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Ewa

Le taux de paiement du stationnement a progressé de dix points à Paris

BS002031

Les automobilistes mauvais payeurs ? Les choses sont, semble-t-il, en train de changer à Paris qui recourt depuis janvier dernier à des sociétés sous-traitantes pour contrôler le paiement du stationnement en voirie, conformément à la nouvelle législation sur la « dépénalisation du stationnement ». Jusqu’à présent, on estimait qu’à peine 9 % des automobilistes acquittaient leur dû lorsqu’ils se garaient sur une place payante dans les rues de Paris. Désormais, ils seraient quasiment 20 %, selon Serge Clémente, le président d’Indigo, une société qui contrôle le stationnement sur les deux tiers des arrondissements (du Ier au VIIe, du XIe au XVIe et le XXe). Les sociétés de contrôle s’engagent envers la mairie de Paris à effectuer chaque jour un certain niveau de contrôles et peuvent cibler les rues où les infractions paraissent les plus nombreuses. Elles sont aussi chargées du recouvrement et de gérer les contestations.

Conséquence directe, les automobilistes font leurs calculs et certains renoncent à utiliser leurs véhicules pour leurs déplacements ou bien restent moins longtemps, d’où des rotations plus importantes sur les places de stationnement. « Le taux d’occupation en voirie a reculé de 10 %, c’est énorme », a indiqué Serge Clémente qui s’exprimait le 14 février lors d’une rencontre organisée par la Fnaut et Mobilettre, et rappelait que l’on compte 120 000 places payantes en surface à Paris. On voit désormais davantage de places libres dans les rues de la capitale et il reste à savoir quel effet cette nouvelle législation aura sur la circulation parisienne, alors qu’on estimait jusqu’à présent que 20 % des voitures en train de rouler dans la ville sont en fait à la recherche d’une place.

Autre enseignement, toujours selon Serge Clémente, le taux de contestation est de 2,5 % alors que le contrat signé avec la mairie de Paris prévoyait un taux de 10 %. « Le taux de contestation est extrêmement faible par rapport à ce qui était prévu. Or, il y a eu de grands changements par rapport aux habitudes, souligne le dirigeant d’Indigo. Malgré quelques problèmes enregistrés au début, du fait de la complexité du système (on connecte six ou sept plateformes entre elles), le nouveau dispositif est relativement bien accepté car il y a eu beaucoup d’explications. Il y a aussi des progrès technologiques qui facilitent la vie et sont appréciés comme le fait de pouvoir allonger la durée de stationnement et de payer à distance via son smartphone ». Bref, on est loin des premiers temps évoqués par Indigo qui a commencé dans le contrôle du stationnement notamment à Madrid où, rappelle Serge Clémente, « certains automobilistes venaient couper à la tronçonneuse les horodateurs ! ».

M.-H. P

Ewa

Jean-Cyril Spinetta présentera son rapport jeudi

Jean Cyril Spinetta

Il devait remettre son rapport « au plus tard pour le mois de janvier 2018 », précisait la lettre de mission du Premier ministre. Jean-Cyril Spinetta le présentera jeudi, a annoncé hier Edouard Philippe devant la presse, à l’issue d’une réunion d’une heure et demie au Centre national des opérations ferroviaires, aux abords de la gare de l’Est. Une réunion qui lui a permis de rencontrer des cheminots et à laquelle assistaient également quelques dirigeants de l’entreprise ferroviaire, dont le PDG de SNCF Mobilités, Guillaume Pepy.

« Avant de prendre connaissance de ce rapport, il me semble intéressant de pouvoir évoquer avec les agents la façon dont ils voient à la fois la force du transport ferroviaire, les défis auxquels il est confronté et les menaces peut-être qui pèsent sur lui », a expliqué le Premier ministre. Selon Matignon, cette réunion est également la première « d’une série de rencontres avec des acteurs du monde ferroviaire français dans les prochains jours et prochaines semaines ».

