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Ewa

Midnight Trains jette l’éponge

Chambre Midnight Trains, Yellow Window Design

Un mois après l’arrêt (officiel) du projet Railcoop, c’est au tour de Midnight Trains d’annoncer qu’il renonce à lancer son projet de trains-hôtels. L’idée, séduisante, consistait à proposer des trains de nuit avec un confort haut de gamme, en ciblant les destinations «où les trains à grande vitesse ne vont pas », annonçait en juin 2021 la start up, en dévoilant son projet. Car comme le rappelait alors Adrien Aumont, cofondateur de la start-up, « vu de Paris, l’Europe en train se réduit à Bruxelles, Amsterdam et Londres », ce qui laisse nombre de grandes destinations aux vols moyen-courrier.« Nous visons de gros marchés, avec 1,5 million de voyageurs aériens par an, et pensons proposer très peu de cabotage », précisait encore Adrien Aumont. Ce principe devait permettre d’atteindre en une nuit des destinations comme Madrid, Lisbonne, Porto, Milan, Venise, Florence, Rome, Vienne, Prague, Budapest, Berlin, Hambourg, Copenhague ou encore Edimbourg au départ de Paris.

Dans un long message publié le 1er juin, Jean-Baptiste Bonaventure, l’un des promoteurs de la société, a expliqué les raisons de l’abandon. Il n’a pas été possible, écrit-il, de financer un projet industriel « à grande échelle ayant pour objectif de protéger l’environnement ».  La startup, qui avait réussi à lever des fonds auprès de plus de 40 business angels et sélectionné son constructeur pour les rames, a échoué lors de la seconde levée de fonds qui aurait dû lui permettre de lancer « a minima  » sa première ligne Paris-Milan-Venise.

Reconnaissant leurs propres erreurs, justifiées par le fait qu’ils voulaient se comporter en « bons pères de famille »,  les promoteurs du projet auraient « dû se rendre compte très rapidement », poursuit Jean-Baptiste Bonaventure, « que le ferroviaire n’est pas prêt à s’ouvrir à de nouveaux entrants privés ». Et d’estimer que « l’argent et l’énergie des pouvoirs publics sont concentrés sur les énergies et donc dans notre cas sur l’avion propre plus que sur des usages ou l’amélioration de ce qui existe« .

MH P

 

 

Ewa

Concurrence en Ile-de-France : les trams trains T12 et T13 seront exploités par la RATP

Arrivée du T12 à Massy-Palaiseau.

Le groupe RATP (et plus précisément RATP Cap Ile-de-France) est pressenti pour remporter l’exploitation des trams trains T12 et T13 à partir de l’année prochaine. Ile-de-France Mobilités (IDFM) poursuit ainsi le processus d’ouverture à la concurrence du transport ferroviaire en banlieue parisienne et ouvre à la concurrence ces deux lignes (lot n° 2), après avoir attribué à l’automne dernier le lot n°1 (trams-trains T4, T11 et de la branche Esbly-Crécy de la ligne P) à SNCF Voyageurs et Keolis. Le conseil d’administration d’Ile-de-France Mobilités est appelé à se prononcer sur ce choix le 18 juin.

Le tram train T13 (18,8 km entre Saint-Germain-en-Laye et Saint Cyr l’Ecole), mis en service en juillet 2022, est actuellement exploité avec six trains par heure par Transkeo (réunissant Keolis et Transilien) tandis que le tram train T12 (20,4 km entre Massy et Evry-Courcouronnes), lancé en décembre dernier, également avec six trains par heure, est géré par Keolis qui ne restera donc pas longtemps aux commandes. L’extension du T13, jusqu’à Achères RER, fait l’objet d’une phase 2 dont la mise en service est projetée à horizon fin 2028. A ce moment-là, cette liaison sera également exploitée dans le cadre du contrat avec RATP Cap Ile-de-France.

La filiale de transport public de la SNCF gagne toutefois un autre beau contrat : elle est pressentie pour remporter le contrat de la ligne 18 (Orly-Versailles) du Grand Paris Express. Cette ligne automatique sera mise en service en trois étapes : à partir de la fin 2026 entre les gares Massy-Palaiseau et Christ de Saclay (avec reprise par l’exploitant de la gestion de la Gare d’Aéroport d’Orly mise en service en juin 2024 lors du prolongement de la ligne 14), puis fin 2027 entre les gares Aéroport d’Orly et Massy-Palaiseau et fin 2030 entre les gares Christ de Saclay et Versailles Chantiers.

Ce gain fera de Keolis le grand gagnant du futur métro automatique de Paris, puisque le groupe également remporté les contrats des lignes 16 (Saint-Denis-Pleyel – Clichy-Montfermeil) et 17 (Saint-Denis-Pleyel – Le Bourget), tandis que RATP Dev se voyait attribuer la ligne 15 Sud (Pont-de-Sèvres – Noisy-Champs) dans le cadre d’un groupement avec Alstom et ComfortDelGro.

Marie-Hélène Poingt

Ewa

La Bretagne gagne le Grand Prix des Régions 2024

GPR 2024

Nos Grands Prix des Régions saluent régulièrement la Bretagne pour la qualité de service de ses TER, facilitée, il est vrai, par une situation géographique péninsulaire qui limite les interactions avec les régions voisines, ainsi que les répercussions des éventuels incidents. Cette année, nous lui décernons le Grand Prix pour l’ensemble de ses actions et ses projets de longue haleine, même au-delà des mises en service de nouvelles infrastructures comme la LGV BPL ou la gare de Rennes.

