La SNCF, ses filiales Systra (commanditaire des essais) et SNCF Réseau (gestionnaire des voies), ainsi qu’un conducteur principal, un cadre et un pilote seront jugés devant le tribunal correctionnel de Paris pour « blessures et homicides involontaires par maladresse, imprudence, négligence ou manquement à une obligation de sécurité », ont ordonné le 2 août deux juges d’instruction.
Le 14 novembre 2015, un TGV d’essai avait déraillé à Eckwersheim dans le Bas-Rhin, faisant 11 morts et 42 blessés. Ce jour-là, 53 personnes (salariés ferroviaires et membres de leurs familles, dont quatre enfants) avaient pris place à bord du TGV pour l’ultime test du tronçon de la nouvelle ligne à grande vitesse entre Vaires-sur-Marne (Seine-et-Marne) et Vendenheim (Bas-Rhin). L’instruction, qui a duré six ans, a abouti à considérer que le déraillement de la rame avait été provoqué par « une vitesse excessive » et un freinage tardif. Le manque de communication au sein de l’équipage avait aussi été pointé par le Bureau d’enquêtes sur les accidents de transports terrestres (BEA-TT).
Il existe, sous le CNIT à La Défense, un espace insoupçonné aux volumes impressionnants. C’est la future gare d’Eole à La Défense. Une « boîte » de 120 mètres de long, 80 mètres de large et 18 mètres de hauteur.
Une prouesse technologique car la gare a été creusée sous le CNIT, sous les parkings, « seul emplacement possible » selon Aurélie Carmel, directrice d’opérations zone Défense et pilote synthèse du projet Défense – Nanterre. « À La Défense, il y a des tours partout avec des fondations qui plongent très profondément. Or le CNIT, lui, est posé sur le sol. »
La gare repose sur plusieurs sous-sols de parking. Il a fallu réaliser un travail de reprise en sous-œuvre jamais réalisé auparavant à cette échelle, pour emprunter les termes des architectes.
La qualité du béton des piliers a rendu le travail particulièrement compliqué et long, cinq ans au total. « Autour de chacun des 120 piliers du parking, on a d’abord enfoncé profondément quatre nouveaux piliers », explique Aurélie Carmel. « Ces nouveaux piliers ont été fixés au principal afin d’en reprendre les forces. » Puis, une dalle a été coulée en dessous pour pouvoir creuser et dégager, avec des méthodes traditionnelles, un demi-niveau de 1,5 à 2 m, permettant d’accéder avec des engins. Il a fallu ensuite creuser jusqu’à 24 m de profondeur. Depuis mars dernier, la gare est totalement excavée. Résultat, une immense cathédrale souterraine soutenue par 60 robustes colonnes de près de 2 m de diamètre et de 18 de haut. Une partie d’entre elles seront d’ailleurs cachées des voyageurs, seulement visibles dans les locaux techniques de la future gare ou fondues dans les parois.
Le gros œuvre est désormais terminé. Les compagnons doivent maintenant équiper les accès, notamment avec des escaliers mécaniques. Il y en aura pas moins de 56. S’ajouteront 12 ascenseurs entre la mezzanine et les quais.
Les accès annexes ont demandé des modes constructifs de génie civil aussi compliqués que pour la partie centrale de la gare. Dans l’un des couloirs, SNCF Réseau teste une coque moulée aux formes arrondies qu’il faut fixer morceau par morceau sur les murs pour atténuer le bruit.
Plus bas au niveau du radier, les rails sont déjà posés mais pas la caténaire. Vers l’ouest, les rails continuent jusqu’à la station Nanterre-Préfecture et, vers l’est, jusqu’à celle de Porte Maillot. Seuls « deux kilomètres restent à poser jusqu’à Haussmann, mais ça devrait être terminé à la fin de l’année ».
À la gare de La Défense, les équipes de Vinci devraient avoir terminé en octobre
Utiliser des robots dans les trains ? L’idée est actuellement étudiée par la SNCF. Les agents du programme « Robots & Humains » de la direction Technologies, Innovation et Projets Groupe ont en effet testé un robot dans une rame Z2N, le 31 mars au Technicentre industriel de Saint-Pierre-des-Corps.
