L'offensive Google
Une fois n’est pas coutume. Google n’est pas le premier partout. En tout cas pas en France en matière de cartographie interactive des réseaux de transports urbains et de calcul d’itinéraires. Il y a quatre ans que le géant de Mountain View, en Californie, s’est intéressé à la question. Et si les villes américaines ou japonaises l’ont immédiatement suivi – avec environ 200 réseaux aux Etats-Unis, au Canada, en Chine et au Japon notamment –, en Europe, la percée est lente. En France, seuls deux réseaux ont succombé aux charmes de Google Transit, Maubeuge et Bordeaux. « C’est une question de mentalités, note Florence Diss, responsable des partenariats “géo” Google Earth et Google Maps chez Google. En Europe, on ressent qu’il y a la crainte de donner accès à certaines informations, notamment celle des horaires de passages, même s’ils sont théoriques. » Etonnant, s’agissant d’informations publiques présentes généralement sur des documents papiers. Google préfère travailler en partenariat et ne renseigne pas ses cartes à partir des données publiques. « Pour donner des renseignements pertinents. Ne serait-ce qu’à cause des mises à jour nécessaires une fois par semaine », poursuit-elle. Concrètement, à quoi correspond Google Transit ? A l’ajout de la fonctionnalité transports en commun à Google Maps. Trois informations bulles figurent : les points d’arrêt (gares ou stations), la liste exhaustive des lignes les desservant et enfin les horaires de passages théoriques. Des horaires qui servent aussi à simuler un trajet dans le calculateur d’itinéraires. Et tout cela sans bourse délier. « Google Transit permet d’accroître la visibilité du réseau de transports en commun, donc son attractivité. Le produit est particulièrement utile pour les utilisateurs qui ne connaissent pas le réseau, comme les touristes », plaide Florence Diss. Philanthrope, Google ? Pas exactement. « Nous avons intérêt à enrichir nos cartes », se contente de préciser Florence Diss. Et aussi de surfer sur la vague du développement durable. Il est plus chic de proposer un calculateur d’itinéraires multimodal, incluant voiture, transports publics, piétons et bientôt vélo, que de se contenter de la bagnole. Le tout en gardant l’habituel et éprouvé modèle économique fondé sur la pub. Pour l’utilisateur, l’outil est gratuit.?Ce sont les annonceurs qui payent en coulisses, des sommes microscopiques multipliées par des milliards de clics. Pour l’instant sur Google Transit, les liens commerciaux ne sont pas envahissants, mais rien ne dit qu’ils ne le deviendront pas une fois le succès acquis en France. Tout a commencé il y a moins de trois ans, aux Etats-Unis. Un ingénieur maison passionné de transport utilise 20 % de son temps de travail pour élaborer Google Transit. Premier partenaire : le réseau de Portland, dans l’Oregon. Immédiatement, c’est le succès outre-Atlantique. « Aux USA, les transports en commun sont moins développés qu’en Europe et les opérateurs moins bien équipés en outils technologiques », juge-t-elle. Il y a deux ans, Google a ciblé l’Asie, l’Amérique latine et l’Europe, avec des succès variables. Très technophiles, les Asiatiques et en premier lieu les Japonais ont également adhéré au concept. « L’intégration s’est faite très rapidement en Asie », continue la responsable. Aujourd’hui, Google se targue de référencer 250 villes ou régions dans 15 pays. 70 % des villes américaines l’utilisent. Pas si mal. L’utilisateur du site Web de Google Transit trouvera systématiquement un lien qui le redirige vers la source d’information elle-même, en général le site Inter
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Publié le 13/09/2019
Publié le 02/07/2019
Publié le 13/09/2017