La région a ainsi  renouvelé en décembre dernier sa convention TGV pour dix ans avec la SNCF (la convention actuelle courait jusqu’en 2027) de telle sorte d’aligner ses TER et ses TGV pour mieux assurer leur complémentarité et participer au maillage du territoire. Cette convention, qui représente un montant de 15 millions d’euros par an, permet aux 23 000 abonnés du TER BreizhGo de monter à bord des TGV Inoui et des Ouigo sur les axes Rennes – Brest, Rennes – Quimper et Rennes – Saint-Malo pour leurs déplacements.
Pratiquée au quotidien sur les réseaux ferrés des pays voisins, une autre innovation a fait ses débuts en France dans une gare de Bretagne : le dispositif 2TMV, pour « 2 trains sur la même voie », qui permet d’automatiser et de fluidifier la réception de deux trains sur la même voie à quai. Ce dispositif permettra en effet de mieux exploiter le potentiel offert par la gare de Rennes, qui frôlait auparavant la saturation en heure de pointe. Une saturation qui aurait été incompatible avec l’augmentation de l’offre prévue qu’entraînera à terme la mise en œuvre du service express régional métropolitain (SERM) breton.
Et si l’offre TER BreizhGo se caractérise depuis longtemps par sa qualité de service (régularité de 95,6 % en 2022), elle ne se contente pas de rester au niveau actuel, qui dépasse les 400 circulations quotidiennes et les 8 millions de trains-km par an. D’ici 2040, la Bretagne souhaite en effet doubler son offre TER, mais en progressant par paliers intermédiaires, la hausse atteignant 20 % en 2030, puis 50 % en 2035.
Région de caractère, qui joue la carte du tourisme et remporte à ce titre le grand prix du tourisme ferroviaire Unecto, la Bretagne a également obtenu, dans la convention TER signée fin 2023, le déploiement d’une signalétique sonore bilingue français-breton à bord des TER BreizhGo.
Sur un territoire qui comprend aussi bien un pays maritime, riche en îles reliées par bateaux aux presqu’îles, qu’un pays intérieur, où les cars remplacent depuis plus d’un demi-siècle l’essentiel du mythique Réseau breton à voie métrique, la multimodalité se pratique au quotidien. Depuis plus de vingt ans, la carte billettique KorriGo gagne toujours du terrain dans les transports par car : si elle est déjà dans la poche d’un Breton sur quatre, elle est aussi progressivement déployée auprès des 100 000 élèves empruntant les circuits scolaires, en commençant par l’Ille-et-Vilaine et le Morbihan, avant le Finistère et les Côtes d’Armor.

Et, depuis juillet dernier, Quiberon peut s’enorgueillir de sa nouvelle gare maritime BreizhGo, destinée à accueillir chaque année plus d’un million de voyageurs à destination de Belle-Île-en-Mer, Houat ou Hoedic. Une gare qui se veut « ouverte à la fois sur la mer et la ville », entre un parking de préembarquement accolé à une zone de fret et un nouveau parvis où se croisent désormais piétons, cyclistes et véhicules.

Patrick Laval


Les gagnants des prix thématiques

Pôles d’échanges

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Ce prix récompense les meilleures initiatives en matière de liaison entre les modes de transport. Il peut s’agir de pôles d’échanges entre mode ferroviaire et transports urbains mais aussi d’autres réalisations dans le domaine de l’organisation des transports (parc relais, garage à vélos…) ou facilitant l’accès aux transports.

Sud Provence-Alpes- Côte d’Azur – La gare TER Saint-Augustin, multimodale… et démontable

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Située dans le quartier Grand Arenas, à l’ouest du centre-ville de Nice et à proximité du deuxième pôle aéroportuaire de France, la nouvelle gare TER de Nice Saint-Augustin est entrée en service le 1er septembre 2022. Située à 400 mètres de l’ancienne gare de Nice Saint-Augustin, la nouvelle gare du même nom donne accès au Boulevard René Cassin, où se situent plusieurs hôtels destinés aux passagers de l’aéroport international. La nouvelle gare offre ainsi une connexion avec ce dernier, directement ou via le tram (station Grand Arenas), qui permet également de gagner le centre et l’ouest de la ville, ainsi qu’avec la gare routière.
Offrant des correspondances entre trains (82 par jour), trams et bus aux portes de l’aéroport, le nouveau pôle multimodal est destiné à accueillir 12 millions de voyageurs par an (2 millions en TER, 4 millions en bus et 6 millions en tram). Un parking en ouvrage a également été créé sur le site, complétant les nombreuses places à proximité de l’aéroport. Une particularité de la nouvelle gare niçoise, dont les structures sont en métal et en bois, est de pouvoir être démontée pour laisser la place à la future gare TER-TGV, qui présentera deux fois deux voies à quai. Cette gare définitive, dont le nom de projet est Nice Aéroport, doit ouvrir en 2026.

