
La deuxième journée du Mobco 2026 a commencé par une conférence sur la logistique militaire et deux tristes constats : il faut 45 jours à un convoi de matériel pour traverser l’Europe en train et ce délai n’est pas près d’être raccourci. Au même moment, dans une salle voisine, le ministre délégué chargé de l’Industrie Sébastien Martin, parlait lui aussi de souveraineté, cette fois industrielle. C’était aussi le thème de l’intervention du haut-commissaire au plan Clément Beaune qui allait succéder au ministre puis du panel suivant fort pertinemment composé d’un spécialiste des transports, d’une directrice de programme à l’Institut Jacques Delors, d’un fabricant de bus et d’un vice-président du Medef.
Le principe de réciprocité
Tous débouchaient sur la même conclusion. Reconquérir la souveraineté industrielle est encore possible si la France s’en donne les moyens. Et le secteur des transports se retrouve plus que jamais au cœur du débat. « La Chine subventionne dix fois plus son industrie que l’Europe », a rappelé le ministre de Bercy, partisan de la préférence nationale quand il s’agit de dépenser l’argent public. Il a ainsi promis que les autobus bénéficieront du dispositif des CEE avant la fin de l’année et a rappelé les efforts en faveur du déploiement de bornes de recharge. C’est aussi de préférence européenne dont il a été question puisque selon Sébastien Martin, la souveraineté est synonyme d’indépendance. Cela implique de la simplification, pour éviter « ce rouleau compresseur qui écrase » selon l’industriel Alexandre Saubot, vice-président du Medef. Cet allégement des normes est possible, au prix d’ajustements, et indispensable pour favoriser l’innovation. Autre point : cette exigence de l’Europe vis à vis de ses entreprises, elle doit aussi l’avoir vis-à-vis de ses partenaires commerciaux, au nom du principe de réciprocité. Les accords commerciaux doivent mieux protéger les entreprises européennes. Et rien ne les pénalise plus que l’arrêt brutal de certains programmes, comme en a témoigné Henri Paccalin, Pdg de Daimler Buses France.
Le coût total de possession
Pour les achats extra-communautaires et notamment chinois, Côme Berbain, directeur du matériel roulant ferroviaire pour le groupe RATP donne un conseil : regarder le coût total de possession. Selon cette règle, le matériel mieux-disant n’est pas forcément le meilleur choix. La durée de vie de celui de certains fabricants, vers lesquels se tournent des clients européens, reste une inconnue. Et quand on veut pouvoir pousser la vie de matériel une dizaine d’années supplémentaires, un prix, plus élevé à l’achat, peut se révéler, au final, plus compétitif.








