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Ewa

Grand Paris Express: jusqu’à deux ans de retard sur certains tronçons

carteGPE

Chaque nouveau conseil de surveillance de la Société des grands projets livre de précieuses informations sur l’avancée des travaux mais aussi son lot de déceptions. Celui du 24 septembre n’a pas dérogé à la règle. Le premier tronçon de la ligne 18 devrait bien être livré en décembre 2026, avec quelques jours de retard par rapport à l’inauguration officielle que Valérie Pécresse, présidente de la Région, avait même noté dans son agenda le 30 novembre. Mais la ligne 15 Sud semble toujours aussi problématique avec ses effets en cascade sur les 16 et 17.

Première ligne du Grand Paris Express, la 18 enregistre depuis septembre une dernière phase de tests, qui doit permettre de valider son système de transport. Le transfert de la gestion technique est toujours programmé le 13 octobre. L’opérateur, Keolis, pourra alors lancer la phase de marche à blanc. L’instruction du dossier de sécurité du système de transport par les services de l’Etat se poursuit. Il a été validé une première fois le 3 septembre mais devra être complété par des éléments liés à la marche à blanc.

Un système d’automatismes de conduite communs

Après avoir annoncé en juin un report de la mise en service de la ligne 15 Sud  à l’automne 2027, le conseil de surveillance est revenu sur les conséquences de ce retard. Ligne capitale du projet, avec 75 kilomètres de lignes et 36 gares, la 15 Sud est connectée à la 16 et à la 17 et partage le même système d’automatismes de conduite. Selon les analyses de la SGP de 9 à 12 mois seront nécessaires ente la mise en service de la 15 Sud et des deux autres. La ligne 16 pourra compter sur le démarrage, lors d’une première phase, à l’automne 2028, du tronçon allant de Saint-Denis-Pleyel au Blanc-Mesnil, et la ligne 17 de Saint-Denis-Pleyel au Bourget. Une seconde phase est ensuite prévue à l’automne 2039 « sur un périmètre élargi« . L’ensemble de la ligne 17 ne sera opérationnelle qu’après la fin 2030.

Ce nouveau calendrier n’est pas du goût des élus, notamment séquano-dionysiens. « Notre déception est à la hauteur de l’attente suscitée par l’arrivée de ces nouvelles lignes. Le Grand Paris Express représente un meilleur accès à l’emploi, aux loisirs, à la culture et aux services essentiels. Il contribuera également à améliorer la qualité de l’air et, plus largement, la santé et la qualité de vie de toutes et tous« , résume Stéphane Troussel, président du conseil départemental du 93. Au Bourget, au Blanc-Mesnil, à la Courneuve, à Saint-Denis et à Villepinte, les nouvelles échéances annoncées représentent  une année d’attente supplémentaire. Ce sont deux années de retard pour Aulnay-sous-Bois, Clichy-sous-Bois, Livry-Gargan, Montfermeil, Noisy-le-Grand et Sevran.

Après la nomination d’experts, la création d’un groupe de travail

La présidente de l’exécutif régional n’est pas plus satisfaite. Elle assure avoir obtenu la mise en place d’un groupe de travail « intégré » pour préparer l’ouverture de la ligne 15 Sud.

Deux experts indépendants, Didier Bense et Yves Ramette avaient déjà été chargés d’une analyse sur l’état d’avancement de la ligne dans la perspective de sa mise en service à l’automne 2027. Le groupe de travail « intégré » rassemblera SGP, industriel en charge du déploiement du système de transport, IDFM, RATP Infrastructures et le futur exploitant, le consortium alliant RATP Dev et son partenaire singapourien.

Ewa

Avec les véhicules électriques, l’érosion programmée des recettes fiscales

bornes de recharge pour véhicules électriques

Impactés par la hausse des carburants, les automobilistes sont aussi soumis à une lourde fiscalité routière, versée directement au budget de l’Etat. Le déferlement de véhicules électriques est en passe de changer la donne : il va mettre à mal les finances publiques. Chaque voiture rapporte actuellement 940 euros par an, pour des prélèvements générés de 67,5 milliards annuels. Mais avec la montée en puissance des véhicules électriques, ces recettes vont stagner jusqu’en 2030 avant de baisser.