Notoriété

Ce prix récompense un vecteur de communication à destination des voyageurs. Il peut s’agir d’une application ou d’un développement numérique qui facilite la diffusion des informations concernant les transports régionaux – ou en correspondance – aux voyageurs hors des enceintes des gares. Il peut aussi concerner une campagne de communication visant à accroître la notoriété des transports régionaux en général, à porter une innovation à la connaissance du public ou à diffuser une information sur une desserte particulière (grands événements, opérations touristiques…)

Normandie – Les influenceurs en tête de ligne

La région et SNCF Voyageurs ont souhaité améliorer la lisibilité de l’offre ferroviaire sur les réseaux sociaux en mettant en place un partenariat avec des influenceurs, venus quelques jours en Normandie en train, « pour valoriser leur voyage et surtout les avantages green du train ». Au programme proposé à leur communauté : « donner envie de découvrir la Normandie, sensibiliser sur l’engagement écologique SNCF et mettre en avant les trains au colza » sur la ligne Paris - Granville, avec le biocarburant B100.  Quinze partenariats ont été mis en place sur l’année 2023, en fonction des actualités et évènements prévus sur le territoire avec des micro et macro-influenceurs (Normands ou Parisiens), sur Instagram et parfois sur TikTok.

La Normandie indique être la première région à avoir une stratégie d’influence « aussi développée », rappelant que si certaines régions ont initié des opérations influenceuses, elle est la seule à intégrer le levier influence dans le plan annuel de communication et « créer une dynamique rythmée tout au long de l’année ». Selon la région cette opération « a bien fonctionné » de manière générale. « Certaines actions ont généré des statistiques positives et engageantes selon le volume d’impressions [nombre de vues], augmentation du nombre d’abonnés sur le compte X SNCF Nomad Train ou taux d’engagement ».

Gare de l’année

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Quelle est la gare la plus remarquable, la plus originale, la mieux pensée, bref, la meilleure ambassadrice l’an passé de la région lauréate ?

Occitanie – La gare de Figeac renaît de ses cendres

figeac copie 2Le 22 novembre 2018, un incendie détruisait une grande partie du bâtiment voyageurs et des installations de la gare de Figeac. À la suite de ce sinistre, la région Occitanie a demandé à la SNCF d’être maître d’ouvrage de sa reconstruction. Cette demande a conduit la région à racheter en totalité le bâtiment et le jardin attenant. Le projet de reconstruction portait sur une surface d’environ 710 m2, ainsi que sur la marquise du bâtiment, dans le cadre d’une démarche de qualité environnementale dite « Bâtiment Durable d’Occitanie ». L’objectif était de faire de cette gare un pôle d’échange multimodal « qui réponde aux attentes directes des usagers », tout en faisant adhérer ces derniers et les habitants à ce projet. Le 31 août 2023, près de cinq ans après le sinistre, la nouvelle gare a été inaugurée, ainsi que la nouvelle « Maison de Ma Région » abritée au sein du même bâtiment. Plus de 500 personnes étaient présentes aux festivités qui ont accompagné cette inauguration.

Offre intermodale

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Ce prix récompense une initiative ou une réalisation facilitant ou encourageant les correspondances entre le TER et les autres modes de transports publics (lignes départementales, transports urbains, trains grandes lignes ou TGV…) Ce prix peut aussi bien récompenser une offre transport adaptée (type de desserte, horaire…) qu’un système tarifaire (intégration intermodale des abonnements et des tarifs pour voyageurs occasionnels…) ou une information voyageurs intégrant tous les modes (internet, SMS, afficheurs…)

Nouvelle-Aquitaine – Pass « TBM + trains »

Depuis le 7 novembre, le pass « TBM + trains » permet de prendre en accès illimité tous les transports en commun de la métropole bordelaise avec une seule carte. Pour dix euros de plus par mois, les abonnés de Transports Bordeaux Métropole (TBM) peuvent emprunter non seulement le réseau TBM, mais aussi les TER Nouvelle-Aquitaine dans le périmètre de Bordeaux Métropole, desservi par 16 gares appelées à être desservies par le RER métropolitain. Cette offre vaut pour tous les abonnements : pitchoun, jeune, tout public, salariés ou séniors. Les réductions solidaires sont également applicables et pour un quotient familial inférieur à 555 euros par mois, l’accès aux trains est gratuit.  Cette offre est proposée par Bordeaux Métropole, qui s’est engagée à compenser le manque à gagner auprès de la région Nouvelle-Aquitaine.

Innovation

Ce prix récompense une innovation dans le domaine de la billettique, de la monétique, des systèmes d’information ou d’exploitation, voire des matériels roulants ou de leurs aménagements intérieurs.

Bretagne – Le « 2TMV » en gare de Rennes

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À Rennes, il faut lire le numéro de voie, mais aussi le repère !

Avec 230 TER et 60 TGV quotidiens, la saturation de la gare de Rennes en heure de pointe n’était pas compatible avec l’augmentation de l’offre prévue dans les prochaines années, notamment dans le cadre de la mise en œuvre du service express régional métropolitain breton. Pour accompagner ce développement tout en préservant les financements publics, SNCF Réseau a proposé à ses partenaires financeurs (État, région Bretagne et Rennes Métropole) un dispositif permettant d’automatiser et de fluidifier la réception de deux trains sur la même voie à quai en toute sécurité, désigné 2TMV, pour « 2 Trains sur la Même Voie ». Un nouveau système innovant  inauguré le 5 octobre 2023.

Service routier

Centre-Val de Loire – Le verdissement des cars Rémi

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En juin 2023, la région Centre-Val-de-Loire et Transdev ont inauguré le premier car rétrofité électrique homologué en Europe.

