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Ewa

La Deutsche Bahn signe un pacte numérique

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Plus de 20 % de trafic supplémentaire sans construire sur seule ligne supplémentaire : c’est le pari lancé par Richard Lutz, le président de la Deutsche Bahn (DB). Dans 10 à 15 ans, l’ensemble du réseau de la compagnie ferroviaire allemande devra en effet être géré numériquement. « Le réseau sera plus fiable et les trains plus ponctuels », a promis le patron de la DB aux salariés du groupe.

L’outil principal pour atteindre cet objectif sera le système européen de contrôle des trains (ETCS) appliqué sur 2 700 km de réseau (il est utilisé actuellement seulement sur la nouvelle ligne Berlin – Munich). « Cette technique permettra de supprimer 160 000 signaux et une grande partie des 400 000 km de câbles », a expliqué Richard Lutz. Par ailleurs, la DB prévoit de numériser l’ensemble de ses postes d’aiguillage dont certains datent encore du temps de l’Empire (attelage manuel des wagons et poste d’aiguillages à commandes individuelles). Ces postes seront reliés au système ETCS.

La compagnie allemande refuse actuellement de chiffrer le coût de cette transition évaluée par les experts du secteur de 20 à 30 milliards d’euros. Mais elle a l’objectif de devenir le leader des systèmes numériques en coopérant étroitement avec l’industrie (Siemens, etc.). « Notre pays est un site important de construction ferroviaire. Dans un contexte de concurrence, l’avance technologique est un facteur déterminant », résume Kerstin Eckstein, une porte-parole de l’entreprise.

Pour familiariser le personnel aux nouvelles méthodes de communication, Martin Seiler, le DRH de la Deutsche Bahn (ancien manager de Deutsche Telekom), a décidé d’équiper d’ici 2019 plus de 60 000 employés de smartphones ou de tablettes.

La DB a également signé un « pacte numérique » avec le comité d’entreprise pour désamorcer en amont les potentiels conflits en promettant aux salariés les « dividendes de la numérisation ». Ainsi, les employés de la DB bénéficieront des gains de productivité sous forme d’une offre de formation et de temps libre. Par ailleurs, un employé perdant son emploi à cause de la transition numérique aura le droit à une formation pour pouvoir changer de poste, ce qui équivaut à une garantie de l’emploi.

Christophe Bourdoiseau,

A Berlin

Ewa

Les élus locaux veulent faire entendre leurs voix sur le ferroviaire et la mobilité

La Z 7508 passe sans Arrêt en direction de St-Flour en gare de Talizat en juin 2011, Cantal, France. 
Juin 2011

« Les infrastructures de transport sont de plus en plus sinistrées », estime l’Association des petites villes de France (APVF) qui entend peser dans le débat en cours sur la réforme ferroviaire et la future loi d’orientation sur les mobilités (LOM). Si l’APVF, qui regroupe les communes de 2 500 à 25 000 habitants, se félicite des larges échanges qui ont été organisés autour des assises de la mobilité avec plus de 6 000 contributions enregistrées, l’association regrette aussi que le transport ferroviaire ait été traité à part, alors que les deux thèmes sont liés.

Les élus locaux se lancent désormais dans un nouveau travail : faire en sorte que leurs propositions, présentées à la presse le 15 mai, soient largement reprises dans les textes législatifs à venir. Dans le ferroviaire, ils réclament un audit exhaustif, et pas uniquement comptable, des lignes ferroviaires. Ils demandent aussi que les investissements en faveur des « petites lignes » soient relancés, en explorant de nouvelles sources de financement, telles que la participation des sociétés d’autoroute, une redevance poids lourds, ou encore une taxe sur le kérosène dans l’aérien. « Si on ne traite pas la question du financement, on va au-devant de grandes difficultés. D’autant que ce qui a inspiré l’idée du rapport Spinetta, c’est que le fer coûte cher. Mais le non-faire coûtera encore plus cher demain », estime Christophe Bouillon, le président de l’APVF, également député socialiste de Seine-Maritime.

L’APVF souhaite aussi que les élus locaux soient associés à la gouvernance des gares pour privilégier une « logique de bassin de mobilité ». Parmi ses autres revendications, elle insiste sur la mise en place de plateformes publiques de mobilité qui permettront de collecter des données et de favoriser l’interopérabilité.

