
Après la forte mobilisation lors de la grève du 10 juin, la SNCF avait indiqué qu’elle apporterait des réponses aux revendications des syndicats au cours de la table ronde fixée le 23 juin en présence de Jean Castex. Le PDG du groupe a accepté de faire un geste suite aux demandes de hausses de salaires du fait de la reprise de l’inflation. Une prime de 100 euros sera versée en juillet à tous les salariés du groupe, a annoncé la direction. Autre décision, 350 recrutements de plus seront réalisés au cours du second semestre, surtout dans les métiers de la maintenance, de la conduite, de la sûreté ou encore en contact avec la clientèle, Ce qui portera à 6300 le nombre de personnes qui seront embauchées en 2026. Enfin, l’entreprise annonce qu’elle va consacrer un budget complémentaire de 10 millions d’euros et déployer localement 100 emplois RH pour travailler sur les conditions de travail et la prévention des risques psycho-sociaux pour faciliter la mise en oeuvre de l’accord sur le dialogue social de proximité signé en mai dernier.
Socle commun
En revanche, la direction veut se redonner du temps pour arriver à négocier une nouvelle organisation du travail dans les sociétés dédiées qui sont créées à chaque fois que SNCF Voyageurs gagne un contrat pour exploiter des TER. Un sujet fondamental, selon elle, pour pouvoir répondre aux régions qui demandent des gains de productivité. Mais une orientation vue d’un mauvais oeil par les syndicats qui défendent l’harmonisation des droits dans le groupe.
C’est pourquoi la direction propose un socle de droits commun pour garantir « l’unité du groupe« , assorti de négociations dans chaque société dédiée sur l’organisation du travail. Des discussions devront se tenir au second semestre pour aboutir à un accord incluant les sociétés dédiées sur un socle commun de droits (parcours professionnels, égalité…)
Pour les sociétés dédiées, la loi prévoit déjà un prolongement de 15 mois des droits des cheminots qui y sont transférés, C’est le cas pour les trois sociétés dédiées SNCF Voyageurs Sud Azur, Etoile d’Amiens et Loire Océan. pour lesquelles les conditions de travail resteront inchangées jusqu’à la fin 2027. La direction propose d’étendre cette période un an de plus à la fin 2028, afin de laisser du temps aux discussions pour aboutir à des accords d’entreprise. En contrepartie, elle demande que « tout le monde se mette autour de la table » pour avoir « un dialogue social fourni et mettre au point une organisation du travail adaptée aux TER localement« . La direction espère des résultats »fructueux« . Faute de quoi, elle « en tirera les conséquences ». Un point d’étape sera programmé à la sortie de l’été 2027.
Dans les sociétés dédiées qui seront crées à l’avenir, les conditions de travail resteront inchangées pendant 24 mois avant d’appliquer les accords d’entreprise propres à chacune.
Élections professionnelles à la fin de l’année
Reste maintenant à savoir ce qu’en pensent les syndicats et si le discours unitaire tenu jusque-là se poursuivra alors que se profilent les élections professionnelles à la fin de l’année. Les deux syndicats réformistes, CFDT Cheminots et Unsa Ferroviaire, notent des points positifs notamment sur l’emploi et se disent prêts à jouer le jeu de la négociation. La CGT Cheminots et Sud Rail ont tous deux déposé une alarme sociale, en estimant que les annonces ne sont pas à la hauteur.