Un rapport de l’Institut Mobilité en Transition, IMT, think tank à but non lucratif porté par l’Iddri, groupe de recherche dédié au développement durable, s’est penché sur la question.

Avec l’électrification du parc automobile, rendue inévitable par l’impératif climatique et par la trajectoire des coûts technologiques, l’assiette sur laquelle repose l’essentiel des recettes s’érode alors même que les besoins de financement augmentent. Les réseaux électriques doivent en effet s’adapter, les infrastructures routières enregistrent toujours un déficit d’entretien, les transports en commun doivent être modernisés et développés.

Une nouvelle taxe à la détention universelle

Sur la base d’un modèle inédit, l’IMT propose des pistes pour refonder la fiscalité routière à l’ère de l’électrique. Pour ces 67,5 milliards « en sursis », le rapport dresse la première cartographie consolidée des recettes, des recettes non perçues et des dépenses, et projette son évolution jusqu’en 2035. Les mesures vont de l’accélération de l’électrification des flottes d’entreprises à l’accès des ménages modestes aux véhicules bas-carbone.

Le rapport propose aussi l’instauration d’une taxe annuelle à la détention universelle, modulée sur des critères environnementaux et sociaux. Les recettes ne dépendraient ainsi plus de la consommation de carburant, mais seraient modulées selon le revenu, le lieu de résidence ou le nombre de véhicules possédés, ce que les taxes à l’usage ne permettent pas.

Ewa

Un dispositif de transport exceptionnel pour la visite du pape

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Renforts sur les lignes, stations de métro fermées, lignes de bus déviées ou interrompues, trains supplémentaires. La venue du Pape Léon XIV en France du 25 au 28 septembre, va s’accompagner d’un dispositif de transport exceptionnel. Pour son déplacement parisien, Île-de-France Mobilités a mobilisé ses opérateurs, la RATP et Transilien SNCF Voyageurs, pour réhausser de 10% le transport et faire face aux 800 000 fidèles attendus.

Les services de trains et de RER (lignes B, C, D, H, J, L et U) et la quasi-totalité des lignes de métro seront renforcés. Sur le terrain, 1 300 agents été mobilisés: 500 pour l’accueil et l’orientation des visiteurs et 800 pour assurer leur sécurité (Sûreté ferroviaire, GPSR)

Sur la demande de la Préfecture de Police de Paris, une vingtaine de stations sera également fermée durant le week-end et de nombreuses lignes de bus vont être déviées ou temporairement interrompues.

Le déplacement du Saint-Père à Lourdes va aussi avoir un impact sur le trafic. L’application de réservation de train et de bus Trainline a ainsi observé une hausse de 171 % du nombre de passagers réservant un trajet vers Lourdes, principal point de convergence de cette première visite officielle.

Pour l’étape lorraine de la visite, lundi 28 septembre, 6 000 places supplémentaires seront offertes dans les TER à destination de Metz depuis plusieurs villes. Le maire et président de l’Euro-Métropole de Metz, François Grosdidier, a annoncé la gratuité des transports en commun. Des parkings en périphérie et des dessertes spéciales et gratuites en bus seront aussi proposés.

 

Ewa

Les Régions alertent sur la baisse de leurs dotations

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Début décembre à Dijon, lors du congrès annuel de leur association, les présidents de Régions de France, présenteront un livre blanc, qu’ils espèrent bien utile aux candidats à la présidentielle. Il comprendra quelques propositions fondamentales pour redéfinir les relations État-Régions sur lequel il y a urgence. La situation s’est dégradée avec une baisse régulière des dotations de l’État depuis deux ans. Les finances régionales en sont fragilisées mais, surtout, ne permettent pas de mener les investissements qui avaient été prévus.

L’association présidée par Carole Delga, à la tête de l’exécutif de l’Occitanie, s’inquiète aussi du contenu du projet de la loi de finances en cours d’élaboration. Elle craint que les Régions ne soient une nouvelle fois victimes des coupes budgétaires annoncées.

« Nous sommes la seule strate de collectivité qui a vu ses dotations baisser, de façon significative, comme la Cour des comptes l’atteste. Car, malgré nos économies de fonctionnement, notre trésorerie a été impactée et nous avons dû réduire nos investissements », avance Carole Delga. Ils sont effectivement en recul de 8,6% en 2025 par rapport à l’année précédente.