Plus globalement, l’association demande « la fin de l’exclusion par les transports », ce qui passe notamment par la création d’instances partenariales de gouvernance entre régions. L’APVF se réjouit de la volonté du gouvernement de mettre fin aux zones blanches, ces périmètres du territoire qui ne sont pas sous la responsabilité d’une autorité organisatrice de la mobilité et qui sont en marge de l’offre de mobilité. Elisabeth Borne veut donner prioritairement cette responsabilité aux régions et compte beaucoup sur les innovations et les nouveaux services pour proposer des offres attractives dans les territoires peu denses. Mais, prévient Christophe Bouillon, « il ne faut pas imposer de solution unique mais faire du sur-mesure adapté aux territoires ».

D’où la très forte attente suscitée auprès des élus locaux par la future loi d’orientation sur les mobilités qui doit remplacer la Loti et donner un nouveau cadre institutionnel en prenant en compte les nouveaux usages (covoiturage, autopartage…). Mais l’élaboration du projet de loi qui doit aussi définir de nouvelles sources de financement et fixer les priorités d’investissements, a pris du retard. « Il est renvoyé de Conseil des ministres en Conseil des ministres. A croire qu’il soulève encore bien des difficultés », commente Christophe Bouillon. Le texte devrait désormais arriver cet automne devant les Parlementaires, rappelle-t-il, avant d’ajouter : « Si tout va bien. »

M.-H. P.

Ewa

La Deutsche Bahn prépare la relève

Intempéries Allemagne DB

Le grand défi de la Deutsche Bahn (DB) dans les dix prochaines années sera celui de l’embauche. En raison d’un vieillissement important du personnel, la compagnie ferroviaire allemande va devoir recruter massivement pour assurer la relève. La moitié des 200 000 employés en Allemagne (326 000 dans le monde) partiront à la retraite dans les 10 à 12 ans, dont 20 000 fonctionnaires (sur les 30 000 restants depuis la réforme). L’âge moyen atteint actuellement 46 ans.

« Nous allons embaucher dans les prochaines années en moyenne 15 000 personnes par an. C’est l’équivalent de la population d’une petite ville », pronostique Martin Seiler, DRH de la Deutsche Bahn. En 2018, il est prévu de recruter 19 000 nouveaux employés, un record ! 10 000 ont déjà signé un contrat à ce jour.

Le défi est d’autant plus grand que les candidats risquent de manquer à l’appel, notamment parmi les personnels qualifiés. Selon l’Institut de conjoncture de Cologne IW, près de 500 000 postes STIM (science, technologie, ingénierie et mathématiques) étaient vacants en Allemagne fin avril 2018.

Or, la DB recherche des conducteurs de locomotive, des constructeurs de voies ferrées mais aussi des milliers de spécialistes en informatique pour assurer la transition numérique. « Nous sommes confiants dans nos objectifs », assure Martin Seiler. S’il le faut, la DB est prête à embaucher parmi les militaires de carrière, les étudiants qui ont décroché ou les candidats de plus de 50 ans. La compagnie est un employeur « attractif » qui reçoit plus de 250 000 CV par an, assure-t-il, et 95 % des contrats sont à durée indéterminée.

Christophe Bourdoiseau, à Berlin

Ewa

Remobilisation cheminote réussie mais une cinquantaine d’exactions recensées

grèves
21/01/2004

Paris - Ile de France - France 

Paris Gare de l'est, jour de greve et de pluie

Pari réussi ! Même si les organisations syndicales avaient revu à la baisse leur mot d’ordre et ne prévoyaient plus vraiment de faire du 14 mai une journée sans cheminots, elles ont en revanche réussi à redynamiser la mobilisation contre le projet de réforme ferroviaire. La participation à cette nouvelle journée de grève (27,58 % de grévistes) se rapproche de celle enregistrée lors du premier épisode du mouvement, les 3 et 4 avril (33,9 % et 29,7 %), après avoir connu un tassement début mai.

