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Ewa

Jean-Baptiste Djebbari apporte quelques précisions sur les aides au rail

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Une interview de Jean-Baptiste Djebbari publiée dans Le Figaro du 23 juillet nous permet d’en savoir un peu plus sur les aides que l’Etat pourrait apporter à la relance du rail en France… ou plus précisément de la SNCF. Après avoir rappelé les mesures dont cette dernière a bénéficié pendant la crise sanitaire, le ministre délégué aux Transports est revenu plus en détail sur les points concernant le développement du rail abordés par le président Macron le 14 juillet.
Entre recapitalisation de la SNCF ou reprise de sa dette – voire un panachage des deux – le choix reste à faire, mais en tout état de cause, « l’État investit des sommes considérables, il attend en retour que la SNCF ait une performance économique, environnementale et sociale de haut niveau », insiste Jean-Baptiste Djebbari, sans « se remettre à fabriquer de la dette ». Maintenant le cap de la réforme de 2018, le ministre annonce souhaiter « que d’ici dix ans, le réseau ferroviaire soit modernisé », ce qui reste encore assez flou…
Un peu plus précisément, Jean-Baptiste Djebbari a demandé à ses dirigeants un plan pour assurer la viabilité à long terme de Fret SNCF et annonce quelques propositions destinées à aider « plus largement » le fret ferroviaire en France. S’inspirant du plan qui lui a été remis il y a trois semaines par l’Alliance 4F, le ministre évoque la baisse des péages « pour les entreprises qui opèrent sur le réseau national » (après tout, Fret SNCF n’est pas le seul acteur), le soutien au wagon isolé, le renforcement de l’aide au transport combiné et l’accélération du lancement de nouvelles autoroutes ferroviaires.
Les trains de nuit, autre sujet abordé par le président de la République, devrait bénéficier de « l’ambition » affichée par le gouvernement. A ce sujet, Jean-Baptiste Djebbari évoque la possibilité « de relancer d’ici 2022 deux trains de nuit supplémentaires avec, pourquoi pas, un Paris – Nice pour commencer ». Avec les aides nécessaires pour rénover ou acquérir le matériel roulant nécessaire…
Enfin, pour les « petites lignes », le ministre pose le principe de distinguer « les plus utilisées », à « reprendre » par SNCF Réseau, de celles qui pourraient être reprises par les régions.

Ewa

Déficit des transports franciliens : Valérie Pécresse voit « le bout du tunnel »

Valérie-Pecresse

Le bout du tunnel ? Suite à son entrevue, le matin même, avec Barbara Pompili, ministre de la Transition écologique, et Jean-Baptiste Djebbari, ministre délégué aux Transports, Valérie Pécresse a indiqué voir « pour la première fois une lueur au bout du tunnel » dans l’affaire qui l’oppose au gouvernement sur le déficit des transports publics franciliens suite à la crise sanitaire. Selon la présidente d’IDFM, également présidente de la région, « les négociations sont enfin ouvertes pour un règlement global des pertes de recettes des transports publics franciliens. »

Rappelons que Valérie Pécresse a engagé depuis plusieurs semaines un bras de fer avec le gouvernement pour que l’Etat prenne à sa charge le déficit enregistré par IDFM avec le Covid. Et que faute de réponse elle avait annoncé suspendre le paiement de la RATP et de la SNCF pour leur service de transports.

« Pour la première fois, le gouvernement reconnaît le montant des 2,6 milliards d’euros de recettes perdues et la nécessité d’un plan de soutien à la hauteur de ces pertes pour le secteur des transports publics », a commenté Valérie Pécresse.

Elle s’inquiète de la décision de la SNCF qui vient d’annoncer l’arrêt de 80 projets de transport suite à la suspension de ses paiements depuis le 8 juillet. 

Valérie Pécresse demande à l’État actionnaire d’empêcher l’exécution de cette décision brandissant la menace que cela fait peser sur tous les fournisseurs industriels de la SNCF.

Elle a également précisé que le premier ministre avait donné mandat à Barbara Pompili de trouver un accord global avec IDFM. Un nouveau rendez-vous est prévu la semaine prochaine.

M.-H. P.

