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Ewa

La Normandie veut réduire la fraude de 50 % sur les liaisons avec Paris

Portiques Saint-Lazare

Partant du constat que les lignes reliant la Normandie à Paris enregistrent un taux de fraude élevé générant un manque à gagner de plusieurs millions d’euros par an, la région a demandé à la SNCF de mieux contrôler l’accès à ces trains. Traduction concrète, des portes d’embarquement ont commencé à être installées en gare de Paris-Saint-Lazare sur les voies 22 à 24 depuis la fin d’année dernière et fonctionnent depuis le 22 décembre.

« Cette mise en place progressive a pour objectif de détecter certains dysfonctionnements qui ne peuvent être identifiés qu’en test en situation réelle. Ainsi, pour éviter des difficultés et dans l’intérêt des voyageurs, les portes sont actuellement mises en service en heures creuses et monteront en puissance en heures de pointe », a indiqué la région dans un communiqué le 27 mars.

Le conseil régional explique également que les portes d’embarquement seront totalement opérationnelles d’ici à cet été et que les voies 25 et 26 seront à leur tour équipées de portes courant 2018. Le dispositif sera complété dans les mois à venir par l’installation de portes d’embarquement dans les principales gares normandes. Il se substituera progressivement au dispositif de filtrage humain mis en place à la demande de la région, depuis décembre 2016, et qui a contribué à une augmentation significative des recettes des TER, précise encore la région.

Quelque 10 000 voyageurs quotidiens sont concernés par ce nouveau dispositif à Saint-Lazare. L’objectif pour la Normandie est de réduire la fraude de 50 % à partir de la fin 2019, juste avant qu’elle ne reprenne en main l’organisation des trains Intercités, actuellement sous la responsabilité de l’Etat.

M.-H. P

Ewa

Les conditions d’une concurrence équitable dans le ferroviaire selon l’Arafer

Roman Bernard ©Arafer

L’ouverture à la concurrence dans le transport ferroviaire étant maintenant « imminente », l’Autorité de régulation des activités ferroviaires et routières (Arafer) a posé le 27 mars quelques conditions qui, selon elle, permettront d’assurer une concurrence équitable en France.

Pour cela, l’Autorité s’est appuyée sur le bilan des expériences menées par nos voisins européens (Allemagne, Angleterre, Suède, Italie…) qu’elle juge extrêmement positives. « A travers ces exemples, il est possible d’affirmer que la libéralisation s’est toujours accompagnée d’évolutions très favorables », a assuré Bernard Roman, son président. La fréquentation en voyageurs-km notamment a fortement augmenté, par exemple de 6 % par en Grande-Bretagne entre 1994 et 2015 ou de 50 % sur les lignes à grande vitesse en Italie entre 2012 et 2015, a-t-il indiqué.

Mais Bernard Roman est critique sur l’organisation envisagée en France pour le groupe ferroviaire, pour lequel le modèle allemand est cité en exemple. Le président du gendarme du rail estime qu’il serait au contraire « opportun de revoir l’organisation du groupe public ferroviaire en supprimant l’Epic de tête et en séparant clairement les activités relatives à la gestion de l’infrastructure de celles relatives à l’exploitation des services de transport ». Faute de quoi, la transparence ne pourra pas être assurée et on en reviendrait à « autoriser la France à créer un modèle intégré qui n’existe plus en Europe et qui nous ramènerait 20 ans en arrière ». De plus, Bernard Roman estime que Gares & Connexions devrait devenir soit une filiale de SNCF Réseau soit une société anonyme à capitaux publics pour accéder à une réelle indépendance et assurer un service équitable à tous les opérateurs ferroviaires.