Ils souhaitaient vérifier si le robot Spot, prêté par le distributeur Génération Robots, était capable de circuler dans ces rames Transilien à deux niveaux afin d’y effectuer des missions de désinfection et de contrôle de présence de voyageurs en bout de ligne, avant d’envoyer une rame au remisage.
Le robot Spot a été développé par Boston Dynamics, une entreprise spécialisée dans la conception de robots depuis 30 ans. Elle a imaginé plusieurs modèles de différentes tailles (chien, cheval, homme) dont le point commun est d’être équipés de jambes et non de roues. Cette caractéristique leur permet de monter des marches. C’est notamment pour cette raison que la SNCF a décidé de tester Spot en condition réelle.
Si Spot s’est révélé tout à fait capable de grimper les escaliers, par ailleurs à la même vitesse que sur une surface plane (1,6 mètre/seconde en vitesse max), il a en revanche montré des limites pour circuler entre les sièges. Étant donné sa taille, Spot a besoin d’un espace minimum de 65 cm pour se mouvoir. Or, dans une Z2N, le couloir central entre les sièges mesure 60 cm…
D’où la décision de poursuivre les tests mais avec des robots de plus petites tailles.
Le groupe de transport public Keolis a engrangé cet été plusieurs contrats, en renouvellement mais aussi au détriment d’opérateurs concurrents. La Communauté d’Agglomération de Sète agglopôle méditerranée a ainsi renouvelé son contrat pour l’exploitation et la maintenance de son réseau de transport public SAM. Cette délégation de service public doit débuter le 1er septembre pour une durée de 7 ans et 4 mois. Il doit générer 88 millions d’euros de chiffre d’affaires au total. Keolis prévoit une augmentation de la fréquentation de 17% à 3,6 millions de voyageurs d’ici là.
« Le renouvellement de ce contrat permet à Keolis, exploitant du réseau de transport de l’agglomération depuis 2015, de conforter sa présence dans la région Occitanie. Outre le réseau de transport urbain de Sète, Keolis y exploite notamment ceux des agglomérations d’Agde, d’Alès, d’Auch, de Foix, de Narbonne et de Tarbes-Lourdes« , indique dans un communiqué l’opérateur de transport public.
La filiale de la SNCF a aussi été retenue par Perpignan Méditerranée Métropole pour exploiter et maintenir les services de transports, Sankéo, à partir du 1er septembre, au détriment de l’actuel délégataire, Vectalia. Le contrat doit générer un chiffre d’affaires total de 295 M€ sur 8 ans.
D’ici 2030, Keolis s’engage à augmenter de 30,2% les recettes commerciales, indique le groupe dans un communiqué. D’ici là, l’opérateur devra notamment renforcer l’information voyageurs et lancer une nouvelle application unique intégrant l’information sur la mobilité et les moyens de paiement via la solution M’ticket.
A partir de 2023, les nouvelles lignes à haut niveau de service « Pulséo » seront lancées avec la mise en circulation de 20 véhicules 100% électriques d’ici la fin du contrat.
Autre succès, Keolis a été sélectionné par le Syndicat Intercommunal d’Organisation et de Mobilité Urbaine du Valenciennois (SIMOUV) pour l’exploitation et la maintenance de son réseau de transport public Transvilles, en remplacement de RATP Dev. D’une durée de 7 ans, le contrat débutera le 1er janvier 2023 et devrait générer un chiffre d’affaires cumulé de plus de 400 M€.
Selon la Fédération nationale des transports de voyageurs, il manque 7000 conducteurs pour assurer les transports scolaires. Une réunion, le 24 août, rassemblant la profession autour des ministres des Transports (Clément Beaune), du Travail (Olivier Dussopt) et de l’Education nationale (Pap Ndiaye), a fait le point sur la question pour tenter de rassurer les familles, à la veille de la rentrée scolaire. Ingrid Mareschal, déléguée générale de la FNTV, a expliqué à VRT pourquoi cette pénurie de conducteurs dure depuis si longtemps. Parmi les causes, le manque d’attractivité du métier soumis aux temps partiels et aux salaires qui vont avec. La pression des collectivités locales qui cherchent à prendre les transporteurs les moins chers (certaines pondèrent le critère prix à hauteur de 80 % dans leurs appels d’offre) ne va pas dans le bon sens.
