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Le Portugal relance ses réseaux ferrés

L'Alfa Pendular entre Lisbonne et Porto, en attendant la grande vitesse

© CP

Une consistante enveloppe de 43 milliards d’euros, c’est ce que le Portugal devrait consacrer à ses infrastructures ces prochaines années. Et Antonio Costa, le Premier ministre, y a inclus ce 22 octobre une liaison ferroviaire à grande vitesse entre Lisbonne et Porto, à achever à l’horizon 2030. A côté des investissements pour les énergies, le plan gouvernemental consacre 21,7 milliards d’euros aux transports, dont 2 milliards pour les ports (Sines, Leixoes et Lisbonne), la ligne à grande vitesse Porto – Lisbonne accaparant 4,5 milliards.
Approuvé par le Parlement, ce plan entrera en vigueur au 1er janvier prochain. Le tour de table nécessaire a été bouclé qui associe les fonds européens (12 milliards d’euro), le budget national (autant), des investissements privés (14,2 milliards) et le plan de relance.
Ces choix consacrent un tournant pour les réseaux ferrés lusitaniens. En effet, suite à la crise de 2008, le gouvernement portugais d’union de la gauche avait serré la vis, sous la surveillance attentive de la Commission européenne. Ainsi le chemin de fer était ces dernières années au « régime jockey », sans achat de matériel roulant ou en différant les électrifications nécessaires au sud du pays (Alentejo et Algarve).
Après une embellie économique (2,2 % de croissance et un budget de l’État excédentaire en 2019), le temps des vaches maigres pour le rail semble dépassé avec le renfort du Feder ou du Fonds de cohésion européens. Ainsi est prévue la transformation de la ligne interurbaine de l’Estoril : ses 25 km entre Lisbonne et Cascais seront modernisés avec passage d’une alimentation de 1 500 volts au monophasé 25 kV, et donc avec de nouveaux trains. Même effort pour le métro de Porto (67 km) qui va avoir une septième ligne et des convois fournis par le chinois CRRC, ou pour le métropolitain de Lisbonne (4 lignes) dont les 46 km seront être prolongés.
En attendant un nouvel axe entre la capitale et Porto, le réseau ferré classique est prioritaire pour le matériel roulant (ainsi pour épauler les convois rapides Alfa Pendular) et les électrifications. Et il y a urgence puisque le trafic voyageurs a cru de 14 % en 2019. Dans l’immédiat, Comboios de Portugal (CP) peut déjà compter dans la vallée du Douro et dans le Minho sur des autorails 592 loués à la Renfe espagnole. Cet été il vient également d’acheter 50 voitures grand confort à ce voisin, tout en engageant la rénovation de certaines de ses propres rames voyageurs jusqu’alors garées.

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