Le régulateur prône aussi la transparence dans le recueil des informations pour permettre aux autorités organisatrices des transports de préparer des appels d’offres dans le futur pour les transports conventionnés (TER et TET). Pour les lignes commerciales, l’Arafer met en doute les déclarations récentes d’Elisabeth Borne, qui avaient assuré que 70 % des lignes TGV sont déficitaires. L’Autorité remet en cause le coût moyen pondéré du capital (CMPC) permettant d’estimer la rentabilité d’une ligne. « Le taux utilisé laisse penser que la SNCF se rémunère bien », souligne Anne Yvrande-Billon, la vice-présidente de l’Arafer. L’Autorité estime donc qu’une « remise à plat de la carte des dessertes TGV est nécessaire, avec, le cas échéant la mise en œuvre d’obligations de service public ». Elle pointe aussi la nécessité de mettre en place « des règles claires d’attribution des sillons et des capacités en gares ». Avec la possibilité, lorsque les sillons sont rares, de proposer « une allocation concurrentielle », autrement dit des enchères.

Enfin, l’Arafer a de nouveau rappelé que son pouvoir d’avis conforme que le gouvernement envisage pourtant de supprimer est « la seule garantie d’un développement équilibré du secteur du transport ferroviaire ». Notre but est de « contribuer à la croissance du transport ferroviaire », assure Bernard Roman.

M.-H. P

Ewa

Le Sénat fait de la résistance

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Les sénateurs devaient examiner le 28 mars la proposition de loi déposée par Hervé Maurey et Louis Nègre sur l’ouverture à la concurrence du transport ferroviaire de voyageurs. Avec un temps de retard sur le calendrier initialement prévu. « Nous avions prévu de l’inscrire à l’ordre du jour en janvier dernier mais la ministre des Transports nous avait convaincus d’attendre les conclusions du rapport de Jean-Cyril Spinetta. En échange, Elisabeth Borne nous avait proposé que notre proposition de loi devienne le véhicule législatif permettant l’ouverture à la concurrence. Mais contrairement à ce qui nous avait été dit, le gouvernement a annoncé que la réforme serait menée par ordonnances », raconte Hervé Maurey, le président de la commission de l’Aménagement du territoire et du Développement durable.

Pour le sénateur de l’Eure (Union centriste), « c’est inacceptable pour une réforme d’une telle ampleur avec de tels enjeux. Nous y voyons un mépris du Sénat et, au-delà, du Parlement et des Français ». Hervé Maurey indique que le président du Sénat soutient cette proposition de loi : Gérard Larcher a inscrit le texte à l’ordre du jour et a saisi le Conseil d’Etat pour qu’il donne un avis sur le texte sénatorial, précise l’élu. « Tous les groupes sont à 100 %, même 200 % favorables au débat. Ce qui ne veut pas dire que nous partageons tous les mêmes positions sur le fond », ajoute Hervé Maurey.

Selon lui, le but est d’aller vite et de montrer qu’avec cette proposition de loi, on peut aller plus vite pour légiférer que si on passe par ordonnances. Le texte pourrait être adopté dès jeudi soir par la commission sénatoriale.

De son côté, Jean-François Longeot, rapporteur de la proposition de loi, indique que le texte a tenu compte des observations faites par le Conseil d’Etat et que des amendements ont été déposés. Notamment sur la question de la concurrence sur les lignes commerciales. « Le gouvernement a pris position pour l’open access. D’où un risque pour les territoires d’être moins bien irrigués par le TGV. Nous souhaitons des contrats de service public pour assurer la couverture totale des lignes », explique l’élu en citant l’exemple de Paris – Nice, qui pourrait n’intéresser les opérateurs que sur la partie Paris – Marseille pour des questions de rentabilité. Les tronçons Dijon – Besançon, Lyon – Chambéry, ou Bordeaux – Dax, pour n’en citer que quelques-uns, pourraient aussi être menacé. « Ce sera un des points forts du débat demain avec le gouvernement », prévient-il.

M.-H. P.

Ewa

Ouigo va s’installer dans une deuxième gare parisienne

ouigo crédit DR

Ouigo étend sa toile ! Après s’être installé en décembre dernier dans Paris intra-muros, à la gare Montparnasse, le TGV à bas coûts de la SNCF va proposer de nouvelles destinations à partir du 6 juillet prochain, en partant de la Gare de l’Est vers six destinations. Les ventes, qui s’ouvriront le 29 mars, permettront d’acheter des billets pour Strasbourg, Champagne-Ardenne, Lorraine-TGV, Metz, Nancy et Colmar à des tarifs défiant toute concurrence. Par exemple un aller à 16 euros pour Paris – Strasbourg, ou 14 euros pour Paris – Metz ou Paris – Nancy, les enfants pouvant bénéficier d’un prix fixe à 8 euros sur toutes ces destinations.

