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Ewa

Le projet de loi-cadre adopté en commission par les députés

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La longue marche du projet de loi-cadre pour les transports se poursuit. Le texte vient de franchir une nouvelle étape avec son adoption par la commission du développement durable et de l’aménagement du territoire.

Pour la rapporteure du texte, Olga Givernet, députée de l’Ain et ancienne ministre déléguée chargée de l’Énergie, ce travail transpartisan, lancé en début de semaine, a permis « d’enrichir et de renforcer le projet de loi« .

Il confirme ses deux priorités: privilégier la régénération et à la modernisation des infrastructures existantes et mobiliser les ressources autoroutières pour financer les infrastructures et résorber progressivement la « dette grise ».

Les travaux de la commission ont abouti à plusieurs amélioration du texte voté au Sénat. Les outils de financement des Services express régionaux métropolitains (SERM) vont être renforcés. La distribution des titres de transport va être ouverte plus largement. Cela signifie que SNCF Connect va devoir vendre les billets de tous les opérateurs. Les voyageurs vont pouvoir bénéficier d’une meilleure protection des données personnelles. Les députés de la commission développement durable de l’Assemblée ont aussi souhaité une clarification des missions de SNCF Réseau et de la Société des Grands Projets. Enfin, ils ont introduit plusieurs mesures favorisant la transition écologique, avec le développement des infrastructures de recharge, l’intégration progressive de véhicules à émission nulle dans les marchés publics de transport et le maintien des obligations en faveur des aménagements cyclables.

Une meilleure collaboration entre AOM

La rapporteure se réjouit également de l’adoption des amendements qu’elle a déposés. Ces avancées permettront de renforcer les droits des voyageurs en garantissant la poursuite du voyage sans coût supplémentaire en cas de rupture de correspondance. L’attestation d’honorabilité des conducteurs de transport collectif routier au contact de publics vulnérables va être généralisée. La coopération entre autorités organisatrices de la mobilité va être favorisée. Enfin, les usagers ne seront pas pénalisés par un retrait de sillons en cas d’irrégularités répétées d’un opérateur.

Faute de fenêtre de tir dans l’agenda parlementaire, le texte attend toujours une date pour être discuté et voté par l’Assemblée. « Je poursuivrai le travail avec la même exigence lors de l’examen du texte en séance publique », promet Olga Givernet.

Ewa

Les coûts cachés des mobilités du quotidien visés par la Fabrique de la Cité

RER A
Le véritable coût des mobilités du quotidien est au coeur de la dernière étude de la Fabrique de la Cité. La note souligne que la réussite des politiques publiques ne repose pas uniquement sur des signaux-prix, mais sur une combinaison d’outils permettant de concilier objectifs climatiques, efficacité économique et équité sociale.

Le document relève que l’on s’arrête souvent au prix d’un plein de carburant, d’un abonnement de transports en commun ou d’un billet de train. Or, chaque déplacement engendre également des coûts collectifs : investissements dans les infrastructures, impacts environnementaux et sanitaires, etc. Ils vont peser sur les finances publiques alors même qu’elles doivent accompagner une transition à la fois efficace et socialement acceptable.

La note plaide pour une approche globale, tenant compte des réalités territoriales et des capacités d’adaptation des différents publics.

Des investissements publics sans précédent vont intervenir dans des bornes de recharge électrique, la modernisation des réseaux ferroviaires, la subvention des transports collectifs. Ils vont modifier progressivement la répartition des coûts, en faisant émerger de nouveaux arbitrages économiques pour les ménages comme pour les décideurs publics.

 

 

 

 

 

 

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Ewa

Financement des SERM: les députés face à une urgence politique

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Le sujet avait été abordé dans la conférence de financement de l’été 2025 mais n’a pas été reprise dans le projet de loi-cadre. A l’occasion du Printemps de l’évaluation, qui passe au crible, chaque année, des politiques publiques, la commission des finances de l’Assemblée nationale s’est penchée sur le financement des SERM. La députée Christine Arrighi, membre de la commission, vient de rendre public les conclusions d’un rapport d’information sur le sujet. Elle s’y inquiète des ressources que nécessitent le financement des services régionaux, mais aussi de celles qui doivent permettre aux AOM de supporter leurs surcoûts d’exploitation. Ils peuvent s’élever à 1 à 2 milliards d’euros par an.