Ewa

La SNCF teste la prise de température en gare

TGV inOui
Depuis ce mardi 21 juillet, la SNCF propose aux voyageurs d’expérimenter un nouveau dispositif de vérification de la température corporelle avant d’embarquer à bord d’un TGV INOUI. Des « bornes santé » ont été installées à Paris-Gare de Lyon. D’autres équiperont les gares de Paris-Est et Montparnasse à partir du 5 août.
Ces bornes santé sont équipées d’une caméra thermique qui mesure la température à distance. Les tests auront lieu tout l’été et sont proposés aux clients majeurs sur la base du volontariat. L’idée est de vérifier en conditions réelles la fluidité d’embarquement en cas de mise en place d’un contrôle de température.
Si la température du voyageur dépasse 38,5°, les agents SNCF en seront informés et se rapprocheront de lui pour lui fournir en masque chirurgical, du gel hydroalcoolique et lui rappeler les gestes barrière.
L’objectif est de se préparer à une éventuelle demande du gouvernement.

Ewa

Disparition du père du tram-train

Dieter Ludwig

C’est le 16 juillet, au lendemain de son 81e anniversaire, que Dieter Ludwig, mondialement connu comme l’inventeur du tram-train, s’est éteint. Sa grande idée, également appelée « modèle de Karlsruhe », a été d’utiliser le même matériel roulant entre le centre-ville et la région environnante, afin d’épargner aux voyageurs les correspondances. Ce qui impliquait, dans le cas de Karlsruhe, de franchir les frontières techniques entre le mode ferroviaire et le tramway. C’est ainsi que le 25 septembre 1992, le premier tram-train du monde a été mis en service entre Karlsruhe et Bretten.

Durant les trois décennies que Dieter Ludwig a passées à la tête des entreprises de transports publics de Karlsruhe et de sa région, la longueur du réseau exploitée par tram a été multipliée par six, sa fréquentation passant de 100 millions à environ 170 millions de voyageurs par an. Egalement surnommé « le Pape des transports publics », Dieter Ludwig aura été directeur général de l’Albtal-Verkehrs-Gesellschaft (AVG), chemin de fer d’intérêt local connecté au tram-train de Karlsruhe, des Verkehrsbetriebe Karlsruhe (VBK), les transports publics de la ville, du Karlsruher Verkehrsverbund (KVV), qui regroupe les transports publics de la région, et de la Société des infrastructures ferroviaires de Karlsruhe (KASIG). De 1995 à 2003, il a également été président de l’Union allemande des transports publics (VDV) et a reçu la Croix fédérale du Mérite pour l’ensemble de ses réalisations.

Ewa

Le prolongement nord de la ligne 14 repoussé à la mi-décembre

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La mise en service du prolongement nord de la ligne 14, de la Gare Saint-Lazare à la Mairie de Saint-Ouen, devrait bien intervenir d’ici la fin de l’année. Ce sera « pour mi-décembre 2020 », a annoncé la RATP le 15 juillet, soit trois mois plus tard que prévu jusqu’alors. Mais l’honneur est sauf : l’inauguration devrait bien avoir lieu en 2020, même si la mise en service est qualifiée de « quasi-totale » par la RATP, vu que sur les quatre nouvelles stations du prolongement, trois (Pont Cardinet, Saint-Ouen, Mairie de Saint-Ouen) doivent ouvrir à l’occasion, la station Porte de Clichy devant attendre le mois suivant, en janvier 2021. Plus étendue que les trois autres, la station Porte de Clichy demandera en effet plus de travaux de finition pour ses aménagements (surfaces carrelées et habillages inox).

