Trois ans après la pire catastrophe de son histoire, le réseau ferroviaire grec reste dans un état alarmant
Alors que s’ouvre aujourd’hui le procès principal, la société grecque reste traumatisée par « le crime de Tempé », du nom de la vallée où s’est produit la collision, à 350 kilomètres au nord d’Athènes. Ce soir-là, un train de voyageurs d’Hellenic Train reliant la capitale grecque à Thessalonique percute à pleine vitesse un train de marchandises qui circulait sur la même voie en sens inverse, après une erreur d’aiguillage du chef de la gare de Larissa. La réalité des chemins de fer grecs saisit alors avec horreur le pays.
« Nouveau chapitre »
Sous-effectif chronique, sous-investissement structurel, contrôles et culture de la gestion des risques inexistants, maintenance minimale du matériel roulant et des infrastructures… le transport ferroviaire grec, cible de coupes budgétaires massives après l’éclatement de la crise, est à la dérive depuis plusieurs années et opère à l’extrême limite de ses capacités.
Jusqu’à la collision de Tempé, les trains circulaient à 160 km/heure sur un réseau aveugle, à la merci d’une erreur humaine. « Plus rien ne fonctionnait, l’exception était devenue la règle », rappelait récemment Kostas Genidounias, président du syndicat grec des conducteurs de trains, lors d’une table ronde. Les très nombreuses mises en garde des cheminots à l’adresse de leur hiérarchie et du gouvernement sont pourtant restées lettre morte.
Le soir du 28 février 2023, le chef de gare de Larissa était seul et inexpérimenté. Aucun système n’a pu alarmer ou empêcher deux trains de circuler sur la même voie pendant douze minutes : les feux de signalisation et le téléguidage étaient en panne, tandis que le système de signalisation ETCS n’était pas encore en service, en raison d’un chantier compt
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Publié le 11/03/2026 - Marie-Hélène Poingt