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Ewa

Accord pour ERTMS entre Paris, Bruxelles et Londres

Interface homme-machine ERTMS sur Eurostar e320.

Les quatre gestionnaires d’infrastructure concernés par les axes à grande vitesse Paris – Bruxelles – Londres via le tunnel sous la Manche se sont engagés à unir leurs efforts pour harmoniser le déploiement du système de signalisation ferroviaire ERTMS sur ce triangle ferroviaire. Une réunion s’est tenue à cette fin le 19 juillet, en présence de Michel Boudoussier, Directeur Général adjoint Corporate Getlink, de Dyan Crowther, Directeur Général HS1, de Patrick Jeantet, Président Directeur Général de SNCF Réseau et de Luc Lallemand, Directeur Général Infrabel. Sur « l’axe international le plus circulé en Europe », le déploiement d’ERTMS doit permettre « une meilleure interopérabilité, une meilleure ponctualité, une anticipation de l’obsolescence des systèmes de signalisation et une augmentation du trafic, le tout dans des conditions de sécurité optimales ».
Encore faut-il que le déploiement d’ERTMS sur ce triangle soit bien coordonné entre les quatre gestionnaires d’infrastructures, ce qui requiert un programme de développement harmonisé. C’est pourquoi Eurotunnel, HS1, SNCF Réseau et Infrabel ont fait le choix d’une stratégie « partagée » concernant la mise en œuvre d’ERTMS sur les LGV reliant Paris, Bruxelles et Londres, ainsi que dans le tunnel sous la Manche. Les quatre gestionnaires d’infrastructures « souhaitent partager leur expertise, sélectionner un système technique homogène et construire un calendrier commun pour son déploiement ». Cette coopération devrait en outre apporter des économies d’échelle et un résultat final « optimisé ».
Si cette coordination arrive à ses fins, elle pourrait servie de modèle à d’autres accords sur des axes internationaux européens, un contre-exemple en la matière étant la gestion quelque peu chaotique de la mise en service d’ERTMS sur l’axe à grande vitesse entre la Belgique et les Pays-Bas, à la fin de la décennie précédente. L’avantage sur le triangle Paris – Bruxelles – Londres est qu’un seul des quatre gestionnaires d’infrastructures, Infrabel, pratique ERTMS en service de longue date, ce qui devrait limiter les problèmes de compatibilité entre ERTMS de différents réseaux. A cette occasion, les réseaux Eurotunnel et HS1 pourront basculer dans leur intégralité vers le système européen et la LGV Nord en sera équipée, complétant le déploiement d’ERTMS sur le réseau à grande vitesse français.

Ewa

Autorisation de mise en service commercial du « train à hydrogène » Coradia iLint en Allemagne

Alstom iLint à hydrogène en Basse-Saxe

Le 11 juillet, Gerald Hörster, président de l’Eisenbahn-Bundesamt (EBA, Bureau fédéral allemand des chemins de fer), a remis à Alstom l’autorisation de mise en service commercial de la rame automotrice Coradia iLint. Cette remise s’est effectuée dans le cadre d’une cérémonie au ministère fédéral des Transports et des Infrastructures, à Berlin, en présence d’Enak Ferlemann, secrétaire d’Etat parlementaire du ministère fédéral des Transports et des Infrastructures numériques et député au Bundestag.

Le Coradia iLint étant le premier train de voyageurs au monde à tirer son énergie de traction d’une pile à combustible (l’hydrogène en l’occurrence, d’où son appellation courante de « train à hydrogène »), cette autorisation de mise en service commercial est par conséquent une première mondiale aussi. Elle arrive huit mois après la signature par Alstom et les transports du Land de Basse-Saxe (LNVG) d’un premier contrat pour la fourniture de 14 Coradia iLint, ainsi que leur maintenance et leur alimentation pendant 30 ans. Ces 14 rames doivent entrer en service à partir de décembre 2021. En attendant, suite à l’autorisation de mise en service commercial de l’EBA, les deux prototypes du Coradia iLint vont faire l’objet d’une exploitation pilote sur le réseau Elbe-Weser. Le transport des premiers voyageurs « est prévu pour la fin de cet été ».