Le projet de loi-cadre pour les transports n’apporte pas de solution au mur d’investissements qui se présente face aux collectivités porteuses de la vingtaine de SERM désormais labellisés. Les enveloppes prévues dans le cadre des contrats de plan Etats-Régions ne prévoyaient que le financement d’études et arrivent à terme en 2027. « Leur renouvellement doit comporter un volet SERM« , estime la députée, tout comme le projet de loi de finances pour 2028. Il est donc temps que les parlementaires se saisissent de la question.

Des chiffrages qui provoquent de l’immobilisme

Christine Arrighi reconnait que le chiffrage pour le moins « pluriel » qui évalue les montants à mobiliser génère une véritable confusion. La fourchette oscille entre 25 et 50 milliards d’euros, agrégeant des projets dont le dimensionnement n’est souvent pas définitif, de tailles différentes, ce qui rend difficile la comparaison. Cet écart est loin d’être anecdotique. « Quand les investissements sont perçus comme titanesques ou sont jugés trop fantaisistes, ils ne sont pas pris au sérieux et génèrent de l’immobilisme », estime la député Ecologie et Social.

Elle reprend une piste évoquée lors de la conférence de financement de l’été 2025 : l’utilisation du levier de la valorisation foncière. Le principe est déjà mis en pratique dans des villes comme Montréal, Genève ou Copenhague.

Il repose sur une logique : la construction d’une infrastructure de transport neuve valorise la zone sur laquelle elle s’implante. Capter une partie de la valeur générée doit permettre de participer au financement de l’infrastructure.

Une perte de revenus potentielle pour Gares et Connexions

Auditionné le 8 juillet par la commission parlementaire, Thomas Allary, directeur général adjoint Grands Projets de SNCF Réseau a rappelé que le foncier autour des gares et des pôles d’échanges est généralement utilisé pour l’exploitation des trains ou pour la valorisation commerciale assurée par SNCF Gares & Connexions. Il alerte sur le risque d’un détournement de ces revenus, que la filiale en charge des gares, réinjecte dans le groupe, participant à la régénération du réseau.

Pierre Aubouin, directeur adjoint de l’investissement de la Banque des territoires, lui aussi invité devant les députés, a reconnu que des mécanismes peuvent être envisagés pour que des collectivités réduisent la facture globale d’un projet en captant une partie de l’appréciation foncière consécutive aux nouvelles infrastructures. Un avis partagé par Jean-François Monteils président de la société des grands projets, la SGP, favorable à ce que le retour de l’investissement capté, soit « sain et porteur« .

Pour le député et cheminot Peio Dufau, cette piste arrive déjà trop tard. Il a annoncé que le projet de SERM basco-landais venait d’être abandonné faute d’avoir trouvé les 100 millions d’euros qu’il nécessitait.

Ewa

Dernier roulage pour le MP73, après plus de 50 ans de service

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Le dernier métro MP73 du réseau parisien, mis en service au milieu des années 70, a fait ce matin son dernier voyage. Un vaste programme de modernisation de la ligne 6  s’est achevé avec le retrait du dernier train, opéré depuis plus de cinquante ans. « Il était indispensable pour améliorer la qualité de service de la ligne et le confort des voyageurs », reconnait Benjamin Van Peteghem, directeur de la ligne 6 à la RATP.

Jeu de chaises musicales

Depuis janvier 2023, deux types de matériel cohabitaient sur cette ligne emblématique, à 50% aérienne, adaptée au métro sur pneu, du fait de son tracé, de ses déclivités marquées et de ses viaducs.