La SNCF annonce aussi que Ouigo desservira cet été la future gare de Montpellier-Sud-de-France qui doit être mise en service en juillet. Pour l’entreprise publique, l’objectif est que Ouigo achemine 25 % du trafic de la grande vitesse d’ici à 2020 en faisant voyager 26 millions de voyageurs, dont dix millions de nouveaux clients. Avec ces petits prix et un mode de production spécifique permettant de réduire le coût d’utilisation de ses trains (notamment en les faisant rouler plus), et même si elle concurrence ses TGV classiques, la SNCF veut couvrir l’ensemble du marché et prendre un temps d’avance sur les autres opérateurs ferroviaires qui envisageraient de venir un jour lui faire concurrence sur ces lignes.

Ewa

La DB dresse un bilan en demi-teinte

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Pour la présentation de son premier bilan comme chef de la Deutsche Bahn, Richard Lutz ne pouvait pas espérer de meilleurs chiffres. Sur les grandes lignes, le trafic a augmenté en 2017 de 2,3 % à 142 millions de trajets, dû notamment à la faillite surprise d’Air Berlin, deuxième compagnie aérienne allemande.

Du coup, le chiffre d’affaires a fait un bond de 5,2 % à près de 43 milliards d’euros et le bénéfice de 7 % à 765 millions. « D’un point de vue économique, nous avons eu une très bonne année », s’est félicité Richard Lutz. Les grandes lignes restent le moteur de croissance mais également les activités internationales (DB Arriva et DB Schenker) qui représentent désormais à eux deux la moitié du chiffre d’affaires de la compagnie allemande.

Le bilan reste néanmoins en demi-teinte si l’on considère la qualité, le fret et les objectifs. La DB accuse un nouveau recul de la ponctualité de ses trains à 78,5 % (-0,4 point). « Nous devons nous améliorer sur ce point », a reconnu le président de la DB. L’objectif cette année est d’atteindre une ponctualité de 82 %.

Par ailleurs, le fret reste toujours insatisfaisant avec un nouveau recul du chiffre d’affaires de 2,3 % et une hausse de la perte d’exploitation (Ebit) de 90 millions contre 80 millions en 2016. Pour autant, la DB ne veut pas baisser les bras. La compagnie compte lancer une offensive d’investissements pour « atteindre l’équilibre ». Ainsi, la DB compte acheter 100 locomotives d’ici 2022 et plus de 4 000 wagons marchandises. « Je ne suis pas là pour réduire la voilure mais pour trouver de la croissance », a insisté Richard Lutz. Par ailleurs, l’Etat a annoncé une baisse du prix des péages ferroviaires pour encourager la hausse du trafic.

Enfin, les objectifs à long terme sont loin d’être atteints. La DB a lancé le plus grand programme d’investissement de son histoire dans le matériel roulant et le réseau qui engendrera un endettement record. « Nous devrions atteindre la barre des 20 milliards d’euros cette année », a estimé le président. Cette année, la DB va débourser neuf milliards pour la modernisation du réseau contre 7,5 milliards l’année passée.

Richard Lutz reste confiant en l’avenir en raison du soutien de l’Etat (qui reste l’unique actionnaire de cette société par action). La nouvelle « grande coalition » d’Angela Merkel a maintenu les objectifs de doubler le nombre de passagers en 2030. Berlin a également maintenu tous les objectifs d’investissements dans l’électrification du réseau et la modernisation des gares. « L’objectif de l’Etat n’est pas la maximisation des profits mais une maximisation du trafic sur le rail », est-il écrit dans le contrat de coalition. Le gouvernement compte d’ailleurs renforcer son influence au sein de la compagnie comme l’a démontré la nomination récente de trois secrétaires d’Etat du ministère des Transports au conseil de surveillance de la DB.

