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Ewa

Interview. « La supply chain, insuffisamment mature, est à l’origine de 40 à 50 % des retards de livraisons de trains »

Jean-Pierre Audoux (à gauche) et Maurice Perrault, de l'association CARE Rail

Jean-Pierre Audoux, président de CARE Rail, et Maurice Perrault, membre du Comex et président du comité de pilotage opérationnel de l’association, tirent la sonnette d’alarme sur la situation de la filière ferroviaire française pas assez structurée à leurs yeux face à la concurrence mondiale, notamment chinoise. Les deux experts recommandent de s’inspirer de la démarche suivie il y a quelques années par le secteur aéronautique.

Ville, Rail & Transports. Pourquoi tirez-vous le signal d’alarme sur la situation de la filière ferroviaire française? 

Jean-Pierre Audoux. Nous ne tirons pas le signal d’alarme pour que le train s’arrête, mais tout au contraire pour qu’il accélère! Nous sommes, avec CARE Rail, investis dans l’amélioration de la performance industrielle de la supply chain ferroviaire. Or nous constatons que la France et son écosystème ferroviaire, en particulier face à la concurrence mondiale n’est pas dans une dynamique suffisante. Notre supply chain fournisseurs doit devenir beaucoup plus structurée.
Certes, en matière ferroviaire, la France a un savoir-faire technique et technologique reconnu à l’international, mais sa maturité industrielle reste insuffisante. On est très loin de l’industrie 4.0 (et encore moins de l’industrie 5.0 avec IA). Certains acteurs majeurs ont pu encore mieux mesurer cette problématique en déployant la démarche CARE Rail, mais, il nous faut vraiment aller plus fort et plus vite face aux risques de décrochage et les conséquences associées (emploi, maintien des compétences…).

Bien entendu, la mondialisation et l’obligation croissante de fabriquer localement pour fournir les marchés régionaux, notamment en Amérique et en Asie, conduisent les grands donneurs d’ordres à aller s’approvisionner en équipements et composants dans d’autres pays. Même si cela est souvent nécessaire pour remporter un marché, on en connaît les risques pour notre filière (dépendance accrue, perte de compétitivité, perte de savoir… comme on l’a vu pour l’industrie automobile). Notre alerte a pour but d’exhorter l’ensemble des acteurs de la filière à se mobiliser autour de cet objectif. Il est temps de construire un écosystème français robuste.

Plus précisément, quel est l’état de la filière aujourd’hui ?
Maurice Perrault. Notre filière se trouve dans une situation « paradoxale », pour ne pas dire « paroxystique » : des succès commerciaux multiples, un carnet de commande record que ce soit pour de nouveaux matériels ou pour de la rénovation, mais malheureusement souvent, avec des retards conséquents. Une supply chain française encore insuffisamment « mature » et structurée avec beaucoup de PME voire TPE, et trop peu d’ETI et donc, une certaine fragilité (cash, investissements…) qui nous pénalisent par rapport à d’autre grandes filières ferroviaires dans le monde (Allemagne et Chine en particulier).
De fait, la démarche CARE Rail a mis en évidence sur plus de 70 projets ou PME accompagnées (ce qui est repré- sentatif), un niveau de maturité qui reste faible au regard des niveaux requis. Des systèmes d’information (Grands Acteurs et Fournisseurs) peu interfacés (pas de pilotage efficient, peu d’agilité, manque de mise en cohérence des données …). Il ne faut pas s’étonner des retards qui ne sont d’ailleurs pas tous imputables à la supply chain fournisseurs.
Pour autant, certains acteurs majeurs l’ont compris et ont pris conscience de ces fragilités et ils ont la volonté de faire bouger les choses. L’implication très forte et croissante dans la démarche CARE Rail d’Alstom et de SNCF Voyageurs le démontre.

Retrouve-t-on la même situation en Europe ?

J.-P. A. Plusieurs grands pays ferroviaires européens connaissent une situation analogue, peut-être malgré tout, sur une échelle moindre. En l’occurrence dans des pays comme l’Allemagne, ou l’Espagne, les carnets de com- mandes ferroviaires sont également très importants et certains grands programmes subissent aussi des retards significatifs pour des raisons analogues à celles que nous connaissons en France.