Ewa

« Première pierre » du centre de maintenance Erion à Montceau-les-Mines

"Première pierre" du centre de maintenance Erion de Montceau-les-Mines

C’est le troisième événement en moins de deux mois sur la Mecateamplatform de Montceau-les-Mines (Saône-et-Loire). Après l’inauguration de la halle de maintenance mutualisée d’engins de travaux ferroviaires, le 17 mai, puis la pose de la première pierre du campus de formation en juin, le démarrage des travaux du centre de maintenance de locomotives d’Erion France a été célébré à son tour, le 11 juillet.

Étaient présents pour cette « première pierre », constituée d’une éclisse et de tirefonds (!), Daniel Martínez Alonso, président d’Erion France, ainsi que les partenaires, élus et financeurs qui ont rendu ce projet possible : Guy Souvigny, maire adjoint de Montceau-les-Mines, Jean-Claude Lagrange, PDG de la SEM pour la Coopération industrielle en Bourgogne (SEMCIB) et président de l’agence de développement Écosphère, Pierre Chavelet, DG de Batifranc, David Marti, président de la Communauté urbaine Creusot Montceau (CUCM), Lionel Duparay, conseiller départemental de Saône-et-Loire, et Laëtitia Martinez, vice-présidente du conseil régional Bourgogne-Franche-Comté.

Créée en 2012, la filiale française de l’entreprise de maintenance ferroviaire Erion, détenue à 49 % par la Renfe et 51 % par Stadler, emploie actuellement une quarantaine de personnes, pour un chiffre d’affaires de l’ordre de 5 millions d’euros, avec Europorte, VFLI et ETF pour clients. L’implantation d’Erion France à Montceau-les-Mines découle de plusieurs facteurs. Géographiquement, le site Mecateamplatform, présente deux grands avantages : il est embranché sur ligne de Paray-le-Monial à Montchanin du réseau ferré national, qui le met à 45 km de l’axe fret entre la Belgique et Marseille, via Amiens, Dijon et Lyon. Ici, l’absence d’électrification n’est pas un obstacle, Erion France assurant la maintenance de locomotives diesels, principalement des engins de forte puissance pour le fret comme des Euro 4000 de Stadler (ex-Vossloh) ou des Class 77 construites par EMD (ex-GM). Pour un industriel du secteur ferroviaire, le bassin du Creusot-Montceau offre en outre la possibilité de travailler avec la centaine d’entreprise membres du Mecateamcluster et de recruter du personnel formé in situ par le campus. Enfin, pour un investissement qui se chiffre ici à 10,25 millions d’euros au total, Erion France a bénéficié d’un partenariat initié par l’agence Écosphère, qui associe la SEMCIB (financement des aménagements extérieurs) et Batifranc (financement de la construction du bâtiment de 4153 m2 via un crédit-bail).

La livraison du nouveau centre de maintenance est prévue pour la fin du premier semestre 2019. Avec cette implantation, qui devrait créer une vingtaine d’emplois dès 2019, Erion France envisage une montée en puissance sur le marché français, ses dirigeants tablant sur une augmentation de 60 % du chiffre d’affaires d’ici 2020. Équipé d’un tour en fosse, le bâtiment se présentera sur une longueur de 90 m, dont 60 m pour la zone de maintenance lourde (avec engins de levage, ponts roulants et plafond haut) et 30 m pour la maintenance légère et préventive (avec fosses). Initialement, avec une soixantaine de salariés, le site pourra traiter quelque 150 locomotives par an ; cette capacité pourrait même être doublée par d’éventuelles extensions à l’avant et à l’arrière du bâtiment.

Ewa

François Davenne remplacera Jean-Pierre Loubinoux à la tête de l’UIC

François Davenne UIC

A l’occasion de la 92e assemblée générale de l’UIC, le 4 juillet à Madrid, François Davenne a été nommé nouveau directeur général pour une période de quatre ans. Son mandat débutera à la mi-2019 et, dans l’intervalle, il exercera la fonction de directeur général adjoint auprès de l’actuel DG de l’UIC, Jean-Pierre Loubinoux.