Dans le cadre de sa réflexion concernant les filières énergétiques à développer et susceptibles à terme d’offrir une alternative crédible au diesel, la région Centre-Val de Loire a fixé à 2028 la fin du diesel sur ses 150 lignes régulières de cars Rémi. Actuellement, quelques cars électriques circulent déjà sur ces lignes et plus de 40 autocars roulent au bioGNV, en Eure-et-Loir, ainsi qu’entre Châteauroux et Bourges. En juin 2023, la région a inauguré le premier car rétrofité électrique homologué en Europe. Il s’agit d’un car scolaire, qui circule depuis la rentrée dernière sur un circuit en Indre-et-Loire, autour d’Amboise. En lien avec Transdev, 20 véhicules rétrofités électriques de plus seront déployés en septembre prochain dans la région Centre-Val de Loire, sur des lignes du Loiret, du Loir-et-Cher et de la Touraine. L’objectif est à terme de « verdir » de la sorte 100 % des cars des lignes régulières et de progresser pour les véhicules scolaires.

Développement durable

Les transports publics, en particulier ferroviaires, sont souvent présentés comme l’alternative « durable » aux modes individuels motorisés. Ce prix récompense la réalisation qui a le plus contribué à justifier la réputation « verte » des transports régionaux.

Normandie – Le biocarburant B100 pérennisé sur la ligne Paris – Granville

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Le biocarburant B100 fait rouler le Paris – Granville.

Dans l’objectif de décarbonation des modes de transport sont expérimentés depuis 2021 des trains utilisant  le biocarburant B100, sur la ligne Paris – Granville. Le bilan de cette expérimentation étant positif, la Normandie a pérennisé ce dispositif jusqu’en 2033.
Le biocarburant B100, produit et transformé en France à partir de colza, constitue une solution qui ne nécessite pas de modification importante de la motorisation des trains roulants au gazole, ni de modification significative des rames. Il est d’origine 100 % végétale, obtenu à partir de la transformation d’huile de colza et l’autonomie permise est proche de celle obtenue avec un plein de gazole. Ce biocarburant ne peut être utilisé que par des professionnels du transport ayant leurs propres dispositifs de stockage et de distribution.


Unecto remet le Grand prix du tourisme ferroviaire à la Bretagne

L’Unecto a choisi cette année de remettre le grand prix du tourisme ferroviaire à la région Bretagne.
La Fédération des chemins de fer touristiques et des musées à caractère ferroviaire de France nous explique pourquoi :  » Au delà de la desserte de pôles attractifs, les chemins de fer touristiques ont pour vocation d’irriguer des territoires ruraux. Grâce aux gares et haltes desservies, ils contribuent à structurer une offre touristique bien au delà de sites renommés .

La Bretagne, destination touristique majeure, est essentiellement reconnue pour son littoral et les activités maritimes. Les chemins de fer touristiques bretons, à l’exemple du Chemin de fer de centre Bretagne, desservent l’intérieur du territoire en contribuant ainsi à compléter et diversifier l’offre. Ils animent des territoires riches d’une histoire remarquable en collaboration étroite avec les offices du tourisme et les collectivités locales dont nous saluons l’engagement et le dynamisme.

Ce prix reconnaît l’action de la région Bretagne en faveur des petites lignes ferroviaires qui constituent une ressource pour un tourisme à visage humain de la riche culture bretonne« .

Ewa

Uber veut vendre des billets de train en Espagne

Talgo Renfe Espagne

En Espagne, la société Uber a annoncé début mai qu’elle intégrera “bientôt” la possibilité de réserver des billets de train pour des trajets régionaux ou nationaux, directement depuis l’application. Elle élargit ainsi la palette d’options de transports qu’elle propose, et l’étend à des déplacements sur de plus longues distances de l’autre côté des Pyrénées.

Dans un onglet intitulé “Trenes” (trains, en espagnol), l’usager pourra désormais entrer le nom d’une ville de départ et d’une ville d’arrivée. L’application lui proposera automatiquement les différents trajets proposés par les trois compagnies qui opèrent actuellement sur le rail espagnol, avec le prix et les horaires. Il pourra acheter directement dans l’appli Uber. Dans ce but, la société américaine s’est associée à la plateforme allemande OMIO, qui recense et compare les options de voyages  sur des moyennes et longues distances en bus, train, covoiturage ou avion.

La plateforme VTC propose déjà depuis quelques mois ce service au Royaume-Uni, également en partenariat avec OMIO. Élargir cette option à l’Espagne “est un pas de plus dans notre évolution pour devenir l’application de voyage de référence dans le monde”, a assuré Felipe Fernández Arámburo, directeur d’Uber Espagne, le 8 mai. Depuis 2019, son entreprise multiplie les options proposées pour se rendre d’un point A à un point B. Comme le vélo ou trottinette en libre-service, de l’autre côté des Pyrénées, où Uber n’a pas encore ajouté le bus ou les transports publics à son catalogue. Le tout, dans la même application, ce qui pourrait faciliter les usages multimodaux.

Alban Elkaïm

Ewa

NGE réalisera le dernier tronçon ouest de la ligne 15 en Ile-de-France

Ligne 15 ouest

NGE a annoncé le 29 mai avoir remporté le contrat de conception-réalisation du dernier tronçon ouest de la ligne 15 du Grand Paris Express, dans le cadre d’un groupement avec avec Webuild et Equans France. Le montant s’élève à 1,38 milliard d’euros. Ce qui représente pour NGE, quatrième groupe de BTP en France, « le plus important contrat de son histoire« .

Le futur tronçon reliera la gare de Bécon-les-Bruyères à la gare Saint-Denis – Pleyel en desservant quatre gares ((Bécon-les-Bruyères, Bois-Colombes, les Agnettes, les Grésillons). Sa livraison est prévue en 2031

Rappelons qu’avec ses 75 km, la ligne 15 sera le plus long métro de France. Elle traversera 45 communes et devrait transporter chaque jour plus d’1,5 million de voyageurs.

