
L’armée a besoin des transporteurs et logisticiens civils, ferroviaires et routiers, publics et privés. C’est le message du général Feola, commandant du Centre du soutien des opérations et des acheminements (Cesoa). Il s’est exprimé au cours d’une conférence intitulée « Supply Chain : comment opérer dans une crise permanente » qui s’est déroulée le 2 avril au SITL.
« Pour nous projeter immédiatement sur la zone de menace d’un conflit, nous avons nos propres moyens patrimoniaux. Nous savons le faire en quelques heures. Mais si le conflit doit durer, nous aurons besoin de faire appel aux entreprises de transport, pour acheminer le matériel, les vivres, les munitions », explique le général Feola.
En cas de conflit, la réquisition est toujours possible. « Mais nous avons conscience que c’est préjudiciable à l’économie », ajoute le lieutenant-colonel Yann. Le principe de la réquisition c’est « l’Etat prend et dit je vous paierai quand je pourrai ». Un système légal mais qui risque de mettre en difficulté de nombreuses entreprises, surtout si leur trésorerie est fragile. « Or nous avons absolument besoin que l’économie du transport tienne le coup en cas de conflit ». Le ministère des Armées veut donc anticiper un éventuel conflit et définir le cadre selon lequel il ferait appel aux entreprises du secteur. « Il faut étudier, par exemple, des dérogations à la loi qui impose 2 % de biocarburant dans le diesel, des aménagements au transport de matières dangereuses pour les munitions, se poser la question des pauses dans les journées de conduite, etc. Il ne s’agit pas de s’affranchir de toutes les règles, mais nous parlons d’une hypothèse où la nation est engagée dans un conflit. Il y aurait de toute façon des répercussions sur toute la société. »
Dans cet objectif, le Cesoa devait tirer les enseignements de l’exercice Excalibur 2026 (Exercice de coordination avec les industriels de la BISD pour les urgences), organisé du 16 au 19 février dernier, qui devait mettre à l’épreuve les marchés d’acheminement externalisés et renforcer la coordination avec les acteurs des transports aérien, maritime, ferroviaire et routier. Un compte-rendu devait être présenté en mai.








