Le traditionnel pic de travaux d’été vient d’être dévoilé par les acteurs concernés : IDFM, RATP, Transilien et SNCF Réseau. Il va atteindre un niveau exceptionnel, préviennent-ils. Pour plus de dix millions de Franciliens, ces perturbations vont être sans précédent. Mais elles sont incontournables pour préparer l’arrivée de nouveaux matériels roulants, changer des équipements, notamment d’aiguillage, assurer la régénération du réseau, rénover des stations, connecter de nouvelles gares.
Grégoire de Lasteyrie, vice-président d’IDFM estime à 4 milliards d’euros le montant consacré à « cette mobilisation exceptionnelle » sur l’année 2026, pour une modernisation structurante et pour la maintenance patrimoniale. Il rappelle que depuis 2016, 1550 trains, métros et trams neufs ou rénovés sont arrivés sur le réseau.
Pour permettre aux usagers d’anticiper les perturbations, les efforts de communication vont être renforcés. Les campagnes d’alerte sur les calendriers de travaux et l’information sur les situations de circulation vont débuter dès la fin mai mais le mot d’ordre d’IDFM est clair : favoriser le télétravail et limiter ses déplacements restent le meilleur moyen d’éviter les désagréments. Les Franciliens vont devoir changer leurs habitudes. « Les chantiers qui nous allons mener seront mutualisés autant que possible », promet Catherine Le Dentu, directrice de cabinet de la division de la RATP chargée des services ferrés.
Sur le réseau du métro parisien, la modernisation des infrastructures concernent les lignes 8 et 12 qui vont accueillir les trains Alstom commandés en 2019, le MF19, la 13 qui se prépare à l’automatisation, ainsi que la ligne 4 qui va bénéficier de 3000 m2 d’enduits neufs.
Sur le RER, A, la gare de Nation, impactée par des infiltrations sera en travaux. Le réseau va enregistrer le renouvellement de plusieurs appareils de voie, de traverses et du ballast. « Rajeunir l’âge moyen de l’infrastructure passe par le remplacement de postes d’aiguillage et de caténaires sur les RER B, C et D », précise Gilles Gautrin, directeur modernisation et développement du réseau Ile de France pour SNCF Réseau.
Massifier les chantiers pour gêner moins
Sur le RER B, la « massification majeure » de 16 chantiers va tenter d’en limiter l’impact. Ils vont entrainer la fermeture de la ligne sur plusieurs tronçons au sud de la gare du Nord, qui, comme la gare de Lyon, va connaitre « une opération phare du réseau francilien » avec le remplacement d’un total de quarantaine systèmes d’aiguillage et d’1,5 kilomètre de voies.
Cette opération « coup double » va permettre l’installation d’un dispositif de signalisation ferroviaire robuste grâce à un doublement des connexions et donc de la circulation de l’information. « L’idée est d’intégrer plus de technologie et de robustesse. On le fait toute l’année, principalement la nuit. L’été, c’est un chantier XXL que nous pouvons mener », précise Gilles Gautrin de SNCF Réseau qui mobilisera sur la seule gare du Nord, 275 agents, du 25 juillet au 16 août.
Sur le RER C, ce sont une centaine d’opérations qui sont programmées dans Paris intra-muros et en petite couronne. La pose de protection anti-inondation est notamment prévue pour protéger les installations ferroviaires en cas de crue de la Seine.
Sur le Transilien, pour les 2,5 millions de Franciliens qui vont être concernés, l’opérateur s’est engagé à assurer une information fiable mais aussi « anticipée ». La communication aux usagers a ainsi commencé six mois avant les travaux et sera assurée physiquement par 13 000 postes de gilets rouges. Le recours à des transports de substitution va également être massif avec 30 000 services de bus de remplacement. Cette organisation a même conduit à la création en 2026 d’une direction Bus au sein de Transilien. C’est elle qui est chargée de coordonner et d’organiser le renforcement de 16 lignes régulières et la mise en place avec le recours à 24 opérateurs de bu .
Dans le cadre de la préparation de l’arrivée de la future ligne 15 et du renouvellement de la voie, le T1 connaîtra lui aussi une importante interruption de circulation cet été.
Des perturbations modélisées pour les itinéraires de remplacement
IDFM explique aussi avoir réutilisé le système de gestion de transport utilisé pour les JO de Paris 2024. « Comme nous faisons plus de travaux cette année, certaines solutions de report habituelles pourront être impactées cet été », prévient Grégoire de Lasteyrie. En clair, ce qui était valable l’été dernier ne le sera pas forcément en juillet et août. Des modélisations réalisées par RATP ont ainsi prouvé que si certains itinéraires de remplacement proposés semblent plus longs, ils prennent en compte les problèmes d’affluence qui peuvent perturber le trafic ou le confort des passagers.