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Ewa

Le Salon européen de la mobilité, European Mobility Expo, de retour à Paris

© European Moblity

Après une manifestation virtuelle en 2021, c’est enfin le retour d’European Mobility Expo à Paris. Cette édition 2022 sur le thème de la transition énergétique permettra de faire le point sur les dernières nouveautés. Les attentes de la profession, représentée par près de 200 exposants (en légère baisse par rapport aux éditions précédentes), sont nombreuses dans un contexte financier plutôt délicat puisque nombre de réseaux n’ont pas encore retrouvé leurs fréquentations d’avant pandémie.

Les premières décisions de Matignon, également en charge de la « planification écologique », seront donc regardées de près. L’UTP souhaite déjà que tous les modes de transport soient traités avec équité, regrettant que les aides affectées au routier ne concernent pas le fret ferroviaire. Même demande pour les 400 M€ affectés au transport par autocar que l’UTP voudrait voir s’étendre aux autobus.

De son côté, le GART attend de l’Etat qu’il s’engage à hauteur de 5 Md€ en faveur des mobilités du quotidien. Le groupement réclame aussi, une fois de plus, la baisse de la TVA à 5,5 % pour le transport public et, comme l’UTP, la pérennisation du Versement Mobilité. Sur les carburants, le GART souhaite que le BioGNV soit intégré aux énergies à très faibles émissions. C’est ce que les élus et les professionnels devraient demander ce matin, lors de l’inauguration du salon.

Milan, l’invitée d’honneur de ce cru 2022, représente un choix judicieux au vu de l’impressionnant réseau de transport public de cette métropole. Tous les modes y sont représentés, le métro avec quatre (et bientôt cinq) lignes sur 178 km, mais aussi 18 lignes de tramways, 132 de bus, sans oublier près de 300 km de pistes cyclables pour 22 000 vélos. Grâce à une forte politique en faveur du transport public, on attend 30 millions de déplacements automobiles annuels en moins, avec à la clef une réduction de 2 % des émissions dans l’atmosphère et une baisse de la consommation d’hydrocarbures de 16 millions de tonnes par an.

Malgré la place donnée à Milan, cette édition devrait être un peu moins européenne que d’habitude, les exposants étrangers ne représentant en effet que 20 % des effectifs (contre un tiers habituellement). Mais elle réserve son lot de surprises avec de nombreux nouveaux venus que l’on pourra découvrir à Paris.

Philippe-Enrico Attal

Ewa

Ce que demande la Fnaut-Ile-de-France en cas de grève sur le RER B

RER B Aulnay-sous-Bois

Ville, Rail & Transports a demandé à la Fnaut-Ile-de France comment elle réagissait après les grèves du RER B qui ont eu lieu les 28 mai et 3 juin dernier. Et comment elle entend le discours tenu par certains syndicats qui se réjouissent de la caisse de résonance offerte par de grands événements. Marc Pélissier, son président, nous livre sa réponse.

 « La pagaille survenue lors de ce match n’a pas pour cause principale la grève du RER B, d’ailleurs, malgré celle-ci, les trajets des supporters se sont plutôt  bien passés grâce au RER D et à la ligne 13.  Pour autant, nous déplorons l’attitude de certains syndicats de conducteurs RATP de la ligne B qui ont volontairement visé cet événement (et d’autres matchs) pour mettre en avant des revendications catégorielles et ainsi porter atteinte à l’image des transports publics franciliens au niveau international.

Nous observons que globalement les grèves sont devenues moins fréquentes ces 30 dernières années à la RATP, exceptés les conflits liés aux retraites, mais le climat social se dégrade ces derniers mois.

En vue des JO 2024, il faut que les exploitants SNCF et RATP engagent le plus tôt possible les négociations avec les syndicats sur l’organisation des renforts de desserte pour cet événement.

Cependant, si les conflits sociaux se multipliaient d’ici là, la question de légiférer sur un véritable service minimum se poserait à nouveau.

