"Il n’est pas réaliste de dimensionner les infrastructures pour couvrir l’ensemble des températures extrêmes", selon l'UIC
Ville, Rail & Transports revient sur les difficultés subies par le transport ferroviaire lors des derniers épisodes caniculaires en France. Lucie Anderton, directrice du département Développement durable à l’UIC (Union internationale des chemins de fer), Francisco Cabrera Jeronimo, adjoint au responsable des opérations etde la sécurité, et Adriano Scapati, directeur du système ferroviaire à l’UIC ont répondu ensemble à nos questions.
Pourquoi est-il si difficile en France de maintenir les trains en circulation lors des fortes chaleurs, alors que cela semble moins problématique dans des pays plus chauds ?
Les chaleurs extrêmes affectent l’ensemble du système ferroviaire : les infrastructures, l’alimentation électrique, la signalisation, les télécommunications, les gares ainsi que le matériel roulant. Les températures élevées peuvent provoquer la dilatation des rails, accroître le risque de déformation des voies, affecter les caténaires, exercer une pression supplémentaire sur les équipements électriques et de signalisation, et mettre à l’épreuve les systèmes embarqués tels que la climatisation.
Les infrastructures ferroviaires sont conçues en fonction des plages de températures historiquement observées dans chaque région. Des éléments tels que la voie et les lignes aériennes de contact sont dimensionnés pour fonctionner en toute sécurité dans une plage de températures minimale et maximale définie. Concevoir des infrastructures capables de résister à des températures beaucoup plus élevées nécessiterait souvent des paramètres techniques différents, susceptibles de nuire à leurs performances dans des conditions plus froides. Il n’est donc ni techniquement ni économiquement réaliste de dimensionner les infrastructures pour couvrir l’ensemble des températures extrêmes possibles.
Dans les pays plus chauds, les systèmes ferroviaires ont été conçus depuis longtemps pour résister à des températures ambiantes élevées et à des vagues de chaleur fréquentes. Des pays comme l’Italie et l’Espagne sont à l’avant-garde dans le développement et la mise en œuvre de mesures destinées à gérer les risques liés aux fortes températures, comme le souligne le rapport RERA Temp de l’UIC sur la résilience ferroviaire face aux températures élevées.
À l’inverse, de nombreux réseaux ferroviaires européens ont été conçus selon des hypothèses climatiques différentes. Le changement climatique augmente aujourd’hui la fréquence, la durée et l’intensité des vagues de chaleur sur l’ensemble du continent, créant des conditions qui peuvent dépasser les hypothèses de conception initiales de certains actifs. Cette problématique n’est pas propre à la France :
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Publié le 09/06/2026 - Sylvie Andreau
Publié le 09/06/2026 - Sylvie Andreau