Christophe Bourdoiseau,
à Berlin

Ewa

La RATP veut élargir son champ de bataille

Vue de Paris depuis le siege de la RATP

Une année de croissance rentable et de renforcement de la structure financière du groupe. C’est en résumé ce que retient Catherine Guillouard de 2017. La PDG de la RATP qui a pris les commandes l’été dernier a pointé un chiffre d’affaires en progression à +0,7 % (1,2 % hors effet devises), représentant plus de 5,486 milliards d’euros, et un quasi-doublement du résultat net à 339 millions.

L’activité est tirée par la hausse du trafic voyageurs de 1,3 % avec une accélération à la fin de l’année (+2,6 %). Bonne nouvelle, les touristes sont de retour ! Et le passe unique Navigo contribue aussi à la progression. « Nous avons transporté 44 millions de voyageurs supplémentaires. Dont 34 millions acheminés par le métro et le RER. Ce sont donc ces deux modes qui tirent le trafic », a souligné la patronne de la RATP. Le trafic réalisé par le tramway augmente de 2,7 %, tandis que les bus affichent une très modeste hausse de 0,2 %, pénalisés notamment par les difficultés de circulation et les travaux de voirie à Paris.

Comme chaque année, le niveau d’investissement est élevé : 1,5 milliard d’euros ont été investis l’an dernier en Ile-de-France, dont 8 712 millions sur fonds propres. Les deux volets essentiels ont été consacrés à la modernisation et à l’entretien du réseau (pour 720 millions d’euros) et au prolongement des lignes de métro et de tram (700 millions d’euros).

La contribution des filiales à l’activité du groupe représente 20,7 %, un niveau stable comparé à l’année précédente. L’année est qualifiée « d’exceptionnelle » en termes de développement pour les filiales qui affichent une croissance de leur activité de 1,3 %.
Parmi elles, RATP Dev a remporté l’appel d’offres de Lorient pour l’exploitation du réseau de bus et de navettes maritimes et a vu son contrat renouvelé à Bourges, Charleville-Mézières ainsi que pour le service PAM 91 (transport de personnes à mobilité réduite).

A l’international, citons le contrat de 20 ans remporté au Qatar avec la joint-venture RKH qui inclut aussi Keolis et Hamad Group pour le métro automatique de Doha et le tramway de Lusail. Ou encore la gestion du réseau de transport d’Asheville en Caroline du Nord ou celle des bus à Lake County en Floride, qui permet de poursuivre le développement aux Etats-Unis.

Tout cela permet d’être « raisonnablement confiant et en ordre de marche pour réaliser les objectifs de l’entreprise », a souligné Catherine Guillouard. L’objectif est d’atteindre un chiffre d’affaires de 7 milliards d’euros en 2025 (mais l’année dernière, Elisabeth Borne qui était alors aux commandes évoquait cette perspective en 2020) avec une contribution des filiales supérieure à 35 %.

Parmi les perspectives évoquées pour le groupe, la RATP va continuer à chercher à se développer en France (à Angers, Brest ou Chambéry et Nîmes où des réponses sont attendues en 2018 et 2019), et tout particulièrement en Ile-de-France où elle est candidate avec Keolis à l’exploitation de CDG Express. A l’international, elle aimerait mettre un pied au Canada et voit de belles perspectives en l’Algérie, au Maroc (Casablanca) et en Argentine (Buenos Aires).

« Le groupe ne s’interdit rien », affirme Catherine Guillouard, faisant allusion à l’ouverture à la concurrence qui va bientôt devenir effective dans le transport ferroviaire. RATP Dev a d’ailleurs répondu à l’appel à manifestation d’intérêt lancé en début d’année par la région Paca pour trois lignes de TER (voir Dix candidats sur les rangs pour l’exploitation des TER de Paca… et une surprise).
A l’avenir, le groupe veut aussi accélérer dans le digital et l’innovation (notamment les véhicules autonomes) et continuer à investir dans les start-up (15 millions d’euros sont prévus pour cette année).

Côté matériel, RATP poursuit son plan bus, qui passe avant tout par la transformation de ses dépôts, avant même d’avoir tous les nouveaux bus, pour lesquels les choix sont faits (les deux tiers devant fonctionner à l’électricité, le reste au biogaz).

