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Ewa

Systra retenu sur un projet de téléphérique à Marseille

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Systra a annoncé fin mars avoir remporté une mission d’assistance à maîtrise d’ouvrage sur un projet de téléphérique reliant le Vieux-Port à Notre Dame-de-la-Garde, pour le compte de la ville de Marseille.

La solution d’un téléphérique comportant deux stations distantes d’environ un kilomètre, et avec un dénivelé de près de 150 mètres, est apparue comme la plus pertinente pour relier ces deux sites touristiques et améliorer les conditions d’accessibilité à la « Bonne Mère » qui reçoit chaque année deux millions de visiteurs, explique Systra dans un communiqué.

Systra est le mandataire d’un groupement composé de l’ingénierie TIM, spécialiste du transport par câble, de Transitec Ingénieurs Conseils, spécialiste en étude de trafic, et du cabinet d’avocats MCL.

Ce groupement est chargé de rédiger le dossier d’appel d’offres pour la conception-réalisation. « Il mènera en parallèle les démarches administratives, juridiques et financières nécessaires à la réussite de l’opération. Dans un second temps, le groupement assurera le suivi des études, et supervisera les travaux avec pour objectif une mise en service en 2021 », précise la société d’ingénierie.

Ewa

La grève perlée sous la menace d’un contentieux

Manifestation syndicat CFDT

La tension monte entre la direction de la SNCF et les organisations syndicales sur les modalités de la grève de la semaine prochaine. Alors que les organisations syndicales ont prévu une grève perlée de deux jours sur cinq, la SNCF a déjà prévenu sur une plateforme interne qu’elle considère qu’il s’agit « d’un seul et unique mouvement de grève dont l’objet est la contestation de la réforme proposée par le gouvernement ».

La direction explique qu’un agent n’a donc pas besoin de se déclarer gréviste en déposant une nouvelle déclaration individuelle d’intention (DII) à chaque fois que le mouvement reprend. « Tant qu’il n’a pas fait de déclaration de reprise du travail, il sera considéré comme gréviste lors de chacune de ses journées de service couvertes par le mouvement de grève », précise-t-elle En clair, la direction veut comptabiliser l’ensemble des jours de grève y compris les repos s’ils tombent un jour de grève, pour calculer les retenues sur les salaires, alors que les organisations syndicales avaient fait justement le choix d’essayer de préserver au maximum la feuille de paie des cheminots en prévoyant cette grève tournante, permettant aux cheminots d’y participer à tour de rôle en fonction de leurs jours de service et de repos.

Pour la CGT-Cheminots, la direction avance des modalités de décompte des journées de grève « clairement illégales ». Les organisations syndicales, qui reconnaissent que la formule de grèves à répétition est compliquée à organiser et ont prévu pas moins de 18 préavis assortis à chaque fois de motifs différents pour relancer tous les trois jours le conflit, assurent que le mouvement restera dans les clous de la légalité.

La Fédération CGT des cheminots affirme n’avoir « aucun doute » sur la légalité du mouvement et qu’elle a « sollicité » sur la question « un conseil juridique ». De son côté l’Unsa-Ferroviaire a publié un document très pratique sur la façon de procéder que le gréviste soit soumis ou non à une DII. Le syndicat conseille toutefois aux cheminots de reprendre le travail la veille d’un repos « afin que le repos ne soit pas considéré comme un jour de grève ».

Ces divergences pourraient finir devant la justice. Ces incertitudes juridiques pourraient avoir plusieurs conséquences. Notamment celle de pousser les cheminots à se lancer dans un mouvement reconductible par 24 heures, comme y appelle SUD-Rail. Ou comme First, un syndicat non représentatif à la SNCF. Pour Bernard Aubin, son secrétaire général, la SNCF pourrait d’ailleurs y trouver son avantage car une grève reconductible est « finalement moins perturbante qu’un mouvement s’étalant sur plusieurs mois ». De plus, une grève classique pourrait s’étioler plus facilement si le gouvernement affiche sa fermeté. En attendant, « la direction sème le doute et les interrogations », résume Bernard Aubin en estimant « qu’incontestablement, la SNCF tente de déstabiliser les candidats à la grève ».