Ce nouveau calendrier a été établi sous réserve du « bon déroulement des prochaines étapes du chantier et de la fourniture des automatismes et des matériels roulants ainsi, bien sûr, qu’à l’évolution de la situation sanitaire », rappelle la RATP. Car le principal coupable de ce nouveau report de l’ouverture du prolongement nord de la ligne 14 est bien la situation sanitaire du printemps dernier, même si la RATP et les entreprises concernées ont tout fait, durant le confinement, pour « maintenir une activité sur le chantier et pour réorganiser l’ensemble des opérations afin de prendre en compte les nouvelles dispositions sanitaires applicables sur les chantiers ». Ces mesures ont permis notamment de réaliser les essais des systèmes ou de relancer chez Alstom les chaînes de fabrication et d’assemblage des nouvelles rames de huit voitures. Pendant le confinement, la RATP indique avoir maintenu une activité réduite sur le chantier de prolongement en réalisant des essais en circulation entre les stations Madeleine (sur la ligne existante) et Porte de Clichy (sur le prolongement). « Des travaux sur les équipements électromécaniques des stations (escaliers mécaniques, ascenseurs et grilles) ont pu également se poursuivre à faible rythme grâce à la mobilisation de petites équipes ». Puis les chantiers ont repris progressivement début mai sur les quatre stations du prolongement, afin de finaliser l’aménagement (pose des carrelages et des habillages, installation des équipements et des luminaires) et de mettre en service les différents systèmes (sécurité incendie, lignes de contrôle, sonorisation, vidéosurveillance, etc.), qui font désormais l’objet d’essais.

Et pour ce qui est des essais, une attention particulière est portée à la circulation des trains entre la partie de la ligne en service et le prolongement nord, qui a fait l’objet d’une campagne jugée concluante, le week-end du 4 et 5 juillet. Et sous réserve de la bonne réalisation de derniers essais, le premier train MP14 de huit voitures devrait être mis en circulation en septembre 2020 sur l’ensemble de la partie de la ligne 14 actuellement en service. « La livraison, l’assemblage et la mise en service des trains MP14 suivants vont s’échelonner tout au long des prochains mois sur le nouvel atelier de maintenance et de remisage des Docks de Saint-Ouen », précise la RATP.

Ewa

Pourquoi Alstom propose de céder Reichshoffen

Construction de rames Coradia Polyvalent d’Alstom sur le site de production de Reichshoffen

Unir deux entreprises similaires n’est jamais une tâche facile. Ceci vaut pour le projet d’acquisition de Bombardier Transport par Alstom, les deux constructeurs ferroviaires étant parfois présents sur les mêmes gammes de matériel roulant ou dans les mêmes pays. Une situation qui non seulement donne lieu à la présence de « doublons », mais peut créer des obstacles au rapprochement de la part de la Commission européenne. Des obstacles qui, par exemple, ont mis fin à la récente tentative de fusion entre Alstom et Siemens.

Pour l’acquisition de Bombardier Transport, Alstom souhaite ne pas perdre trop de temps dans le contexte actuel et prévoit que la finalisation sera clôturée « au premier semestre de l’année 2021 ». Dans cette perspective, Alstom, en coordination avec Bombardier Transport et la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDQP), veulent présenter un dossier cohérent, « pour répondre aux préoccupations initiales de la Commission européenne ». D’où l’annonce par Alstom, le 9 juillet, d’une liste d’engagements dont la plupart portent sur des activités actuellement exercées par Bombardier Transport.

Mais un des engagements concerne un produit et un site Alstom. Et pas des moindres : la cession du Coradia Polyvalent et du site de production de Reichshoffen (Bas-Rhin).

Une décision surprenante
Cette annonce en a surpris plus d’un, mais peut également s’expliquer, tant d’un point de vue industriel que par la politique européenne en matière de concurrence. « Nous avons été un peu abasourdis », reconnaît Patrick de Cara, délégué syndical CFDT au siège d’Alstom. « Il y avait des rumeurs la veille », ajoute le responsable syndical, mais « nous pensions qu’Alstom céderait des segments de marché, pas des sites ».

Racheté par Alstom en 1995, l’ancien site De Dietrich Ferroviaire s’est spécialisé depuis une dizaine d’années sur la production des rames Coradia Polyvalent – alias Régiolis – mais travaille également, jusque fin 2022, sur la rénovation de 31 rames MI84 pour le RER B francilien. Auparavant, ce site riche de plus de 170 ans d’expérience dans le domaine ferroviaire a fait preuve de sa polyvalence en réalisant des autorails (A TER), des tramways (Citadis), des voitures de TGV… voire de la sous-traitance pour Bombardier (AGC à la fin des années 2000) ! Toujours à l’actif de Reichshoffen, rappelons que cette usine devrait produire, avec une demi-douzaine d’autres sites (dont Tarbes pour les blocs de traction, qui restent brevetés Alstom), le Coradia Polyvalent bimode électrique hydrogène, le futur « train à hydrogène » pour les régions françaises.