M.-H. P.

Ewa

Dix candidats sur les rangs pour l’exploitation des TER de Paca… et une surprise

Niolon gare © Didier Duforest e1657622111211

La région Provence-Alpes-Côte d’Azur, qui veut être la première à ouvrir ses TER à la concurrence dès que la loi le permettra, a reçu, selon nos informations, pas moins de dix candidatures à son appel à manifestation d’intérêt, lancé en début d’année.

Les opérateurs avaient jusqu’au 20 mars pour répondre. A partir de maintenant et d’ici à la mi-avril, la région va procéder à une présélection.

« Nous enverrons un dossier de consultation aux opérateurs retenus et à partir de cela, ils devront nous remettre leurs offres vers juin », a expliqué à VR&T Philippe Tabarot, le vice-président délégué aux Transports de la région, en précisant qu’une des conditions sera que les opérateurs aient déjà une expérience ferroviaire en France ou en Europe. « Les candidatures que nous avons reçues proviennent d’opérateurs solides, avec des références », se borne-t-il à préciser.

Transdev a bien sûr déposé un dossier. « Pour le moment, nous sommes les seuls, avec la SNCF, à disposer d’un certificat ferroviaire, qui nous donne le statut d’entreprise ferroviaire de voyageurs sur le territoire national et donc l’autorisation d’y exploiter des lignes », indique un cadre de l’entreprise. Certificat ferroviaire attribué tout récemment, via sa filiale CFTA.

Keolis, la filiale de la SNCF, RATP Dev, RDT 13 (la Régie départementale des Bouches-du-Rhône, opérateur de fret) et l’anglais Arriva sont aussi sur les rangs.

Trenitalia a également indiqué le 21 mars qu’elle avait fait acte de candidature, via sa filiale Thello. Et puis il y a, si l’on peut dire, le candidat surprise : MTR. Pour ne pas recevoir une fin de non-recevoir, l’opérateur de Hongkong s’est associé à une entreprise ferroviaire anglaise, explique une source proche du dossier.

Trois lignes sont proposées aux opérateurs ferroviaires : Marseille – Vintimille, Briançon – Marseille et Nice – Breil – Tende. « Soit un mix entre une grande ligne voyageurs (puisqu’elle représente, avec 50 000 voyageurs par jour, la deuxième ligne la plus fréquentée de France, hors Ile-de-France), une ligne dite secondaire et une ligne à la fois en montagne et périurbaine », souligne Philippe Tabarot.

Selon Roberto Rinaudo, directeur général de Thello, ces lots ne sont pas suffisants pour permettre à un opérateur ferroviaire alternatif de donner sa pleine mesure. Mais la région a déjà indiqué qu’elle donnait toute liberté aux candidats de faire leurs propres propositions de lots. Et de faire toutes les suggestions qu’ils souhaitent sur les thèmes les plus variés, offre, exploitation, distribution… « C’est l’avantage de ne pas être dans un appel d’offres traditionnel », explique Philippe Tabarot. En recourant à cette procédure de l’AMI, la région espère en effet prendre de l’avance en échangeant avec différents opérateurs ferroviaires et pouvoir ainsi élaborer son futur appel d’offres. Pour Philippe Tabarot, le but, « c’est d’être prêt les premiers, dès que la loi le permettra ».

Marie-Hélène Poingt

Ewa

Plus de 35 % des cheminots en grève

Manifestation syndicat 22 mars 2018

Cortège unitaire, à l’appel de la CGT, de l’Unsa, de SUD-Rail et de la CFDT. Et leaders en tête. Les cheminots sont bien présents au rendez-vous du 22 mars. Leur mouvement contre le « pacte ferroviaire » du gouvernement vient nourrir les revendications des personnels de la fonction publique, des enseignants, ou des personnes de santé. Et, symboliquement, à Paris, le cortège des cheminots auquel s’est joint la CGT-Energie, parti de la Gare de l’Est à 13h, devait rejoindre à la Bastille en fin d’après-midi celui des fonctionnaires, parti de Bercy à 14h.