En attendant, s’agissant spécifiquement du RER B, nous demandons que soit revu le principe qui veut que les conducteurs SNCF et RATP ne puissent pas conduire sur l’autre portion de ligne en cas de grève d’un ou de l’autre, alors qu’ils le font en temps normal. En effet, cela conduit souvent à des « ruptures d’interconnexion » à gare du Nord. Concrètement, cela impose un changement de train pénalisant à des centaines de milliers d’usagers qui s’ajoute aux effets négatifs de la grève et réduit l’offre à 50 % maximum au nord côté SNCF, même si c’est une grève côté RATP ».

Selon Sylvie Charles, la directrice de SNCF Transilien, cette possibilité de conduire d’un bout à l’autre est possible, y compris les jours de grève. Ce sont les transporteurs qui décident de maintenir ou pas l’interconnexion, en fonction du suivi des mouvements de grève.

Recueillis par Marie-Hélène Poingt

 

Ewa

Cinq morts et 44 blessés dans un accident de train en Bavière

carte baviere

Cinq personnes sont mortes et 44 ont été blessées, vendredi 3 juin vers 12 h 15, lors du déraillement d’un train régional au niveau de Burgrain, dans les Alpes bavaroises, au nord de Garmisch-Partenkirchen, en Allemagne. Le train venait de quitter cette station de sports d’hiver en direction de Munich.

La chaîne de télévision n-TV a montré les images impressionnantes d’une rame tractée dont plusieurs voitures, à deux niveaux, avaient déraillé sur la voie unique, à l’exception de la caisse attelée à la locomotive. Ce matériel roulant porte la livrée DB Regio (filiale de la DB pour les trains régionaux).

Selon la police, le train était bondé avec environ 140 personnes à bord. Plusieurs médias locaux ont évoqué la forte affluence d’élèves rentrant chez eux avant le week-end de la Pentecôte. De nombreux policiers et de militaires, chargés de préparer et sécuriser le site où doit se tenir fin juin le prochain sommet du G7, et qui se situe à une dizaine de kilomètres de là, ont été redéployés sur les lieux de l’accident pour participer aux opérations de secours. Et une enquête a été lancée pour déterminer les causes de l’accident.

Mais dès le 7 juin, on apprenait via la police locale que la justice allemande avait ouvert une enquête visant trois employés de la DB pour suspicion d’homicide par négligence. Par ailleurs, le radiodiffuseur public Bayerischer Rundfunk (BR) a affirmé le week-end du 4 juin que les enquêteurs examinaient la piste d’éventuels défauts techniques dans le système de roulement de certaines voitures ainsi que sur les rails eux-mêmes. Selon ce média, la DB avait prévu des travaux de maintenance sur cet itinéraire à partir du 25 juin.

Cet accident intervient deux jours après l’entrée en vigueur d’un ticket mensuel à 9 euros permettant d’emprunter de nombreux réseaux de transport public, dont le train, dans tout le pays pendant l’été. Mais au lancement de ce forfait, des responsables des chemins de fer allemands se sont inquiétés des tensions sur le réseau ferroviaire allemand. « Jamais auparavant il n’y avait eu autant de chantiers sur tout le réseau« , a indiqué, quelques jours avant l’accident, Richard Lutz selon le patron des chemins de fer allemands, expliquant que cette situation, et l’augmentation du trafic, était à l’origine d’incidents et d’une fréquence inhabituelle de retards.

 

Ewa

Qui est derrière le syndicat La Base qui appelait à la grève du RER le 3 juin?

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Après la grève du 28 mai, représentant une réussite à leurs yeux en raison de son impact médiatique, plusieurs syndicats de la RATP – CGT Métro-RER, l’Unsa-RATP, La Base Groupe RATP mais aussi finalement FO – ont appelé à un nouveau mouvement sur le RER pour le vendredi 3 juin, date du match de football France – Danemark au Stade de France au nord de Paris. Leurs revendications portent sur les effectifs de conducteurs qu’ils jugent insuffisants sur la ligne qui traverse Paris et dessert les banlieues nord et sud de la capitale. Ils réclament également une augmentation de salaire pour les conducteurs, une prime carburant de 100 €, une prime de 1 500 € en reconnaissance de leur « implication pendant la pandémie » et en raison de « la dégradation » des conditions de travail.