Revers de la médaille : malgré les multiples levées d’options et des versions du Coradia Polyvalent qui n’étaient pas initialement prévues (comme le Léman Express), seulement « 387 trains ont été commandés dans le cadre du contrat confié à Alstom par SNCF en octobre 2009 », rappelait Alstom en mai dernier. Alors qu’un millier de rames étaient prévues. Même en ajoutant 17 rames pour la SNTF (Algérie) et 15 pour le TER de Dakar (Sénégal), on reste loin du compte, d’autant plus que c’est à CAF que la SNCF a finalement commandé la prochaine génération de trains intercités à un niveau, l’automne dernier.

L’autre hic est une question de concurrence, ou plutôt d’absence de concurrence. Avec l’acquisition de Bombardier, Alstom se retrouverait de facto en situation de monopole pour les trains régionaux en France, ce qui représente un problème pour la Commission européenne. Selon un spécialiste du secteur, ce n’est donc pas délibérément qu’Alstom a dû faire le choix entre Crespin, site producteur du Regio 2N, et Reichshoffen, producteur du Régiolis. D’autant que plusieurs experts s’étaient imaginés qu’après l’affaire Alstom-Siemens, la doctrine de la Commission européenne aurait évolué vers une prise en compte des questions de concurrence au niveau européen, au lieu de se focaliser sur les marchés nationaux. « La doctrine européenne a évolué, mais pas la règle », constate un expert. « Notre ressenti, c’est colère et injustice », déclare quant à lui Patrick de Cara. « Nous en voulons à la Commission européenne pour ses règles obsolètes. Quand les deux grands établissements chinois public et privé se sont unis, on ne leur a pas demandé de céder de sites », souligne le délégué syndical CFDT.

Trois cessions côté Bombardier
Les trois autres engagements d’Alstom concernent des domaines actuellement à l’actif de Bombardier Transport.

En Allemagne, Alstom renonce à un grand site, du moins partiellement, en envisageant « la cession de la plateforme Bombardier TALENT 3 et des installations de production correspondantes situées sur le site de Hennigsdorf », dans la périphérie berlinoise. Tout comme avec le Coradia Polyvalent pour le marché français, Alstom abandonne une famille de trains régionaux, cette fois pour les marchés allemand et autrichien. Ce qui peut s’expliquer par le fait qu’en Allemagne, Alstom est déjà présent avec les déclinaisons locales du Coradia (Lint et Continental), produites par le site de Salzgitter (le plus grand du monde pour le constructeur). Et Alstom a tout intérêt à garder ce site de Basse-Saxe, appelé à un riche avenir avec le développement des train à hydrogène (iLint) et autonomes, sans oublier que c’est Salzgitter qui produit le Coradia Nordic, grand succès en Suède (280 rames commandées, sur un marché où la concurrence est réelle !)

Enfin, dans la perspective d’éviter la constitution de monopoles en matière de trains à grande vitesse et de signalisation, activités où Alstom est déjà en position de force, les deux autres engagements envisagés par le constructeur sont tout à fait logiques : « un transfert de la contribution de Bombardier Transport pour le train à très grande vitesse V300 ZEFIRO », réalisé avec Hitachi Rail en Italie (ex-AnsaldoBreda), et « la fourniture d’un accès à des tiers à certaines interfaces et produits des différentes unités de signalisation embarquée de Bombardier Transport et de systèmes de gestion du contrôle des trains (TCMS) ».