Marie-Hélène Poingt

 

Comment sont décomptés les jours de grève ?

Le décompte des jours de grève est effectué par les pôles RH des établissements, calculé par trentièmes selon le principe suivant : un trentième de rémunération en moins par mois quand on fait un jour de grève.

Les jours de grève sont décomptés à la fin du mois et les retenues de salaire ne peuvent être étalés pour adoucir la fiche de paie des grévistes.

Par ailleurs, « aucun jour de grève n’est transformable en jour de congé », a affirmé il y a quelques jours Guillaume Pepy devant des journalistes. Le PDG de SNCF Mobilités a rappelé que c’est l’ancien président de l’entreprise, Louis Gallois, qui avait demandé le non-paiement des jours de grève, tandis que lui-même avait décidé il y a dix ans que l’entreprise n’accepterait, en cas de conflit, ni l’étalement des retenues sur salaire, ni la transformation en jours de congés.

Plateforme interne SNCF sur la grève.pdf

Ewa

Dijon se lance dans l’« open payment »

(c) Alstom Transport
Tram de Dijon

C’est une première en France, annonce Keolis qui a présenté le 27 mars le dispositif d’open payment mis en œuvre dans le tramway de Dijon, en partenariat avec Worldline, acteur du secteur des paiements : lorsqu’il monte à bord, l’usager peut désormais directement payer son titre de transport avec sa carte bancaire sans contact, sans qu’un ticket soit délivré. En cas de contrôle, la carte bleue est vérifiée grâce à des appareils spécifiques dont ont été équipés les agents. Le paiement est plafonné chaque jour : en cas de validation avec la CB plusieurs fois dans l’heure, seul 1,30 euro (prix du ticket horaire) sera débité. Et s’il y a plusieurs voyages différents dans la journée, le montant maximum sera de 3,90 euros (ticket journalier) afin de facturer le titre le plus avantageux. Pour obtenir un justificatif, on peut se rendre sur un site internet où on accède à son profil.

L’open payment est pour l’heure déployé dans les deux lignes de tramways dijonnaises. A partir de septembre prochain, les principales lignes de bus suivront, et l’ensemble du réseau sera équipé avant la fin de l’année. 400 000 euros ont été investis par la collectivité à travers la DSP confiée à Keolis. 300 000 pour le système global et 100 000 pour l’achat des équipements. 200 000 euros sont mobilisés pour la campagne de communication (affichage dans les rames, en gare, achats d’espaces sur les réseaux sociaux…) et financés par les partenaires (Visa et le groupe BPCE avec la Caisse d’Epargne et Natixis). D’autres villes ont des projets similaires dans les mois à venir : Bordeaux en 2019, et Paris en 2020.

Frédéric Baverez, le directeur exécutif France de Keolis, a listé les raisons qui l’ont poussé à choisir Dijon. Notamment le fait que la ville représente un « laboratoire » pour les innovations de l’opérateur, la première DSP de mobilité globale ayant d’ailleurs été signée à Dijon. Frédéric Baverez a aussi vanté le dynamisme du réseau et l’importance du nombre de voyageurs occasionnels. Ce sont eux les premiers visés par la solution de l’open payment. Keolis vise 700 000 utilisateurs de l’open payment en un an (soit 5 % des visiteurs annuels accueillis par Dijon). Une incertitude demeure : combien de détenteurs de passe vont-ils en profiter pour basculer sur le système par carte bancaire ? Keolis compte scruter les comportements des voyageurs ainsi que les éventuels freins à l’usage.