Moins connue que les autres syndicats appelant à la grève, La Base, fondée en 2019 par des dissidents de la CGT et FO, est uniquement présent au département RER du Groupe RATP et… majoritaire. Un nouveau protocole de conduite pour le RER a été proposé par la direction aux syndicats, sans succès, la Base majoritaire refusant de la signer (contrairement au protocole Conduite métro signé par FO). Malgré son poids électoral parmi les conducteurs de RER, ce syndicat n’a visiblement pas su mobiliser ses troupes, les RER A et B fonctionnant quasiment normalement aujourd’hui. Mais il espère bien, lors de prochaines élections professionnelles, faire une percée parmi les conducteurs de bus, si l’on en croit Laurent Mauduit, un de ses fondateurs, qui expliquait il y a deux ans sur le site Syndicollectif les raisons de lancement de ce nouveau syndicat.

A. J. et MH P

Ewa

La gestion des flux de supporters sous haute surveillance

(c) Denis Sutton Ratp
AFFLUENCE SUR LA LIGNE 13 : FACADES DE QUAI CNIM CURTIS EN TEST

Pas question de voir se renouveler ce soir la gestion chaotique des flux de supporters, comme cela a été le cas lors de la finale le 28 mai, au Stade de France, de la Ligue des champions entre Liverpool et le Real de Madrid. Le match entre la France et le Danemark, qui a eu lieu le 3 juin  et a accueilli quelque 77 000 spectateurs, s’est passé sous haute surveillance. 2000 policiers et gendarmes ont en effet assuré, outre la sécurité, la gestion de la foule. Notamment en la dirigeant vers les transports publics.

Côté transports justement, les syndicats de la RATP, CGT, Unsa, la Base et Fo avaient de nouveau appelé les conducteurs du RER à une grève ce jour-là pour dénoncer des sous-effectifs et réclamer notamment une prime de 1500 euros en reconnaissance de leur implication pendant la pandémie. Mais le trafic a été quasi-normal et l’interconnexion maintenue gare du Nord sur le RER B. Autrement dit, les voyageurs venant du sud n’ont pas dû changer de train pour poursuivre leur trajet jusqu’au Stade de France.

Rappelons que plusieurs lignes ferrées desservent le Stade de France : les RER B et D ainsi que les lignes de métro 12 et 13. Si le RER D est totalement gérée par la SNCF, la ligne B est exploitée au sud par la RATP et au nord par la SNCF.

Samedi 28 mai, lors de la grève RATP, l’interconnexion en gare du Nord n’était plus assurée. Ce qui a obligé les voyageurs à changer de train. Au lieu de poursuivre leur trajet sur la B via la SNCF (mais il leur aurait alors fallu monter deux étages pour rejoindre les rames de RER B exploitées par la SNCF), une majorité d’entre eux a préféré embarquer à bord du RER D au même niveau que les rames B de la RATP.

Conséquence, il y a eu beaucoup plus de voyageurs acheminés ce soir-là sur la ligne D (37 000 voyageurs) que sur la B (seulement 6200, beaucoup moins qu’habituellement), selon les chiffres de la SNCF qui rappelle que les comptages se font manuellement par des agents en gares d’arrivée, Stade de France-Saint Denis pour la D, La Plaine-Stade de France pour la B. « Les voyageurs ont été transportés dans de bonnes conditions à l’aller et au retour« , souligne un de ses porte-paroles.