La mobilisation a été très forte chez les conducteurs (74,4 %), chez les contrôleurs (74,3 %) et chez les aiguilleurs (36,7 %), a reconnu la direction de la SNCF. Elle enregistre aussi un fort rebond chez les cadres, en grève à 10,14 % (contre 3,1 % mercredi). D’où un trafic « très perturbé » avec, en moyenne, un TGV, TER ou Transilien sur trois et un train Intercités sur cinq, selon la direction.

De plus, des actes de malveillance, qui étaient redoutés, ont contribué à aggraver la situation, dont une particulièrement grave dans l’Eure où un câble de soutien d’une caténaire a été sectionné « très proprement » dans la nuit à Gaillon, a indiqué la SNCF. A la gare Saint-Charles de Marseille, la circulation des trains a aussi été paralysée pendant une partie de la matinée. Une rupture de caténaire a contraint la direction à dérouter une partie du trafic. Il y a également eu « un blocage des voies par des salariés d’autres entreprises, des étudiants et des usagers », venus « nous soutenir », a dit à l’AFP Rémi Hours, responsable local de la CGT Cheminots.

« Il y a eu une cinquantaine d’actes d’exactions, de blocages, de rassemblements, qui ont empêché la circulation des voies, et il y a même des incidents qui ont mis en cause la sécurité, des détériorations de passages à niveau, des détériorations de signalisation, un jeune agent d’accueil qui a été légèrement blessé par l’explosion d’un pétard, bref, des choses qui ne sont absolument pas admissibles, d’ailleurs ce n’est pas l’esprit cheminot« , a raconté Guillaume Pepy le 15 mai sur France Info. Le PDG de SNCF Mobilités a indiqué que l’entreprise avait déjà déposé une quinzaine de plaintes. « On va regarder sur les autres incidents s’il y a matière à porter plainte« , a-t-il ajouté.

Ce même 14 mai, les organisations syndicales ont lancé leur consultation des salariés, baptisée Vot’Action, qui doit durer jusqu’au 21 mai, juste avant que le Sénat commence à examiner le projet de loi. Les cheminots sont appelés à répondre à la question : « Etes-vous pour ou contre le pacte ferroviaire porté par le gouvernement ? »
Le vote se fera dans des urnes, le plus souvent au cours d’assemblées générales. Sur des listes d’émargement doivent figurer les noms, prénoms et numéros de matricule des votants, expliquent des syndicalistes. Ces listes seront détruites après comptage des voix pour que la direction ne puisse pas connaître les participants. De ce fait, la consultation n’aura qu’une valeur très relative puisqu’il n’y aura aucun contrôle. « Nous souhaitons ainsi contrecarrer les propos du président de la SNCF qui affirme que seuls 20 % des cheminots sont en grève et que 80 % soutiennent la réforme », explique à VR&T Roger Dillenseger, le secrétaire général de l’Unsa Ferroviaire.

Les syndicats espèrent ainsi peser sur le gouvernement et sont d’autant plus remontés qu’un document dévoilé le 13 mai par Le Parisien montre que la direction de la SNCF a défendu l’idée, auprès du ministère des Transports, de limiter l’incessibilité du capital de la SNCF au niveau de la holding. D’où les accusations de SUD-Rail affirmant que le gouvernement et Guillaume Pepy œuvrent « en coulisse pour privatiser et filialiser la SNCF ». Alors que le gouvernement et la direction de la SNCF niaient tout projet en ce sens, le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, a réclamé de son côté le 14 mai que l’« incessibilité » du groupe public ferroviaire soit inscrite dans la loi, afin d’éviter une « vente à la découpe ». Message reçu par Jean-Baptiste Djebbari, député LREM et rapporteur du projet de réforme, qui a indiqué que « comme on ne veut laisser aucune place au fantasme de la privatisation, on inscrira l’incessibilité ». Ce matin sur France Inter, la ministre des Transports a confirmé que SNCF Réseau et SNCF Mobilités resteraient à 100 % public et que la SNCF devait continuer à pouvoir avoir des filiales comme Thalys et Eurostar.

MH P.

Ewa

Opération reconquête pour la SNCF

Quai TGV usagers

Pour reconquérir ses clients malmenés par les grèves à répétition, qui perturbent les circulations de trains depuis début avril, la SNCF veut multiplier les gestes commerciaux. « Entre le 15 mai et le 31 août, nous proposerons trois millions de billets de TGV à moins de 40 euros sur toutes les destinations et tous les jours », a indiqué Guillaume Pepy au Parisien du 11 mai. « Ces billets seront mis en vente à partir du 15 mai. » Pour le PDG de SNCF Mobilités, « l’objectif est que toutes les places disponibles durant cette période seront proposées à environ moitié prix ».