Plus inquiétant encore, le constat fait récemment par l’UNIFE que l’Europe est en retard sur les investissements en matière de décarbonation, mais aussi de digitalisation, et que notre résilience industrielle est insuffisante. Tous ces points cruciaux sont au cœur même de la performance industrielle de la filière ferroviaire.

Un rapport sur les retards dans les livraisons de trains a été remis au gouvernement. Qu’en attendez-vous ?
M. P. Nous n’avons pas pour le moment eu l’occasion de prendre connaissance de ce rapport. Et donc à ce stade, ne l’ayant pas lu, il nous est difficile d’indiquer ce que l’on peut en attendre. On peut simplement imaginer que le sujet essentiel de la maîtrise de la supply chain devrait y être largement abordé, puisqu’on peut estimer que cette problématique est à l’origine de 40 à 50 % des retards de livraison constatés en France.

Quelles solutions préconisez-vous ?

J.-P. A. D’une façon générale, nous avons besoin d’une vision stratégique partagée dans notre pays, à l’instar de la Chine qui a pu s’appuyer sur le programme Made In China 2025 pour déployer sa stratégie ferroviaire, à savoir une planification à cinq ans des moyens et objectifs et une planification à 20 ans sur les priorités d’innovation en matière de technologies critiques.
Nous ne sommes pas la Chine, mais cela ne nous dispense pas pour autant de l’ardente obligation d’avoir une vision collective, véritablement partagée sur les priorités de la filière sur les objectifs d’investissement en matière de technologies critiques et, au-delà, et c’est là un point essentiel, un pilotage opérationnel et des moyens adéquats.

Pour ce faire, nous devons impérativement pouvoir nous appuyer sur un État fort et stratège. Et par-dessus tout, nous devons accélérer! Dans cette même optique, il convient de poursuivre la démarche CARE Rail avec plus de force et restructurer la supply Chain fournisseurs pour créer des ETI. Cela demande quelques moyens budgétaires supplémentaires mais ces moyens restent modestes par rapport aux enjeux, à savoir assurer la pérennité de notre industrie face à une concurrence mondiale de plus en plus forte.

La supply chain fournisseurs doit être intégrée dans la stratégie de l’ensemble des grands acteurs de la filière. C’est vital pour la performance globale et la pérennité de la filière.

L’expérience d’autres filières, qui auraient pu connaître dans le passé des situations similaires, pourrait-elle vous inspirer ?
M. P. CARE rail s’est largement inspiré de la filière aéronautique. Cette filière avait, dans les années 2008, une supply chain fournisseurs insuffisamment performante. Airbus devait doubler la cadence famille A320 (avec 40 avions par mois). La filière s’est mobilisée pour mettre en place une démarche de développement de sa supply chain fournisseurs en créant l’association SPACE Aéro. Plus de 1000 projets ont été faits avec des résultats probants. Aujourd’hui Airbus envisage 75 A320 par mois. Dassault avec le Rafale a aussi augmenté la cadence.

La filière nucléaire a également compris l’importance de sa supply chain Fournisseurs et a lancé en 2022 une démarche analogue (PEON) avec le GIFEN.
En 2019, la filière ferroviaire (Fédérations des industries ferroviaires, Alstom, Bombardier) a lancé un pilote régional dans les Hauts-de-France, pilote porté par l’AIF et co-financé par la Région. La démarche a permis de valider toute la pertinence de l’initiative nationale CARE Rail. Aujourd’hui à l’exemple de la filière aéronautique, nous obtenons, pour les fournisseurs qui ont été impliqués dans la démarche, des résultats comparables, à savoir des améliorations à deux chiffres en matière de réduction des retards de livraisons (amélioration de 27 % des livraisons à l’heure) et de niveau de conformité des pièces produites (réduction de 70 % des non conformités).

Quel devrait être le rôle de l’État selon vous ?