Ewa

La proposition de loi simplissime d’Eric Ciotti pour privatiser la SNCF

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Il avait annoncé il y a une semaine qu’il allait déposer une proposition de loi pour privatiser la SNCF : c’est fait!  Eric Ciotti a déposé hier son texte à l’Assemblée nationale, expliquant, dans son exposé des motifs, que « la qualité de service n’est pas au rendez‑vous des sommes investies (…) et qu’il n’est aujourd’hui plus légitime que le contribuable français finance cette entreprise« .

Pour preuve, avance-t-il, la somme de 22 milliards dépensée annuellement par les contribuables pour la SNCF. Qui reprend à la louche un montant mélangeant des choux et des carottes (des subventions d’exploitation mais aussi d’investissements, la subvention d’équilibre du régime de retraite mais aussi les contrats payés par les régions pour faire rouler le service public des TER…). Le patron des Républicains et député des Alpes-Maritimes fustige aussi l’accord sur les fins de carrière signé par les quatre organisations syndicales de l’entreprise qui reviendrait, selon lui, à « piétiner les efforts d’économies engagés par la réforme des retraites de 2023« .

Comment Eric Ciotti envisage-t-il de compenser la perte de recettes pour l’État? Puisque, rappelons-le, la SNCF a engrangé 2,3 milliards d’euros de bénéfices en 2022 puis 1,3 milliard en 2023, ce qui rapporte des dividendes à l’Etat actionnaire, dividendes actuellement reversés en partie à la régénération du réseau ferré vieillissant, patrimoine national. Eric Ciotti propose une compensation « à due concurrence par la création d’une taxe additionnelle à l’accise sur les tabacs« …

Interrogé sur la position d’Eric Ciotti lors du Club VRT dont il était l’invité le 23 mai, David Valence, député (Renaissance) des Vosges, s’était inquiété d’un «sous-investissement » de nombreux parlementaires pour les sujets liés aux transports, ce qui démontrerait à ses yeux une certaine forme « d’immaturité ». Selon cet élu, les propos d’Eric Ciotti consistent « à donner à bon compte l’impression de répondre aux attentes supposées de son électorat. »

De son côté,  Jean-Pierre Farandou qui avait également été interrogé le 22 mai par BFM TV sur les propos d’Eric Ciotti, avait simplement répondu : « Bon courage ! ».

MH P

Ewa

Président de la SNCF : peut-être le poste de dirigeant « le plus difficile en France! », selon David Valence

Jean-Pierre Farandou

« Un grand président ». C’est l’hommage rendu le 23 mai lors d’un Club Ville Rail & Transports, par David Valence à Jean-Pierre Farandou qui a appris début mai qu’il ne serait pas reconduit à la tête du groupe SNCF.

Selon le député des Vosges, qui est l’un des élus connaissant le mieux le secteur des transports, le patron de la SNCF a rempli avec succès la mission que le gouvernement lui avait confié : apaiser le climat social de l’entreprise qui s’était dégradé lorsqu’il est arrivé aux commandes en novembre 2019. Et redresser les comptes : le groupe a engrangé 2,3 milliards d’euros de bénéfices en 2022, puis 1,3 milliard en 2023.

David Valence esquisse le portrait-robot du successeur de Jean-Pierre Farandou : il devra« savoir parler à tout l’écosystème ferroviaire et pas seulement aux cheminots ». Il devra aussi, poursuit-il « savoir gagner des arbitrages à Bercy. Et surtout avoir du temps pour pouvoir mener une politique de long terme…» Pour David Valence, la présidence de la SNCF est peut-être le poste de dirigeant « le plus difficile » en France.

MH P

 

Ewa

La gare de Saint-Denis fait peau neuve

gare de Saint-Denis

Les travaux de réaménagement de la gare de Saint-Denis se sont achevés après quatre années de chantier. La cinquième d’Ile-de-France en termes de fréquentation (avec 27 millions de voyageurs annuels) est désormais accessible à tous publics depuis la mi-mai, indique Ile-de-France Mobilités qui a financé les travaux à hauteur de 50 % (sur un total de 165 millions d’euros), aux côtés de SNCF Réseau (25 %) et la Région Île-de-France (25 %).

Pour accueillir des voyageurs qui devraient encore être plus nombreux à l’avenir (50 000 voyageurs supplémentaires sont prévus chaque jour d’ici 2030), un vaste passage souterrain de 800 m² et dix mètres de large a été réalisé sous l’axe ferroviaire le plus fréquenté d’Europe (2 lignes de RER, 1 ligne de TER, TGV vers Lille et le nord de l’Europe) et quatre ascenseurs et deux escaliers mécaniques ont été installés pour relier le souterrain aux quais. Des quais ont également été ré-haussés, tandis que le parvis était réaménagé avec une rampe d’accès à la gare créée. Et un nouvel accès à la gare avec un nouveau bâtiment voyageurs de 180 m² a été construit.

Située à une vingtaine de minutes de marche du Stade de France et du Centre Aquatique, le réaménagement de cette gare devrait faciliter les déplacements des personnes à mobilité réduite, notamment au moment des JO.

Ewa

Paris-Clermont : pourquoi la livraison des rames aura trois ans de retard

rame Oxygène

Destinées à remplacer les Corail, les premières rames Oxygène sont désormais attendues début 2027 sur les lignes de Paris à Clermont-Ferrand et Toulouse. Fin avril, l’annonce de ce nouveau report – trois ans après l’échéance initiale – a fait beaucoup de bruit. Retour sur les circonstances qui ont abouti à quelque trois ans de retard.