Parallèlement, l’AG de l’UIC a demandé à Renato Mazzoncini d’assumer la présidence pour deux années supplémentaires, ce qu’il a accepté
Diplômé de l’Ecole nationale supérieure des Télécommunications d’Evry (1988) et de l’ENA (1999), François Davenne est secrétaire général de l’Otif (Organisation intergouvernementale pour les transports internationaux ferroviaires) depuis 2013, avec pour mission de « promouvoir le travail interdisciplinaire et les partenariats afin de favoriser l’adoption de règles uniformes pour les transports internationaux ferroviaires ». Il était auparavant chargé de la sécurité et de la réglementation ferroviaires au ministère des Transports.

Un autre Français fait partie des nominations annoncées à Madrid : Marc Guigon, directeur du département Voyageurs UIC, devient coordinateur de la région Amérique latine. Le directeur du département Sûreté des PKP (Pologne), Piotr Kurcz, a quant à lui été nommé vice-président de la plateforme Sûreté UIC pour un mandat de deux ans.

Ewa

Accord pour le rachat de Solaris par CAF

Bus Solaris Urbino électrique pour Sète Agglopole Mobilité

Même si les rumeurs disaient Solaris en vente depuis plusieurs mois, l’accord intervenu le 2 juillet pour le rachat de ce constructeur polonais de bus, trolleybus et tramways par CAF, producteur de matériel roulant ferroviaire, a pour le moins surpris les spécialistes du transport public.

Sous réserve d’une approbation par les autorités chargées de la concurrence en Pologne et en Allemagne, le rachat de 100 % du capital de Solaris par CAF devrait intervenir en septembre prochain. CAF entrerait alors sur le marché de l’autobus, démarche présentée par le constructeur comme « une augmentation et une diversification de notre offre de transports au-delà du ferroviaire ». Si ce type de diversification n’est pas courant pour un constructeur ferroviaire (Skoda construit des trolleybus depuis longtemps, alors qu’Alstom a récemment lancé son bus Aptis, coréalisé avec NTL), cette démarche s’inscrit dans un « plan stratégique vers le leadership européen des systèmes de mobilité urbaine durable », déclare CAF d’emblée. « En particulier », il s’agit de développer la « mobilité électrique et les services de transport multimodal porte à porte » : ce calcul prend tout son sens dans la mesure où les acteurs du marché s’attendent à une explosion de la demande en bus électriques (45 % du marché européen en 2020). Ceci alors que CAF a mis sur pied une filiale nommée Vectia, justement spécialisée dans le développent de solutions hybrides et électriques de transport urbain, et à laquelle l’accord avec Solaris ouvre de nouveaux horizons.

De son côté, outre les bus diesels et au gaz, Solaris se place parmi les pionniers de l’électromobilité avec ses trolleybus Trollino ou des versions à batteries, pile à combustible ou hybrides des bus Urbino. Adaptée à tous les modes de recharge, la version électrique de l’Urbino a d’ailleurs été couronnée « Bus de l’année » 2017.

Pour ce qui est des gammes offertes par CAF et Solaris, on peut vraiment parler de complémentarité, les seuls chevauchements entre les catalogues des deux entreprises se situant au niveau des tramways, marché sur lequel Solaris est entré il y a dix ans. Entreprise fondée en 1996, Solaris a eu le temps de trouver 700 clients dans 32 pays, avec une présence particulièrement forte en Pologne, en Allemagne (son premier marché à l’exportation), en Italie, dans les pays nordiques et les pays baltes. De quoi ouvrir de nouveaux marchés au Groupe CAF, dont le PDG Andrés Arizkorreta indique toutefois « vouloir garder et développer la précieuse marque Solaris et maintenir son caractère polonais ».

Reste que Solaris, avec ses 2 300 salariés et deux sites de production en Pologne, est clairement plus petit que CAF (plus de 7 000 salariés), le chiffre d’affaires annuel de ce dernier étant de l’ordre du milliard et demi d’euros (1 477 millions en 2017), trois à quatre fois celui de Solaris (444 millions en 2017). A noter que si CAF effectue une remontée depuis 2015, son CA reste 14 % en dessous de celui des années 2011 et 2012, alors que le CA de Solaris affiche une croissance constante depuis 2012 (+42 %). Mais tous deux affichent actuellement une croissance « à deux chiffres » et CAF s’attend pour 2018 à un CA nettement supérieur au cumul des deux en 2017.