Ces précautions et ce retard dans la remise du rapport s’expliqueraient par des tensions assez vives autour de son contenu. L’ancien patron d’Air France-KLM a jusqu’aux tout derniers jours rencontré les syndicats de la SNCF : la CFDT et l’Unsa lundi, Sud rail et la CGT devaient l’être ce mardi après-midi. Des syndicats très inquiets qui, contrairement à leurs attentes, n’avaient pu avoir connaissance du rapport avant sa publication. Et particulièrement hostiles à l’idée d’une extinction du statut de cheminot, qui pourrait ne plus s’appliquer aux nouveaux embauchés, sur le modèle de La Poste ou, en Allemagne, de la Deutsche Bahn.

Rappelons que Jean-Cyril Spinetta doit selon la lettre de mission, « préparer une stratégie d’ensemble pour refondre le modèle du transport ferroviaire dans le cadre d’un marché ouvert à la concurrence, en préservant les missions d’un service public performant ». Ce qui doit l’amener à « préciser la stratégie de desserte par le transport ferroviaire d’ici 2030 », en « anticipant des ruptures technologiques comme le véhicule autonome ».

Il doit notamment préciser le modèle de desserte des services à grande vitesse en liaison avec les services régionaux ; revoir l’ensemble du modèle économique du ferroviaire, formuler des « propositions sur la tarification du réseau », sur « les modalités de prise en charge et de remboursement de la dette de SNCF Réseau » ; et préparer l’ouverture à la concurrence, dans les services conventionnés (où la transposition du quatrième paquet ferroviaire doit être effective avant le 25 décembre de cette année), comme dans les services non conventionnés. Un chantier stratégique « à trois dimensions » résume la lettre : « stratégie ferroviaire, stratégie économique et financière, stratégie d’ouverture à la concurrence ». Rien que ça…

F. D. et M.-H. P.

Ewa

Flixbus vise la rentabilité cette année en France

Flixbus Paris car macron

Lancé il y a tout juste cinq ans en Allemagne, Flixbus étend ses ramifications. D’une part, en Europe où l’opérateur de cars compte poursuivre son développement notamment en Europe de l’Est, d’autre part en franchissant l’Atlantique puisqu’il s’apprête à faire circuler cet été ses premiers cars en Californie.

En France, où il s’est lancé dès l’ouverture du marché à la rentrée 2015, l’opérateur de cars dresse un bilan très satisfaisant : les objectifs de croissance ont été atteints en 2017, que ce soit en termes de croissance de trafic ou d’offre, assure Yvan Lefranc-Morin, le directeur général de Flixbus France. La compagnie a transporté 5,2 millions de passagers en France (dont deux tiers de passagers « domestiques » et un tiers de passagers partant ou arrivant sur un marché extérieur), en hausse de 60 % comparé à 2016.
Le nombre de dessertes a fait un bond de 50 % avec 180 points desservis. « Nous sommes passés de 50 à 90 lignes. Fin 2017, il y avait un quasi-équilibre entre les lignes passant par Paris et les lignes Province – Province, poursuit Yvan Lefranc-Morin. Nous sommes désormais en train de cibler les villes plus petites », ajoute-t-il.

Le rythme de croissance sera comparable en 2018, assure le dirigeant, en annonçant la poursuite des investissements et son intention d’étendre encore le réseau avec la desserte de 230 villes d’ici à cet été. Ce qui représentera le doublement du réseau en deux ans.
Trois innovations doivent également devenir effectives au cours de l’année : la possibilité de choisir son siège, celle de géolocaliser son car et enfin celle d’avoir accès gratuitement à un programme de divertissement via son smartphone ou sa tablette.
« Tout cela va apporter beaucoup de valeur ajoutée », estime Yvan Lefranc-Morin, qui affirme que la filiale France de l’allemand Flixbus sera rentable cette année, sous conditions… « Flixbus est rentable depuis 2016 en Allemagne, et depuis 2017 à l’échelle du groupe », complète-t-il.