Ville, Rail & Transports : Pourquoi y a-t-il des évaluations aussi différentes sur la pénurie de conducteurs?
Ingrid Mareschal : Selon la FNTV, il manque 7000 conducteurs, ce qui reflète le nombre de conducteurs à recruter. Régions de France souhaite rassurer en cette rentrée et évalue la pénurie de conducteurs à 3700. Mais ce chiffre, deux fois moindre, tient compte des solutions provisoires trouvées pour assurer la rentrée scolaire, comme par exemple la réaffectation de personnels dans des entreprises de transport, des embauches en CDD ou l’appel à des retraités.
Le transport des enfants sera donc assuré pendant la rentrée scolaire mais il le sera dans des conditions fragiles, sans marges de manoeuvre en cas d’absences de conducteurs. Il faut absolument desserrer la pression sur les entreprises de transport.
VRT : Les organisations syndicales évoquent un chiffre de 15000 conducteurs manquants…
I. M. : Ils se basent sur des chiffres de l’Observatoire des métiers dans le transport et la logistique qui évalue les besoins annuels de recrutements. Dans les années d’avant-crise, les besoins tournaient plutôt autour de 10 000. Mais sur les 15000 emplois recensés par cet observatoire, on en a pourvu une bonne moitié. Toutefois, je le répète, beaucoup de solutions sont provisoires… Il y a des endroits où le service ne pourra pas être assuré. 5 % des circuits pourraient ainsi ne pas être assurés ou faire l’objet d’un service dégradé.
VRT : Certaines régions sont-elles plus touchées que d’autres?
I. M. : Toutes les régions sont concernées, certaines plus que d’autres comme l’Auvergne-Rhône-Alpes, mais cela s’explique par le fait qu’elle emploie plus de conducteurs.
VRT : Cela fait plusieurs années que les professionnels tirent le signal d’alarme… Comment expliquer l’absence de résultats alors que le sujet fait, de longue date, partie de vos priorités?
I. M. : Nous travaillons depuis longtemps sur la question de la pénurie de conducteurs. C’est pourquoi nous avons demandé, et obtenu suite à la publication d’un décret (du 2 mai 2021 ndlr), l’abaissement à 18 ans pour passer le permis D. Nous demandons aussi un plan d’urgence sur lequel nous avons travaillé toute l’année et nous avons signé, en mars, une convention avec Elisabeth Borne pour réduire la pression. Les pouvoirs publics ont été sensibilisés à la question du délai d’obtention du permis D en sortie de formation. Ces délais administratifs sont tels que des personnes formées se tournent vers d’autres métiers et sont perdues pour le transport de personnes.
VRT : La réunion du 24 août avec trois ministres (Transports, Emploi, Education nationale) a-t-elle fait avancer la question?
I. M. : Nous avons surtout fait le point pour rassurer les familles et leur expliquer que les services seraient en majorité assurés. Mais la situation reste compliquée avec des solutions provisoires. Si on ne recrute pas de façon pérenne, on risque de faire face à de lourdes difficultés. Le ministère des Transports doit nous transmettre prochainement un plan d’action.
VRT : Selon vous, quelles sont les principales actions à mener pour redresser la situation?
I. M. : Il faut attirer de nouveaux profils car la moyenne d’âge des conducteurs est élevée, autour de 50 ans Nous n’avons pas de candidats jeunes, ni de filières d’apprentissage. Nous travaillons depuis six mois sur le CAP agent d’accueil et de conduite de transport en commun qui existe mais pour lequel il n’y a pas d’enseignement à la conduite.
Il faut aussi expérimenter le décalage des heures d’entrée et de sortie à l’école comme le font déjà certaines régions. Si nous parvenions à le généraliser à toute la France, cela permettrait d’augmenter le temps de travail des conducteurs. Cela contribuerait à renforcer l’attractivité du métier, alors qu’aujourd’hui, les temps partiels, et les salaires qui vont avec, peuvent dissuader. Il faudrait aussi pouvoir confier d’autres missions aux conducteurs de cars scolaires, comme la conduite de bus interurbains ou du transport à la demande. C’est possible si les collectivités locales lancent des marchés mixtes. Certaines intercommunalités essaient de le faire mais c’est coûteux. Si on met en place l’ensemble des mesures que nous préconisons, les effets se feront sentir. Mais les mesures sont longues à mettre en place….