Camille Selosse

Ewa

La Normandie veut réduire la fraude de 50 % sur les liaisons avec Paris

Portiques Saint-Lazare

Partant du constat que les lignes reliant la Normandie à Paris enregistrent un taux de fraude élevé générant un manque à gagner de plusieurs millions d’euros par an, la région a demandé à la SNCF de mieux contrôler l’accès à ces trains. Traduction concrète, des portes d’embarquement ont commencé à être installées en gare de Paris-Saint-Lazare sur les voies 22 à 24 depuis la fin d’année dernière et fonctionnent depuis le 22 décembre.

« Cette mise en place progressive a pour objectif de détecter certains dysfonctionnements qui ne peuvent être identifiés qu’en test en situation réelle. Ainsi, pour éviter des difficultés et dans l’intérêt des voyageurs, les portes sont actuellement mises en service en heures creuses et monteront en puissance en heures de pointe », a indiqué la région dans un communiqué le 27 mars.

Le conseil régional explique également que les portes d’embarquement seront totalement opérationnelles d’ici à cet été et que les voies 25 et 26 seront à leur tour équipées de portes courant 2018. Le dispositif sera complété dans les mois à venir par l’installation de portes d’embarquement dans les principales gares normandes. Il se substituera progressivement au dispositif de filtrage humain mis en place à la demande de la région, depuis décembre 2016, et qui a contribué à une augmentation significative des recettes des TER, précise encore la région.

Quelque 10 000 voyageurs quotidiens sont concernés par ce nouveau dispositif à Saint-Lazare. L’objectif pour la Normandie est de réduire la fraude de 50 % à partir de la fin 2019, juste avant qu’elle ne reprenne en main l’organisation des trains Intercités, actuellement sous la responsabilité de l’Etat.

M.-H. P

Ewa

Les conditions d’une concurrence équitable dans le ferroviaire selon l’Arafer

Roman Bernard ©Arafer

L’ouverture à la concurrence dans le transport ferroviaire étant maintenant « imminente », l’Autorité de régulation des activités ferroviaires et routières (Arafer) a posé le 27 mars quelques conditions qui, selon elle, permettront d’assurer une concurrence équitable en France.

Pour cela, l’Autorité s’est appuyée sur le bilan des expériences menées par nos voisins européens (Allemagne, Angleterre, Suède, Italie…) qu’elle juge extrêmement positives. « A travers ces exemples, il est possible d’affirmer que la libéralisation s’est toujours accompagnée d’évolutions très favorables », a assuré Bernard Roman, son président. La fréquentation en voyageurs-km notamment a fortement augmenté, par exemple de 6 % par en Grande-Bretagne entre 1994 et 2015 ou de 50 % sur les lignes à grande vitesse en Italie entre 2012 et 2015, a-t-il indiqué.

Mais Bernard Roman est critique sur l’organisation envisagée en France pour le groupe ferroviaire, pour lequel le modèle allemand est cité en exemple. Le président du gendarme du rail estime qu’il serait au contraire « opportun de revoir l’organisation du groupe public ferroviaire en supprimant l’Epic de tête et en séparant clairement les activités relatives à la gestion de l’infrastructure de celles relatives à l’exploitation des services de transport ». Faute de quoi, la transparence ne pourra pas être assurée et on en reviendrait à « autoriser la France à créer un modèle intégré qui n’existe plus en Europe et qui nous ramènerait 20 ans en arrière ». De plus, Bernard Roman estime que Gares & Connexions devrait devenir soit une filiale de SNCF Réseau soit une société anonyme à capitaux publics pour accéder à une réelle indépendance et assurer un service équitable à tous les opérateurs ferroviaires.