Reste en effet toutefois à écarter quelques inquiétudes liées notamment aux infrastructures. Flixbus estime que l’état des gares routières laisse à désirer. Surtout, la compagnie se plaint de ne pas pouvoir accéder à certaines gares routières propriétés de Ouibus, la filiale de la SNCF. Et n’oublie pas de fustiger la concurrence déloyale à laquelle il est soumis en France : ses deux concurrentes sont toutes deux des compagnies publiques, ou semi-publiques, et peuvent se permettre d’accumuler les pertes. « En Allemagne, la DB a perdu deux fois de suite 15 millions d’euros et a décidé d’arrêter. En France, il y a une irrationalité de certains acteurs qui fausse le marché », estime Yvan Lefranc-Morin, qui se dit sceptique sur la possibilité de voir rapidement arriver des opérateurs privés sur le marché ferroviaire lorsqu’il sera ouvert à la concurrence.

Un sujet qui le concerne aussi puisque Flixbus est devenu opérateur ferroviaire en Allemagne via la compagnie Locomore, rappelle-t-il, avant de regretter de n’avoir pas été mieux entendu lors des Assises des mobilités organisées par les pouvoirs publics.

M.-H. P.

Ewa

19 000 embauches à la Deutsche Bahn pour augmenter l’offre

Train de la Deutsche Bahn

La compagnie ferroviaire allemande, Deutsche Bahn (DB), a annoncé une vague d’embauches inattendue avec une offre de 19 000 postes à pourvoir en 2018 dont 1 000 conducteurs de locomotives. Selon Claus Weselsky, le chef du syndicat des conducteurs de train (GDL), il manquerait actuellement 1 200 conducteurs de locomotive à la DB ce qui expliquerait de nombreuses annulations de trains, notamment de marchandises.

La DB a expliqué son choix par une volonté de multiplier l’offre aux usagers mais aussi par la transition numérique. Richard Lutz, le président de la DB, avait annoncé au début de l’année sont objectif d’augmenter de 20 % le nombre de trains sur le réseau dans les prochaines années. Par ailleurs, la DB veut être en mesure de gérer numériquement au moins 10 % du trafic. « La circulation des trains en sera plus fiable et les trains seront plus ponctuels », a estimé Richard Lutz.

Actuellement, la DB emploie 320 000 personnes dont près de 200 000 en Allemagne. Dans les cinq dernières années, la compagnie a embauché 60 000 personnes et a renouvelé ainsi un tiers de ses effectifs. La DB doit également anticiper un nombre important de départs à la retraite dans les prochaines années.

Enfin, parmi les 19 000 offres, on trouve plus de 4 000 postes d’apprentis en alternance. Cofinancé par l’Etat et les entreprises, ce système clé du succès économique allemand permet à des jeunes de 16 à 17 ans d’alterner pendant trois ans la pratique (3 à 4 jours dans l’entreprise) et la théorie (2 à 3 jours sur les bancs de l’école). Elle permet surtout d’assurer la relève dans les ateliers et les bureaux alors que l’Allemagne connaît une grave pénurie de main-d’œuvre de personnels qualifiés.

Christophe Bourdoiseau

Ewa

Cityscoot lève 40 millions d’euros

Cityscoot

Après avoir obtenu 15 millions à l’été 2016, Cityscoot voit plus gros : la start-up française, qui propose des scooters électriques en libre service et sans station (1 600 scooters électriques à Paris et dans quelques communes limitrophes), a annoncé le 6 février avoir levé pas moins de 40 millions d’euros. RATP Capital innovation et InVenture Partners se sont associés aux actionnaires historiques, parmi lesquels la Caisse des Dépôts et Leaseplan, explique Cityscoot dans un communiqué.
« L’objectif est de financer l’ouverture du service dans de nouvelles villes et d’amener la flotte à 5 000 scooters d’ici la fin 2018 », précise la jeune pousse qui emploie déjà 120 salariés et affiche au compteur 7 000 à 9 000 trajets quotidiens.