J.-P. A. On ne peut pas parler de souveraineté nationale sans s’en donner les moyens. S’agissant de filière stratégique, l’état « stratège » doit fortement encourager et accompagner de telles démarches surtout quand on mesure que le retour sur investissement est réellement considérable : plus de dix fois la mise initiale. La filière industrielle est, bien entendu, la première concernée mais les retombées pour le pays et pour nos territoires (CARE Rail s’est fortement déployé en Hauts-de-France et en Auvergne-Rhône-Alpes) doivent tout autant être prises en compte (emplois, indépendance, rayonnement…).

L’Etat dans les autres grands pays industriels, à commencer par la Chine, soutient fortement la filière ferroviaire nationale, car celle-ci participe d’un socle de souveraineté. Notre ambition est clairement de contribuer à renforcer ce socle dans notre pays et dans les régions.

En conséquence, mettons-nous en ordre de bataille autour de notre supply chain et faisons en sorte que celle-ci soit pleinement au rendez vous des marchés ferroviaires du présent et du futur !

CARE rail, l’association qui aide les PME ferroviaires

Cette association, qui cherche à améliorer la performance industrielle et la compétitivité de la filière industrielle française, a été lancée en 2019 par Jean-Pierre Audoux, ancien délégué général de la Fédération des industries ferroviaires. Elle s’inspire de la démarche initiée par la filière aéronautique pour améliorer la compétitivité des entreprises. Grâce à des cofinancements, elle mène des missions d’expertise au profit d’équipementiers et de fournisseurs ferroviaires en région.

 

Ewa

La Fnaut demande la fusion des lignes 3 bis et 7 bis du métro parisien

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La campagne des élections municipales offre l’opportunité de mieux faire entendre ses demandes. Celles de la Fnaut en Île-de-France portent notamment sur la fusion de deux lignes du métro parisien : la 3 bis et la 7 bis. Ces deux deux lignes sont courtes et peu fréquentées : la ligne 3 bis s’étend sur 1,4 km et dessert quatre stations, tandis que la 7 bis court sur 3 km avec huit stations. Leur fusion est demandée de longue date par la fédération qui rassemble les associations d’usagers des transports. Elle permettrait, selon elle, de soulager la ligne 11 souvent saturée, « d’offrir une desserte digne de ce nom au plus grand hôpital pédiatrique d’Europe, l’hôpital Robert Debré, actuellement mal desservi » ou encore de « renforcer l’attractivité de ces lignes puisque toutes les études montrent que la suppression d’une correspondance permet d’attirer de nouveaux usagers ».

Cette idée est peu onéreuse à réaliser, souligne Marc Pélissier. Le président de la Fnaut IDF rappelle que « la ligne 7 bis est actuellement fermée en vue de sa préparation à l’accueil, fin 2026, du nouveau métro, le MF 19″. Le principal investissement consisterait à ouvrir la station Haxo, proche de l’hôpital, qui existe en sous-sol et nécessite seulement la création d’un accès en voirie, affirme la fédération. La décision appartient à Île-de-France Mobilités, « mais rien ne se fera sans la ville de Paris », estime-t-elle en appelant les candidats aux élections municipales à se positionner sur le sujet.

Ewa

Transdev va reprendre les commandes du téléphérique de Bogota

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Cable Móvil, la co-entreprise de Transdev et de son partenaire local Fanalca, va exploiter pendant dix ans le téléphérique qui dessert le quartier de Ciudad Bolivar à Bogota, la capitale de la Colombie. Le contrat, signé le 28 février, entrera en vigueur le 13 juillet, indique Transdev dans un communiqué.

C’est un retour aux commandes pour les deux opérateurs qui ont déjà exploité conjointement ce téléphérique entre décembre 2018 et fin 2023. Mais en fin de bail, ils n’avaient pas vu leur contrat renouvelé, la collectivité leur préférant alors un opérateur public de la ville de Bogota, Operadora Distrital de Transporte – La Rolita.

Le téléphérique, baptisé TransMiCable, transporte 24 000 personnes chaque jour sur une ligne de 3,4 km desservant quatre stations. Il est connecté au BHNS (le TransMilenio) également exploité conjointement en grande partie par Transdev et Fanalca.

