
Une collision le 18 janvier entre deux trains à grande vitesse dans le sud de l’Espagne, en Andalousie, a causé la mort d’au moins 40 personnes et en a blessé 123, dont cinq dans un état très grave et 24 dans un état grave. Des personnes étant encore recherchées, le bilan pourrait s’alourdir.
L’accident a eu lieu à 19h45 près d’Adamuz lorsqu’un train a déraillé alors qu’il reliait Malaga à la gare d’Atocha à Madrid. Ce train, exploité par la compagnie privée Iryo et roulant à 210 km/h est alors entré en collision avec un train de la compagnie nationale Renfe arrivant à 205 km/h en sens inverse sur la voie adjacente. Selon le ministre des Transports Oscar Puente, le choc a été tel « que les deux premières voitures du train Renfe ont été projetées hors des rails« . Des voyageurs auraient témoigné avoir ressenti de fortes vibrations avant l’accident.
La dernière révision du train avait eu lieu le 15 janvier
La dernière révision du train à grande vitesse qui a déraillé dimanche soir avant de percuter un autre train circulant dans l’autre sens sur une voie parallèle avait eu lieu le 15 janvier dernier, a indiqué la compagnie ferroviaire Iryo, détenue à 51 % par la compagnie publique italienne Trenitalia, 25 % par la compagnie aérienne régionale espagnole Air Nostrum et à 24 % par le fonds espagnol d’investissement Globalvia.
Le train, fabriqué en 2022, est parti « avec 289 passagers, 4 membres d’équipage et 1 conducteur à bord. À 19h45, pour des raisons encore inconnues, [il] a dévié sur la voie adjacente« , a souligné l’opérateur. Tout s’est joué en vingt secondes, le temps de croisement des deux trains.
« Un accident étrange »
Dans une interview le 19 janvier à la radio RNE , le président de la Renfe Álvaro Fernández Heredia a assuré de son côté que l’excès de vitesse n’était pas la cause de l’accident. « Nous savons déjà, grâce aux enregistrements de vitesse, que les trains circulaient à une vitesse inférieure à celle autorisée sur cette section« . Il a également estimé que « l’erreur humaine est pratiquement exclue« . Et d’expliquer : « Si le conducteur prend une mauvaise décision, le système lui-même la corrige. Ne spéculons pas, attendons les résultats de l’enquête« .
Evoquant un accident « étrange« , le ministre des Transports s’est quant à lui interrogé : « Comment est-il possible que sur une ligne droite, sur un tronçon de voie rénové, avec un train quasiment neuf, un événement de cette nature puisse se produire? » Et d’ajouter : « Tous les experts ferroviaires sont très surpris par cet accident car il est très rare et très difficile à expliquer à ce stade« .
Pourtant la presse espagnole évoque déjà des témoignages sur des incidents techniques signalés sur cette portion de ligne. Un rail cassé aurait été détecté. Cause ou conséquence de l’accident? Une enquête est lancée. L’Espagne a décrété trois jours de deuil national.
24 juillet 2013, le drame de Saint-Jacques-de-Compostelle
L’accident de trains à Adamuz est le plus gros drame ferroviaire que l’Espagne a connu depuis le 24 juillet 2013. Ce jour-là, un train déraille peu avant la gare de Saint-Jacques-de-Compostelle, en Galice, causant la mort de 79 personnes et en blessant 140 autres alors qu’il y avait environ 220 passagers à bord. L’enquête met rapidement en cause la vitesse excessive, liée à un défaut d’attention du conducteur qui se trouvait au téléphone avec le contrôleur, quelques secondes avant le drame.
3 juin 1998, le pire accident ferroviaire à grande vitesse à Eschede
Quant au pire accident ferroviaire à grande vitesse au monde, il a eu lieu le 3 juin 1998 à Eschede (Basse Saxe) en Allemagne : le bandage de la roue de la première voiture d’un ICE reliant Munich à Hambourg se casse, s’encastre en partie dans la caisse en la transperçant, puis heurte un contre-rail qui vient s’encastrer dans la voiture, finissant par taper un appareil de voie et par faire dérailler le train qui se disloque en heurtant une pile de pont. L’accident cause la mort de 101 personnes et 88 blessés sur les 287 à bord.
Lors d’autres trajets avant ce drame, des voyageurs avaient fait part de vibrations et de bruit important à bord de trains ICE mais ces signalements n’ont pas été entendus. Après la mise en cause par l’enquête de la bande de roulement des roues et son usure rapide, la Deutsche Bahn a décidé d’équiper l’ensemble de ses ICE 1 et II de roues monoblocs ne disposant plus d’une bande de roulement séparée.