L’association évalue à 1,7 milliard d’euros les ponctions de l’Etat sur les finances régionales depuis deux ans. « Le pays est dans une dynamique qui, dans plusieurs domaines, est portée par les Régions », rappelle Michel-François Delannoy, directeur du département « appui aux territoires » à la Banque des Territoires (groupe Caisse des Dépôts).

Avec un budget prévisionnel 2026 de 16,2 milliards d’euros, la mobilité constitue le premier poste de la collectivité (33%, hors Île-de-France dont le budget est des 16,9 milliards). Arrivent ensuite l’éducation avec 8,1 milliards d’euros et l’aide aux entreprises (2,3 milliards).

Les régions amenées à soutenir les mesures contre la hausse des carburants

Ces derniers jours, une nouvelle annonce est venue inquiéter les élus régionaux. Suite au nouveau paquet de mesures destiné à limiter l’impact de la hausse des carburants pour certains professionnels, le gouvernement a averti les régions qu’elles devront participer aux efforts consentis, sans en préciser la nature ou le volume.

Pour Stéphane Perrin-Sarzier, vice-président de la Région Bretagne, le dialogue avec l’Etat et sa multitude d’agences, s’est fortement dégradé. « Nous avons même appris cet été, sans préavis, des coupures des crédits prises par décret », rappelle-t-il.

Selon Carole Delga, les seules régions Occitanie, Nouvelle-Aquitaine et Hauts-de-France pensaient pouvoir compter en 2026 sur un budget de 4 milliards d’euros et n’ont pas obtenu plus de 3,5 milliards. « En nous privant de la possibilité d’investir, ce sont des opportunités de croissance que nous perdons. C’est pourtant avec de la croissance que l’on peut lutter contre le déficit budgétaire plus efficacement qu’avec des hausses d’impôts. »

Ewa

InnoTrans : effritement préoccupant des industriels européens sur le marché ferroviaire mondial

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Le salon InnoTrans s’est ouvert aujourd’hui à Berlin avec la publication de la onzième édition de l’étude sur le marché ferroviaire mondial réalisé par Bain&Cie. Elle confirme que le secteur devrait connaître un essor jusqu’en 2030. Mais elle souligne aussi que les entreprises européennes n’ont plus qu’un « accès limité » au marché mondial.

Martin Sion, président de l’Union européenne des industriels, l’Unife (et directeur général d’Alstom), confirme que le marché ferroviaire mondial devrait progresser de 3,2 % par an pour atteindre 221 milliards d’euros dès 2023-2025 puis 266,8 milliards de 2029 à 2031. Mais un problème de taille se dresse devant les entreprises européennes: elles n’ont désormais accès qu’à 56 % du marché ferroviaire mondial, contre 59 % dans l’étude précédente, réalisée en 2024, et même 61 % en 2022. Le recul est jugé « préoccupant« , à long terme, par rapport au sommet « historique » de 70 %, relevé dans l’édition 2008 de l’étude.

Près de 100 milliards d’euros d’opportunités manquées

Cela signifie que les opportunités commerciales manquées, partout sur la planète, par les groupes de l’UE correspondent à environ 97 milliards d’euros par an.

Malgré cela, l’étude confirme que le marché mondial de l’équipement ferroviaire a connu une croissance annuelle de 4,6 % entre 2021-2023 et 2023-2025, se remettant ainsi pleinement de la pandémie de COVID-19.

Les prévisions indiquent que les industries du rail européen connaîtront une croissance annuelle respective de 3,7 % et 3,6 % d’ici à 2031, la libéralisation des opérations ferroviaires à travers l’Europe devant stimuler les commandes et l’activité du marché.

L’Asie-Pacifique devrait rester la plus grande région et connaître une croissance de 3,5 % par an malgré le ralentissement prévu de la croissance du marché ferroviaire chinois, tandis que l’Inde et d’autres pays de la région devraient accélérer la modernisation de leurs infrastructures ferroviaires.

L’Amérique du Nord devrait connaître une croissance de 3,0 % par an dans les années à venir, tandis que le marché ferroviaire d’Amérique latine devrait connaître une forte progression, estimée à 5,5 % par an, grâce à un nombre croissant de projets ferroviaires urbains, de fret et de transport de voyageurs.

L’Afrique et le Moyen-Orient connaîtront une croissance plus modérée au cours de cette période, avec une progression de seulement 1,2 % par an, et même 0,7% pour la CEI.