Ewa

Info VRT. Trenitalia France gagne un appel d’offres pour construire un centre de maintenance en région parisienne

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Selon nos informations, Trenitalia France a gagné l’appel d’offres lancé l’automne dernier par SNCF Réseau pour construire un nouveau centre de maintenance non loin de Créteil, à quelques kilomètres au sud de la gare de Paris-Lyon d’où elle opère ses trains à grande vitesse Frecciarossa. Le contrat de concession, signé le 26 février, est prévu pour 35 ans, nous a indiqué Marco Caposciutti, le PDG de la compagnie italienne. « C’est une mise à disposition de foncier« , indique de son côté SNCF Réseau.

La filiale des FS (Ferrovie dello Stato Italiane) devra d’abord contrôler l’état de pollution du site MAPO (Maisons-Alfort Pompadour) mis à disposition, pour éventuellement procéder à sa dépollution. « Nous le ferons en mars. Mais nous ne pensons pas que le site est pollué, « commente Marco Caposciutti.

Viendra ensuite la phase administrative pour obtenir les permis permettant de lancer les travaux de construction de l’atelier. Une étape souvent longue, note le dirigeant. Le chantier pourrait débuter fin 2027. La mise en service du site est envisagée vers la fin 2029, voire au début 2030.

L’atelier de maintenance s’étendra sur une superficie de 20 000 m2. Il pourra accueillir des rames sur trois voies, dont une équipée d’un tour en fosse pour le reprofilage des roues. Une voie permettra aussi de nettoyer l’extérieur des rames. Une centaine de personnes travaillera sur le site.

L’atelier sera ouvert aux entreprises ferroviaires extérieures qui pourront y faire réaliser de la maintenance légère comme l’imposent les règles européennes. Le patron de Trenitalia France vise notamment les opérateurs de fret qui doivent faire vérifier régulièrement le reprofilage des roues de leurs matériels roulants.

L’investissement est évalué à 80 millions d’euros. Le prix à payer pour se développer en France. estime la compagnie italienne qui a lancé, en fin d’année dernière, de nouveaux services entre Paris et Lyon, faisant passer ses allers-retours de 9 à 14.

Actuellement, elle recourt aux services de la SNCF côté France et à son atelier de Milan côté italien pour la maintenance de ses trains. « L’objectif est d’avoir un atelier de maintenance indépendant qui servira pour l’activité en France et pour le Paris-Londres pour la fin 2029. C’est un projet très ambitieux. Nous l’exploiterons sur le même modèle que celui de notre site à Milan et il sera ouvert à d’autres opérateurs« , expliquait en début d’année Marco Caposciutti, confirmant l’intérêt hautement stratégique pour une compagnie de disposer de son propre centre de maintenance.

Ewa

Getlink mise sur une forte hausse du trafic voyageurs dans le Tunnel sous la Manche

En 2018, les dirigeants de Getlink, HS1, SNCF Réseau et Infrabel se sont engagés à unir leurs efforts pour harmoniser le déploiement de l’ERTMS sur les axes Paris – Bruxelles – Londres via le tunnel sous la Manche.

Getlink, la société qui exploite le Tunnel sous la Manche, a enregistré l’année dernière une activité de près d’1,6 milliard d’euros, en léger  recul de 1 % comparé à 2024. Il s’explique par la baisse de 20 % de l’activité de la filiale de transport d »électricité Eleclink en raison de plusieurs périodes d’interruption. Les chiffres d’affaires d’Eurotunnel et d’Europorte ont en revanche crû respectivement de 4 % et de 2 %. Le bénéfice net atteint 320 millions d’euros l’année dernière, en hausse de 3 %.

Le trafic passagers d’Eurostar a notamment progressé de 5 % avec 11,8 millions de voyageurs transportés, atteignant « un nouveau record historique« , a souligné Getlink.

Le gestionnaire du Tunnel sous la Manche mise à l’avenir sur 22 millions de voyageurs dans la prochaine décennie, grâce à l’ouverture de nouvelles lignes, notamment vers l’Allemagne et la Suisse, et grâce à l’arrivée de la concurrence attendue à partir de 2030. Plusieurs compagnies manifestent de longue date leur envie de venir batailler avec Eurostar, seul opérateur à grande vitesse sur le Transmanche.