De plus, « les cartes de réduction seront vendues au même prix, 29 euros du 23 mai au 15 juin, au lieu de 50 euros pour la carte Jeune, 60 euros pour la carte Senior+ et 75 euros pour les cartes Enfant+ et Week-End ». Ces mesures s’ajoutent aux indemnisations déjà décidées, notamment pour les abonnés aux TER.
« C‘est évidemment une opération de reconquête », a souligné Guillaume Pepy, en ajoutant qu’il lui « paraît totalement normal d’avoir un signe sympathique vis-à-vis de nos clients pour redonner de la confiance ».

Ewa

Réforme ferroviaire : les syndicats réformistes sur plusieurs fronts

Manifestation syndicat Unsa

Après avoir fait part de ses réticences, l’Unsa a finalement accepté de participer à la consultation proposée par la CGT pour tenter de relancer la mobilisation contre la réforme ferroviaire. L’intersyndicale cheminote (CGT, SUD-Rail, Unsa et CFDT) qui s’est réunie le 9 mai en a ainsi validé le principe. La consultation, qui aura lieu dans le cadre des assemblées générales (AG) mises en place pour décider des suites de la grève, sera organisée du 14 au 21 mai. Elle s’adressera aux 150 000 cheminots – mais en réalité plutôt à ceux qui viennent aux AG – et leur posera la question suivante : « Etes-vous pour ou contre le pacte ferroviaire porté par le gouvernement ? »

Les organisations syndicales sont en effet confrontées à l’essoufflement du mouvement de grève lancé deux jours sur cinq depuis début avril (mercredi, le nombre de grévistes est passé pour la première fois sous la barre des 15 %, même si le nombre de conducteurs grévistes est toujours élevé : plus de 50 %). L’initiative proposée par la CGT-Cheminots s’inspire du référendum organisé à Air France sur les propositions de la direction pour sortir du conflit, qui a abouti le 4 mai à la démission du président de la compagnie Jean-Marc Janaillac. Pour éviter toute comparaison, l’Unsa Ferroviaire et la CFDT-Cheminots se sont opposés à l’appellation « référendum » comme le proposait la fédération cégétiste, pour lui préférer le nom de « Vot’Action ». « Ce n’est pas un référendum. Un référendum est organisé par l’entreprise qui utilise les listes de tous les personnels. Nous allons organiser une consultation syndicale et donc cela n’aura de valeur que par rapport aux personnes qui se seront exprimées. Nous souhaitons ainsi contrecarrer les propos du président de la SNCF qui affirme que seuls 20 % des cheminots sont en grève et que 80 % soutiennent la réforme », explique à VR&T Roger Dillenseger, le secrétaire général de l’Unsa Ferroviaire.

Ainsi, l’unité syndicale a encore une fois pu être préservée. « L’unité syndicale est toujours d’actualité », a affirmé Laurent Brun, le secrétaire national de la CGT-cheminots, à l’issue de la réunion de l’intersyndicale. Pour Bruno Poncet, de SUD-Rail, le lancement du « Vot’Action » est « un moyen donné à nos collègues d’exprimer leur opposition à cette réforme ».

Interrogé par Le Parisien du 11 mai, Guillaume Pepy a estimé que ce référendum n’aura « aucune » légitimité, le Parlement ayant seul le pouvoir de décider. « La réforme ferroviaire est un sujet qui ne concerne pas que l’entreprise mais tous les Français et qui sera tranché par les élus nationaux dans quelques semaines. Personne ne peut confisquer le débat et le vote au Parlement », a expliqué le patron de la SNCF.

