitent la gestion quotidienne du service pour les collectivités. Et des options de personnalisation, comme une batterie à très haute capacité offrant jusqu’à 120 kilomètres d’autonomie, ainsi que différents modèles de paniers, sont également proposés aux agglomérations.

L’intérêt de la polyvalence

Côté technologies, Fifteen propose une compatibilité de ses solutions avec les applications de mobilité servicielle (MaaS), pour intégrer encore plus étroitement le vélo dans les réseaux de transport public.
Sur ses bornes, Fifteen innove aussi. Son nouveau modèle s’adapte à la demande en ajoutant des modules, jusqu’à quatre en étoile, chaque branche pouvant accueillir jusqu’à dix vélos dans un espace de 5 mètres de long. La nouvelle borne ajuste la charge en fonction des besoins des vélos et de la prédiction de la demande. Elle assure ainsi un niveau moyen de 75 % d’autonomie au vélo prêt à partir. Elle offre également trois options d’alimentation électrique : raccordement au réseau, branchement sur le secteur ou alimentée par des batteries.
Cette polyvalence pourrait prendre tout son sens dans le cadre des Jeux olympiques et paralympiques, avec l’installation de stations provisoires. « Nous discutons avec le comité d’organisations. L’enjeu de la réutilisation, après les Jeux, des gares provisoires et des vélos, par exemple près des gares d’Île-de-France, est très important. Celui du calendrier aussi. Il faut que les autorités prennent une décision rapidement, compte tenu des délais de constructions des vélos. Certes, nous avons constitué un stock de pièces essentielles mais ce ne sera pas suffisant pour répondre au besoin des Jeux, qu’on estime à environ 3 000 vélos ».
Yann Goubin