P. L.

Ewa

Les cartes sont rebattues avant l’attribution des trains de la HS2 britannique

HS2 High speed 2

L’industrie ferroviaire change décidément trop vite ! En novembre dernier, cinq candidatures avaient été présélectionnées par le ministère des Transports britannique (DfT) pour la fourniture de 54 trains à grande vitesse destinés à la phase 1 de la ligne à grande vitesse HS2 entre Londres, Birmingham et le nord de la Grande-Bretagne.

Alstom, Bombardier Transport, Hitachi Rail Europe, Siemens et Talgo faisaient alors partie de la short-list. Mais depuis, le rapprochement entre Alstom et Siemens s’est précisé et, le 4 juillet, Bombardier et Hitachi ont annoncé leur intention de déposer une offre commune. Une décision pas si surprenante, dans la mesure où les deux groupes travaillent déjà ensemble sur le train à grande vitesse italien Frecciarossa 1000, Hitachi ayant racheté AnsaldoBreda, partenaire de Bombardier sur ce projet de la famille Zefiro. Et outre-Manche, Hitachi a comme atout d’avoir produit les rames Javelin pour les dessertes régionales à grande vitesse au sud-est de Londres.

Risquant de se retrouver avec trois candidats seulement au lieu des cinq prévus, HS2 Ltd, l’entreprise responsable du projet de LGV, a donc décidé de « repêcher » la candidature de CAF. Ce dernier pourra présenter sa gamme Oaris, dont le représentant le plus récent est la prochaine génération de navettes aéroportuaires d’Oslo.

En dépit de la révision de la short-list, le calendrier est inchangé. L’industriel qui remportera fin 2019 ce contrat évalué à 2,75 milliards de livres sterling (3,1 milliards d’euros) devra concevoir, construire et assurer la maintenance à Washwood Heath (Birmingham) des trains à grande vitesse (360 km/h), qui doivent entrer en service en décembre 2026.

Pour y parvenir, Bombardier et Hitachi font savoir qu’ils disposent déjà d’usines en Grande-Bretagne. De son côté, Talgo ne cache pas son intention d’y ouvrir un site industriel, alors qu’Alstom (ancien propriétaire du site de Washwood Heath) et Siemens sont présents outre-Manche sur le marché de la maintenance. Enfin, Richard Garner, directeur de CAF pour le Royaume-Uni, a déclaré que si son entreprise l’emportait, les trains seraient produits par l’usine en construction près de Newport, dans le sud du pays de Galles. Un « plus » pour le nouveau candidat…

P. L.

Ewa

Eurotunnel et l’Ecole des Ponts renouvellent leur partenariat scientifique

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Le 3 juillet, Eurotunnel et l’Ecole des Ponts ParisTech ont renouvelé pour cinq ans leur chaire « Sciences pour le transport ferroviaire ». Signé par Sophie Mougard, directrice de l’Ecole des Ponts ParisTech, et Jacques Gounon, PDG de Getlink, ce partenariat a pour vocation de « faire avancer la science ferroviaire en étudiant l’activité dans sa globalité, ainsi que la durabilité des installations et des technologies mises en œuvre ».

Sur la période 2013-2018, la chaire a notamment conduit à confirmer par des modélisations que la capacité du tunnel sous la Manche pouvait être augmentée. Cette chaire a également permis de développer le robot Cobra, qui réalise une auscultation des blochets sur lesquels les rails sont posés, dans le cadre d’une maintenance préventive. Cette réalisation innovante dans son domaine a fait l’objet d’un dépôt de brevet et entre désormais en phase industrielle.