Selon lui, le projet de réforme ferroviaire arrive désormais à un moment « charnière ». Après avoir suspendu leur participation aux rencontres organisées par la ministre des Transports, l’Unsa et la CFDT ont participé à une réunion avec Elisabeth Borne, concernant les amendements au projet de loi, ce qui est « une avancée », juge Guillaume Pepy. Pour Roger Dillenseger, qui a présenté à la ministre la trentaine d’amendements proposés par son syndicat, « il y a une écoute positive à des sujets concrets ». Selon lui, « les postures ont évolué sur les questions de transfert de personnel, la rémunération et même la gouvernance ». Sur le fond, il n’en dit pas plus, renvoyant à des nouvelles réunions de travail.

Un premier pas vers la sortie de crise pour les syndicats réformistes ? « On travaille à sortir proprement du conflit avec des garanties à la sortie », a encore indiqué Roger Dillenseger, expliquant vouloir « aller positivement dans cette réforme, pour la transformer en une réforme efficace ».

Par ailleurs, d’ici le passage du projet de loi au Sénat fin mai, « le Premier ministre va également annoncer des mesures de désendettement, ainsi que des investissements supplémentaires », a rappelé Guillaume Pepy, qui de son côté présentera « l’ensemble de l’agenda social lié aux questions de l’après-statut à partir de 2020 ». L’objectif, a-t-il ajouté, « n’est pas d’avoir des cheminots au rabais et de jouer au dumping social » .

D’ici là, la journée du 14 mai, qui était initialement prévue par les organisations syndicales comme une journée sans cheminots, a été revue à la baisse : les syndicats appellent à une très forte mobilisation ce jour-là. Pas la peine d’organiser « un fiasco », pour reprendre les termes d’un syndicaliste, mieux vaut être réaliste et maintenir la pression sur le gouvernement pour obtenir des garanties.

M.-H. P.

Ewa

Smovengo propose une issue à la crise des Velib’

VLS Smoove Smovengo

« La situation est mauvaise, pas acceptable », a reconnu le 3 mai Jorge Azevedo, le directeur général de Smovengo, la société qui a repris à JCDecaux, depuis le début de l’année, l’exploitation du vélo en libre service Vélib’ dans des conditions catastrophiques. Mi-avril une grève d’une partie de ses employés a contribué à paralyser un peu plus le service déjà perturbé par de multiples dysfonctionnements. Sommé par les élus de la Ville, de la Métropole du Grand Paris et du Syndicat Autolib’ Vélib’ Métropole de leur présenter un plan de sortie de crise, Smovengo a donc présenté un programme en trois temps.

Premier axe : Smovengo s’est engagé à retirer et remplacer les quelque 3 000 vélos sur les 9 000 déployés, qui ne sont pas « fonctionnels ». Cela devait être fait dès cette semaine. Autre décision : l’arrêt d’ouverture de stations fonctionnant sur batteries, mises en place pour pallier les problèmes de raccord au circuit électrique car elles posent trop de problèmes de maintenance. « Désormais, toutes les nouvelles stations seront électrifiées », a annoncé Jorge Azevedo. Le rythme d’électrification des stations s’est intensifié, a aussi indiqué Smovengo : 300 stations sont aujourd’hui raccordées au réseau sur 670 stations ouvertes.

Par ailleurs, la société Smovengo (composée des Français Mobivia, Indigo et de l’Espagnol Moventia) a décidé de stopper deux innovations qui étaient emblématiques du service et représentaient un saut technologique par rapport au Vélib’ de Decaux : d’une part, elle retire temporairement les vélos à assistance électrique en attendant que l’ensemble des stations soient totalement électrifiées. D’autre part, elle suspend son dispositif d’accroche des vélos qui permettait de laisser un vélo en station même quand celle-ci n’avait plus de places disponibles. Son fonctionnement n’a pas été bien compris et risquait de saturer les stations, reconnaît Smovengo qui annonce par ailleurs un renforcement de son dispositif de communication envers les usagers, conformément à la demande des élus de la métropole. Ce qui passe par des « ambassadeurs » envoyés dans les stations, de nouveaux supports de communication et une pédagogie renforcée vis-à-vis des utilisateurs.

L’objectif pour la fin juin est d’avoir 800 stations à 80 % électrisées. On sera alors encore loin des 1 400 stations qui étaient attendues pour la fin mars. La mise en place du projet dans sa totalité et avec toutes ses fonctionnalités est repoussée à moyen terme par le biais d’un « plan de redéploiement », une fois le fonctionnement du service « stabilisé ».

M.-H. P.