L’étude « World Rail Market Study », réalisée par Bain & Cie pour l’Unife porte sur 66 pays qui représentent 99 % du trafic ferroviaire mondial. Elle concerne les infrastructures, la signalisation, le matériel roulant, les services et la gestion clé en main.

Ewa

Les Adessia d’Alstom débarquent au Royaume-Uni

Future rame Adessia Stream d'Alstom pour le S-Bahn de Cologne.

Alstom et TransPennine Express viennent de signer des contrats d’une valeur de 1,2 milliard d’euros pour les premiers trains à batterie du réseau grandes lignes britannique.

Conçu et construit localement, le nouveau matériel est destiné à l’un des principaux corridors du nord de l’Angleterre et contribuera à la modernisation de la ligne Transpennine Route Upgrade (TRU).

La flotte, d’une valeur d’environ 930 millions d’euros, porte sur 29 rames électriques à batterie (BEMU) de cinq voitures. Elle sera fabriquée sur la plateforme Adessia Stream d’Alstom au Royaume-Uni et devrait être livrée à partir de 2032. Les contrats de maintenance sont estimés à une valeur d’environ 230 millions d’euros.

Une vitesse maximale de 177 km/h

Conçus spécialement pour répondre aux besoins des liaisons régionales longue distance, ces trains de 121 mètres de long circuleront à une vitesse pouvant atteindre 177 km/h. Ils proposeront environ 300 places assises par rame, dont un espace première classe, doté de services de restauration. Les voitures offriront le Wi-Fi, la climatisation, des prises électriques et USB-C à chaque place, des systèmes d’information voyageurs en temps réel, la vidéosurveillance, des espaces dédiés aux vélos. Un accès de plain-pied à chaque porte réduira les temps d’arrêt en gare.

Un train de banlieue vendu à 48 000 exemplaires

La technologie des batteries des trains permet une exploitation sans émissions sur les tronçons ferroviaires non électrifiés. Plusieurs infrastructures seront mises en place par Alstom pour une recharge efficace pendant l’exploitation normale. Ces installations constitueront une première au Royaume-Uni sur le réseau ferroviaire principal après un déploiement similaire par Alstom en Irlande.

L’investissement total soutiendra plus de 350 emplois hautement qualifiés à Derby et plus de 5 500 postes au sein de la chaîne d’approvisionnement britannique.

Alstom a vendu plus de 48 000 voitures Adessia à une soixantaine de réseaux de banlieue dans près de 20 pays en Europe, en Asie, en Afrique, aux Amériques et en Australie. Elles sont utilisées par plus de 20 millions de voyageurs.

Ewa

Forum Vies Mobiles veut faire marcher plus

Projet d’aménagement de la Gare d’Austerlitz.

Si la marche est le mode de déplacement préféré des Français, un quart d’entre eux ne marche pas cinq minutes d’affilée par jour. Parmi ceux qui souhaitent le plus marcher davantage, le premier frein est le manque de temps, bien avant la météo ou les infrastructures.

C’est le résultat de la dernière étude du Forum Vies Mobiles qui publie « Arrêter de courir pour mieux marcher ». Face au constat que 82 % des Français veulent marcher plus, mais n’en ont pas le temps, le think tank de la mobilité appelle à un plan national de la marche. Il pourrait être fondé sur la réorganisation des temps de vie, la création de trames marchables et l’apaisement de la circulation.

Si 85 % des Français associent la marche au plaisir, près d’un quart d’entre eux ne marchent pas cinq minutes d’affilée par jour. Ce taux grimpe même à 31 % dans les territoires ruraux. Pourtant, huit sur dix voudraient en faire davantage.

Le nombre d’enfants pénalisant

Parmi ceux qui le souhaitent le plus, le manque de temps est avancé comme frein n°1 devant la météo. Le désir de marcher davantage augmente avec le nombre d’enfants à charge, qui constituent souvent un frein à la pratique en raison des emplois du temps plus contraints.

