Le marché du vélo ne ralentit pas, il se transforme
Après l’essor exceptionnel du vélo porté par la pandémie de COVID-19, le marché du vélo neuf en France connaît un ralentissement marqué depuis 2022. Pourtant, depuis 1980, on n’avait jamais autant pédalé. Ce paradoxe invite à dépasser les seules ventes de vélos comme indicateur du marché et à porter davantage l’attention sur l’économie de l’usage, qui constitue le véritable moteur de ce mode de transport.
Julia Janke, Daniel Pastor Serrano, Nicolas Louvet
Julia Janke, cheffe de projet à 6t.
Du vélo vendu au vélo utilisé
Avec un chiffre d’affaires proche des 2 milliards d’euros, la vente de vélos neufs demeure une activité majeure de l’économie du vélo. Toutefois, cette dynamique masque une réalité plus contrastée : depuis 2022, les ventes sont en recul, tant en valeur (-22 %) qu’en volume (-30 %)¹.
Cette évolution ne signifie pas pour autant un affaiblissement du secteur. Au contraire, tandis que les ventes de vélos neufs ralentissent, d’autres segments connaissent un fort développement : marché de l’occasion, réparation et entretien, accessoires, pièces détachées ou encore services liés à l’usage du vélo. Ces activités répondent à une pratique désormais bien installée et à un parc de vélos en constante progression.
À l’image du secteur automobile, l’économie du vélo tend ainsi à se structurer autour de l’usage plutôt que de la seule vente de produits. Cette « économie de l’usage » repose sur l’entretien, la réparation, la réutilisation et les services qui permettent de prolonger la durée de vie des vélos et d’accompagner durablement leur utilisation au quotidien.
La réparation, pilier de la transition cyclable
Malgré une demande soutenue et la multiplication des ateliers, l’activité de réparation de vélos demeure fragile économiquement. Les marges restent limitées et de nombreux professionnels font face à des difficultés de rentabilité.
Cette réalité ne doit toutefois pas masquer son importance stratégique : avec 7000 équivalents temps plein (ETP) en 2024, la réparation représente désormais près de deux fois la production de cycles en France (3700 ETP), d’après l’évaluation socio-économique des usages du v
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Publié le 12/05/2025 - Valérie Chrzavzez