Les gares sont volontairement situées bien en amont du stade (on met une quinzaine de minutes à pied de la gare Stade de France-Saint Denis pour rejoindre le Stade de France), pour permettre de fluidifier les flux de voyageurs. Les jours de match, des agents viennent aussi en renfort, dans les gares et sur les parvis, pour gérer les flux

Chaque événement fait ainsi l’objet d’un travail préparatoire coordonné entre la SNCF et la RATP pour dimensionner le plan de transport en fonction de l’affluence. Cela a été le cas le 3 juin, comme le 28 mai : des trains supplémentaires ont été insérerés dans la circulation et des rames et des conducteurs de réserve prévus au cas où…

MH P

 

 

Ewa

Après la définition des attributions ministérielles, les attentes des défenseurs du climat

Elisabeth Borne

Les attributions d’Amélie de Montchalin, ministre de la Transition écologique et à la Cohésion du territoire, et d’Agnès Pannier-Runacher à celui de la Transition énergétique ont été précisées hier au Journal officiel. Les deux ministres vont se partager les attributions de Barbara Pompili, l’ancienne ministre de la Transition écologique, mais aussi de Jean-Baptiste Djebbari, ex-ministre des Transports.
Amélie de Montchalin hérite notamment des questions de développement durable, de la protection de la biodiversité, de l’aménagement et de la lutte contre l’étalement urbain. Conjointement avec la ministre de la Transition énergétique, elle sera aussi chargée de « l’adaptation  au changement climatique, à la qualité de l’air et la réglementation technique des véhicules« . Mais c’est Agnès Pannier-Runacher qui a autorité sur la direction générale de l’énergie.

Cette dernière définit et met en oeuvre « la politique de l’énergie afin, notamment d’assurer la sécurité d’approvisionnement et l’accès à l’énergie, de lutter contre le changement climatique et de promouvoir la transition énergétique« . Plus précisément, elle « prépare et met en oeuvre la politique de réduction des gaz à effets de serre » et « promeut une gestion durable des ressources rares en matière minière« . C’est elle aussi qui traitera de la « décarbonation et d’électrification du secteur des transports routiers, en particulier du parc automobile et du développement des infrastructures de recharge des véhicules électriques« .

Pour Valentin Desfontaines, le responsable Mobilités durables au Réseau Action Climat (RAC), « le fait d’avoir d’un côté Agnès Pannier-Runacher qui traite les sujets liés à l’énergie et aux véhicules et de l’autre Amélie de Montchalin chargée des enjeux ferroviaires et des modes alternatifs peut être un moyen d’accélérer le report modal« . Selon lui, cette dernière aura « seule compétence sur ces questions » et ainsi « toutes les cartes en main » pour faire avancer ces sujets.

Sujet « marqueur » à ses yeux, le contrat de performance Etat-SNCF Réseau. « C’est le sujet que l’on scrutera dans les prochaines semaines. On jugera sur pièces ».

La question d’un ministère des Transports bien identifié reste toutefois posée, selon lui.

 

Ewa

Mise en service d’une nouvelle voie à Lyon-Part Dieu pour améliorer la ponctualité des trains

Voyageurs Gare de Lyon Part-Dieu

Avec la mise en service, lundi 5 juin, de la nouvelle voie L de la gare de Lyon Part-Dieu, une étape est franchie en direction du futur RER lyonnais, estime la région Auvergne-Rhône-Alpes. Cette nouvelle voie « permettra de fluidifier le trafic ferroviaire autour de Lyon » et « d’améliorer la ponctualité des trains« , explique-t-elle dans un communiqué. D’une longueur de 800m, la voie L a été réalisée à l’est de la voie K dont elle partage le quai, élargi pour l’occasion.

« Deux aménagements du plan de voies complètent l’opération. Ils visent à offrir de nouvelles possibilités d’accès à certaines voies et éviter ainsi les cisaillements en amont de la gare de Lyon Part-Dieu; permettre aux trains d’emprunter les voies K et L dans les deux sens« , précise la région, qui a financé l’opération à hauteur de 23,5 millions d’euros, aux côtés de l’Etat, de SNCF Réseau et de l’Union européenne pour un chantier global de 87,6 millions d’euros.

Des travaux d’agrandissement d’autant plus nécessaires que chaque jour 125 000 voyageurs fréquentent la gare, dimensionnée à à l’origine, pour 35 000 voyageurs quotidiens. 700 trains traversent la gare de Lyon Part-Dieu et un tiers des retards constatés sur le réseau ferroviaire régional est engagé au sein de l’étoile lyonnaise.

