
Le temps est à l’union syndicale à la SNCF. Et le ton monte en raison du souhait de la direction de revoir les conditions d’organisation du temps de travail dans les nouvelles sociétés dédiées créées par SNCF Voyageurs quand elle gagne un appel d’offres. Les quatre organisations représentatives de l’entreprise ont ainsi déposé, le 17 avril, une DCI (demande de concertation immédiate).
« Les quatre organisations syndicales se voient régulièrement depuis plusieurs semaines. Nous parlons de la filialisation et des droits des cheminots qui doivent être harmonisés. Or, les sociétés dédiées cherchent à affaiblir ces droits. Nous nous battons pour des conditions sociales de haut niveau », explique Thierry Nier, le secrétaire général de la CGT-Cheminots. « Nous entendons un ras-le-bol qui s’exprime partout », ajoute-t-il.
« Dans leurs appels d’offres, les autorités organisatrices des mobilités réclament des baisses de tarifs. Elles nous demandent souvent de mettre en place plus de trains avec des moyens financiers équivalents ou inférieurs », rappelle de son côté un haut cadre du groupe SNCF. Or, le poids de la main d’oeuvre est très important dans les sociétés dédiées. D’où l’idée de la direction d’assouplir les règles sur le temps de travail, aujourd’hui très encadrées, en jouant sur la polyvalence pour mieux utiliser les temps morts mais aussi en augmentant l’amplitude horaire pour réduire le nombre de postes de conducteurs nécessaires ou encore en ouvrant davantage les comptes épargne temps pour pouvoir limiter les temps de repos quand l’activité est intense. L’idée consiste à récupérer l’équivalent de cinq jours en masse salariale.
« L’entreprise cherche à nous retirer cinq jours de repos », affirme de son côté Julien Troccaz, secrétaire fédéral de Sud Rail, en rappelant que la direction avait expliqué son projet dans un courrier envoyé il y a quelques semaines aux syndicats. La direction a indiqué par la suite avoir envoyé ce courrier par erreur, racontent les syndicalistes. Mais des discussions devront tout de même avoir lieu sur l’organisation du travail au sein de chaque société dédiée.
Les syndicats se disent très remontés et unis contre ce projet. Ils devaient être reçus le 21 avril par la direction. Ils demandent « un moratoire sur les réorganisations et les suppressions de postes » ainsi que « le maintien de l’unité sociale avec application de l’ensemble des accords à tous les cheminots », enfin « la réouverture sans délai de négociations salariales » du fait de la reprise de l’inflation.
Faute de quoi, ils envisagent une grève unitaire en juin. « Nous voulons créer les conditions d’un mouvement de grève important », résume Thierry Nier.