Le cortège des cheminots est évalué par un communiqué de la CGT à 25 000 personnes, conformément à ce qu’elle avait annoncé auparavant. Evaluation optimiste puisque, selon un comptage réalisé pour des médias par le cabinet spécialisé Occurrence, ils étaient 13100. Ce qui est sûr, c’est que le premier syndicat de la SNCF était fortement représenté. Les indispensables fumigènes et pétards n’ont pas manqué. Et Bernard Thibaud, leader cheminot du mouvement de 1995 et secrétaire général de la CGT de 1999 à 2013 était là lui aussi. Lu sur les banderoles et pancartes : « Macron, Spinetta, vous dépassez les Borne(s) », « Ministres millionnaires larbins des milliardaires », « Travailleurs du rail tous à la bataille », « La SNCF, ils veulent la descendre, nous on la défend », « Ensemble faisons dérailler Macron », ou « Dégage Macron/Monarc ».

Parmi les manifestants, beaucoup mettent en avant les menaces qui pèsent sur le service public. « Le gouvernement prépare la dislocation de la SNCF qui ne sera plus qu’une simple entreprise de transport parmi d’autres. Les préconisations du rapport Spinetta mènent à la casse de l’entreprise et à un transfert des petites lignes vers les régions qui ne pourront pas les entretenir. On voit déjà ce qui se passe dans des régions comme le Centre, les Pyrénées et certaines parties des Alpes… Si on ajoute la suppression du statut, on comprend les motivations et la colère des cheminots », résume l’un d’eux, venu de Loire-Atlantique.

La journée du 22 mars devait être avant tout la manifestation de la fonction publique et des cheminots. Elle est devenue pour ceux-ci un premier tour de chauffe avant les grèves par roulement annoncées à partir du 3 avril. Pourtant, seul SUD-Rail avait déposé un préavis de grève pour cette première journée. La CGT, qui en avait fait depuis longtemps un rendez-vous majeur, n’avait appelé à cesser le travail que localement. Elle souhaitait plutôt que les trains roulent ce 22 mars pour amener du monde dans les manifestations. Elle a d’ailleurs accusé la direction de « sabotage », estimant que la SNCF avait supprimé plus de trains que nécessaire.

Faux, a rétorqué la direction, qui a expliqué avoir enregistré un grand nombre de grévistes parmi les aiguilleurs, dont l’absence perturbe fortement les circulations. La SNCF, qui a annoncé que 35,4 % de ses agents étaient en grève, a reconnu que ce mouvement avait plus d’ampleur qu’elle ne l’avait prévue et était un peu « atypique ». Selon elle, seuls 40 % des TGV devaient circuler, ainsi que 25 % des Intercités, 50 % des TER et 30 % des trains en Ile-de-France, le trafic international devant être assuré aux trois quarts.

F. D. et M.-H. P.

Ewa

Passe d’armes entre direction de la SNCF et CGT

Manifestation syndicat 22 mars 2018

Guillaume Pepy s’est insurgé le 21 mars contre un courriel interne envoyé à d’autres militants par un responsable syndical cégétiste d’une section parisienne, sous-entendant que les grévistes feraient tout pour perturber les circulations des trains au-delà des deux jours de grève annoncés tous les cinq jours, pendant trois mois, ce qui rendra le mouvement totalement « ingérable » pour la direction. Dans ce mail publié par Le Parisien, l’auteur se réjouit du mode d’action décidé en indiquant que « la désorganisation du travail devra se faire également sur les jours ouvrés, mais je ne vous en dis pas plus sur ce mail je pense que vous avez compris où l’on veut en venir… »

« Est-ce que cela veut dire qu’il y aura des actes de malveillance ? », s’est interrogé devant quelques journalistes le PDG de SNCF Mobilités. « Toutes les interprétations sont possibles. De son côté, la SNCF a toujours respecté le droit de grève et je suis persuadé que la totalité des cheminots ont le sens du service public. » Et il a ajouté : « C’est la première fois que je vois écrit ce genre de menaces ».

La CGT a répliqué, en accusant par la voix de son porte-parole, Cédric Robert, la direction de la SNCF de « fouiller dans les poubelles de Facebook pour trouver des arguments visant à discréditer le mouvement des cheminots ». Ce qui marquerait, selon lui, « un manque de sérénité évident » de la part de la direction.