Parmi d’autres, Trenitalia et Virgin se sont mis sur les rangs. De son côté, Eurostar affûte ses armes en attendant les nouveaux TGV commandés auprès d’Alstom et qui doivent lui permettre d’augmenter ses capacités de transport. « Nous ne sommes pas rémunérés au train mais au nombre de passagers, ce qui améliore notre perspective« , souligne Yann Leriche, le directeur général de Getlink.

En revanche, le trafic camions transportés par les navettes Shuttle affiche un recul de 3 %, « impacté par un environnement économique peu porteur au Royaume-Uni, la faiblesse de l’industrie automobile et la poursuite d’une concurrence intenses avec les compagnies de ferries« , selon le groupe.

Ewa

Nouveau glissement de terrain entre Périgueux et Niversac

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Un nouveau glissement de terrain s’est produit le 17 février entre Périgueux (Périgord) et Niversac (Dordogne) en Nouvelle-Aquitaine, suite à la tempête Nils. « Le glissement concerne une zone d’environ 20 m de large sur 10 m de haut, (soit 300 m3) », précise SNCF Réseau dans un communiqué publié le 26 février.

La zone est sous surveillance et des travaux ont été lancés pour évacuer les matériaux instables, tandis qu’une étude est lancée pour trouver des solutions et conforter le talus de façon pérenne. En attendant, les circulations sont interrompues sur 11 km de ligne. « Les axes Périgueux -Agen et Périgueux -Brive sont également impactés« , précise le gestionnaire des infrastructures.

Ewa

Les différentes solutions pour « garder les TGV d’aménagement du territoire » selon Jean Castex

Jean Castex

« Les règles du jeu doivent être les mêmes pour tous! » C’est l’avis du PDG du groupe SNCF à propos des lignes d’aménagement du territoire actuellement desservies en TGV par SNCF Voyageurs. Pour le moment, rappelle Jean Castex, l’entreprise finance ces dessertes déficitaires par les liaisons rentables. Demain, l’arrivée de nouvelles entreprises ferroviaires sur les marchés les plus rémunérateurs viendra changer la donne. SNCF Voyageurs pourrait alors voir fondre les bénéfices qui lui permettent de financer le système ferroviaire. Or, pour l’ex-Premier ministre, « c’est un (de ses) engagements forts : il faut se donner les moyens de garder les TGV d’aménagement du territoire ».

D’où son souhait de faire contribuer les compagnies concurrentes au financement des lignes d’aménagement du territoire, reprenant ainsi la position de son prédécesseur Jean-Pierre Farandou. « Ce sera une des grandes priorités de l’année », souligne Jean Castex,

Le PDG a quelques idées sur la question. Il existe déjà, explique-t-il, des solutions qui « fonctionnent bien dans des régions qui payent ». C’est le cas en Bretagne, où la région paye le service via une convention avec SNCF Voyageurs pour assurer la desserte de villes intermédiaires par TGV. Ou dans les Hauts-de-France où les voyageurs peuvent utiliser des « TER-GV » leur permettant de monter à bord de TGV pour le prix d’un TER.

Le patron du groupe ferroviaire évoque aussi l’idée de mettre en place un fonds de péréquation auquel tous contribueraient. En revanche, même s’il « ne l’écarte pas« , le péage allégé incitatif ne lui paraît pas pertinent car l’incitatif n’est pas forcément « suffisant« . Il ne semble pas non plus favorable aux obligations de desserte car mettre des contraintes dans les services librement organisés (SLO, autrement dit les lignes non subventionnées) lui paraît plutôt « contradictoire« .

Jean Castex rappelle que la question du financement des lignes d’aménagement du territoire dans le cadre de l’ouverture à la concurrence a été reconnue comme « un impensé ». « Il est temps de penser l’impensé« , résume-t-il. Il pourra en parler à Dominique Bussereau, président d’Ambition France Financement. à qui le gouvernement vient de confier une nouvelle mission sur ce thème. Conclusions attendues dans trois mois, a indiqué Dominique Bussereau à VRT.

 

Ewa

Espagne : un accord pour améliorer la sécurité ferroviaire

Produit par Siemens, le S-103 a été mis en service par la Renfe en Espagne.