Ewa

« Le Premier ministre assume notre grève »

(c) DR
DIdier AUBERT
Secrétaire Général
UFCAC CFDT

Le Premier ministre a reçu tour à tour le 7 mai des délégations Unsa, CGT, CFDT, SUD-Solidaires, FO, accompagnées de leurs responsables confédéraux. Didier Aubert, le secrétaire général de la CFDT Cheminots, explique ce qu’il en a retenu et comment il compte peser sur la réforme ferroviaire qui doit être examinée fin mai par le Sénat.

Ville, Rail & Transports. Que retenez-vous de ce que vous a dit le Premier ministre en recevant ce matin les organisations syndicales ?
Didier Aubert. Nous n’avons pas senti une volonté de sa part de faire cesser la grève. Nous assumons la grève, le gouvernement semble l’assumer aussi… Nous aurions préféré négocier avant que le projet de loi n’arrive sur la table. Mais le problème, c’est qu’il n’y avait pas de contenu, juste une tête de gondole !

Aujourd’hui, Edouard Philippe nous dit de travailler avec les services du ministère des Transports et de lui faire passer des amendements « utiles » (c’est son terme !).

VR&T. Quelles réponses avez-vous reçues à vos questions sur la reprise de la dette de la SNCF ?
D. A. Le Premier ministre nous a simplement dit que l’Etat reprendrait, entre 2020 et 2022, une part conséquente qui ne sera ni la totalité, ni le minimum. Selon moi, cela pourrait être aux alentours des deux tiers du total.

Il nous a également indiqué qu’il nous recevrait de nouveau vers le 24 ou le 25 mai. Comme ce sera après la notification de Bruxelles sur la dette de la France, prévue le 23 mai, c’est peut-être à ce moment-là qu’il indiquera quel montant de dette peut être repris par l’Etat.
VR&T. Qu’allez-vous faire maintenant ?
D. A. Nous constatons qu’aujourd’hui, la mobilisation n’a pas permis de renverser les trois principes décidés par le gouvernement : l’ouverture à la concurrence, la fin du statut pour les futurs embauchés de la SNCF et le changement de statut de l’entreprise. Malgré cela, nous entendons aller jusqu’au bout pour mobiliser les cheminots et engranger tout ce que nous pourrons dans le rapport de force que nous avons engagé.

Nous essayons d’être pragmatiques. Nous allons continuer notre travail comme nous l’avons déjà fait devant l’Assemblée nationale en proposant des amendements. Nous allons déposer une quarantaine d’amendements auprès du ministère des Transports avec lequel nous allons travailler. Nous allons aussi continuer à rencontrer les groupes parlementaires au Sénat.

VR&T. Quelles sont vos principales propositions ?
D. A. Nous souhaitons travailler sur le transfert des salariés en prévoyant une option de refus de transfert. Si la mariée est belle, il n’y a pas de raisons de refuser. Mais comme aujourd’hui on saute dans l’inconnu, on ouvre à la concurrence sans en connaître les modalités et que l’on supprime le statut sans avoir le modèle de substitution, nous souhaitons consolider l’ensemble des points. Nous visons un haut niveau pour la future convention collective nationale afin qu’elle soit un marqueur social fort, identique pour tous.

Nous voulons notamment consolider les parcours professionnels dans la branche en conservant l’ancienneté et les conditions sociales. Nous voulons travailler sur les qualifications et les métiers pour qu’ils soient reconnus par toutes les entreprises de la branche. Ou encore transformer la caisse de prévoyance en caisse de branche, ce qui serait de nature à sécuriser les cheminots et permettrait de prendre en compte leur ancienneté quels que soient leurs parcours. Nous demandons aussi que les facilités de circulation soient universellement reconnues par toutes les entreprises ferroviaires opérant en France.

VR&T. Comment s’annoncent les discussions pour mettre au point les nouvelles conditions sociales ?
D. A. L’UTP et la SNCF ont 15 jours pour déterminer un agenda social avec les organisations syndicales. Si l’UTP ne consacrait pas qu’une réunion par mois à mettre au point des positions communes, on avancerait plus vite. Il faut que le gouvernement mette la pression sur l’UTP.