Forum Vies Mobiles distingue aussi marches « plaisir » et « désagréable », liées à des obligations domestiques (courses, accompagnement, santé, administratif), entre vie professionnelle et charge familiale. Les villes concentrent 63 % des marches désagréables et des trajets dits pénibles. Les infrastructures piétonnes y sont pourtant les mieux développées mais les obstacles sensoriels et cognitifs, comme le bruit, la pression temporelle, l’encombrement y sont aussi nombreux. À l’inverse, la présence de végétation change radicalement la perception d’un trajet : seulement 39 % des trajets très pénibles sont bordés d’espaces verts, contre 87 % des trajets très agréables.

Un plan national doté d’un vrai budget

Face à ces constats, le Forum Vies Mobiles appelle à la création d’un plan national de la marche, sur le modèle du plan vélo, mais avec un budget et une gouvernance propre. Celui-ci reposerait sur le financement par l’État de projets locaux et sur la formation des élus. Il pourrait s’articuler autour de leviers concrets comme une nouvelle organisation des temps de vie (horaires scolaires, services publics) via des « bureaux des temps » locaux, desserrant l’étau qui pèse sur les actifs et les parents, la création de nouveaux itinéraires ou cheminements. Marcher plus peut aussi venir d’une circulation apaisée avec végétalisation, bancs, points d’eau, zones d’ombre.

Enfin, le plan piéton imaginé par le think tank doit aussi intégrer systématiquement enfants, personnes âgées, personnes en situation de handicap ou avec poussette pour que « le jeune homme en bonne santé » ne soit pas la norme.

Ewa

Un projet de réforme des marchés publics européens salué par l’industrie ferroviaire

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La Commission européenne a adopté le 9 septembre une proposition de nouveau règlement visant à moderniser et à simplifier le cadre des marchés publics de l’UE.  Elle est portée par Stéphane Séjourné, vice-président exécutif chargé de la prospérité et de la stratégie industrielle à la Commission.

Ce texte législatif, qui vise à lutter contre la concurrence déloyale et à instaurer des conditions de concurrence équitables pour l’industrie européenne, dont le ferroviaire, est considéré comme « majeur » par l’Unife. L’association, qui représente les industriels du rail et regroupe 120 membres, grands groupes et PME, se battait pour une telle réforme depuis des années. « Il s’agit d’un texte législatif majeur pour lutter contre la concurrence déloyale et instaurer des conditions de concurrence équitables pour le secteur européen de l’équipement ferroviaire, tout en rationalisant et en simplifiant les règles relatives aux marchés publics, jusqu’alors complexes », déclare l’Unife.

L’association estime que la préférence européenne telle qu’elle est définie dans le règlement a le potentiel de garantir que les contribuables de l’UE, les États membres, les entreprises ainsi que les opérateurs économiques concernés bénéficient des investissements de l’UE dans les projets ferroviaires, « tout en mettant l’accent sur un renforcement accru de la souveraineté technologique de l’Europe ».

Des marchés plus flexibles et efficaces

 La réforme, élaborée au terme de vastes consultations avec des acheteurs publics, des entreprises, des syndicats et des représentants de la société civile, a vocation à soutenir les investissements efficaces dans les services publics et les infrastructures. Elle doit rendre les marchés publics, qui représentent environ 15% du PIB de l’UE plus simples, plus flexibles et plus efficaces.

Elle doit aussi permettre des économies administratives annuelles de l’ordre de 650 millions d’euros, grâce à une réduction de charge de 80 millions d’euros pour les acheteurs publics et de 570 millions pour les opérateurs économiques.

Concrètement, le projet de texte regroupe, en un règlement directement applicable, les trois directives et dispositions existantes. Le cadre d’approvisionnement va devenir plus cohérent et prévisible. Il va réduire les incohérences liées notamment à des choix de transposition nationaux divergents, avec trois procédures au lieu de cinq actuellement.

Les acheteurs publics pourront engager des négociations avec le demandeur pendant les procédures. La proposition de réforme encourage ainsi une meilleure consultation du marché et introduit une nouvelle procédure pour le développement et l’acquisition de solutions innovantes.

Une plateforme unique pour tous les marchés publics dans l’UE

La simplification de l’accès aux marchés publics repose sur la création d’un marché d’approvisionnement numérique intégré composé de plateformes d’approvisionnement en marchés numériques. Il permettra aux entreprises de participer aux procédures de passation des marchés et de soumettre des offres dans l ‘ ensemble de l ‘ Union européenne par l’intermédiaire de l ‘ une quelconque des plates-formes d ‘ achat électroniques connectées.