Le régulateur prône aussi la transparence dans le recueil des informations pour permettre aux autorités organisatrices des transports de préparer des appels d’offres dans le futur pour les transports conventionnés (TER et TET). Pour les lignes commerciales, l’Arafer met en doute les déclarations récentes d’Elisabeth Borne, qui avaient assuré que 70 % des lignes TGV sont déficitaires. L’Autorité remet en cause le coût moyen pondéré du capital (CMPC) permettant d’estimer la rentabilité d’une ligne. « Le taux utilisé laisse penser que la SNCF se rémunère bien », souligne Anne Yvrande-Billon, la vice-présidente de l’Arafer. L’Autorité estime donc qu’une « remise à plat de la carte des dessertes TGV est nécessaire, avec, le cas échéant la mise en œuvre d’obligations de service public ». Elle pointe aussi la nécessité de mettre en place « des règles claires d’attribution des sillons et des capacités en gares ». Avec la possibilité, lorsque les sillons sont rares, de proposer « une allocation concurrentielle », autrement dit des enchères.

Enfin, l’Arafer a de nouveau rappelé que son pouvoir d’avis conforme que le gouvernement envisage pourtant de supprimer est « la seule garantie d’un développement équilibré du secteur du transport ferroviaire ». Notre but est de « contribuer à la croissance du transport ferroviaire », assure Bernard Roman.

M.-H. P

Ewa

Le Sénat fait de la résistance

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Les sénateurs devaient examiner le 28 mars la proposition de loi déposée par Hervé Maurey et Louis Nègre sur l’ouverture à la concurrence du transport ferroviaire de voyageurs. Avec un temps de retard sur le calendrier initialement prévu. « Nous avions prévu de l’inscrire à l’ordre du jour en janvier dernier mais la ministre des Transports nous avait convaincus d’attendre les conclusions du rapport de Jean-Cyril Spinetta. En échange, Elisabeth Borne nous avait proposé que notre proposition de loi devienne le véhicule législatif permettant l’ouverture à la concurrence. Mais contrairement à ce qui nous avait été dit, le gouvernement a annoncé que la réforme serait menée par ordonnances », raconte Hervé Maurey, le président de la commission de l’Aménagement du territoire et du Développement durable.

Pour le sénateur de l’Eure (Union centriste), « c’est inacceptable pour une réforme d’une telle ampleur avec de tels enjeux. Nous y voyons un mépris du Sénat et, au-delà, du Parlement et des Français ». Hervé Maurey indique que le président du Sénat soutient cette proposition de loi : Gérard Larcher a inscrit le texte à l’ordre du jour et a saisi le Conseil d’Etat pour qu’il donne un avis sur le texte sénatorial, précise l’élu. « Tous les groupes sont à 100 %, même 200 % favorables au débat. Ce qui ne veut pas dire que nous partageons tous les mêmes positions sur le fond », ajoute Hervé Maurey.

Selon lui, le but est d’aller vite et de montrer qu’avec cette proposition de loi, on peut aller plus vite pour légiférer que si on passe par ordonnances. Le texte pourrait être adopté dès jeudi soir par la commission sénatoriale.

De son côté, Jean-François Longeot, rapporteur de la proposition de loi, indique que le texte a tenu compte des observations faites par le Conseil d’Etat et que des amendements ont été déposés. Notamment sur la question de la concurrence sur les lignes commerciales. « Le gouvernement a pris position pour l’open access. D’où un risque pour les territoires d’être moins bien irrigués par le TGV. Nous souhaitons des contrats de service public pour assurer la couverture totale des lignes », explique l’élu en citant l’exemple de Paris – Nice, qui pourrait n’intéresser les opérateurs que sur la partie Paris – Marseille pour des questions de rentabilité. Les tronçons Dijon – Besançon, Lyon – Chambéry, ou Bordeaux – Dax, pour n’en citer que quelques-uns, pourraient aussi être menacé. « Ce sera un des points forts du débat demain avec le gouvernement », prévient-il.

M.-H. P.