Depuis l’été dernier, la première rame Oxygène file sur la grande boucle du centre d’essais ferroviaires de Velim (VUZ), en République tchèque. Assez silencieuse, même à sa vitesse maximale de 200 km/h, cette rame destinée à remplacer les trains Corail sur la ligne « malade » de Paris à Clermont-Ferrand, ainsi qu’entre Paris, Limoges et Toulouse (Palito) a pourtant fait du bruit fin avril, sa mise en service ayant été repoussée à début 2027.

« Depuis 2019, nous avons travaillé en commun avec les équipes de la SNCF pour le développement du produit : 28 rames sont commandées, avec des possibilités d’options supplémentaires », rappelle Nicolas Guinault, directeur technique chez CAF. « Les huit premières rames sont produites au siège de CAF, dans l’usine de Beasain, au Pays basque espagnol, les 20 suivantes seront fabriquées en France, dans le site alsacien de CAF, à l’usine de Reichshoffen ». En particulier, d’ici à la fin de cette année, quatre rames auront été produites par CAF.

Quatre premières rames produites

À l’exception de son aménagement intérieur, la première rame est prête et a été livrée au centre d’essais de Velim, où CAF travaille depuis l’été dernier sur « ce qui sera invisible pour le passager : performances de freinage, de traction et tout ce qui a trait aux équipements de signalisation ». À la mi-mai, quelque 25 000 km avaient été parcourus sur le circuit tchèque par cette rame, qui doit y rester « jusque vers la fin 2025, pour terminer les essais de frein ».

Une deuxième rame, qui est en cours de finalisation par CAF, devrait rejoindre la première d’ici juillet sur le site tchèque. « Cette deuxième rame nous permettra de réaliser des essais en unités multiples, de coupler les deux trains ensembles », indique Nicolas Guinault. Contrairement à la première, cette deuxième rame sera entièrement aménagée : « elle servira aussi à la validation du confort passager, que ce soit le confort acoustique, le confort vibratoire ou toutes les autres vérifications ». La deuxième rame séjournera à Velim « jusqu’au printemps prochain », avant de gagner la France, pour des essais sur le réseau ferré national (RFN). « On n’effectue sur le RFN que les essais d’interfaces, qui ne peuvent pas être effectués ailleurs », souligne le directeur technique.

La troisième rame doit être terminée au second semestre 2024. Elle servira à vérifier toutes les performances liées à la maintenance du train, à effectuer dans les installations financées par la DGICF (démontage des équipements, vérification de la réalisation de toutes les activités de maintenance…) Elle permettra ensuite à la SNCF de débuter les formations pour la maintenance et la conduite.

Enfin, la quatrième rame est dédiée à la validation du confort climatique, « c’est-à-dire le bon fonctionnement des équipements du train entre -25°C et +45°C ». Cette validation est déjà en cours dans une chambre climatique à Vienne-Arsenal, en Autriche. Caisse par caisse, on y vérifie non seulement les équipements de climatisation, mais on y teste aussi tous les équipements censés être sensibles au froid, « comme les portes d’accès », ainsi que le fonctionnement des équipements en général, même des températures extrêmes.

Problèmes de freinage et de moteurs, après la pandémie…

« Nous nous imposons des tests pour vérifier les performances et caractéristiques du train avant de réaliser les tests qui sont imposés principalement par la législation. L’objectif est de récolter des éléments de preuves que ce train est sûr et a les caractéristiques nécessaires et suffisantes pour circuler, avec des passagers à bord, sur le réseau français », explique Dominique Le Frère, directeur de l’investissement pour Oxygène à la SNCF. « Tout ceci nous permet de disposer d’un dossier de résultats d’essais, transmis à l’EPSF, qui nous délivre une autorisation de type. On vérifie alors toutes les caractéristiques qui auparavant étaient simulées, calculées, prévues… Pour la plupart des paramètres, ça se passe bien, mais, de temps en temps, on observe des choses qu’il faut modifier ou corriger ».

Et sur Oxygène, début 2024, les tests ont mis en évidence des problèmes liées au freinage, ainsi qu’aux moteurs de traction. Ce sont ces problèmes qui expliquent en partie le nouveau report dans le calendrier de mise en service du nouveau type, mais il ne faut pas oublier qu’ils s’ajoutent à un retard initial, aux causes largement extérieures au projet. « Nous avons signé le marché en décembre 2019 », rappelle Laurent Caseau, directeur commercial, CAF France. « Ce marché prévoyait de faire un plateau commun avec la SNCF, sur Montparnasse ». Mais à la mi-mars 2020, Covi oblige,« tout le monde est resté à la maison ». « Personne ne savait comment travailler », reconnaît le dirigeant. « Nous avons eu plusieurs mois de total dysfonctionnement, il nous a fallu apprendre à travailler autrement., mais pas dans des conditions optimales ». Par exemple, « aux bureaux d’études de Beasain, à l’époque, puisque nous n’avions pas encore racheté Reichshoffen, tout le monde n’était pas nécessairement équipé d’ordinateurs portables ». Et ensuite, « il y a eu la crise d’approvisionnement en matières premières, en particulier tout ce qui est aluminium ou acier… et composants électroniques. Ceci a généré une deuxième vague de retards ».