Après la collision entre deux trains, qui a fait 47 morts en janvier, le gouvernement a trouvé un accord le 9 févier avec les syndicats pour améliorer la sécurité ferroviaire. Le gouvernement s’est engagé, sur fond de grève, à investir 1,8 milliard d’euros pour améliorer la maintenance, à créer 3650 emplois et à renforcer la sécurité ferroviaire, a indiqué dans un communiqué le ministère des Transports. L’appel à la grève a été levé dans la foulée.

Ewa

Le groupe SNCF affiche sa bonne santé grâce à la fréquentation record des trains

Voyageurs allant prendre un TGV Ouigo en gare de Paris Lyon

Jean Castex hérite d’un groupe « solide » financièrement et économiquement, laissé par son prédécesseur Jean-Pierre Farandou. C’est ce qui ressort du bilan 2025 présenté le 26 février par le groupe SNCF. Le PDG, arrivé en novembre dernier aux commandes, a en effet pu annoncer un résultat net de 1,8 milliard d’euros réalisé sur l’exercice 2025,  soit un résultat bénéficiaire pour la cinquième année consécutive. Cela « alors que le contexte macro-économique a été très difficile, marqué par un PIB en croissance de 0,9 % et une consommation des ménages atone (0,4 %)« , selon Laurent Trevisani, le directeur général délégué Stratégie et Finances. « Une performance remarquable« , estime-t-il.

SNCF Voyageurs reste la locomotive du groupe avec une activité en hausse de 3 % grâce à une fréquentation record : 168 millions de voyageurs ont été transportés à grande vitesse en France et en Europe l’année dernière (+ 3,5 % de CA pour les TGV). Les trains conventionnés affichent aussi une activité en hausse : +2,8 %pour les TER, + 4 % pour Transilien. Mais le chiffre d’affaires du groupe reste seulement stable à 43 milliards d’euros (-0,3 %) en raison du recul de l’activité de Geodis (-4 %) et de Keolis (-7,4 %). Keolis en particulier a perdu deux contrats majeurs (les métros et les trams de Lyon ainsi que le tram de Melbourne en Australie) que la filiale de transport publics n’a pas réussi à compenser avec d’autres gains de contrats. Toutefois, Keolis a amélioré sa profitabilité de 0,7 point tandis que Geodis maintenait ses marges. L’activité de Rail Logistics Europe est restée stable mais a rehaussé sa marge alors que Fret SNCF a dû céder 20 % de son activité dans le cadre du plan de discontinuité, note Laurent Trevisani. C’est le cas de toutes les SA qui ont toutes amélioré leur profitabilité.

L’argent recyclé dans le ferroviaire

« La SNCF gagne de l’argent mais le recycle dans le ferroviaire », rappelle Jean Castex. Les bons résultats engrangés l’an dernier ont en effet permis au groupe d’investir 11 milliards d’euros, à 95 % dans le système ferroviaire. Là encore un record, souligne l’entreprise, qui a investi 200 millions d’euros de plus qu’en 2024, Plus précisément, 5,6 milliards sont allés au réseau (dont 3,2 milliards à la rénovation), auxquels s’ajoutent un milliard aux gares et 3,8 milliards pour le matériel roulant. Par ailleurs, 52 % ont été investis à fonds propres par le groupe.

L’exercice 2025 est aussi marqué par la réduction de la dette de 500 millions. Elle atteint désormais 24,3 milliards d’euros. Le niveau d’endettement rapporté à la marge s’élève désormais à 3,2 ans alors qu’il était auparavant de 3,6 ans.

Un nouveau contexte avec l’amplification de la concurrence

Les années à venir pourraient peu à peu devenir plus compliquées avec l’arrivée de nouvelles entreprises ferroviaires sur le marché jusque-là dominé par SNCF Voyageurs. Pour l’heure, les effets sont encore limités. SNCF Voyageurs a déjà gagné 8 appels d’offres sur 12 dans le cadre de l’ouverture à la concurrence. A chaque fois, les autorités organisatrices demandent une augmentation de l’offre ferroviaire, ce qui permet d’augmenter le chiffre d’affaires à réaliser. A l’horizon 2030, toutes les lignes ferroviaires régionales devraient avoir été ouvertes à la compétition. Sur le marché de la grande vitesse, la concurrence devrait aussi s’amplifier. Aujourd’hui, seule Trenitalia est venue concurrencer SNCF Voyageurs sur sa ligne la plus rentable, Paris-Lyon. Mais d’autres sont en embuscade, à commencer par la compagnie Velvet annoncée pour 2028 sur l’axe Atlanrique.