Le remplacement définitif met un terme à un jeu de chaises musicales entre les lignes 14, 4 et 6. Les nouveaux MP14 arrivés sur la ligne 14 ont permis au MP89CA de basculer sur la 4, qui est désormais 100% automatisée. Le MP89CC de la ligne 4 a lui été attribué à la ligne 6. Il sera désormais le seul à y circuler. « C’est un matériel plus moderne, spacieux, avec des rames en boa, équipé du système de conduite commande Octys qui bénéficie d’une ouverture automatique des portes, d’une annonce sonore automatique. Il est plus économe en énergie grâce à des fonctionnalités de récupération de l’énergie au freinage et de réinjection du courant sur les rames », précise Racim Brahimi responsable produit métro au sein du groupe RATP.

La modernisation a consisté à raccourcir les rames pour les faire passer de 6 à 5 voitures, à déployer des centaines de mètres de câble pour intégrer le système automatisé déployé dans le cadre du programme Octys de la RATP. L’effort de freinage a été réhaussé pour être compatible avec les viaducs de la ligne. Un système vidéo protection a été embarqué. La ligne 6 présente aussi la spécificité d’une double ouverture à la station Charles de Gaulle-Etoile qui a nécessité des aménagements. Une brosse à neige et un nettoyeur de piste, pour exploitation par temps d’hiver ont été introduits. L’aménagement des voitures a aussi été amélioré avec notamment un renforcement de l’assise et un pelliculage des voussoirs. Le logo IDFM habille désormais l’extérieur.

Côté infrastructures, suite à l’écart de génération entre les deux trains, la RATP a dû renforcer les voies dans les courbes et le réseau électrique. La Régie a aussi revu le gabarit des quais d’une quinzaine de stations, créé des places de garages supplémentaires. Un centre de dépannage à Nation a été équipé avec un accès au-dessous de caisse.

La fin du renouvellement du métro pneu

Le changement de matériel correspond à 350 millions d’euros d’investissement pour IDFM dont 280 millions consacrés notamment aux infrastructures et au système Octys, qui est mené depuis 2025 et va se conclure en 2027. 75 millions ont été investis pour l’adaptation du matériel.

Pour Nathanaël Bancel chef de pôle infrastructures et systèmes chef IDFM, ce dernier roulage du MP73 parachève la dernière étape du renouvellement du métro pneu parisien qui concerne les lignes 4, 11,14 et 6. Commence maintenant une nouvelle grande phase pour le métro fer, qui porte sur 7 milliards d’euros d’investissement. Le MF19 circule déjà sur la ligne 10. Il va être déployé sur la 7 bis en fin d’année puis sur la 3 bis début 2027 et sur la 13 en fin d’année.

Une performance déjà au rendez-vous

La mise en place de ces nouvelles rames démontre déjà leur performance et une amélioration du confort de voyageurs. « Les résultats sont satisfaisants et en net progrès avec un résultat contractuel aux heures de pointe à plus de 90% et même 92,5% en avril », assure Benjamin Van Peterghem.

Pour la RATP, réutiliser sur la ligne 6 le MP89CC constituait le meilleur choix technico économique pour optimiser l’achat d’un matériel onéreux, fonctionnel, rôdé, fiable. L’opérateur prévoit de les garder jusqu’à 2045 « à quelques années près ». Ils auront alors mérité leur retraite.

Le palmarès du MP73, patrimoine vivant du métro parisien, correspond à 52 années d’exploitation, 5 milliards de voyageurs, 150 millions de kilomètres parcourus. Il avait été conçu spécifiquement pour le tracé exigent de la ligne 6. « Sa longévité confirme la capacité de la RATP a assuré la robustesse et la fiabilité du matériel roulant grâce à une maintenance continue », souligne Benjamin Van Peteghem qui a promis qu’une motrice sera conservée.

