Recentré sur le rail urbain, RATP Dev a bien l’intention d’affirmer son expertise sur les trains du quotidien de haute-capacité dont l’entreprise détaille le potentiel commercial dans une nouvelle étude. Elle sera présentée lors du salon Mobco qui ouvre mardi à Paris et tombe à pic pour rappeler les ambitions du Français alors que plusieurs appels d’offres vont livrer leur verdict. C’est notamment le cas de celui de Copenhague, attendu en août.
Le réseau mondial de métros automatiques s’étend aujourd’hui sur près de 2 300 km de lignes. Il a été multiplié par dix en l’espace de 25 ans et devrait encore presque doubler d’ici à 2030. Il représente aussi « la solution la plus efficace pour gérer le mass transit« , comme tendent à le prouver les performances des lignes automatisées du réseau parisien.
Selon leur opérateur, les lignes 1, 4 et 14 affichent 100% de fiabilité, avec, pour la 14, des intervalles de 85 secondes. Le métro automatique permet d’injecter des trains instantanément en cas d’afflux prévus ou imprévus mais aussi de réaliser des économies d’énergie de l’ordre de 15-20 %. En termes de sécurité, il réduit à zéro les incursions de personnes sur les voies générant des interruptions de trafic.
RATP Dev présente aujourd’hui des références sur quatre réseaux. A Paris, « vitrine industrielle du groupe« , ses trois lignes transportent 820 000 voyageurs par jour. A Lyon, la régie opère les lignes B et D. A Riyad, le système de métro automatique le plus long du monde, a transporté plus de 100 millions de voyageurs en un an sur les deux lignes RATP Dev, les plus fréquentées du réseau. Enfin, à Doha, 3 lignes de 76 km sont opérées dans une joint-venture entre RATP Dev, Keolis et un partenaire local.
Quatre lignes majeures et plusieurs appels d’offres
Hiba Farès, présidente du directoire de la filiale du groupe RATP rappelle que quatre lignes majeures seront bientôt lancées par ses équipes: la ligne 15 Sud à Paris, la connexion de Western Sydney Airport en Australie, la Singapour Jurong Region Line en 2027. Une ligne de banlieue de Melbourne est attendue en 2030. « Nous avons rencontré un taux de succès de 70% sur les appels d’offre en rail urbain, notamment grâce à notre expertise intégrée et la maîtrise de projets en zone dense« , rappelle Hiba Farès.
Son groupe a pour objectif de porter à 50% la part de son chiffre d’affaires dans les métros automatiques, contre 35 % actuellement. Il doit aussi passer à 3 milliards d’euros, poursuivant une croissance de 40% depuis 2023. Il a dans le viseur la dizaine d’appels d’offre qui se profilent. La majorité correspond à des projets entièrement neufs, mais de plus en plus de réseaux de métro construits dans les années 70 ou 80 ont aussi besoin d’être modernisés. Leur automatisation voire réautomatisation, nécessite d’être menée sans interrompre le service dans les villes denses. Les principaux appels d’offres à venir concernent Copenhague (4 lignes) et trois nouveaux projets à Dublin, Riyad et Singapour.
Dans son étude, RATP Dev énumère quelques facteurs-clés de succès d’un projet de métro automatique. Il recommande de ne pas négliger le « facteur humain ». Les pertes d’emploi entrainées par l’automatisation ont compromis plusieurs projets.