Le marché numérique rationalisera en outre les échanges de données entre les systèmes d’approvisionnement en ligne des États membres.

Le texte doit encore être négocié et voté 

La proposition fait du meilleur ratio prix-qualité (BPQR) la méthode d ‘attribution standard, avec des critères de qualité représentant au moins 30% (50% pour les contrats à forte intensité de main-d ‘œuvre).

Enfin, le nouveau texte introduit un cadre de préférence européen horizontal pour les marchés publics. Il précise quels opérateurs et produits sont couverts par les engagements internationaux de l’Union. La Commission serait en mesure de restreindre cette couverture lorsqu’une analyse de l’accès au marché établit qu’un pays tiers n’a pas accordé aux opérateurs de l’Union un accès équitable au marché conformément à ses engagements.

Le règlement doit encore être négocié par le Parlement européen et le Conseil de l’Union européenne avant son adoption et son entrée en vigueur.

Ewa

Nouvelles inquiétudes autour de Valdunes

Essieu Valdunes

En juillet 2026, Europlasma annonçait la signature par sa filiale Valdunes Industries d’un contrat pluriannuel de fabrication de roues monobloc destinées au fret ferroviaire lourd, lié à des activités d’exploitation minière. Ce nouveau client, « acteur de référence en Afrique australe« , lui assurait une implantation dans la région. A InnoTrans, fin septembre, Valdunes doit présenter sa « roue verte ». L’un de ses deux sites, celui de Leffrinckoucke va en effet produire une nouvelle roue, grâce à une énergie issue de la valorisation de déchets produite sur place, dans une unité de fabrication de combustible solide de récupération.

Si l’on en croit ses annonces commerciales, le groupe industriel bordelais, spécialisé dans les activités de dépollution et de décarbonation, qui a repris Valdunes en redressement judiciaire en 2024, semble satisfait des résultats commerciaux de sa filiale.

Cet été, à l’issue d’un comité de suivi réunissant des acteurs locaux et des représentants de l’Etat, une enveloppe d’urgence de 3,5 millions d’euros a pourtant été débloquée pour payer les salaires de juillet et août des salariés ainsi et des factures de fournisseurs. Selon Les Echos, Bercy affirme qu’après deux ans, aucun investissement n’a été réalisé par Europlasma et que Valdunes a creusé son déficit.

Valdunes est l’un des acteurs mondiaux dans la fabrication et la fourniture de roues, d’axes et d’essieux pour l’industrie ferroviaire. Le bordelais Europlasma est aussi actionnaire majoritaire des Forges de Tarbes, spécialisées dans la défense et de la Fonderie de Bretagne, longtemps spécialisé dans l’automobile.

En 2024, le choix par le tribunal de commerce de Lille d’Europlasma avait été accueilli avec soulagement. Depuis novembre 2023, le fabricant de roues se trouvait à nouveau en redressement judiciaire après le désengagement de son actionnaire chinois MASteel, arrivé pour sauver deux sites déjà en procédure collective.

Autour de Valdunes, la mobilisation avait été forte. En mai 2023, dans une interview dans La Voix du Nord, le président Emmanuel Macron avait promis des investissements massifs dans la région et « de se battre jusqu’au dernier quart d’heure » pour les Valdunes. Des salariés, mobilisés autour de la CGT, avaient tenté de mobiliser sans succès Alstom « le client », la SNCF « l’utilisateur » et les pouvoir publics autour d’un projet de reprise.

Dans son offre, Europlasma s’était engagé à investir 15 millions d’euros sur trois ans notamment dans l’outil industriel. L’Etat lui avait assuré son soutien, notamment grâce à une première aide de 4 millions d’euros. L’actionnaire affirme avoir réalisé les investissements nécessaires pour développer et faire certifier de nouveaux produits à l’origine de plus de 70 millions d’euros de commandes.

Ewa

Pourquoi Stellantis vend lui aussi son activité dans l’autopartage

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Un nouveau coup dur a été porté cet été à l’autopartage. Stellantis a annoncé la cession de l’intégralité de son activité Free2Move au fonds d’investissement allemand Mutares.

Créée en 2016, la plateforme opérait toujours des flottes dans 14 villes d’Europe et des États-Unis. Le groupe franco-italien propriétaire de Peugeot, Citroën, Fiat, Jeep et Chrysler, a justifié la vente par sa volonté de se recentrer sur les marques et les technologies « offrant les meilleures perspectives de création de valeur ». L’autopartage n’en fait pas partie.