Ewa

Club VRT : Alain Resplandy-Bernard inquiet de la dette grise des gares

Alain Resplandy-Bernard, directeur général de SNCF Gares & Connexions

Alain Resplandy-Bernard, directeur général de SNCF Gares & Connexions, était ce matin l’invité du Club VRT. Il a donné les grandes lignes du plan stratégique qu’il présentera à l’automne. Et identifié plusieurs risques portant en particulier sur la dégradation de l’état des gares et leur possible saturation.

Sans surprise, ils résultent du sous-investissement chronique dont souffrent les gares, à l’image de ce qui se passe sur le réseau ferré. « J’avais en tête le chiffre qui circulait sur la dette grise des gares… Il est en réalité trois fois plus important », a indiqué Alain Resplandy-Bernard, arrivé en septembre dernier à la tête de la filiale de SNCF Réseau. Il faut donc, explique-t-il, donner la priorité à l’existant et à la régénération plutôt qu’aux nouveaux projets. « Même si changer de l’asphalte est moins spectaculaire qu’une belle inauguration », souligne-t-il. Sans ces efforts, la situation va devenir très tendue, comme elle l’est déjà certains week-end à la gare de Bordeaux Saint-Jean ou dans le terminal Transmanche de la gare du Nord à Paris, qui manquent de place pour accueillir les flux de voyageurs.

L’ensemble du système doit pouvoir accueillir plus de voyageurs et de nouveaux opérateurs. « J’ai été très surpris d’un chiffre : 50% des Français ne prennent pas le train. Or le voyage commence à la gare. SNCF Gares & Connexions doit participer à les faire changer de pratiques », a expliqué Alain Respandy-Bernard. Pour lui, la gare doit participer à cette attractivité en étant « plus propre, sécure et connectée à la ville et au territoire ».

 

Ewa

Keolis et SNCF Voyageurs à bord du projet de nouvelle LGV en Californie

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La California High-Speed Rail Authority a signé un accord de co-développement avec le consortium Momentum Alliance Partners afin d’évaluer les opportunités d’accélération de l’extension du réseau au-delà du tronçon actuellement en construction entre Merced et Bakersfield (en rouge sur la carte). Le groupement compte deux français: Keolis et SNCF Voyageurs, associés dans une joint-venture, pour apporter leur expertise en matière d’exploitation et de maintenance ferroviaires.

Pour mettre en place un montage de type public-privé, Monentum Alliance regroupe aussi fonds d’investissement, ingéniéristes et intégrateurs de systèmes. Parmi eux, Plenary Americas, CDPQ Infra, Jacobs, Sener, Systra, Setec, Arup, Steer et donc Keolis et SNCF Voyageurs,
La signature de l’accord lance une phase de co-développement d’une durée maximale de 30 mois, consacrée à l’identification de stratégies viables. Le consortium évaluera le séquencement des infrastructures, les modèles de réalisation, les stratégies de financement, les concepts d’exploitation ainsi que les opportunités de participation du secteur privé aux futurs tronçons d’extension.

L’expertise reconnue des deux Français

Keolis est déjà le premier opérateur de trains de banlieue aux États-Unis et compte deux décennies de partenariat avec les autorités publiques de transport américaines, tandis que SNCF Voyageurs se présente comme le principal opérateur de trains à grande vitesse en Europe.
« La grande vitesse ferroviaire incarne l’avenir de la mobilité durable, et notre groupe dispose d’une expertise unique pour accompagner cette transformation aux États-Unis », justifie Frédéric Van Heems, président du directoire du groupe Keolis. « Faire partie du consortium choisi par California High-Speed Rail Authority pour le co-développement de la ligne à grande vitesse californienne est une étape clé dans le déploiement de notre expertise à l’international », ajoute Christophe Fanichet, PDG de SNCF Voyageurs.