Eurotunnel « financera cette chaire sur cinq ans, servira de terrains d’expérimentations, proposera des ateliers-pilotes au sein du tunnel sous la Manche, accueillera des chercheurs et des doctorants ». Une première thèse doit être lancée dès la prochaine rentrée de septembre. « Les enjeux scientifiques visent à optimiser les comportements mécaniques, aérauliques et thermiques du tunnel ». Les données collectées par les capteurs installés « pourront être exploitées dans un contexte de maintenance prédictive numérique ».

P. L.

Ewa

Keolis garde l’exploitation du tram de Bergen

(c) Bybanen
tramway de Bergen

Exploitant du tram de Bergen, deuxième ville de Norvège, depuis son ouverture, en 2010, Keolis Norge a été reconduit pour huit ans (plus deux en option) par Bybanen AS, l’autorité organisatrice de transport de Bergen. Keolis sera également responsable de la maintenance du parc, qui sera assurée par Stadler, le constructeur des 28 trams actuellement en service.
Le nouveau contrat, qui fait l’objet d’une période moratoire réglementaire de dix jours, entrera en vigueur en juillet 2019.

En huit ans, le réseau de Bergen a plus que doublé de longueur, passant de 9,6 km à 20 km après deux prolongements, et sa fréquentation annuelle a doublé, atteignant désormais 12 millions de voyageurs, alors que le personnel a augmenté de 80 %, avec 140 salariés actuellement.

Et d’ici 2022, 10 km de prolongements devraient être ouverts, ainsi qu’un nouveau dépôt, alors que le parc devrait être renforcé de 12 à 14 tramways supplémentaires.

Offrant une fréquence d’un passage routes les cinq minutes en heure de pointe, le tram de Bergen affiche des taux de satisfaction de 95 à 99 %, indique Keolis.

Ewa

La DB commande des locomotives hybrides à CRRC

S-Bahn Berlin
Bahnsteighalle der Ost-West-Strecke (Stadtbahn) Berlin Hauptbahnhof mit Triebzug der S-Bahn Berlin GmbH
Geschäftsbericht DB AG 2004
(bahntech 1/2006)
Nutzungsrecht: Frei

Ce titre, qui a fait le tour de la presse ferroviaire mondiale fin juin, a produit l’effet d’un choc dans la mesure où il annonce le passage d’une première commande au géant chinois de l’industrie ferroviaire par un acteur majeur européen. CRRC a d’ailleurs souligné « l’importance » de cette commande signée le 20 juin à Berlin, qui marquait l’entrée du constructeur dans un marché européen « haut de gamme », dans le cadre de sa stratégie d’expansion mondiale.

Ceci dit, il convient de relativiser l’importance de cette commande, à plus d’un titre. D’une part, il ne s’agit que de quatre locomotives de 750 kW à livrer en 2021 pour la remorque des trains de travaux (16 unités sont toutefois en option). D’autre part, CRRC Zhuzhou était l’unique soumissionnaire. Enfin, ces engins hybrides (alimentation électrique en ligne, batteries au lithium, ainsi que diesel) sont très spécifiques, car destinés au réseau S-Bahn de Berlin dont le gabarit est réduit et l’alimentation électrique réalisée par troisième rail.
Il n’en reste pas moins que ces locomotives aptes à 100 km/h maximum pourront également circuler sur le réseau ferré national et sont conformes aux STI. Désignées AZLok, elles seront équipées de systèmes de diagnostic à distance et présentent plusieurs caractéristiques remarquables. En particulier, elles peuvent stocker 80 % de l’énergie de freinage dans leurs batteries et fonctionner ainsi sans émissions en tunnel, diesel coupé. CRRC Zhuzhou estime que cette hybridation permettra des économies d’énergie de 30 % par rapport à une locomotive plus classique.

P. L.

Ewa

La région accélère pour renouveler le parc du RER B francilien

gares du RER B+ (c) SNCF SENNSE WILLIAM BEAUCARDET
GARES DU RER B+

Le 28 juin, en annonçant avoir lancé l’appel d’offres pour le renouvellement du parc du RER B, Ile-de-France Mobilités, la RATP et la SNCF, ont précisé que les premières livraisons du futur matériel roulant « plus capacitaire, performant, confortable et adapté aux contraintes d’exploitation de la ligne » étaient désormais attendues « en 2024, en vue de réaliser les essais d’homologation permettant leur mise en service commerciale dès 2025 ».