Ewa

Ouigo va s’installer dans une deuxième gare parisienne

ouigo crédit DR

Ouigo étend sa toile ! Après s’être installé en décembre dernier dans Paris intra-muros, à la gare Montparnasse, le TGV à bas coûts de la SNCF va proposer de nouvelles destinations à partir du 6 juillet prochain, en partant de la Gare de l’Est vers six destinations. Les ventes, qui s’ouvriront le 29 mars, permettront d’acheter des billets pour Strasbourg, Champagne-Ardenne, Lorraine-TGV, Metz, Nancy et Colmar à des tarifs défiant toute concurrence. Par exemple un aller à 16 euros pour Paris – Strasbourg, ou 14 euros pour Paris – Metz ou Paris – Nancy, les enfants pouvant bénéficier d’un prix fixe à 8 euros sur toutes ces destinations.

La SNCF annonce aussi que Ouigo desservira cet été la future gare de Montpellier-Sud-de-France qui doit être mise en service en juillet. Pour l’entreprise publique, l’objectif est que Ouigo achemine 25 % du trafic de la grande vitesse d’ici à 2020 en faisant voyager 26 millions de voyageurs, dont dix millions de nouveaux clients. Avec ces petits prix et un mode de production spécifique permettant de réduire le coût d’utilisation de ses trains (notamment en les faisant rouler plus), et même si elle concurrence ses TGV classiques, la SNCF veut couvrir l’ensemble du marché et prendre un temps d’avance sur les autres opérateurs ferroviaires qui envisageraient de venir un jour lui faire concurrence sur ces lignes.

Ewa

La DB dresse un bilan en demi-teinte

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Pour la présentation de son premier bilan comme chef de la Deutsche Bahn, Richard Lutz ne pouvait pas espérer de meilleurs chiffres. Sur les grandes lignes, le trafic a augmenté en 2017 de 2,3 % à 142 millions de trajets, dû notamment à la faillite surprise d’Air Berlin, deuxième compagnie aérienne allemande.

Du coup, le chiffre d’affaires a fait un bond de 5,2 % à près de 43 milliards d’euros et le bénéfice de 7 % à 765 millions. « D’un point de vue économique, nous avons eu une très bonne année », s’est félicité Richard Lutz. Les grandes lignes restent le moteur de croissance mais également les activités internationales (DB Arriva et DB Schenker) qui représentent désormais à eux deux la moitié du chiffre d’affaires de la compagnie allemande.

Le bilan reste néanmoins en demi-teinte si l’on considère la qualité, le fret et les objectifs. La DB accuse un nouveau recul de la ponctualité de ses trains à 78,5 % (-0,4 point). « Nous devons nous améliorer sur ce point », a reconnu le président de la DB. L’objectif cette année est d’atteindre une ponctualité de 82 %.

Par ailleurs, le fret reste toujours insatisfaisant avec un nouveau recul du chiffre d’affaires de 2,3 % et une hausse de la perte d’exploitation (Ebit) de 90 millions contre 80 millions en 2016. Pour autant, la DB ne veut pas baisser les bras. La compagnie compte lancer une offensive d’investissements pour « atteindre l’équilibre ». Ainsi, la DB compte acheter 100 locomotives d’ici 2022 et plus de 4 000 wagons marchandises. « Je ne suis pas là pour réduire la voilure mais pour trouver de la croissance », a insisté Richard Lutz. Par ailleurs, l’Etat a annoncé une baisse du prix des péages ferroviaires pour encourager la hausse du trafic.

Enfin, les objectifs à long terme sont loin d’être atteints. La DB a lancé le plus grand programme d’investissement de son histoire dans le matériel roulant et le réseau qui engendrera un endettement record. « Nous devrions atteindre la barre des 20 milliards d’euros cette année », a estimé le président. Cette année, la DB va débourser neuf milliards pour la modernisation du réseau contre 7,5 milliards l’année passée.

Richard Lutz reste confiant en l’avenir en raison du soutien de l’Etat (qui reste l’unique actionnaire de cette société par action). La nouvelle « grande coalition » d’Angela Merkel a maintenu les objectifs de doubler le nombre de passagers en 2030. Berlin a également maintenu tous les objectifs d’investissements dans l’électrification du réseau et la modernisation des gares. « L’objectif de l’Etat n’est pas la maximisation des profits mais une maximisation du trafic sur le rail », est-il écrit dans le contrat de coalition. Le gouvernement compte d’ailleurs renforcer son influence au sein de la compagnie comme l’a démontré la nomination récente de trois secrétaires d’Etat du ministère des Transports au conseil de surveillance de la DB.