 

Ewa

La taxe sur les poids-lourds démarre aux Pays-Bas

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Après des années de préparation, la route est désormais payante pour les poids-lourds néerlandais et étrangers, selon leur utilisation au kilomètre parcouru. La taxe s’applique à presque toutes les autoroutes du pays ainsi qu’à un certain nombre de routes provinciales et communales. Parallèlement, l’Eurovignette est supprimée et les frais fixes pour les poids-lourds sont réduits. La taxe est enregistrée via un boîtier de péage (OBU) en service, lié à un contrat avec un prestataire de services de péage.

 Le gouvernement a prévu que la grande majorité des recettes générées soit réinjectée dans l’électrification des transports. Des subventions vont aider les entrepreneurs à investir dans des camions électriques, des infrastructures de recharge et des modes de transport plus efficaces. Les taxes qui visaient les camions en fonction de leur poids seront supprimées ou ramenées au niveau minimum européen après une période à taux zéro, jusqu’au 1er janvier 2027.

Un allègement temporaire pour cause de coût des carburants

Une réduction temporaire de 22,3% s’applique aux tarifs de la taxe sur les poids lourds du 1er septembre 2026 au 31 décembre 2026 et le montant des amendes pour non équipement en boîtier sera réduit de moitié. Le gouvernement a accordé cet assouplissement suite à la forte hausse des coûts du carburant, conséquence du conflit au Moyen-Orient.

Les transporteurs peuvent se procurer un chronotachygraphe avant de pénétrer pour la première fois sur le territoire néerlandais. Si cela n’est pas possible, l’opérateur national NedLinq propose des points de retrait à la frontière. Un chronotachygraphe peut y être retiré une fois le contrat conclu en ligne ou sur place. L’équipement ne fonctionne qu’aux Pays-Bas. Il doit toujours être activé, même sur les routes sans péage. Ce n’est pas le cas dans d’autres pays européens comme l’Allemagne, la Tchéquie, la Pologne, la Slovaquie, la Hongrie et la Bulgarie.

 

Ewa

Loi-cadre sur les transports à l’Assemblée nationale : « Tout ça pour ça ! » regrette la rapporteure Arrighi

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Les travaux de la commission du développement durable sur la loi-cadre sur les transports se terminent dans la nuit de jeudi à l’Assemblée nationale. La députée Christine Arrighi*, qui a participé aux débats en tant que rapporteure de la commission des finances, exprime sa frustration et ses inquiétudes.

Comment s’est déroulé le travail parlementaire en commission ?

La semaine dernière, la commission des finances s’est prononcée, pour avis, sur plusieurs articles du texte de loi. Il est depuis mardi examiné en commission du développement durable, où nous avons manqué de temps et de moyens. Le texte nous est arrivé dans un calendrier extrêmement serré pour mener nos auditions. Travailler vite, nous savons faire. Travailler sans visibilité, c’est autre chose. Travailler sans budget, c’est de la littérature.

Vous n’avez pas l’air optimiste sur un vote prochain de la loi ?

C’est plutôt le ministre Tabarot qui ne l’est pas, car il n’est manifestement pas capable de nous donner une date. Et il continue d’envisager une loi de programmation alors que c’est ce qu’il demandait au gouvernement et qu’il n’a pas obtenu. La loi-cadre qu’il propose n’a aucune valeur particulière dans la hiérarchie des textes. C’est une loi ordinaire, qui ne correspond à aucun engagement financier, ce dont à besoin le ferroviaire. Je dirai donc: tout ça pour ça.

« Le débat n’est pas clos autour des autoroutes »

Obtenir un fléchage des bénéfices des concessions autoroutières vers le ferroviaire représente quand même une avancée ?

On ne peut pas préempter un débat qui n’a pas encore eu lieu. Que feront les gouvernements après 2032, date de la fin des contrats actuels? Nouvelles concessions ou pas ? Péages ou pas et de quel niveau ? Le débat n’est pas clos et il n’a certainement pas été tranché lors de la conférence Ambitions France Transports, qui n’était bien sûr pas une communauté délibérative. On peut juste dire, que potentiellement, les péages permettront de financer la modernisation-régénération.

Votre déception est-elle partagée  ?