Cette décision représente une accélération par rapport au programme initial, qui prévoyait un remplacement du parc actuel « à partir de 2029-2030 ». De quoi « permettre de gagner cinq à six ans sur le calendrier de renouvellement d’origine », résume Valérie Pécresse, présidente de la région Ile-de-France et d’Ile-de-France Mobilités. Le communiqué commun aux trois acteurs de l’appel d’offres précise que deux d’entre eux, « Ile-de-France Mobilités avec la RATP » financent « l’ensemble de ce programme », les acquisitions de nouveau matériel roulant SNCF étant intégralement financées par Ile-de-France Mobilités.

L’objectif de cet appel d’offres est de commander jusqu’à 180 éléments d’un nouveau type, provisoirement désigné MING (Matériel interconnecté de nouvelle génération), dont 146 en tranche ferme. Un matériel interconnecté (MI), car cette ligne est à cheval sur les réseaux RATP (sous 1,5 kV continu au sud de Paris-Nord) et SNCF Réseau (sous 25 kV 50 Hz).

Cet appel d’offres intervient alors que la ligne B du RER francilien est actuellement équipée de 117 trains MI 79 et de 31 trains MI 84. Livrés au début des années 1980 à la RATP et à la SNCF, les MI 79 ont été rénovés de 2010 à 2015 par ACC Ingénierie et Maintenance (Clermont-Ferrand). Dérivés des MI 79, les MI 84 sont tous au parc RATP et leur rénovation par Alstom est en cours. Financées par Ile-de-France Mobilités, la RATP et la SNCF, ces rénovations ont contribué à améliorer le confort sur le RER B avec une ventilation réfrigérée, un éclairage par LED, des espaces décloisonnés, une vidéoprotection et la possibilité offerte aux personnes à mobilité réduite de communiquer avec l’agent de conduite. Enfin, sur les MI 84 rénovés, les voyageurs bénéficient de 312 places par rame de quatre voitures au lieu de 216 auparavant.

Mais en dépit de cette rénovation, les quelque 900 000 voyageurs quotidiens du RER B se sentent souvent à l’étroit dans les rames actuelles. Depuis son unification progressive dans les années 1980, cette ligne nord – sud est devenue la deuxième en Ile-de-France par sa fréquentation après le RER A. Et cette fréquentation « n’a cessé d’augmenter ces dernières années », ajoute Catherine Guillouard, présidente-directrice générale de la RATP, la progression annuelle étant chiffrée à « près de 3 % » à l’échelle régionale par Alain Krakovitch, directeur général de SNCF Transilien.

D’où la nécessité d’offrir une capacité accrue sur la seule ligne du RER francilien encore intégralement équipée de rames à un niveau. Ainsi, par rapport au parc actuel, les MING devront offrir 20 à 30 % de capacité supplémentaire à longueur égale (208 m en unité double) avec « un gabarit extérieur autorisant des voitures partiellement ou totalement à deux niveaux » (une description qui n’est pas sans rappeler les RER NG en commande ou les Regio 2N en cours de livraison à Ile-de-France Mobilités). Par rapport aux MI des années 1980, le MING devra innover par des intercirculations larges, une régulation thermique, un système d’information voyageurs, des emplacements pour fauteuils roulants en tête de rame et 10 à 20 % de places réservées aux PMR.

Reste que pour améliorer concrètement le quotidien du RER B, il faudra plus que de nouvelles rames. Car en dépit des indéniables améliorations apportées en 2013 par la mise en service du centre de commandement unique (CCU), chapeautant à la fois les parties RATP et SNCF de la ligne, et la mise en œuvre de l’opération RER B Nord+ après cinq ans de travaux (gares réaménagées, rationalisation de l’exploitation, spécialisation des voies RER), ou la mise en service progressive de la commande centralisée du réseau à Saint-Denis, les incidents à répétition au nord de Paris (pannes d’alimentation ou de signalisation) n’ont pas cessé pour autant…

Patrick LAVAL