VRT : Les collectivités locales ont une part de responsabilité dans cette situation : elles choisissent les transporteurs les moins chers…
I. M. : Nous travaillons avec les régions sur des propositions pour réduire la pondération du critère prix, qui peut aller de 40 % à 80 %… Nous demandons une pondération plus neutre. Nous souhaiterions une meilleure prise en compte du critère social et du critère environnemental. Nous souhaiterions aussi pouvoir répercuter de façon plus régulière la hausse des prix de l’énergie et les revalorisations salariales.
Aujourd’hui, les contrats de transport sont principalement basés sur des indices INSEE qui ne correspondent pas à la progression des coûts de l’énergie et des salaires de branche. Nous avons travaillé pour créer des indices spécifiques afin que les régions puissent les intégrer. Certaines régions commencent à le faire. Mais cela ne sera possible que lors de nouveaux contrats.
VRT : Les salaires ne sont-ils pas trop bas?
I. M. : Nous avons augmenté cette année les salaires de 5 %, en faisant un effort supplémentaire de 6,5 % pour le transport scolaires. Mais les plus bas coefficients sont rattrapés par la hausse du Smic au 1er septembre. Nous allons nous remettre autour de la table pour voir si les entreprises peuvent faire un geste.
Retour par la grande porte à la SNCF pour Gwendoline Cazenave qui était partie depuis deux ans travailler au sein du cabinet de conseils Oliver Wyman, en tant qu’associée. A partir du mois d’octobre, elle prendra les rênes de la nouvelle holding Eurostar Group née le 1er mai dernier du rapprochement entre Eurostar et Thalys.
Cette holding, détenue par SNCF Voyageurs avec 55,75 % des parts, la CDPQ (19,31 % des parts), SNCB (18,5 %) et des fonds gérés par Federated Hermes Infrastructure (6,44 %), est actuellement pilotée par Jacques Damas, qui a aussi été chargé de redresser la barre de la compagnie transmanche Eurostar, mise à mal par la crise sanitaire pendant laquelle elle n’a réalisé pendant 15 mois que 5 % de son activité habituelle.
« Forte de 20 ans d’expérience dans le transport ferroviaire, Gwendoline Cazenave apportera son expertise, son énergie et sa vision afin de faire d’Eurostar Group et de la Grande Vitesse en Europe un succès pour ses clients et ses collaborateurs« , soulignent, dans un communiqué du 22 août, les actionnaires d’Eurostar Group. Lorsqu’elle était à la SNCF, Gwendoline Cazenave a occupé la fonction de directrice du TGV Atlantique, de directrice Finances, Stratégie et Juridique de l’activité SNCF Voyages et diverses responsabilités stratégiques et opérationnelles au sein de l’activité TER.
L’objectif d’Eurostar Group est de transporter 30 millions de passagers par an d’ici 10 ans (contre 19 millions en 2019) sous une marque unique (Eurostar). Rappelons que la holding, basée à Bruxelles, détient 100 % des parts d’Eurostar International Limited (Eurostar) et de THI Factory SA (Thalys), qui restent des entreprises ferroviaires de plein exercice et dont les sièges demeurent respectivement à Londres et à Bruxelles.
Jamais un billet de transport n’a été aussi populaire en Allemagne. Depuis le mois de juin, les détenteurs du « 9-Euro-Ticket » peuvent voyager avec ce tarif forfaitaire sur tous les réseaux de transport en commun urbains et interurbains d’Allemagne, qu’ils soient publics ou privés.
Environ 21 millions de ticket ont été vendus en juin, vraisemblablement encore plus en juillet et août (pas encore de chiffres). Pour la Fédération des régies de transport (VDV), qui vient de publier une première étude commandée avec la Deutsche Bahn, l’opération a permis une hausse du trafic de 25%. « Un voyageur sur cinq n’utilisait pratiquement pas auparavant les transports en commun », se félicite Oliver Wolff, le secrétaire-général du VDV. « Un tiers de nos clients réguliers ont effectué des trajets en dehors de la zone de validité de leur abonnement », ajoute-t-il. Le taux de satisfaction est de 88%, malgré les retards et des trains encombrés.