J’étais satisfaite de la convergence des vues qui s’étaient exprimées l’été dernier, lors de la conférence Ambitions France Transports, de la part de spécialistes, d’usagers, de représentants syndicaux. Tout le monde est tombé d’accord pour dire que la priorité des priorités était la régénération et la modernisation du réseau ferroviaire, afin de faciliter le report modal et la décarbonation. Aujourd’hui, toute la communauté de la conférence, dont j’ai auditionné en commission plusieurs membres, est déçue.

« Dans la contradiction avec les actes »

Qui peut-on blâmer?

Je n’en rends pas responsable personnellement Philippe Tabarot. Ce gouvernement avait déjà affiché des intentions dans le cadre de la loi des Mobilités. Elisabeth Borne en tant que ministre des Transports puis lorsqu’elle est devenue Premier ministre en avait aussi exprimées. On se souvient des fameux 100 milliards promis… Ces intentions ont été réitérées dans cette loi qui est une loi ordinaire. Pour moi, le fait de n’avoir qu’une loi-cadre est un échec qui ne fait que traduire le désintérêt du sujet par le gouvernement. De plus, si le projet est inscrit à la séance à l’automne, il va percuter l’examen du budget. Là, le roi va être nu car les financements ne se retrouveront pas dans la loi de finances pour 2027.

La priorité donnée à la régénération-modernisation fait pourtant consensus …

Tout à fait. C’est dans l’article 1 du texte. D’ailleurs, au Sénat, le mot développement a été rajouté dans cet article 1 et les dépités de la commission ont déposé un amendement pour le retirer. Mais alors même que cette orientation fait consensus, le 7 mai, le Premier ministre a signé un protocole pour que l’Etat accorde un financement de 20 milliards d’euros pour la ligne Bordeaux-Toulouse. On est encore dans l’incantatoire avec la loi et dans la contradiction avec les actes.

* députée de Haute-Garonne du groupe Écologiste et Social

Ewa

Le plus grand cycle d’investissements en infrastructures de l’histoire commence, selon PWC

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avril 2015

Le cabinet de conseil PWC vient de livrer sa dernière étude sur les investissements dans les infrastructures d’ici à 2050 (Global Infrastructure Outlook). Selon ses estimations, le monde entre dans le plus grand cycle d’investissements en infrastructures de son histoire. Le transport va représenter un tiers du total des dépenses sur la période. Les montants consacrés à des projets de routes, réseaux ferrés ou aéroports, devraient augmenter de 75% de 2024 à 2050, passant de 1,4 par an à 2,4 trillions de dollars. « Les infrastructures sont devenues un marqueur de puissance. L’avantage ne se joue pas seulement sur le niveau d’investissement mais sur la capacité à livrer rapidement et efficacement les infrastructures utiles à l’économie réelle », analyse Christophe Desgrandes, associé et membre du comité exécutif de PWC France et Maghreb.

Le bénéfice de « smart systems »

La progression du nombre de personnes ayant besoin de se déplacer, la concentration de populations autour de mégapoles, impliquent à la fois le renouvellement d’infrastructures existantes, leur entretien et la demande pour de nouvelles constructions. Les routes et ouvrages représentent, selon l’étude, 60,5% des montants qui seront investis. « Même les villes avec un haut niveau d’infrastructures vont devoir prendre en compte la résilience au changement climatique et d’autres disruptions », note l’étude.

Le ferroviaire devrait ainsi bénéficier de 14.1 trillions d’ici 2050, profitant de l’urbanisation galopante et de l’engouement pour les modes de transport à faible émission. « La récente détérioration de la situation au Moyen-Orient a rappelé la nécessité d’infrastructures conçues pour plus de résilience et d’efficacité », relève l’étude. Le transport va aussi bénéficier du développement de « smart systems », moteurs du dynamisme économique mondial et garants de l’intermodalité entre routes, rail, ports, aéroports.

