
15 minutes de retard suffisent, depuis janvier, pour que les voyageurs puissent se faire rembourser leurs trajets par la Renfe en Espagne. Mais la compagnie ferroviaire publique conteste, appuyée par le ministère des Transports : cette obligation la pénaliserait face à ses concurrents, le français Ouigo et l’italo-espagnol Iryo, deux opérateurs dont les politiques de remboursement sont plus restrictives, alors que la guerre des prix fait rage entre les acteurs de la grande vitesse ferroviaire en Espagne.
Concrètement, pour les trains de Renfe et de sa filiale low-cost, Avlo, un retard de 15 minutes ou plus sur l’horaire prévu oblige à un dédommagement à hauteur de 50 % et le remboursement passe à 100 % à partir de 30 minutes. Il s’agit en réalité d’un retour à la politique commerciale en vigueur jusqu’en 2024, revue à la baisse l’an passé. Ce retour a été introduit dans la loi de mobilité durable, votée le 13 novembre, via un amendement de l’opposition de droite, qui a séduit une majorité de députés à Madrid.
Un surcoût de 42 millions d’euros
« Cet amendement pénalise [l’opérateur] public, en l’obligeant à des indemnisations qui ne sont pas exigées de ses concurrents », avait alors fait valoir la députée socialiste Cristina López Zamora. Ouigo offre de son côté un bon d’achat d’une valeur de 50 % du prix du billet à partir de 30 minutes de retard, un « bon d’achat remboursable » de 50 % du billet à partir d’une heure, et de 100 % à partir de 90 minutes de retard. Tandis qu’Iryo rembourse 50 % du prix à partir d’une heure de retard, et la totalité à partir de 90 minutes.
Le surcoût engendré pour Renfe serait de 42 millions d’euros. La compagnie espagnole a annoncé qu’elle ne couvrirait pas les retards liés aux limitations de vitesse imposées par Adif pour des raisons de sécurité qui sont devenues importantes depuis presque deux mois.