Christophe Bourdoiseau,
à Berlin

Ewa

La RATP veut élargir son champ de bataille

Vue de Paris depuis le siege de la RATP

Une année de croissance rentable et de renforcement de la structure financière du groupe. C’est en résumé ce que retient Catherine Guillouard de 2017. La PDG de la RATP qui a pris les commandes l’été dernier a pointé un chiffre d’affaires en progression à +0,7 % (1,2 % hors effet devises), représentant plus de 5,486 milliards d’euros, et un quasi-doublement du résultat net à 339 millions.

L’activité est tirée par la hausse du trafic voyageurs de 1,3 % avec une accélération à la fin de l’année (+2,6 %). Bonne nouvelle, les touristes sont de retour ! Et le passe unique Navigo contribue aussi à la progression. « Nous avons transporté 44 millions de voyageurs supplémentaires. Dont 34 millions acheminés par le métro et le RER. Ce sont donc ces deux modes qui tirent le trafic », a souligné la patronne de la RATP. Le trafic réalisé par le tramway augmente de 2,7 %, tandis que les bus affichent une très modeste hausse de 0,2 %, pénalisés notamment par les difficultés de circulation et les travaux de voirie à Paris.

Comme chaque année, le niveau d’investissement est élevé : 1,5 milliard d’euros ont été investis l’an dernier en Ile-de-France, dont 8 712 millions sur fonds propres. Les deux volets essentiels ont été consacrés à la modernisation et à l’entretien du réseau (pour 720 millions d’euros) et au prolongement des lignes de métro et de tram (700 millions d’euros).

La contribution des filiales à l’activité du groupe représente 20,7 %, un niveau stable comparé à l’année précédente. L’année est qualifiée « d’exceptionnelle » en termes de développement pour les filiales qui affichent une croissance de leur activité de 1,3 %.
Parmi elles, RATP Dev a remporté l’appel d’offres de Lorient pour l’exploitation du réseau de bus et de navettes maritimes et a vu son contrat renouvelé à Bourges, Charleville-Mézières ainsi que pour le service PAM 91 (transport de personnes à mobilité réduite).

A l’international, citons le contrat de 20 ans remporté au Qatar avec la joint-venture RKH qui inclut aussi Keolis et Hamad Group pour le métro automatique de Doha et le tramway de Lusail. Ou encore la gestion du réseau de transport d’Asheville en Caroline du Nord ou celle des bus à Lake County en Floride, qui permet de poursuivre le développement aux Etats-Unis.

Tout cela permet d’être « raisonnablement confiant et en ordre de marche pour réaliser les objectifs de l’entreprise », a souligné Catherine Guillouard. L’objectif est d’atteindre un chiffre d’affaires de 7 milliards d’euros en 2025 (mais l’année dernière, Elisabeth Borne qui était alors aux commandes évoquait cette perspective en 2020) avec une contribution des filiales supérieure à 35 %.

Parmi les perspectives évoquées pour le groupe, la RATP va continuer à chercher à se développer en France (à Angers, Brest ou Chambéry et Nîmes où des réponses sont attendues en 2018 et 2019), et tout particulièrement en Ile-de-France où elle est candidate avec Keolis à l’exploitation de CDG Express. A l’international, elle aimerait mettre un pied au Canada et voit de belles perspectives en l’Algérie, au Maroc (Casablanca) et en Argentine (Buenos Aires).