Les autres organisations syndicales qui appellent à ce mouvement de grève sont allées dans le même sens, expliquant qu’il était « évident » que les répercussions du conflit se feraient aussi sentir les jours suivant la grève. C’est le cas notamment de Roger Dillenseger qui avait raconté il y a quelques jours à Ville, Rail & Transports comment au fil du temps, le mouvement risquerait de devenir très difficilement gérable en raison de la complexité du système ferroviaire.

M.-H. P

Ewa

Keolis sur tous les fronts

Iveco Crossway  Orly-Rungis, ligne 191.100

« 2017 a été une année très positive pour Keolis, tous les indicateurs économiques sont au vert. » En présentant le 19 mars les résultats de la filiale de transport public de la SNCF, Jean-Pierre Farandou, le PDG, a insisté sur les forces de son groupe, « la robustesse des fondamentaux » (métros automatiques, tramways, bus…), l’offre de nouveaux services facilités par le digital (transport à la demande, VTC collectifs, vélos en libre service, tests de véhicules autonomes…) et le développement dans le nouveau secteur du transport médicalisé.

Entre 2016 et 2017, l’activité a progressé de 6,4 % en passant à près de 5,4 milliards d’euros. Si l’on retourne dix ans en arrière, le chiffre d’affaires a été multiplié par 2,7, a rappelé de son côté Michel Lamboley, le directeur général des finances qui doit quitter le groupe à la fin du mois. La rentabilité a aussi progressé de 9,4 %. Au total le résultat net est de 51 millions d’euros, en hausse de 13 %.

La plus grosse partie de la croissance est apportée par les contrats gagnés. Notamment à l’international où le groupe réalise 45 % de son activité et où il a gagné à Manchester, Newcastle ou encore Utrecht pour n’en citer que quelques-uns. Boston, qui a longtemps représenté un point noir, pourrait commencer à gagner de l’argent à la fin de cette année.

En France aussi, où Keolis réalise 55 % de son activité, le groupe affiche de beaux succès. « En 2016 et 2017, 60 % de notre chiffre d’affaires était en renouvellement. 760 millions d’euros étaient en jeu, nous avons signé pour 761 millions d’euros de contrats, en renouvellements ou en gains », se félicite Frédéric Baverez, le directeur général France. « Nous avons réussi à faire progresser nos marges », ajoute-t-il. Parmi les contrats phares, il cite Rennes et Lille, obtenu de haute lutte face à Transdev. « Nous voulons faire de Lille une vitrine de notre savoir-faire en matière de métro automatique mais aussi en termes d’offre intermodale », commente Frédéric Baverez.

Dans le transport interurbain, le groupe a signé pour 75 millions d’euros de contrats. Enfin, dans les parkings où Keolis est présent via sa filiale Effia, les recettes ont crû de 4,7 % « alors que le stationnement en France est stable ou en recul ». Cette année, Effia s’apprête à se mettre sur les rangs pour entre 40 et 50 appels d’offres et essaiera d’en gagner entre le tiers et la moitié.

Reste qu’à long terme, le plus gros potentiel de croissance se situe en Ile-de-France qui représente, selon Frédéric Baverez, dix milliards d’euros, alors que Keolis n’y participe pour le moment qu’à hauteur de 200 millions. Keolis, qui a déjà répondu à l’appel d’offres de CDG Express, attend de pied ferme les futurs appels d’offres.

Le groupe attend aussi beaucoup de l’ouverture à la concurrence dans le ferroviaire même s’il « ne va pas aller partout », a expliqué Jean-Pierre Farandou Et il a précisé : « Si un lot ferroviaire a une caractéristique urbaine ou périurbaine forte, alors on ira. » Selon lui, « la SNCF va construire un groupe où chacun aura sa place. Keolis doit trouver sa place, qui est une place un peu subtile. Quand un appel d’offres correspondra à notre savoir-faire, nous nous mettrons en mouvement ». Tous les cas de figure sont possibles, mais sans entrer directement en concurrence avec la SNCF.

M.-H. P.