Ces travaux s’inscrivent dans le Plan de mobilisation pour l’étoile ferroviaire lyonnaise.  « 316 millions d’euros ont déjà été mobilisés par la Région sur l’étoile ferroviaire lyonnaise, et permettront de faire gagner du temps à tous les voyageurs : moins de retard sur le réseau ferroviaire, plus de trains et de meilleures conditions de transport pour tous« , indique encore l’Auvergne-Rhône-Alpes, qui mentionne plus de 100 millions d’euros engagés sur le pôle d’échanges multimodal de Lyon Part-Dieu afin de mieux accueillir les voyageurs sur le site. « Ils permettront, notamment, la construction de nouveaux accès aux quais depuis l’Avenue Pompidou pour désaturer la gare. Ces 6 nouveaux accès seront mis en service à la fin de l’année« .

A plus long terme, l’objectif est de disposer d’un RER lyonnais qui proposera des trains toutes les 15 minutes, des horaires étendus de 5h à 23h et un titre de transport unique pour tous les transports collectifs au sein de la métropole lyonnaise, rappelle encore la région.

MH P

Ewa

CargoBeamer recrute un ancien directeur Rail Europe d’Amazon

Alexander Kornblum
Le logisticien propriétaire de son propre système combiné rail-route, CargoBeamer, a annoncé, le 2 juin, la nomination d’Alexander Kornblum. au poste de directeur général des Opérations Intermodal.
Il aura la responsabilité des services Distribution, gestion des offres et des tarifs, relations clients et développement d’activité stratégique pour le prestataire de services logistique qui permet le ferroutage de semi-remorques non-grutables. Alexander Kornblum succède à Matthias Schadler qui quitte l’entreprise. Il sera rattaché à Boris Timm, directeur de l’exploitation chez CargoBeamer.
De 2018 à 2020, Alexander Kornblum a été responsable de la tarification et de la gestion des capacités chez Flix (auparavant FlixMobility), participant au lancement du réseau national de bus longue distance aux États-Unis. Auparavant, il avait été responsable de programme senior et de directeur Rail pour l’UE Amazon, mettant en place le réseau européen de transport ferroviaire de la plateforme logistique.

Ewa

Les incertitudes de SNCF Réseau

Travaux été RER E
Haussmann Saint Lazare
SNCF Réseau

Contrat de performance qui se fait attendre, départ de deux hauts dirigeants, velléités de la SGP d’intervenir sur le réseau ferré… Le gestionnaire des infrastructures ferroviaires est bousculé. Les engagements de l’Etat seront regardés de près. Le salon européen de la mobilité (EuroMoExpo) qui se tiendra du 7 au 9 juin Porte de Versailles à Paris, sera-t-il l’occasion d’annonces en faveur du transport public?

Coup sur coup, deux nouvelles ont surpris au sein de SNCF Réseau. C’est d’abord l’annonce inattendue du départ, dès le 1er juillet, de deux de ses dirigeants, dont celui de Matthieu Chabanel, le numéro deux du gestionnaire des infrastructures dont les compétences et le sens relationnel étaient unanimement appréciés. C’est, quelques jours plus tard, le 12 mai, la décision de la Société du Grand Paris de créer une filiale « pour conduire des études en vue de la réalisation d’autres projets d’infrastructures, soit d’extensions potentielles du Grand Paris Express, soit sur des projets se situant au-delà de la maîtrise d’ouvrage du GPE ».

Autrement dit, l’établissement public créé par une loi en 2010 pour réaliser le Grand Paris Express envisage de se voir confier la maîtrise d’ouvrage travaux des projets dont elle aurait conduit les études préalables, notamment sur le réseau ferré national. Cela permettrait de lui donner de nouvelles perspectives, justifiées par la SGP par « la concentration de compétences dont elle s’est dotée dans tous les domaines touchant à la construction d’une ligne nouvelle de métro ». Dans un communiqué, la SGP explique que « l’ensemble de ces compétences a donc désormais vocation à servir l’intérêt général au-delà du Grand Paris Express« .