Cette augmentation a été confirmée par l’Office fédéral des statistiques (Destatis) qui a annoncé le 5 août une progression de la fréquentation des transports en commun urbains et interurbains de 46%au deuxième trimestre. Une hausse qui s’explique d’une part par l’assouplissement des restrictions sanitaires mais surtout par le ticket à 9 euros. Par rapport à la même période de 2021, la progression est de 74%. Le nombre moyen de kilomètres parcourus progresse également de 22 à 25 kilomètres par rapport au trimestre précédent.
Deux nouveaux forfaits proposés par les écologistes
Les Allemands réfléchissent donc à la suite à donner au succès de cette opération. Les écologistes, membres du gouvernement à Berlin, proposent de poursuivre l’expérience en septembre et octobre en proposant deux forfaits mensuels : 49 euros (comme successeur du 9-Euro-Ticket) et un ticket régional (8 zones) à 29 euros. Le forfait permettrait de « rompre avec la jungle des tarifs » qui dissuade souvent les voyageurs occasionnels à utiliser le train, insistent les écologistes.
Il faudra néanmoins trouver une réponse à la question du financement qui reste la principale pomme de discorde entre l’Etat et les régions. Le ministre libéral des Finances, un adepte de la discipline budgétaire, refuse de compenser une nouvelle fois le manque à gagner des entreprises de transport : l’opération a coûté 2,5 milliards à l’Etat dans le cadre d’une série de mesures contre la vie chère.
Depuis la fin juillet et jusqu’à la fin de l’année, Keolis mène une campagne de recrutement afin d’attirer les candidatures et pourvoir 1 000 postes au sein des réseaux de transport (urbain et interurbain) que le groupe exploite en France et dans les 13 pays où il est présent. « Cette campagne vise le recrutement local de nouveaux collaborateurs afin de renforcer les équipes d’exploitation et de maintenance dans les métiers de la conduite et de la maintenance« , explique le groupe dans un communiqué.
« Dans les transports, les messages sonores cherchent avant tout à s’adresser au plus grand nombre », rappelle Ilan Kaddouch, le CEO (PDG) de la start-up Akoustic Arts. C’est pourquoi Akoustic Arts a planché sur un système permettant de s’adresser à un ou des voyageurs en particulier pour leur donner des informations personnalisées. La société propose son enceinte B, deuxième version de ce haut-parleur capable de projeter du son comme un rayon de lumière concentré, ou comme dans un casque ou des oreillettes.
C’est le fruit de plus de dix ans de recherche avec des applications multiples. Dans les transports, ces enceintes, de la génération précédente, la A, ont été installées sur les quais de la station de métro lyonnais Charpennes à Villeurbanne. L’entreprise Roiret Transport, une filiale de Vinci, y a posé pour les TCL, une série d’enceintes tout au long du quai.
Des messages pour les voyageurs trop près du bord des quais
Elles ont été fixées à côté de l’éclairage et diffusent dans un faisceau d’une trentaine de centimètres, un message d’alerte prévenant les voyageurs qui sont trop près du bord du quai, et seulement eux, de l’entrée d’un train en gare. En ne prévenant que les voyageurs qui courent un risque immédiat, l’opérateur évite de surcharger la gare de messages audio, dans un lieu déjà bruyant.
Cette innovation pourrait potentiellement être utilisée dans toutes les gares ferroviaires ou dans des stations. Des consignes pourraient être diffusées pour rappeler d’attendre la sortie des voyageurs d’une rame avant d’y embarquer et de se placer de part et d’autre des portes pour laisser les voyageurs partir.
En 2014, Akoustic Arts avait participé au prototype d’abris de bus Osmose pour la RATP devant la gare de Lyon à Paris. Les enceintes de la start-up étaient dirigées vers les sièges de l’abri pour que les voyageurs, installés dos à l’afficheur, soient prévenus de l’arrivée d’un bus et de son numéro de ligne.