Qui pour reprendre Reichshoffen ?
Sous réserve de leur approbation par la Commission européenne, ces cessions « seront exécutées en conformité avec tous les processus sociaux en vigueur et en respectant les consultations avec les instances représentatives du personnel », précise Alstom. « Nous avons deux mois pour nous prononcer », précise Patrick de Cara, en annonçant la position du syndicat : « sur l’instant présent, nous sommes très circonspects sur cette décision et nous avons lancé une expertise pour analyser plus en détail les conséquences de cette décision. Nous voulons qu’Alstom garde ses compétences industrielles en matière de trains régionaux, voire de trains à hydrogène. Questions repreneurs, on a déjà donné, avec GE à Belfort… » Pour le représentant du personnel, « au moment où Jean Castex parle de relocalisations et de réindustrialisations, nous sommes surpris car, de toute évidence, le repreneur sera un groupe étranger et rien ne nous assure qu’il laissera indéfiniment ses ressources industrielles sur le territoire. Nous espérons que le gouvernement va intervenir ».

Reste à voir quels acteurs voudraient être les acquéreurs des activités ou des sites qu’Alstom veut céder. Reichshoffen offrirait une occasion en or aux différents constructeurs qui jusqu’à présent ont peiné à entrer sur le marché français. Et il se dit qu’il y a déjà un intérêt manifesté par des repreneurs européens. Alors, Siemens ? Stadler ? CAF ? Ou un extra-européen ? L’arrivée de CRRC, récent repreneur de l’usine Vossloh Locomotives de Kiel, n’est pas exclue par un professionnel français, qui espère « que l’Etat sera vigilant » et « que le repreneur de Reichshoffen aura des perspectives de développement et de pérennisation de l’emploi ».

Sans préjuger de rien, n’oublions pas que c’est une cession similaire, celle de l’usine berlinoise de Pankow par Bombardier au moment de reprendre Adtranz, il y a 19 ans, qui allait servir de tremplin au développement international de Stadler.

P. L.

Ewa

IDFM envisage déjà de se séparer de ses trams-trains Avanto

Tram-train Siemens Avanto sur la ligne T4

Avec la crise sanitaire, Île-de-France Mobilités (IDFM) a connu une chute historique de ses revenus. Mais l’autorité responsable des mobilités en Île-de-France envisage quand même de consacrer 74,5 millions d’euros pour financer intégralement l’acquisition de 11 trams-trains Alstom Dualis (U 53 700) destinés à remplacer, en 2023, 15 rames Siemens Avanto (U 25 500) selon un document que nous nous sommes procurés et qui doit être présenté ce matin lors du conseil d’administration d’IDFM.

Mises en service entre août 2006 et mars 2007 sur la ligne de tramway T4 francilienne, puis en septembre 2011 sur l’antenne Esbly – Crécy en mode « train », ces rames sont les plus anciennes représentantes du « tram-train à la française ». Elles devraient donc être mises au rebut après à peine 17 ans de service, c’est-à-dire une mi-vie pour un matériel roulant ferroviaire.

Contre-intuitif, surtout par temps de disette financière, cet investissement de la part d’IDFM se justifierait précisément par cette échéance de la mi-vie : s’il est apparenté à un type de tramway très répandu en Amérique du Nord (le S70), l’Avanto de Siemens est une rareté en Europe, n’étant exploité qu’en Île-de-France et dans le sud de l’Alsace, sur la relation de type tram-train entre le centre de Mulhouse et Thann. Le coût de rénovation d’un tel matériel devrait être d’autant plus élevé que des problèmes d’obsolescence devraient se poser.

En outre, l’Avanto n’est pas autorisé à circuler en mode « tram » sur la branche du T4 entre Gargan et Montfermeil, inaugurée en décembre dernier et exploitée avec 15 trams-trains Dualis livrés depuis 2018. Cette branche présente en effet de fortes pentes « qui nécessitent un matériel puissant » selon le Conseil d’administration d’IDFM.

Enfin, quoique pléthorique en apparence (15 rames pour un besoin de 8), le parc Avanto géré par l’atelier tram-train du Technicentre SNCF de Noisy-le-Sec affiche un taux de disponibilité insuffisant.

Autant de raisons pour ne pas engager la rénovation à mi-vie des trams-trains Avanto et passer à un parc 100 % Dualis : homogène et comptant quatre rames de moins, ce parc serait plus facile et moins cher à exploiter et entretenir que l’actuel, avec ses deux types de matériel.