Une expérimentation devrait démarrer à Nice ce mois-ci avant le lancement du service au printemps. Trois autres villes vont prochainement s’ajouter, notamment en Italie et en Suisse.

Ewa

Bordeaux accueille des vélos sans station

Indigo Weel

Indigo Weel a annoncé déployer cette semaine 500 vélos en libre service et sans station à Bordeaux. A la fin du mois, 500 vélos supplémentaires devraient être installés, puis la flotte pourra augmenter au fur et à mesure des besoins, explique la société également présente à Metz et à Tours,

« Pour contrer la problématique de « stationnement sauvage » et du vandalisme, une zone de couverture a été définie avec la collectivité. Aucun stationnement n’est autorisé en dehors de ces zones, celles-ci sont représentées en vert sur l’application », précise Indigo Weel dans un communiqué.

De plus, un système basé sur des points bonus/malus sera mis en place au cours du premier semestre pour sensibiliser les cyclistes, en leur proposant de cumuler des points à échanger contre des cadeaux ou des coupons pour se déplacer gratuitement à vélo s’ils signalent par exemple un vélo mal garé, endommagé ou s’ils se garent bien dans la zone indiquée dans l’application et inversement perdre des points en cas de mauvais stationnement, ou de dégradation du vélo.

Ewa

WayzUp devient Klaxit et lève des fonds

Covoiturage WayzUp

WayzUp veut franchir un nouveau cap et créer « le champion européen du covoiturage quotidien ». L’occasion de changer de nom : la start-up se rebaptise Klaxit. « Pendant cinq ans, WayzUp a été un laboratoire de ce nouveau type de transport et a testé de nombreuses solutions avec les entreprises et les collectivités », explique Julien Honnart, le président-fondateur de Klaxit, en affirmant que la formule mise au point fonctionne.

« C’est une fusée à trois étages : le premier repose sur notre appli spécifiquement conçue pour les itinéraires domicile – travail. Le deuxième a été édifié avec les entreprises qui sont nécessaires pour atteindre la masse critique. Le troisième, c’est le cofinancement des trajets par les entreprises et les collectivités », ajoute Julien Honnart.

Selon lui, le cofinancement du covoiturage par les entreprises ou les collectivités permet de multiplier par quatre le nombre des utilisateurs. « Le trajet devient gratuit pour le covoituré qui comprend tout de suite l’avantage de la formule », résume le fondateur de Klaxit.

Pour aller plus loin, Klaxit vient de réaliser une levée de fonds de trois millions d’euros avec cinq partenaires, Sodexo, RATP, Via ID, Maif et Inco. « Aujourd’hui, nous n’avons pas besoin de plus de trois millions. Mais si on regarde qui sont nos cinq partenaires, on comprend que ce partenariat vaut beaucoup plus que trois millions d’euros ! », souligne Julien Honnart.

Dans l’immédiat, cela va lui permettre d’embaucher dix personnes pour accélérer le développement. Actuellement la start-up compte 18 salariés. L’objectif dans deux ans est de se déployer dans les 50 plus grosses agglomérations françaises, puis d’aller à la conquête de l’Europe, en commençant par les pays frontaliers ainsi que par les trajets transfrontaliers.

Ewa

NTV racheté par un fonds américain

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La société italienne NTV qui exploite les trains à grande vitesse .italo, a accepté une offre de rachat du fonds américain GIP (Global Infrastructure Partners) pour 1,98 milliard d’euros. Initialement, l’opérateur privé voulait placer en Bourse jusqu’à 40 % de son capital. Option à laquelle il a finalement renoncé face à l’offre américaine. Le fonds américain laisse aux actionnaires actuels la possibilité de contrôler encore 25 % du capital de l’opérateur à l’issue de l’opération.