Ce dispositif peut aussi servir aux voyageurs en situation de handicap. La « douche » sonore pourrait être signalée aux voyageurs malvoyants par un marquage podotactile.
Des enceintes surtout utilisées dans le secteur culturel
« A ce stade de développement de notre enceinte, nous sommes capables de diffuser un message personnalisé à chaque voyageur assis à sa place », assure Ilan Kaddouch. Pour le prévenir que la prochaine gare est sa destination, lui rappeler que sa carte de réduction expire bientôt, lui souhaiter son anniversaire le jour adéquat, ou le prévenir que sa commande effectuée en ligne est prête et peut être récupérée au bar. « Mais personne ne nous a encore demandé ces applications », poursuit Ilan Kaddouch. « Nous sommes une petite équipe, avec notamment des commerciaux. Nous ne pouvons couvrir tous les domaines d’activité. C’est pour cela que nous travaillons avec des intégrateurs qui eux proposent nos solutions à des clients finaux, les installent ou les font installer. Ils connaissent les cas d’usages et peuvent même en suggérer de nouveaux en discutant avec leurs clients. A nous de répondre ensuite à leurs demandes. »
Pour l’instant, les applications des enceintes d’Akoustic Arts sont surtout présentes dans le monde culturel, dans des musées ou des galeries d’art pour diffuser un message lié à une œuvre. La start-up travaille aussi avec Renault, en recherche et développement, pour adresser des messages aux automobilistes concernant la sécurité et la route.
Les enceintes directionnelles sont également utilisées dans la publicité. Il y a quelques années, un fabricant coréen de téléviseurs avait installé, dans le hall de la gare de Lyon à Paris, à plusieurs mètres de hauteur, un modèle très grand format, qui diffusait le son par une série d’enceintes dirigées vers le bas. En passant sous le téléviseur géant, le voyageur traversait une sorte de rideau de sons. L’occasion pour les ingénieurs d’Akoustic Arts de prouver que leur innovation résiste au bruit ambiant d’une gare.
Face à la forte reprise du trafic et sans doute aussi pour conquérir de nouveaux marchés en Europe, la SNCF renforce son parc de TGV. La compagnie vient de commander 15 TGV de nouvelle génération (gamme Avelia Horizon d’Alstom) qui s’ajoutent aux 100 rames déjà prévues dans une commande signée en juillet 2018 pour 3 milliards d’euros dans le cadre d’un partenariat d’innovation. La SNCF et Alstom s’étaient en effet entendus pour concevoir ensemble le « TGV du futur », d’abord appelé TGV 2020, puis rebaptisé par la compagnie TGV M. Cette nouvelle commande représente près de 590 millions d’euros, précise le constructeur.
La tranche optionnelle levée aujourd’hui par la SNCF « porte sur la version quadritension de la nouvelle génération de trains à très grande vitesse, qui correspond aux besoins de circulation européenne », indique Alstom dans un communiqué. En clair, alors que les 100 rames précédemment commandées fonctionneront en bitension, donc rouleront plutôt sur le marché français (ou similaire), les 15 rames supplémentaires pourront utiliser 4 tensions (25 kV 50 Hz, 1500 V CC, 3 kV CC, 15 kV 16,7 Hz) et donc aller sur une grande partie des réseaux européens, notamment ceux de pays limitrophes à la France (Allemagne, Espagne, Italie, Bénélux… )
Les premiers TGV M doivent commencer leur service à partir de 2024, puis les livraisons s’échelonneront sur dix ans. Ces trains seront équipés d’un nouveau nez de TGV, avec étrave plus résistante aux chocs et dont l’aérodynamique contribuera, avec l’éco-conduite et la récupération d’énergie de freinage à la caténaire, à réaliser des économies d’énergie de l’ordre de 20 % par rapport aux générations précédentes de TGV.
Ils pourront transporter 20 % de voyageurs en plus que les TGV actuels (dans sa configuration maximale, une rame pourra embarquer jusqu’à 720 personnes du fait des motrices plus petites, offrant plus de place) et devraient ainsi contribuer à atteindre l’objectif de Jean-Pierre Farandou de doubler la part du ferroviaire d’ici à 2030.
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