Pour le moment, c’est le groupe SNCF qui met la main à la poche pour rénover le réseau utilisé par tous. Le système de péréquation mis en place (les lignes rentables financent celles qui sont déficitaires) lui permet aussi d’assurer l’exploitation de lignes d’aménagement du territoire. Mais si la concurrence se focalise sur les lignes les plus rentables, ce modèle risque d’être menacé. Il faudra que les règles du jeu soient les mêmes pour tous, estime Jean Castex. « Sinon, nous n’aurons plus les moyens de desservir les lignes d’aménagement du territoire et ce n’est pas acceptable », souligne le PDG qui en fait une de ses priorités. Il rappelle aussi attendre les résultats de la mission menée par Dominique Bussereau sur le financement des lignes d’aménagement du territoire.

Autre priorité pour le dirigeant : obtenir le milliard d’euros qui manque dans le futur contrat de performance Etat-SNCF Réseau pour régénérer le réseau et aboutir à un effort de 4,5 milliards d’euros annuels à partir de 2028. C’est, selon Jean Castex, « la mère des batailles » pour remettre à niveau un réseau vieillissant et le rendre plus résilient face à des conditions climatiques de plus en plus rudes. Et pour répondre à la demande de trains des Français.

Premier recruteur de France

Le groupe SNCF est le premier recruteur du pays, affirme Jean Castex. Le groupe, qui emploie 284 000 salariés, dont 215 000 en France, a recruté l’an dernier 26800 nouveaux collaborateurs dont 16300 en CDI. Il est aussi, calcule-t-il, à l’origine de l’emploi direct ou indirect d’un demi-million de personnes en France.

 

Le groupe en 2025

43 milliards de chiffre d’affaires : -0,3 % comparé à 2024

Dont + 3 % pour SNCF Voyageurs, +4,8 % pour SNCF Réseau, + 3 % pour Gares & Connexions

Mais -7,4 % pour Keolis et – 4,2 % pour Geodis et -1 % pour RLE

1,8 milliard de bénéfice
17,5 milliards d’euros d’achats
1,5 milliard rapportés à l’Etat.
6,5 % de baisse de gaz à effets de serre. `

 

 

Ewa

Frédéric Van Heems nouveau président du directoire de Keolis

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Après quatre mois d’attente, Keolis connaît enfin son président : ce sera Frédéric Van Heems, un ancien de Veolia qui avait quitté en juin dernier son poste de directeur général pour l’Amérique du Nord. Le conseil de surveillance de l’opérateur de transport public l’a nommé « à l’unanimité » à ce poste le 25 février, selon un communiqué de Keolis, qui a confirmé une information de Mobilettre.

Son nom a constitue une surprise, on s’attendait plutôt à voir arriver aux commandes une femme,, sinon un dirigeant du sérail. Mais le nouveau président du directoire a une forte expérience de l’international et des relations avec les collectivités locales. Des compétences cruciales pour diriger la filiale de transport public du groupe SNCF, qui cherche à gagner des contrats de transport public en France et à l’international.

Aujourd’hui âgé de 62 ans, ce diplômé de HEC a en effet dirigé de grands groupes : PDG de Cegelec en 2009, avant de prendre la direction d’Alstom Power Automation & Controls, il rejoint ensuite, en 2014, Veolia, d’abord comme directeur général de sa filiale Siram avant de devenir directeur général de Veolia Eau France en 2016. il aussi été, au début de sa carrière, directeur de la diffusion au Figaro avant de rejoindre les NMPP puis Hachette Distribution Services en 1997.

Frédéric Van Heems prendra ses nouvelles fonctions le 16 mars, mettant un terme à la présidence par interim tenu par Christelle Villadary depuis le départ de Marie-Ange Debon pour La Poste.