Lancé en 2012 sur le segment de la grande vitesse ferroviaire par un groupe d’entrepreneurs italiens dont l’ex-patron de Ferrari, Luca Cordero di Montezemolo, NTV a enregistré en 2017 un chiffre d’affaires de 454,9 millions d’euros, en hausse de 24,8 % sur un an, avec 13 millions de passagers.

Ewa

La Fnaut se prononce pour un mélange de franchises et d’open access pour les TGV

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Les usagers veulent faire entendre leurs voix dans le débat sur l’ouverture à la concurrence dans les grandes lignes ferroviaires. Libéralisation qui doit être effective à partir du 14 décembre 2020 selon les textes européens et sur laquelle planche Jean-Cyril Spinetta chargé de remettre dans les tout prochains jours un rapport très attendu sur le système ferroviaire.

Dans ce but, la Fédération nationale des associations d’usagers des transports (Fnaut) a lancé une étude pour comparer la situation dans trois pays souvent cités en exemple, la Grande-Bretagne, l’Allemagne et l’Italie.

En Grande-Bretagne, où le réseau a été découpé en une vingtaine de franchises, les services sont exploités à 98 % en franchises et 2 % en open access (accès libre). « Le marché est devenu verrouillé », estime Michel Quidort, le président de la fédération européenne des voyageurs, également membre du bureau de la Fnaut, qui a réalisé l’étude. « Le régulateur britannique mais aussi les utilisateurs sont relativement critiques à propos du système des franchises », affirme celui qui est aussi un ancien de Transdev. « Le régulateur observe qu’avec les franchises, les usagers sont un peu oubliés alors qu’en open access, les opérateurs prennent des risques et font preuve d’inventivité dans les services, les formules proposées. Ça vient titiller la vingtaine de monopoles octroyés par les franchises », ajoute-t-il. La Grande-Bretagne serait d’ailleurs en train de reconsidérer le sujet.

En Allemagne, où l’open access est la règle pour le service des grandes lignes, l’opérateur historique, la DB, domine le marché avec 98 % de parts. Enfin, en Italie, l’opérateur privé NTV arrivé en 2012 a permis de faire baisser les tarifs de 25 à 30 % et de faire progresser le marché de la grande vitesse ferroviaire de 20 % par an, au détriment du transport aérien, passé de 51 à 26 % entre Milan et Rome, souligne l’étude. « Ce développement s’explique aussi par la baisse de 40 % des péages d’infrastructures », rappelle Michel Quidort.

Toutefois, admet la Fnaut, qui n’a jamais caché sa position en faveur d’une ouverture à la concurrence, l’open access peut être envisagé comme « un élément déstabilisateur » si les opérateurs se concentrent sur les liaisons rentables au détriment des lignes déficitaires. C’était d’ailleurs la crainte exprimée par les sénateurs Nègre et Maurey, auteurs à l’automne dernier d’une proposition de loi sur l’ouverture à la concurrence dans le ferroviaire, qui se prononçaient pour un système de franchises, indispensable à l’aménagement du territoire.

D’où la position mi-chèvre mi-chou de la Fnaut de permettre la coexistence de deux modèles, open access pour dynamiser le système, et franchises, en incluant dans le périmètre des franchises « des paquets de lignes cohérents et complets comprenant des lignes à grande vitesse et leurs prolongements en TGV et TET et de lots bâtis autour de ligne TGV intersecteurs ».

Une voix dissonante de celle des opérateurs ferroviaires qui, ce n’est pas si souvent le cas, réclament unanimement l’open access et ont adopté officiellement une position commune sur cette question le 11 janvier lors d’un conseil d’administration de l’UTP.

Marie-Hélène Poingt

Ewa

Le bilan décevant de la loi de lutte contre la fraude dans les transports

Les transporteurs espéraient mieux. C’est en résumé ce qui ressort du bilan dressé par les transporteurs deux ans après la promulgation de la loi de lutte contre la fraude et les incivilités, selon un rapport parlementaire présenté le 7 février.