Quand le moment des essais dynamiques est venu, « le début s’est très bien passé : nous obtenions les performances souhaitées », assure Nicolas Guinault. « Mais à partir de décembre dernier et au début de l’année, en vérifiant l’état des garnitures de freinage, des plaquettes de frein, nous avons observé une usure qui nous paraissait anormale. Nous avons alors fait face à une problématique : si cette usure se révélait anormale, il faudrait changer de garniture de frein, ce qui ne permettait pas de commencer les essais d’homologation, les essais réglementaires, sans avoir la certitude que ces garnitures étaient les bonnes. Sinon, il aurait fallu alors tout recommencer à zéro. »

Temps d’arrêt

En accord avec la SNCF, CAF a marqué un temps d’arrêt. « Nous avons repris le chemin des laboratoires pour vérifier notre hypothèse principale : le régime d’essais est très contraignant par rapport à ce qui étaient prévu en service commercial. Nous étions allés un peu trop loin et volions nous assurer que c’était ce qui avait amené cette observation ».

« Une fois que nous avons eu la certitude que la garniture était la bonne, nous avons effectué des essais supplémentaires avec Wabtec, notre fournisseur basé en France », poursuit le directeur technique. « En reprenant le chemin du train, nous avons eu une deuxième problématique, liée cette fois aux moteurs. Sur les 10 voitures, quatre sont motorisées et des vibrations anormales ont été constatées sur deux de ces quatre voitures. Nous avons identifié que les moteurs étaient à l’origine de cette vibrations et décidé de procéder à leur changement. C’est une opération compliquée, étant donné que chaque moteur pèse environ 650 kg, qui a nécessité le démontage du bogie de la caisse, et l’approvisionnement de moteurs de rechange du même type. Les moteurs ont été retournés à leur fournisseur, pour procéder à une expertise dans les semaines qui viennent. Comme ce fournisseur est au Japon, ça a été assez long de les retourner… »

Ces retards engendrent un effet domino : « nous avons été obligés de réorganiser notre calendrier d’essais ». Pour certaines installations, seulement accessible pendant certaines périodes, comme celle de Velim, il faut réserver des créneaux d’essais : « quand on met le calendrier à plat, quelques mois d’arrêt se transforment en pratiquement un an ».

Objectif 2027

« Aujourd’hui, notre agenda, c’est de terminer la mise au point », déclare Nicolas Guinault. « Il nous reste quelques essais de réglages à faire, avant de commencer les essais qualifiants cet été, notamment tout ce qui est lié aux performances de freinage. Nous avons un peu plus d’un an devant nous pour tester toutes les configurations, 5 jours sur 7, toutes les semaines. »

« Différents types d’essais de frein sont réalisés », précise Dominique Le Frère : « sur rail sec, sur rail mouillé, sur rail savonné, afin d’avoir l’assurance, dans les différentes configurations que l’on peut rencontrer en exploitation, que le train peut s’arrêter dans les distances voulues. On reproduit également ces essais en fonction des vitesses, à 200 km/h, à 160 km/h, à 80 km/h, à 40 km/h, ceci à charge maximale, moyenne, à vide… et c’est l’ensemble de ces chiffres qui représentent le volume d’essais. »

Simultanément, les essais avec la deuxième rame sur Paris – Clermont-Ferrand et Paris – Toulouse devraient se dérouler au second semestre de l’année prochaine. « Après le dépôt à l’EPSF et l’autorisation de type pour circuler en commercial, il nous faudra encore l’attestation de compatibilité », ajoute Dominique Le Frère.

« En parallèle, notre chaîne de fabrication est lancée », indique Nicolas Guinault : « nous allons commencer à produire des trains de série, à les livrer et à les stocker. Vis-à-vis du reste du planning, on termine la phase d’essai, on fait un dossier d’admission, qui rassemble toutes les preuves de conformité ». Une telle démarche peut sembler osée, les essais n’étant pas encore terminés, mais « aujourd’hui, nous savons, avec la SNCF, que le train est au point. Sans être d’un optimisme aveugle, le niveau de risque est relativement faible. Si une intervention s’avère nécessaire, elle sera effectuée sur les rames déjà produites ».

Selon le calendrier, la livraison des rames commencera à partir de 2025, les 28 rames devant être disponibles au dernier trimestre 2027. La mise en service commercial, qui interviendra simultanément sur les deux lignes, sera progressive : « un peu plus rapide au début, car nous aurons un certain nombre de rames stockées ». Pendant cette phase, les nouvelles rames auront les mêmes horaires que les trains Corail, mais à partir du service annuel 2028, quand toutes les dessertes seront assurées par Oxygène, un quart d’heure de gagné pourra être gagné sur Paris – Clermont-Ferrand, la relation devant être assurée en 3 heures et 15 minutes, de même qu’entre Paris, Limoges et Toulouse. Par exemple, Limoges sera à 2 heures et 51 minutes de Paris avec un arrêt, ou 3 heures et 6 minutes avec quatre arrêts.

Patrick Laval


Un design aérodynamique

Presque sans bruit, la longue rame – elle ne fait qu’une quinzaine de mètres de moins qu’un TGV en unité simple – approche du quai bas établi le long de la boucle du centre d’essais de Velim. Dix caisses composent cette rame, qui regroupe en fait deux demi-rames articulées, sécables en atelier et partageant la même ligne électrique en toiture. Encadrées par deux motrices, dont une d’extrémité, dotée d’une cabine, chacune de ces demi-rames de cinq caisses compte donc trois remorques.