Aussi recevables soient-elles, toutes ces raisons peuvent aussi être considérées comme un bon prétexte pour commander 13 Dualis de plus (en comptant deux rames supplémentaires pour le Tram 12 Express) et porter le total de commandes à 123 unités, encore assez loin du maximum de 200 envisagé lors de la signature du contrat-cadre de 2007 entre la SNCF et Alstom…

D’autant plus qu’entre Mulhouse et Thann, l’exploitation des 12 rames Avanto par la SNCF et Soléa, tant en mode « tram » qu’en mode « train », ne semble pas poser de problème…

P. L.

Ewa

La Normandie lance une liaison « directe » entre Paris et le Mont-Saint-Michel

Arrivée à Pontorson du premier train direct de la liaison Paris - Mont Saint Michel

Moins de dix kilomètres séparent le Mont Saint-Michel, deuxième destination touristique française avec 2 500 000 visiteurs par an – soit 20 000 personnes par jour en pleine saison estivale (avant le coronavirus) – et la gare de Pontorson. Une gare jusqu’à présent représentative des maux qui touchent les « petites lignes » : faible niveau de desserte… et faible fréquentation en conséquence, malgré la proximité du Mont Saint-Michel. Surtout depuis le lancement des dessertes autocar entre les gares de Rennes (correspondance avec le TGV) ou de Dol et le Mont-Saint-Michel, exploitées par Keolis pour le compte de la région Bretagne – mais suspendues « jusqu’à nouvel ordre » sur fond de crise sanitaire.
Généralement proactive en matière de desserte, en TER plus autocar, de ses sites touristiques (Etretat, Deauville, Giverny…) au départ de Paris, la Normandie avait déjà essayé il y a quelques années d’ajouter le Mont-Saint-Michel à son offre. Pour l’été 2020, qui devrait voir les touristes étrangers remplacés par des visiteurs français, en particulier franciliens, la Normandie a réintroduit le Mont-Saint-Michel dans son catalogue de 15 destinations proposées avec la SNCF et le Comité Régional du Tourisme. Avec une nouveauté cette année : le lancement d’une liaison « directe » via Pontorson.
Proposée à un tarif à partir de 27 euros, cette offre train + bus permet aux voyageurs, avec un seul titre de transport, d’emprunter le train de Paris-Montparnasse à Pontorson sans changement, puis de prendre une navette en correspondance jusqu’au site du Mont-Saint-Michel. En outre, des animations seront proposées dans le train Paris – Pontorson jusqu’au 27 septembre.

P. L.

Ewa

Alstom acquiert Ibre, spécialiste des disques de frein

ALSTOM; IBRE ; experienced designer and producer and brake discs & levers; IBRE , experienced designer and producer and brakedisc & levers; 89100 Saint-Denis-lès-Sens, Autorisation image OK

Alstom, qui cherche à « étendre ses savoir-faire« , a annoncé le 30 juin l’acquisition de la société Ibre, spécialisée dans le développement, la fabrication et la fourniture de disques de frein en fonte ou acier pour le matériel roulant ferroviaire (à grande vitesse, interurbain, régional, suburbain, tramways et métros). Ibre emploie une trentaine de salariés sur son site de Sens (Yonne) et a réalisé un chiffre d’affaires d’environ 10 millions d’euros en 2019, dont plus de la moitié émane de clients français, en première monte comme pour la maintenance du matériel roulant. À l’international, les clients d’Ibre se situent en Autriche, en Australie, en Belgique, dans les pays nordiques, en Grande-Bretagne, en Inde et en Allemagne.

Pour Alstom, qui travaille déjà avec Ibre sur des projets pour la SNCF, « cette acquisition s’inscrit dans le cadre du plan stratégique AiM (Alstom in Motion) ». Devenue filiale à 100 % d’Alstom, la société a été renommée Alstom Ibre et continuera de travailler avec les autres constructeurs et mainteneurs de matériel roulant.