« Le groupe ne s’interdit rien », affirme Catherine Guillouard, faisant allusion à l’ouverture à la concurrence qui va bientôt devenir effective dans le transport ferroviaire. RATP Dev a d’ailleurs répondu à l’appel à manifestation d’intérêt lancé en début d’année par la région Paca pour trois lignes de TER (voir Dix candidats sur les rangs pour l’exploitation des TER de Paca… et une surprise).
A l’avenir, le groupe veut aussi accélérer dans le digital et l’innovation (notamment les véhicules autonomes) et continuer à investir dans les start-up (15 millions d’euros sont prévus pour cette année).

Côté matériel, RATP poursuit son plan bus, qui passe avant tout par la transformation de ses dépôts, avant même d’avoir tous les nouveaux bus, pour lesquels les choix sont faits (les deux tiers devant fonctionner à l’électricité, le reste au biogaz).

M.-H. P.

Ewa

Dix candidats sur les rangs pour l’exploitation des TER de Paca… et une surprise

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La région Provence-Alpes-Côte d’Azur, qui veut être la première à ouvrir ses TER à la concurrence dès que la loi le permettra, a reçu, selon nos informations, pas moins de dix candidatures à son appel à manifestation d’intérêt, lancé en début d’année.

Les opérateurs avaient jusqu’au 20 mars pour répondre. A partir de maintenant et d’ici à la mi-avril, la région va procéder à une présélection.

« Nous enverrons un dossier de consultation aux opérateurs retenus et à partir de cela, ils devront nous remettre leurs offres vers juin », a expliqué à VR&T Philippe Tabarot, le vice-président délégué aux Transports de la région, en précisant qu’une des conditions sera que les opérateurs aient déjà une expérience ferroviaire en France ou en Europe. « Les candidatures que nous avons reçues proviennent d’opérateurs solides, avec des références », se borne-t-il à préciser.

Transdev a bien sûr déposé un dossier. « Pour le moment, nous sommes les seuls, avec la SNCF, à disposer d’un certificat ferroviaire, qui nous donne le statut d’entreprise ferroviaire de voyageurs sur le territoire national et donc l’autorisation d’y exploiter des lignes », indique un cadre de l’entreprise. Certificat ferroviaire attribué tout récemment, via sa filiale CFTA.

Keolis, la filiale de la SNCF, RATP Dev, RDT 13 (la Régie départementale des Bouches-du-Rhône, opérateur de fret) et l’anglais Arriva sont aussi sur les rangs.

Trenitalia a également indiqué le 21 mars qu’elle avait fait acte de candidature, via sa filiale Thello. Et puis il y a, si l’on peut dire, le candidat surprise : MTR. Pour ne pas recevoir une fin de non-recevoir, l’opérateur de Hongkong s’est associé à une entreprise ferroviaire anglaise, explique une source proche du dossier.

Trois lignes sont proposées aux opérateurs ferroviaires : Marseille – Vintimille, Briançon – Marseille et Nice – Breil – Tende. « Soit un mix entre une grande ligne voyageurs (puisqu’elle représente, avec 50 000 voyageurs par jour, la deuxième ligne la plus fréquentée de France, hors Ile-de-France), une ligne dite secondaire et une ligne à la fois en montagne et périurbaine », souligne Philippe Tabarot.

Selon Roberto Rinaudo, directeur général de Thello, ces lots ne sont pas suffisants pour permettre à un opérateur ferroviaire alternatif de donner sa pleine mesure. Mais la région a déjà indiqué qu’elle donnait toute liberté aux candidats de faire leurs propres propositions de lots. Et de faire toutes les suggestions qu’ils souhaitent sur les thèmes les plus variés, offre, exploitation, distribution… « C’est l’avantage de ne pas être dans un appel d’offres traditionnel », explique Philippe Tabarot. En recourant à cette procédure de l’AMI, la région espère en effet prendre de l’avance en échangeant avec différents opérateurs ferroviaires et pouvoir ainsi élaborer son futur appel d’offres. Pour Philippe Tabarot, le but, « c’est d’être prêt les premiers, dès que la loi le permettra ».

Marie-Hélène Poingt