Pour le moment, il s’agit simplement d’autoriser la création d’une filiale pour réaliser des études et des travaux, modère un porte-parole. Selon lui, la loi de 2010 sur le Grand Paris prévoit ce cas de figure en indiquant que « la SGP puisse se mobiliser pour réaliser des études sur d’autres projets mais en tant que maître d’ouvrage« . Le conseil de surveillance a donc mis en place un groupe de travail sur les modalités « d’extension des compétences, sur les obstacles à lever et les enjeux ». C’est aussi une façon de se préparer à l’avenir en se donnant une nouvelle raison d’être : dans 8 ans, la mission de la Société du Grand Paris (SGP) devrait être remplie avec la construction de 200 kilomètres de ligne de métro automatique (et 68 gares)  autour de Paris.

Interrogée sur ces velléités de développement, Valérie Pécresse se dit favorable à l’extension des champs de compétence de la SGP et à sa sortie des frontières. Mais sous condition :  qu’elle ne le fasse pas avec les recettes versées par les contribuables franciliens. Or, actuellement, la SGP tire une grande partie de ses recettes de taxes sur les bureaux, sur les locaux commerciaux et de stockage ainsi que sur des surfaces de stationnement en ile-de-France. La présidente de la région Ile-de-France, qui cite « la demande des Hauts-de-France à la  SGP de réaliser des études sur Lille-Hénin-Beaumont », estime que cela « ne peut pas se faire avec des ressources franciliennes ». L’élue, qui s’exprimait en marge d’une conférence de presse sur l’ouverture à la concurrence des bus en grande et moyenne couronne, a également fait part de ses souhaits : elle demande que « la SGP finance des études d’extensions de lignes comme Versailles-Nanterre ou Orly-Montegereau ou la T8 à l’Est , ou encore l’interconnexion de la ligne H à Pleyel« .

Mais ces perspectives suscitent des inquiétudes en interne, sur une possible fin du monopole de SNCF Réseau sur les infrastructures ferroviaires. Fanny Arav, administratrice Unsa de SNCF Réseau, s’interroge : « Est-ce l’ère de la découpe? Cette création suscite beaucoup de questions« . Selon elle, « Il y a quelques années, on a réuni RFF et l’Infra après s’être rendu compte que séparer la maîtrise d’ouvrage et la maîtrise d’ouvrage délégué était dangereux car cela ne responsabilise pas le concepteur« . Or, rappelle-t-elle,  » SNCF Réseau a beaucoup de difficultés à trouver des financements alors que le monopole du réseau est sa raison d’être ». Selon elle, l’Etat ne se donne pas les moyens d’une politique affirmée en faveur du ferroviaire avec des moyens financiers à la hauteur. « On le voit avec le contrat de performance qui est un contrat d’attrition », dit-elle. Conséquence, poursuit-elle, « l’Etat veut faire monter en puissance un autre organisme, la SGP, qui est une société de financement qui fonctionne avec un système de financement bien fichu. On a l’impression qu’une bascule peut se produire. » Et de s’interroger : »n’est-ce pas un moyen de tuer dans le temps SNCF Réseau?« 

De son côté, SNCF Réseau se contente de rappeler que ses équipes travaillent déjà sur le réseau ferroviaire avec d’autres entreprises ou dans le cadre de PPP (partenariat public-privé). Il faudra aussi attendre les prochaines annonces pour comprendre le positionnement des pouvoirs publics vis-à-vis du gestionnaire du réseau.

Marie-Hélène Poingt

Ewa

Gilles Rakoczy succède à Loïc Dorbec à la tête de l’AGIFI

Gilles Rakoczy

Gilles Rakoczy, le directeur général d’Oc’Via (la société de projet qui gère le du contournement ferroviaire de Nîmes et de Montpellier), a été élu le 18 mai à la présidence de l’Association Française des Gestionnaires d’Infrastructures Ferroviaires Indépendants (AGIFI). Ce diplômé de l’École nationale des ponts et chaussées a aussi été directeur général du Groupement Européen d’Intérêt Économique du Tunnel du Mont Blanc (GEIE-TMB). Il succède à Loïc Dorbec, Président d’Eiffage Rail Express (ERE), appelé à d’autres fonctions au sein du groupe Eiffage.