
La Région Hauts-de-France a décidé d’attribuer à SNCF son deuxième lot ferroviaire, celui des dessertes de Paris depuis le Nord Pas de Calais et la Picardie. Estimé à 3 milliards d’euros, il représente le plus gros contrat ferroviaire, à date, hors Île-de-France.
L’opérateur historique était le seul candidat. Christophe Coulon, vice-président en charge des mobilités pour la Région a indiqué que la décision faisait suite à une délibération de l’exécutif le 28 mai et qu’elle devait être validée par un vote des élus, le 18 juin, en séance plénière.
Le contrat porte sur une durée de neuf ans, prévoit un an et demi de mise en route avant le lancement de l’exploitation et le transfert de 1181 agents vers la nouvelle filiale.
Pionnière de l’ouverture à la concurrence, la Région avait déjà choisi SNCF pour un premier lot, l’Etoile d’Amiens, dont le contrat a débuté en décembre 2024.
Plus d’un tiers du trafic régional
Ce deuxième lot représente 35% de la capacité ferroviaire totale des Hauts-de-France contre 15% pour le précédent, l’Étoile d’Amiens déjà remporté en 2023 par SNCF Voyageurs Pour Christophe Coulon, l’absence de concurrents face à SNCF s’explique par la complexité des deux liaisons concernées vers la gare du Nord, « véritable enfer ferroviaire en matière de gestion des flux », souligne le vice-président de la Région.
Il assure que le nouveau contrat a été l’occasion de « tout remettre à plat » et de revoir les taux d’engagement de l’opérateur. « Nous sommes repartis de zéro. Nous avons décidé d’augmenter l’exigence de régularité, comme nous l’avons fait avec le contrat de l’Etoile d’Amiens, en augmentant la qualité de service ». Le nouveau opérateur devra passer de 96% à 98,5% de régularité en fin de contrat et de nouvelles pénalités vont être créées ou majorées, comme pour les suppressions de trains en heure de pointe.
Jusqu’à 311 trains supplémentaires
L’offre actuelle compte 1400 trains par semaine. Elle va passer à 1558, soit 143 supplémentaires par semaine dans un premier temps, puis 311 à compter de 2029 avec le lancement de la liaison ferroviaire Roissy/Picardie. Cela représente + 5% de trains/kilomètres/ an puis + 22,9% avec le Roissy/Picardie. « Cette augmentation importante de l’offre va être couplée avec des efforts en matière d’information voyageurs, de sûreté, d’accompagnement des personnes en handicap ou encore de transformation tarifaire », précise Christophe Coulon.
Pour les usagers, la nouvelle offre se traduira essentiellement par des renforts le week-end, qui concentre une demande forte et prévoit des comblements de trous d’offre en semaine. La Région a aussi demandé un abaissement de la clause de retard et de remboursement avec une redéfinition des 5 « vraies » minutes de retard. Elle assure ne pas renoncer à une grille tarifaire déjà parmi les plus performantes de France et passer à un ratio prévisionnel de couverture recette/dépenses de 43% contre 38% dans le contrat actuel. Enfin, les Hauts de France promettent un renforcement de la lutte contre la fraude. L’installation de portiques à Paris Nord et en gare de Creil, est prévue. « Sans billet, on n’approchera pas du train« , avertit Christophe Coulon.
Plus de candidats attendus sur le troisième lot
Nicolas Quinones-Gil, directeur général adjoint en charge des transports et des infrastructures pour la Région, rappelle que le nouveau contrat va bénéficier des lourds investissements consentis par la collectivité pour l’achat de matériels neufs. Ils portent sur 103 rames : 77 Regio2N dont 11 équipés ERTMS, aptes à circuler sur le futur barreau Roissy-Picardie, 26 Régiolis bimodes (Paris-Laon; Paris-Calais). Plusieurs centres de maintenance sont aussi en projet.
Dans quelques mois, le troisième lot des Hauts-de-France va à son tour être ouvert à la concurrence. Il porte sur la desserte Lille-Littoral soit 50% du trafic régional. Si un compétiteur n’est pas allé jusqu’au bout du process pour le premier lot, si la SNCF était la seul en lice pour les dessertes parisiennes, l’exécutif espère attirer, cette fois, plus de candidats. Certains se sont déjà manifestés, assure-t-il.