Ainsi, même si les responsables de la RATP admettent avoir noté une légère diminution de la fraude depuis l’entrée en vigueur de la loi, ils regrettent que « l’impact de la loi ne soit pas aussi important que souhaité », indiquent les deux rapporteurs. « D’autant que la mesure la plus emblématique, celle relative à la fiabilisation des adresses des fraudeurs, n’est toujours pas entrée en vigueur », écrivent Aude Luquet et Michel Vialay, la première députée LREM de Seine et Marne, le second député LR des Yvelines.

En effet – et c’est une des principales difficultés rencontrée par les transporteurs –, une fois qu’ils ont verbalisé un contrevenant, ils se retrouvent dans environ 50 % des cas avec des adresses erronées ou périmées. La loi prévoyait la création d’une plateforme d’échange permettant de confronter l’adresse déclarée par le fraudeur avec celle qu’il a déclarée pour créer un compte bancaire ou percevoir les allocations familiales par exemple. Mais le décret d’application n’a toujours pas été publié. Ce retard s’expliquerait par des difficultés juridiques et techniques, indiquent les députés qui plaident pour le lancement rapide de ce fichier « fraudeurs » permettant de croiser et de fiabiliser les adresses.

Le taux de recouvrement a toutefois déjà légèrement progressé : il est passé de 44,7 % en 2016 à 47,7 % en 2017. L’année dernière, la RATP a ainsi pu récupérer plus de 30 millions d’euros. Une somme modeste comparée à ce qu’elle a dépensé pour y arriver : 150 millions mobilisés pour la lutte contre la fraude en 2017…

Le durcissement des sanctions prévu par la loi Savary, semble aussi être apprécié par les transporteurs, notamment la création d’un délit puni de deux mois d’emprisonnement et de 7 500 euros d’amende pour les contrevenants qui ne respectent pas l’obligation de rester à la disposition des agents. « En 2017, seulement 20 délits de soustraction à cette obligation ont été constatés par les agents de la SNCF, ce qui tend à prouver que cette obligation, assortie d’une sanction sévère, est plutôt bien respectée », note le rapport. Avec un bémol : les officiers de police judiciaire (OPJ) qui doivent donner leur accord à la rétention des contrevenants ne donnent une réponse positive que dans 47 % des cas… Un exemple est édifiant : en juin 2017, dans les Yvelines, la SNCF a formulé 165 demandes auprès des OPJ. Sur ce total, seules sept ont été acceptées, mais dans le même temps, des équipes ont été dépêchées dans 94 % des cas. « Dans ce cas pourquoi donner un avis défavorable et laisser aux contrevenants le temps de se soustraire aux agents de sécurité avant l’arrivée de la police ? », s’interrogent les deux députés qui demandent davantage de réponses positives.

En revanche, le délit d’habitude, qui est désormais porté à cinq délits par an au lieu de dix auparavant, a logiquement bondi : il était évalué par la SNCF à 2 000 chaque année avant la loi Savary, il s’est élevé à 14 225 en 2017. Mais, affirme le Gart, « certains parquets (Marseille par exemple) indiquent aux opérateurs qu’il est inutile de transmettre les nouveaux dossiers (très nombreux) car ils n’ont pas les moyens matériels de les traiter ». Malgré cela, la SNCF a indiqué aux parlementaires vouloir déposer plainte systématiquement. Côté RATP, qui s’était lassée de perdre son énergie pour rien et avait renoncé, des responsables affirment avoir « timidement » recommencé à les poursuivre mais cela « ne constituerait pas une priorité », relatent les deux rapporteurs.

Reste que, dans sa globalité, le combat vaut le coup (le coût ?) puisque le manque à gagner annuel de la fraude pour les transports publics reste estimé, au bas mot, à 500 millions d’euros sur toute la France. Pour améliorer encore l’efficacité de la loi, les deux rapporteurs espèrent que le ministère des Transports reprendra quelques-unes de leurs suggestions au moment de la rédaction du projet de loi sur les mobilités attendue en avril.

Marie Hélène Poingt