De grandes disparités entre régions

Le Global Infrastructure Outlook de PWC reflète de grandes disparités régionales. Elles sont facteurs de la croissance de la population, de la démographie, de la disponibilité des ressources naturelles, comme de contraintes fiscales, de choix politiques ou d’exposition au risque.  Ces asymétries sont essentielles pour les investisseurs et les institutionnels qui misent sur les infrastructures.

PWC considère que l’Europe est entrée dans un « super cycle » de renouvellement. Les projections du cabinet font état d’une croissance de 42% entre 2024 et 2050 pour des investissements qui vont passer de 641 milliards à 909 milliards de dollars dans les 25 prochaines années. Les dépenses seront orientées à 30% vers la régénération d’infrastructures (ponts, tunnels, voies ferrées). L’Allemagne, le Royaume-Uni et la France concentrent une majorité de ces projets même si les pays de l’Est vont accélérer le développement de leurs infrastructures de transport et de logistique.

Pour Christophe Desgranges, si la France conserve un rôle stratégique, en troisième place pour les infrastructures derrière l’Allemagne et le Royaume-Uni, les investissements attendus d’ici 2050 dans l’Hexagone reflètent une dynamique inférieure à celle de la zone. « Le principal enjeu est désormais celui de l’exécution. Plusieurs freins structurels persistent : une complexité administrative et réglementaire ou encore une fragmentation des décisions entre acteurs publics et territoriaux. La question est de transformer les investissements en infrastructures opérationnelles dans des délais compatibles avec les besoins économiques et climatiques », souligne l’expert.

En Asie-Pacifique, le transport en tête

Sans surprise, la région Asie-Pacifique tire la croissance mondiale avec des montants en hausse de 54% de 2024 à 2050. Le transport y arrive en tête des secteurs qui concentrent le plus de dépenses chaque année, avec 40,8% du total. Elle vont quasiment doubler dans les deux décennies à venir, tirées par l’expansion des réseau routiers, ferroviaires et des aéroports.

Les cinq pays d’Amérique couverts par l’étude (Brésil, Canada, Chili, Mexique et Etats-Unis), qui représentent 95% de l’économie du continent, vont consacrer la plus grande part de leurs investissements à l’énergie et au transport. Brésil, Chili et Mexique ont pour priorité la connectivité et la logistique tandis que les Etats-Unis et le Canada vont se concentrer sur la maintenance et la modernisation de leur réseau existant.

Le transport double le pétrole et le gaz

Au Moyen-Orient, d’ici 2050, les transports représenteront environ un quart des dépenses d’infrastructure passant pour la première fois devant celles réalisées dans l’énergie (oil and gas).

Enfin, l’Afrique devrait connaître le taux de croissance d’investissements en infrastructure le plus rapide jamais enregistré dans une zone de la planète lors de ces 25 dernières années.  Les prévisions estiment que 800 millions d’habitants vont rejoindre les grands centres urbains. Les capitaux injectés dans des projets au Ghana, au Kenya, au Nigeria et en Afrique du Sud, vont atteindre 96 milliards de dollars en 2050 (+77%).

Ewa

Ian Brown prend la tête de Trainline

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La première plateforme indépendante de voyage en train en Europe, Trainline, change de directeur général. Ian Brown remplacera Jody Ford et rejoindra le conseil d’administration à compter du 28 septembre.

L’ingénieur, diplômé d’Oxford et passé par le conseil, a assuré plusieurs directions exécutives d’entreprises internationales de la technologique et de la grande consommation comme Rentalcars.com, le groupe de paris en ligne Flutter Entertainment, ANS Group et Booking.com (division voyage).

Trainline avait lancé un processus de recrutement il y a quelques mois. Brian McBride, président du conseil d’administration, compte sur sa recrue pour « capitaliser sur les excellents résultats de l’application et mener à bien la prochaine phase de croissance.

Guichet unique pour les voyages en train et en bus, la plateforme propose des millions d’itinéraires, pour 270 transporteurs ferroviaires et bus dans 45 pays.