Pour nous, il n’est pas question de discuter avec la SNCF sur un contrat d’entreprise avant qu’on ne soit fixé sur ce qu’on met dans la convention collective nationale.

Propos recueillis par Marie-Hélène POINGT

Ewa

Après la rencontre avec le Premier ministre, la grève à la SNCF continue

manifestation, grève, syndicats, Grève SNCF

La rencontre organisée le 7 mai par le Premier ministre ne changera pas le cours du conflit engagé depuis le 3 avril par les cheminots opposés à la réforme ferroviaire. Edouard Philippe n’a en effet fait aucune annonce permettant d’esquisser une sortie de crise, mais a au contraire rappelé que le gouvernement ne reviendrait pas sur trois grandes décisions validées « à une très large majorité » par l’Assemblée nationale : l’ouverture à la concurrence, la fin du recrutement au statut à partir du 1er janvier 2020 et le changement du statut de l’entreprise à la même date.

Attendu sur la dette, il s’est borné à confirmer que « l’Etat prendrait ses responsabilités« . Mon objectif, a-t-il dit, « est que la reprise de dette permette au groupe public d’être à l’équilibre économique à la fin du quinquennat : à partir de 2022, la SNCF ne doit plus perdre d’argent chaque année« .

Le Premier ministre a toutefois reconnu que l’Etat devrait « sans doute aller plus loin pour financer notamment des travaux de modernisation et de signalisation qui conditionnent la qualité du service et la régularité des trains« . Mais sans en préciser le montant. Et il a invité les organisations syndicales à proposer encore des amendements en indiquant qu’il les recevrait de nouveau vers le 24 ou le 25 mai.

L’Unsa, première organisation syndicale à être reçue par Edouard Philippe, a indiqué par la voix de Luc Bérille, son secrétaire général, que le Premier ministre avait annoncé de « nouvelles discussions » sur la réforme fin mai à Matignon, à peu près au moment où le Sénat débutera l’examen du texte législatif (le 23 mai). Mais a-t-il regretté, il n’a pas donné de « garanties suffisamment précises » sur la suite.

« Pour nous la grève continue », a lancé de son côté Laurent Brun, de la CGT-Cheminots, à l’issue de son entretien. « On ressort motivés pour continuer, puisque le Premier ministre n’a pas dit autre chose que ce qu’il avait dit avant qu’on rentre », a résumé Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT.

« Toutes les réponses qui nous sont soumises ne sont pas de nature à arrêter la grève », a renchéri Erik Meyer pour SUD-Rail qui demande « un autre pacte ferroviaire ». Selon lui, « on aurait tendance à penser que le gouvernement joue le pourrissement ».

Quant à la CFDT, par la voix de Didier Aubert, son secrétaire général (voir entretien ci-après), elle affirme vouloir poursuivre la grève, mais elle se veut « pragmatique » : elle continuera à travailler pour obtenir un cadre social des cheminots de haut niveau, et a annoncé qu’elle déposerait « une quarantaine d’amendements » en vue de l’examen du projet au Sénat.

A l’appel de SUD-Rail, qui prône une mobilisation plus large, plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées à proximité de Matignon, pour « soutenir les collègues reçus par le Premier ministre » et montrer « la motivation » des cheminots, avant de faire irruption dans la gare Montparnasse et d’en être repoussés par des CRS, dans un climat tendu. Ils se sont ensuite déplacés à la gare de l’Est, avant de rejoindre la gare du Nord où ils ont été à chaque fois dispersés par les CRS. Cet après-midi, une intersyndicale doit se réunir pour discuter de la rencontre avec le Premier ministre et de la position à tenir.

M.-H. P.

Ewa

Elisabeth Borne trace les grandes lignes du plan de relance du fret ferroviaire

Illustration generique de voie et de trains de fret.

Le gouvernement prépare un énième plan pour relancer le fret ferroviaire, dont la part modale a été divisée par deux depuis 1990. Pour faire le point après les travaux lancés depuis cet automne par le groupe de travail Fret+ et les différentes réunions organisées dans le cadre du « nouveau pacte ferroviaire » voulu par le gouvernement, Elisabeth Borne a réuni le 3 mai les acteurs du secteur. Une cinquantaine de ses représentants étaient présents (entreprises ferroviaires, clients, organisations professionnelles, associations, élus ou encore autorité de régulation), mais pas les organisations syndicales qui ont boudé cette rencontre reprochant à la ministre des Transports de ne pas engager de réelles négociations sur les différents points de la réforme et furieux de l’annonce de la filialisation de Fret SNCF.