Stellantis n’est pas le premier constructeur automobile à se désengager de la gestion de flotte de véhicules électriques en libre-service. Il y a quatre ans, BMW et Mercedes ont lâché leur coentreprise ShareNow, née de la fusion de leur services respectifs, Car2Go et DriveNow, qu’ils avaient tenté de marier pour les maintenir à flot. C’est d’ailleurs Free2Move qui s’était porté acquéreur de la flotte de 20 000 véhicules, évoquant alors « une réelle opportunité ».

Renault jette l’éponge début 2024

Renault, propriétaire de Zity, a aussi considéré l’exploitation directe de flottes urbaines trop coûteuse et rarement rentable au regard des capitaux engagés. Le français avait lancé un service à Madrid en 2017, en collaboration avec Ferrovial, l’opérateur d’infrastructures et de services aux collectivités. Paris avait suivi en 2020 avec la mise à disposition de 100 Zoé électriques. Le groupe au losange a finalement  jeté l’éponge début 2024, dans la capitale, quelques semaines plus tard à Lyon, puis à Milan et progressivement à Madrid. Mobilize, filiale qui chapeaute Zity au sein du groupe Renault, évoquait à Paris des « dommages constants » causés à ses véhicules, mais aussi « le manque de rentabilité du service ».

Il y a moins de quinze ans, les patrons des grands constructeurs assuraient avoir pris la mesure de la révolution à venir dans l’usage de l’automobile. Ils expliquaient que la possession n’était plus le modèle absolu. L’économie du partage allait s’imposer notamment auprès des populations urbaines. Zity, Free2Move, Car2Go, ShareNow étaient alors créées. Les flottes en libre-service, généralement électriques, devaient aussi permettre aux conducteurs urbains de se familiariser avec les véhicules rechargeables et de lever les doutes sur leur fiabilité.

Une première vague de fermeture après la crise Covid

Une première vague de rationalisation des services va s’imposer au sortir de la crise Covid. Des plateformes vont être fermées dans de nombreuses villes car non rentables. ShareNow annonce ainsi à ses clients londoniens l’arrêt du service le 29 février 2020.  « Nous avions démarré en décembre 2014 avec la vision de changer la mobilité urbaine et d’offrir des solutions flexibles et attractives (…) Le nombre d’usagers londoniens et d’utilisations des voitures s’est révélé en deçà de nos attentes et inférieur aux autres villes où ShareNow opère« , justifient alors les deux partenaires.

Ce même jour, en plus de Londres, les Smart, BMW i3 et autres Mini de ShareNow arrêtent de circuler en Amérique du Nord. A l’époque, Paris n’est pas concerné par les fermetures décidées par les Allemands. « Paris possède un grand potentiel de croissance. Nous venons tout juste de doubler notre parc de 400 à 800 véhicules, donc nous n’avons nullement l’intention d’y cesser nos activités« , assure alors la joint-venture qui revendique 30 000 utilisateurs parisiens… Elle sera vendue quelques mois plus tard à Stellantis.

Une mobilité partagée plus chère

Dans le dernier numéro de la Lettre de l’Automobile, Bernard Jullien, universitaire spécialiste de la filière automobile, et plus largement de l’économie industrielle et de la sociologie, livre une analyse de cette « déroute ». « Le potentiel sur les slides PowerPoint paraissait important, mais la réalité a été toute autre, car la mobilité partagée reste plus chère et moins pratique que la mobilité individuelle », observe-t-il. Ramenée au kilomètre, la mobilité partagée peut être trois à quatre fois plus chère pour cause de dispositifs logistiques lourds et de baisse du coût de la mobilité automobile en euros constants, ces dernières décennies.

Bernard Jullien estime par ailleurs que le MaaS est arrivé à contre-courant d’un autre phénomène : la périurbanisation des grandes agglomérations. Par définition moins denses, elles impliquent très souvent la détention d’un véhicule individuel. Le chercheur pointe ici la déroute des politiques d’urbanisme, que la mobilité partagée était censée réparer. « Tant qu’on défendra le modèle de la maison individuelle, on défendra une mobilité individuelle », souligne-t-il.