P. L.

Ewa

4F présente son plan pour sauver le fret ferroviaire français

4f photo groupe

Réunissant pour la première fois tous les acteurs du fret ferroviaire en France, l’Alliance 4F a remis à Jean-Baptiste Djebbari, secrétaire d’État chargé des Transports, son plan de développement visant à doubler la part du ferroviaire dans les marchandises transportées d’ici 2030. Une évolution qui devrait permettre à la société de réaliser 25 milliards d’euros d’économies sur la période 2020-2040. Et comme, à cet horizon, « chaque milliard d’euros investi aura généré deux milliards d’euros d’économies pour la société », le plan de 4F devrait logiquement se chiffrer à quelque 12,5 milliards d’euros.
Au lendemain de la crise sanitaire, pendant laquelle « le fret ferroviaire a montré qu’il pouvait arriver à l’heure », comme le rappelle Frédéric Delorme, président de Fret SNCF, les planètes semblent enfin s’aligner, entre la Loi d’Orientation des Mobilités (LOM) et le Green Deal visant la neutralité carbone en Europe d’ici 2050, mais aussi à l’heure où la Convention citoyenne pour le Climat remet ses propositions. Et comme ces dernières n’ont pas oublié le transport de marchandises, « ceci nous donne une certaine légitimité », proclame Pascal Sainson, président d’Europorte France.
L’année 2020 est donc charnière pour le fret ferroviaire français, selon 4F, qui, avant même de doubler la part de marché du fret ferroviaire en France, devra commencer par le sauver. « C’est dans la douleur que nous avons choisi de nous unir », souligne Franck Tuffereau, coordinateur de 4F, après les grèves de la fin 2019, qui ont coûté 67 millions d’euros au fret ferroviaire français. Une somme à laquelle se sont ajoutés les 200 millions d’euros perdus pendant la crise sanitaire.
« Le problème est que depuis quelques années, le fret ferroviaire français dégringole : il était à 18 % il y a 20 ans », rappelle Delphine André, présidente du groupe familial Charles André (Novatrans, Greenmodal), ajoutant que « les parts perdues ont été reprises par le transport routier longue distance sous pavillon étranger ». L’heure n’est donc pas à l’opposition entre modes, d’autant plus que le développement du transport combiné devrait être un des principaux moteurs du retour du fret vers le rail : « chaque mode de transport a sa place », pour Delphine André.
Pour que le fret ferroviaire retrouve la part de marché qu’il avait en France il y a 20 ans ou qu’il a actuellement en Allemagne, « il ne faut pas oublier le wagon isolé », ajoute Gottfried Eymer, président d’Euro Cargo Rail. Et le wagon « a un potentiel d’amélioration : maintenance prédictive, localisation, freinage, attelage… », précise Éric Tassilly, vice-président de la FIF et président de l’équipementier Knorr-Bremse. Et ce dernier rappelle qu’un emploi dans le secteur ferroviaire « représente trois à quatre fois plus en externe». Côté technique, les perspectives sont prometteuses pour le fret ferroviaire : « le premier train autonome sera fret, pas voyageurs, pour des questions de sécurité », prédit Frédéric Delorme.
Mais avant les promesses technologiques à plus long terme, les propositions de 4F s’attaquent à des points bien plus terre à terre, mais indispensables. Concrètement, les membres de 4F demandent déjà davantage de sillons performants et fiables pour le fret, mais aussi un doublement, voire un triplement, de l’aide à la pince pour rendre le combiné compétitif, ainsi qu’une réduction des péages, une aide au wagon isolé ou la création d’un éco-label. Mais bien plus que ces coups de pouce, qui devraient atteindre quelque 200 millions par an, les propositions de 4F visent à commencer, jusque vers 2025, par améliorer le réseau ferré actuel, avant d’adapter l’infrastructure par la création de nouvelles plateformes de transport combiné (dans des lieux pertinents !), le dégagement des gabarits, la possibilité de faire circuler des trains plus longs que 750 m ou la lutte contre l’engorgement des nœuds ferroviaires.
Tour ceci pour que les propositions de 4F ne finissent pas par rejoindre la longue liste des « plans Fret » sans lendemain. « La nouveauté, c’est qu’on s’est tous réunis pour établir un plan avec nos clients en vie d’améliorer la qualité de service », résume Pascal Sainson. Et pour Frédéric Delorme, « ce plan peut marcher si ce n’est pas un top-down venu de Paris ».

P. L.