La ministre des Transports qui devrait présenter ses conclusions au Premier ministre le 16 mai a déjà esquissé les grands axes de son plan. Le gouvernement affirme vouloir soutenir spécifiquement le réseau ferroviaire dédié au fret pour en améliorer la qualité, en affectant tout particulièrement des moyens financiers sur les lignes capillaires et en développant des services de ferroutage et d’autoroutes ferroviaires en liaison avec les pays européens voisins.

Les exploitants ferroviaires que nous avons interrogés estiment que l’effort doit porter non seulement sur le réseau capillaire, mais aussi sur les voies de service et les voies de triage. Mais surtout, ils demandent une stabilisation des péages ferroviaires alors que le contrat Etat-SNCF Réseau prévoit une hausse de 6,9 % par an sur la période 2017-2026. C’est le deuxième axe sur lequel la ministre des Transports veut travailler puisqu’elle affirme que « le gouvernement souhaite remettre à plat cette trajectoire des péages fret pour la rendre soutenable tout en maintenant des objectifs ambitieux en matière d’amélioration de la qualité de service ».

Le gouvernement parviendra-t-il à convaincre l’Arafer, qui défend plutôt un principe de tarification fondé sur la tonne-km ? « Le principe de tarification voulu par l’Arafer remettrait en cause tous les efforts mis en œuvre pour améliorer les performances surtout dans le transport combiné qui subit un surcoût du fait des transbordements de marchandises. Or le transport combiné est l’une des activités les plus dynamiques du secteur. Ce principe de tarification rendrait également beaucoup plus cher les marchandises transportées par des trains longs de plus de 800 mètres qui sont justement utilisés pour diminuer les coûts », estime une source côté Fret SNCF.

Il apparaît de toute façon nécessaire que le gouvernement maintienne ses subventions en faveur du fret ferroviaire. Un effort estimé par certains professionnels à quelque 200 millions d’euros annuels. Sur le montant de la participation publique, rien n’est acquis même si la ministre des Transports a simplement admis qu’il faudra encore aider le secteur, particulièrement le transport rail-route, mais sans en préciser les modalités.

Enfin, Elisabeth Borne a indiqué que le gouvernement chercherait à encourager les innovations technologiques permettant d’améliorer le fonctionnement du fret ferroviaire et donc de favoriser son développement : suivi des marchandises, amélioration de la sécurité, optimisation de la maintenance, nouveaux services pour les clients…

En attendant, la ministre des Transports tente de minimiser les effets sur le secteur de la grève à répétition organisée par les organisations syndicales de la SNCF opposée à la réforme ferroviaire. Le trafic est fortement diminué les jours de grève et les trains annulés ne peuvent pas être reportés sur les jours sans grève, rappelle Elisabeth Borne qui a demandé aux préfets d’organiser « des réunions d’anticipation avec la SNCF et les acteurs économiques pour identifier les secteurs les plus sensibles ». Le ministère des Transports a également pris certaines mesures comme la levée de l’interdiction de circulation des poids lourds pour la journée du 8 mai et a demandé l’examen des situations locales pour la journée du 10 mai. « De manière générale, les préfets de zones sont habilités à prendre les mesures proportionnées visant à faciliter le trafic de poids lourds. Des souplesses sur les contraintes de stockage sont également accordées par les services de l’Etat », indique le ministère.

Enfin, parmi les autres mesures, SNCF Réseau a mis en place un « guichet unique » chargé de répondre 24h/24 aux demandes des industriels et des transporteurs pour adapter ses plans de transport en temps réel et utiliser au maximum les capacités disponibles. « On a constaté une forte mobilisation des cadres de SNCF Réseau à tenir des postes à des endroits clés », raconte-t-on du côté de l’Association française du Rail. Conséquence de ces mesures, mais aussi d’un tassement de la participation à la grève, si 30 à 35 % des trains de fret circulaient au début du conflit, ce taux était remonté à 60 % ces derniers jours, selon l’Afra.

M.-H. P.