Réalisé par le cabinet lyonnais Avant-Première, le design extérieur de la rame évoque immanquablement la vitesse par son aérodynamisme, tout en ayant réussi à gommer les lourdeurs auxquelles les dispositifs anticollisions nous ont habitués ces dernières décennies. Moins « souriante » et plus anguleuse que certaines autres faces avant imaginées par Avant-Première, celle de l’Oxygène est dominée par son pare-brise est de dimensions généreuses et cache dans sa partie basse, comme les TGV, un attelage automatique de type Scharfenberg, fourni par Dellner. Cet attelage est destiné à être utilisé en exploitation régulière, pour permettre de former des unités doubles.

Actuellement consacrée aux essais exclusivement, cette rame est ce que l’on appelle un « train technique », dans lequel la masse des aménagements et des voyageurs est simulée par des coupons de rail posés au sol, ainsi que par les réservoirs contenant l’eau savonneuse qui sera dispersée sur les rails avant les essais de freinage en mode dégradé !

Dans ce « tube », où l’on voit la structure du train, les câblages et les équipements techniques, il faut encore imaginer les équipements (qui, en revanche, sont montés dans la deuxième rame) : « sièges ergonomiques avec éclairage LED, ports USB, WIFI, prises électriques et espaces vélos avec prise électrique », indique la documentation CAF. Selon cette dernière, « le train comporte un espace de préparation pour offrir de la restauration à la place, des espaces famille et business ainsi que des toilettes universelles et accessibles ». Sur ce dernier point, chaque caisse disposera d’au moins un cabinet, qui seront au nombre de 10 « standard » plus un « universel ».

Les aménagements attendus comprennent également l’identification des sièges réservés, un système d’information des voyageurs, d’alarme et de sonorisation, la vidéosurveillance, un compteur de voyageurs, ainsi qu’un système de détection incendie.

Aujourd’hui indispensable, la climatisation équipe aussi bien les espaces voyageurs que les cabines de conduite. De configuration centrale, le pupitre de ces dernières est équipé de l’interface nécessaire pour circuler aussi bien sur les lignes disposant du contrôle de vitesse KVB que sur celles où le niveau 2 du système européen ERTMS a été déployé.

« Ce train est majoritairement nouveau », assure-t-on chez CAF. « Il dérive de la famille Civity, mais ce n’est pas un train régional amélioré »

PL

 

Fiche technique

Composition : Mc-R-R-R-M-M-R-R-R-Mc

Alimentation : 1,5 kV continu / 25 kV 50 Hz

Écartement : 1 435 mm

Vitesse maximale : 200 km/h

Longueur : 187,9 m

Largeur hors-tout : 2 860 mm

Hauteurs du plancher par rapport à la voie : 1 070 / 800 / 630 mm

Places assises : 416, dont 103 en 1re classe, plus 4 places pour fauteuils roulants, dans les deux classes.

Ewa

La région Grand Est choisit le groupement mené par Transdev pour relancer la ligne Nancy-Contrexéville

petite ligne Grand Est

Comme VRT l’annonçait à la fin de l’année dernière, la région Grand Est a choisi, le 24 mai en commission plénière, le groupement mené par Transdev avec NGE Concessions et la Caisse des dépôts et consignations. Le groupement obtient une concession pendant 22 ans avec la mission de rénover, maintenir et exploiter cette ligne partiellement fermée depuis 2016. Le montant du contrat atteint 721 millions d’euros.

Une première car cette délégation comprend donc non seulement l’exploitation des trains mais aussi la gestion de l’infrastructure. La gestion déléguée de l’infrastructure est permise par un dispositif législatif qui avait été demandé par la région Grand Est, a rappelé hier David Valence qui était l’invité du Club VRT. 150 millions d’euros seront investis pour régénérer la ligne avec un coût d’exploitation annuel évalué à 14 millions d’euros. « C’est un projet de réouverture ambitieux avec une politique d’arrêts simplifiée, de manière à limiter le temps de parcours à un peu plus d’une heure. C’est le premier lot attribué en intégration verticale », a précisé le député des Vosges, en rappelant qu’en ouvrant des lignes à la concurrence, Grand Est privilégie la réouverture de celles qui sont fermées depuis la création de la région.

Le nouveau concessionnaire va commencer par s’atteler à la rénovation de l’infrastructure d’une longueur de 75 km (voies et gares) jusqu’en décembre 2027 et créera un centre de maintenance qui sera installé à Mirecourt dans les Vosges. Le groupement apportera plus de 200 M€ pour rénover la voie et construire le centre de maintenance.

« Ce contrat marque une première historique en intégrant à la fois l’exploitation du service ferroviaire et la gestion de l’infrastructure avec un engagement du concessionnaire sur des niveaux de performance inégalés : un taux de disponibilité de l’infrastructure de 99,5 % et une régularité de 98 % à 2,59 minutes, une garantie de prendre en charge les voyageurs en seulement 45 minutes en cas de situation imprévue« , souligne un communiqué de la région.

La vitesse commerciale pourra aller jusqu’à 115 km/h, portant à 1h10 le temps de parcours entre les deux villes. 14 allers-retours quotidiens seront proposés. L’exploitation nécessitera le transfert d’une quarantaine d’agents de la SNCF. L’objectif est une ouverture en décembre 2027.

Une deuxième lot concernant la ligne Bruche-Piémont en Alsace est aussi ouvert à la concurrence par la région Grand Est mais le concessionnaire n’a pas encore été désigné.

Marie-Hélène Poingt