
Chaque nouveau conseil de surveillance de la Société des grands projets livre de précieuses informations sur l’avancée des travaux mais aussi son lot de déceptions. Celui du 24 septembre n’a pas dérogé à la règle. Le premier tronçon de la ligne 18 devrait bien être livré en décembre 2026, avec quelques jours de retard par rapport à l’inauguration officielle que Valérie Pécresse, présidente de la Région, avait même noté dans son agenda le 30 novembre. Mais la ligne 15 Sud semble toujours aussi problématique avec ses effets en cascade sur les 16 et 17.
Première ligne du Grand Paris Express, la 18 enregistre depuis septembre une dernière phase de tests, qui doit permettre de valider son système de transport. Le transfert de la gestion technique est toujours programmé le 13 octobre. L’opérateur, Keolis, pourra alors lancer la phase de marche à blanc. L’instruction du dossier de sécurité du système de transport par les services de l’Etat se poursuit. Il a été validé une première fois le 3 septembre mais devra être complété par des éléments liés à la marche à blanc.
Un système d’automatismes de conduite communs
Après avoir annoncé en juin un report de la mise en service de la ligne 15 Sud à l’automne 2027, le conseil de surveillance est revenu sur les conséquences de ce retard. Ligne capitale du projet, avec 75 kilomètres de lignes et 36 gares, la 15 Sud est connectée à la 16 et à la 17 et partage le même système d’automatismes de conduite. Selon les analyses de la SGP de 9 à 12 mois seront nécessaires ente la mise en service de la 15 Sud et des deux autres. La ligne 16 pourra compter sur le démarrage, lors d’une première phase, à l’automne 2028, du tronçon allant de Saint-Denis-Pleyel au Blanc-Mesnil, et la ligne 17 de Saint-Denis-Pleyel au Bourget. Une seconde phase est ensuite prévue à l’automne 2039 « sur un périmètre élargi« . L’ensemble de la ligne 17 ne sera opérationnelle qu’après la fin 2030.
Ce nouveau calendrier n’est pas du goût des élus, notamment séquano-dionysiens. « Notre déception est à la hauteur de l’attente suscitée par l’arrivée de ces nouvelles lignes. Le Grand Paris Express représente un meilleur accès à l’emploi, aux loisirs, à la culture et aux services essentiels. Il contribuera également à améliorer la qualité de l’air et, plus largement, la santé et la qualité de vie de toutes et tous« , résume Stéphane Troussel, président du conseil départemental du 93. Au Bourget, au Blanc-Mesnil, à la Courneuve, à Saint-Denis et à Villepinte, les nouvelles échéances annoncées représentent une année d’attente supplémentaire. Ce sont deux années de retard pour Aulnay-sous-Bois, Clichy-sous-Bois, Livry-Gargan, Montfermeil, Noisy-le-Grand et Sevran.
Après la nomination d’experts, la création d’un groupe de travail
La présidente de l’exécutif régional n’est pas plus satisfaite. Elle assure avoir obtenu la mise en place d’un groupe de travail « intégré » pour préparer l’ouverture de la ligne 15 Sud.
Deux experts indépendants, Didier Bense et Yves Ramette avaient déjà été chargés d’une analyse sur l’état d’avancement de la ligne dans la perspective de sa mise en service à l’automne 2027. Le groupe de travail « intégré » rassemblera SGP, industriel en charge du déploiement du système de transport, IDFM, RATP Infrastructures et le futur exploitant, le consortium alliant RATP Dev et son partenaire singapourien.








